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S'inscrire Alertes e-mail - Retraite et société Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezContinuum des vies et discontinuité sociale
AuteursEdgar Morin du même auteur
sociologue, professeur émérite au CNRSYVES MAMOU du même auteur
journaliste au Monde1 L’allongement de la durée de la vie et son corollaire, le vieillissement, ne semblent pas perçus par l’ensemble de la population. Au contraire, le discours dominant aujourd’hui demeure « jeunisant ». Pourquoi notre système de représentation ne s’adapte-t-il pas au vieillissement de la société ?
2 Edgar Morin - Puisqu’on parle d’images, je commencerai par en opposer deux, celle du patriarche et celle du « p’tit vieux ». Lapremière est ancienne, traditionnelle et liée à l’idée de famille élargie, presque de tribu. Le patriarche évoque la sagesse, l’autorité, la noblesse même, c’est une image fortement valorisée. Par opposition, l’image du « p’tit vieux » est extrêmement dévaluée. C’est le croulant ridicule, inadapté à l’accélération des changements techniques, et qui, en 1939, mène la guerre comme on la faisait en 1914. Dans cette perspective, vieillir devient un handicap. C’est s’exposer à être dépassé en permanence. Ce n’est donc pas un hasard si l’on assiste à une multiplication des cas de solitude, voire de quasi-abandon de vieillards en perte d’autonomie dans des maisons de retraite, où des professionnels essaieront de les amuser à des petits jeux.
3 À cette opposition entre le patriarche et le « p’tit vieux », la catégorisation technocratique est venue rajouter son grainde sel en inventant le troisième puis le quatrième âge.
4 Comment situez-vous, dans ce schéma, cette nouvelle catégorie des « jeunes que sont les seniors ? »
5 Edgar Morin - Les seniors sont considérés comme « jeunes » dans certains domaines seulement, ceux qui touchent au ludique, à l’esthétique, aux vacances, c’est-à-dire dans des domaines qui sont ceux de l’adolescence.
6 Mais avant même de s’interroger sur le mythe de la juvénilité dont vous parliez, il convient de faire un sort à un autre mythe, celui de l’adulte. Pendant longtemps, l’adulte a tiré sa force d’être confronté à deux représentations de la faiblesse, celle de l’adolescent et celle du vieillard. Les choses ont changé depuis, mais je dirais que, jusqu’à la poussée juvénile des années soixante/soixante-dix, l’adolescent était considéré comme un être sans expérience de la vie, bruyant, utopiste, tandis que le vieillard, de son côté, était l’être toujours sénile bon à mettre au placard. Entre les deux, la figure de l’adulte n’a guère eu de mal à émerger en véritable plénitude de l’humanité. Bien que l’image des adolescents se soit fortement revalorisée depuis, l’adulte demeure une image forte. Et elle le reste parce que l’adulte a été tenté de s’accaparer les qualités de beauté, de séduction liées à la juvénilité. Pour retarder son entrée dans la vieillesse et rester jeune, c’est-à-dire beau et séduisant, l’adulte s’est fait sportif : il a commencé à pratiquer la gymnastique, l’aérobic, etc. C’est ce à quoi nous assistons maintenant, à cette appropriation, par le monde adulte, des vertus supposées de la juvénilité. Conservons le plus possible les qualités attribuées à la jeunesse, tel est le credo de l’adulte moderne.
7 Finalement, chaque âge est enfermé dans une boite ?
8 Edgar Morin - Nous touchons là à un point qui me semble important : dans toute société, on a classé les individus selon les âges. Dans les sociétés archaïques il y a même des bio-classes qui séparent les enfants qui ne sont pas initiés des jeunes adolescents, des adultes et des vieillards. Autrement dit, le continuum des vies a été sociologiquement discontinué par l’organisation sociale.
9 Or, parce que ces catégories statistiques ne correspondent pas à des évolutions psychologiques, on perd conscience d’une chose importante, à savoir que les âges s’intègrent, possèdent une continuité. À un âge avancé, chacun conserve des traits enfantins ; adulte, il est fréquent que l’on prolonge, même sans le savoir, certains traits de l’adolescence. Avec l’âge, chacun devrait être conscient qu’il possède en lui tous les âges de la vie et si on me posait la question : « Quel âge as-tu ?», je répondrais : « J’ai tous les âges en moi ». C’est une idée qui devrait donner lieu à une prise de conscience, ou plutôt donner lieu à des catégories séparées.
10 Reconnaissons également qu’il y a des métiers relativement épargnés par cette discontinuité des âges. Les professionnels de la politique par exemple, les écrivains, ne se sentent pas vieillir et personne ne les pousse dehors au nom de la retraite. En revanche, à l’université, certains collègues ont beaucoup souffert d’avoir été éjectés de leur activité par les règles de leur sphère professionnelle. La retraite ne changeait rien à leur vie, mais cette idée d’inactivité officielle les minait.
