N’ayez pas peur !
Une réponse à erik neveu
Kees Brants
Pour répondre aux critiques formulées par Neveu, il faut penser les effets de
la télévision sur la politique en termes de double ambivalence : celle de ses
mises en scène, mais aussi celle qu’elle révèle quant à l’inconfort des
chercheurs rêvant d’un introuvable citoyen rationnel. Le dessein de mes
analyses n’est pas de développer un plaidoyer pour l’infotainment mais
d’inviter à être attentifs aux possibilités ouvertes par le genre, de chercher
aussi des méthodologies innovantes pour comprendre leurs réceptions et
leurs effets. En dépit de leurs limites, ces programmes constituent un des
rares espaces ouverts à la prise de parole de citoyens ordinaires. Dans ses
limites mêmes, l’infotainment doit aussi être pensé comme illustrant le
paradoxe du journalisme démocratique, sa liberté, son absence de contrôle
sont à la fois sa force et son talon d’Achille.
In answer to Neveu’s critique, one needs to consider the effects of television
on politics in terms of a twofold ambivalence: its mises en scène, and what it
reveals on the discomfort of researchers dreaming of a non-existent rational
citizen. The aim of my analyses is not to formulate a plea for infotainment
but to point out that we need to be attentive to the possibilities opened by the
genre and to seek innovative methodologies for understanding their
reception and effects. Despite their limits, these programmes are one of the
rare spaces where ordinary citizens can express themselves. From the point
of view of its limits, infotainment must also be seen as illustrating the
paradox of democratic journalism: its freedom and its absence of control are
both its strength and its weakness.
• Une ouverture et trois objections