Réseaux 2003/6
Réseaux
2003/6 (no 122)
320 pages
Editeur
Revue précédemment éditée par Lavoisier

Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

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Vous consultezLes marchés économiques comme dispositifs collectifs de calcul

AuteursMichel Callon du même auteur

Fabian Muniesa du même auteur


Résumé

Comment aborder empiriquement le caractère calculateur des marchés sans pour autant le dissoudre ? Dans cet article, les auteurs proposent un cadre théorique qui permette d’analyser des marchés sans négliger ses propriétés calculatrices concrètes. Dans une première section, ils construisent une définition large de « calcul », basée sur les enseignements de la sociologie des sciences et des techniques. Dans les sections suivantes, ils confrontent cette définition à trois éléments constitutifs des marchés : biens économiques, agents économiques et échanges économiques. Ils examinent d’abord la question de la calculabilité des biens : pour être calculés, les biens doivent être calculables. Dans la section suivante, ils introduisent la notion d’agence calculatrice distribuée pour comprendre comment les biens économiques sont effectivement calculés. Finalement, ils considèrent les règles et dispositifs matériels qui organisent la rencontre entre (et l’agrégation de) demandes et offres singulières, c’est-à-dire les organisations spécifiques qui rendent possible un échange calculé. Ces trois éléments définissent les marchés concrets comme dispositifs collectifs organisés qui calculent des compromis sur les valeurs des biens. Pour chacun de ces éléments, les auteurs observent diverses manifestations du calcul ainsi qu’ils l’ont défini, qu’ils illustrent avec des exemples empruntés principalement aux domaines des marchés financiers et de la grande distribution.





ECONOMIC MARKETS AS COLLECTIVE CALCULATING DEVICES
How to address empirically the calculative character of markets without dissolving it? In this paper the authors propose a theoretical framework that helps to deal with markets without debunking their calculative properties. In the first section they construct a broad definition of calculation, grounded on the field of STS (science and technology studies). In the following sections they confront this definition to three constituent elements of markets: economic goods, economic agents and economic exchanges. First they examine the question of the calculability of goods: in order to be calculated, goods must be calculable. They then introduce the notion of calculative distributed agencies to understand how these calculable goods are actually calculated. Thirdly, they consider the rules and material devices that organize the encounter between (and aggregation of) individual supplies and demands, i.e. the specific organizations that allow for a calculated exchange and a market output. Those three elements define concrete markets as collective organized devices that calculate compromises on the values of goods. In each, they encounter different versions of their broad definition of calculation that they illustrate with some examples, mainly from the fields of financial markets and mass retail.

PLAN DE L'ARTICLE

  • LA NOTION DE CALCUL RÉÉXAMINÉE
  • RENDRE LES BIENS CALCULABLES
    • Objectivation
    • Singularisation
    • Coproduction des propriétés
    • Singulariser un bien c’est le rendre calculable
  • LES AGENCES CALCULATRICES DISTRIBUÉES
    • Distribution et équipement
    • Asymétries
  • RENCONTRES CALCULÉES
    • Configurations algorithmiques
    • Des configurations algorithmiques calculantes et calculées
    • Des configurations algorithmiques aux marchés abstraits
  • CONCLUSION
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