11 L’augmentation de l’espérance de vie, la révolution du « biologico-génétique », placent ainsi un nombre croissant d’individus en porte-à-faux.
12 Vous militez pour l’abolition de l’âge ou pour une retraite à la carte ?
13 Edgar Morin - Ce qui est sûr c’est qu’on va vivre beaucoup plus longtemps. La révolution génétique va sans doute permettre d’isoler des gènes capables de stopper les processus de dégénérescence liés au vieillissement physiologique et de développer des prothèses naturelles, cœur, foie, rate de remplacement, à partir de cultures de tissus embryonnaires. Le biologiste Jean-Claude Ameisen développe très bien cette idée dans son beau livre, Sculpture du vivant (Seuil, 1999). Moi-même en 1951, j’ai écrit un livre L’homme et la mort, dans lequel je disais que la science permettait de prolonger la vie, non pas éternellement, mais indéfiniment, sauf accident.
14 Par la suite, j’avais révisé ce point de vue, estimant avoir été victime d’un mythe, et Jean-Claude Ameisen m’avait détrompé. Il estimait qu’une humanité dont la vie était prolongée, non pas à l’état de résiduel, mais à l’état de juvénilité, était une vraie perspective.
15 On vit donc une véritable révolution. Les images finiront par changer. Mais il y a deux niveaux de représentation : l’image dans le public, les représentations sociales et il y a un niveau plus profond qui est la culture du vieillissement, l’apprentissage du bien vieillir. L’idée d’avoir tous les âges est une belle idée, mais en même temps, il faut aussi apprendre à vivre les différents âges. Est-ce qu’il y n’y a pas là un défi, une réflexion philosophique, une réflexion culturelle de fond à avoir ?
16 Edgar Morin - La difficulté est de penser cette question du vieillissement à la fois en terme de « continuité » et de « discontinuité ». La société, mais aussi les processus biologiques qui sont en nous, font surgir la discontinuité. Mais il y a aussi des continus qu’on classe dans la discontinuité. Je pensais à une phrase de García Márquez qui dit : « Ne dites pas que vous avez cessé d’être amoureux parce que vous êtes vieux, dites que vous êtes vieux parce que vous avez cessé d’être amoureux ». On considère la vieillesse comme l’âge du renoncement à l’amour, au sexe alors que beaucoup d’expériences nous montrent que des gens continuent d’avoir des relations sexuelles et même des enfants à des âges où il est peu commun de devenir parent.
17 Alors, si vieillir est un apprentissage, cela peut se produire de deux manières : soit en terme de renoncement et donc de deuil, avec ce que cela implique de tristesse face à l’obligation d’abandonner quelque chose qui fait partie de sa vie, soit, au contraire, c’est le stade du dépassement, c’est-à-dire une sagesse.
18 Or, dans notre société, il n’y a pas de culture de la sagesse. L’idée de sagesse est complètement dévaluée, ou transformée en une pseudo-rationalité binaire axée sur le raisonnable/déraisonnable. « Ne fumez pas ! Réduisez votre consommation d’alcool… sinon vous allez mourir », etc. Ces consignes du « bien vieillir » n’ont rien à voir avec l’élaboration d’une sagesse. C’est parfois même de la bêtise. La vie comporte une part de folie, et la sagesse consiste à l’accepter. La vie comporte aussi un continuum en termes d’amour, de désir. L’exemple de García Márquez que j’ai cité est pour moi éclairant. Mais tout ceci continue d’être ignoré.
19 Vieillir ne se traduit-il pas aussi par un accroissement des libertés ? Voire une liberté qui ouvre des horizons ?
20 Edgar Morin - Si la retraite signifie être libéré du carcan d’un travail qui a souvent de fortes contraintes psychologiques, notamment dans ses formes les plus bureaucratisées et les plus mécanisées, et si, en plus, on arrive à la retraite pas trop usé et avec un minimum de moyens financiers, alors oui ! On peut jouir de sa liberté et même donner libre cours à des aspirations qui ont été inhibées pendant la vie professionnelle. Tous ces voyages, toutes ces grandes évasions que s’offrent aujourd’hui les retraités peuvent être vécus, symboliquement ou réellement, comme des expériences d’une liberté dont on a été privé.
