L’action publique de sécurité routière en France
Entre rêve et réalisme
Fabrice Hamelin
Vincent Spenlehauer
Si le comportement des conducteurs est stigmatisé comme cause essentielle de
l’insécurité routière, il est abusif de déduire qu’il constituerait le principal
vecteur de production de l’action publique. Si cette image publique et
médiatisée la façonne indéniablement, l’examen des variables institutionnelles
et des configurations d’intérêt rationalisés est incontournable. Notre hypothèse
est que l’action publique dépend en France non seulement du rôle dévolu à
l’Etat par ceux qui en ont la responsabilité, mais aussi de l’étendue et de la
qualité des ressources mobilisées. Une approche diachronique de cette
politique publique montre que les modalités successives de modernisation de
l’appareil d’Etat constituent un autre facteur déterminant des changements
repérés dans l’action publique de sécurité routière.
While drivers’ behaviour is stigmatized as the main cause of road insecurity,
it is an exaggeration to conclude that it is the main source of public action.
Even though this public and mediatized image unquestionably shapes public
action, it is essential to examine the institutional variables and rationalized
configurations of interests. The authors posit that public action in France
depends not only on the role assigned to the state by those responsible for
public action on road safety, but also on the extent and quality of the
resources mobilized. A diachronic approach to this public policy shows that
the successive modalities of modernization of state apparatus is another
factor determining changes in road safety-related public action.
• PREMIER DIPTYQUE : QUAND LA SOCIÉTÉ INAUGURE
UNE ACTION PUBLIQUE QUE L’ÉTAT NE CHERCHE
QUE TARDIVEMENT À S’APPROPRIER
— Panneau 1. La mise en action publique de la sécurité routière
— Panneau 2. Quand l’État central entreprend de prendre la main
• SECOND DIPTYQUE : L’ACTION PUBLIQUE DE SÉCURITÉ
ROUTIÈRE ENTRE RÉVOLUTIONS ET RÉACTIONS
— Panneau 3 : de 1982 à 2002, l’enlisement d’une première révolution ?
— Panneau 4 : le tournant de 2002, une seconde révolution ?
• CONCLUSION
— Liste des sigles
• RÉFÉRENCES