21 Mais malheureusement, ces aspirations s’orientent assez peu vers des formes individualisées de réalisation de soi. Elles sont plutôt captées par une industrie du tourisme conçu comme un divertissement. Cela dit, je connais des gens qui profitent de leur liberté pour se cultiver, pour apprendre des langues, suivre des cours de philosophie…
22 Mais il n’y en a pas beaucoup.
23 Edgar Morin - Non, il n’y en a pas beaucoup, mais, même minoritaire, le phénomène est intéressant. Je suis allé une fois au café philo de la place de la Bastille à Paris, un truc de vieux, probablement de retraités. Il y avait quelques jeunes, mais la fois où j’y suis allé, l’assistance était composée aux deux tiers de gens extrêmement mûrs.
24 Ceci pour dire que les jeunes retraités ont à leur main une liberté potentielle. Ils peuvent choisir de la vivre d’une façon illusoire, ou bien l’exercer d’une manière plus ou moins réelle. Mais dans ce cas, ils doivent comprendre que l’âge mûr ne peut être satisfaisant que si l’on garde vivantes les aspirations qui étaient celles de votre jeunesse. On arrive toujours à ce même problème : bien vivre cette période de la retraite suppose que les aspirations qu’on a dû refouler et inhiber dans la vie professionnelle n’ont pas été étouffées, mais peuvent s’exprimer. L’aspiration au voyage, à cet égard, est une aspiration typiquement juvénile. C’est très important. Seulement la publicité, elle, a quelque chose d’impératif et de trompeur, elle dit « Soyez jeune !», « Restez jeune !», et exige de chacun qu’il mime la jeunesse en faisant l’impasse sur ses aspirations personnelles. Il y a quelque chose d’absolument trompeur, quand on se satisfait des apparences de la jeunesse.
25 Mais souvent la sortie du monde du travail entraîne un début de marginalisation. L’image négative de la vieillesse vient aussi de là.
26 Edgar Morin - Il y a cette ambivalence, vous avez raison ! Les gens ne sont pas préparés à vivre l’ambivalence de l’âge, pas préparés du tout. La société enferme les individus dans des catégories qui s’excluent mutuellement. Si je suis adulte, je ne suis plus jeune, si je suis vieux, je ne suis plus adulte. Ces catégories s’imposent à chacun si automatiquement qu’on les croit intangibles.
27 Mais cela n’a-t-il pas toujours existé ? Vous avez cité García Márquez, on pourrait rétorquer avec Stefan Zweig. Dans Le monde d’hier, l’écrivain décrit la situation de l’Europe à la veille de la Première Guerre mondiale et raconte comment tous les Autrichiens de vingt ans se vieillissaient et arboraient volontairement tous les signes de l’âge – barbe, lunettes, redingote sombre… – parce qu’en Autriche, avant 1914, seule la personne âgée était prise au sérieux.
28 Edgar Morin - Porter la barbe à cette époque permettait d’avoir l’air respectable, mais c’était aussi le moyen d’être reconnu dans le champ de la virilité adulte. Le système pileux met en jeu toute une série de symboles. Je me souviens que pendant l’Occupation et pendant la Résistance, ma génération devait partir au service du travail obligatoire (STO) en Allemagne. Moi, j’avais des papiers d’identité qui me vieillissaient, je m’étais donné 28 ans alors que j’en avais 22. Je m’étais laissé pousser les moustaches pour me vieillir. Quand on est jeune, on aime jouer avec les différentes catégories d’âge. Fumer une cigarette, – aujourd’hui c’est plutôt fumer du shit –, est un symbole d’appropriation d’un âge qui n’est pas le sien. Ces transgressions sont typiques de la jeunesse, elles permettent à des enfants ou des adolescents de dépasser les limites de l’interdit dans lequel ils se sentent enfermés. Je suis fermement convaincu qu’on ne peut bien vivre son âge, qu’à la condition de pouvoir opérer certaines transgressions. Et ceci vaut pour tous les âges, je crois. Cela dit, il existe aujourd’hui une culture adolescente qui a surgi et pris son essor dans les années cinquante. Cette culture s’est bâtie une mythologie à partir des films de James Dean notamment, avatar moderne du romantisme. Certains grands mythes du romantisme, apparemment très isolés, ont aussi très bien vécu, et là je pense à la figure de Rimbaud. Mais à partir des années cinquante, l’adolescence et la jeunesse ont émergé avec une telle énergie qu’elles ont, a contrario, montré combien l’image de l’adolescent pouvait avoir été dévaluée.
29 Quelle image avez-vous de votre propre vieillesse ?
30 Edgar Morin - Cela dépend du regard que je porte sur moi-même : si je prends en considération la simple chronologie, alors évidemment je suis vieux, j’ai 80 ans. Mais tout dépend des moments. Il y a quelques années, j’ai souffert d’une sciatique qui m’a handicapé légèrement, et mon regard sur moi a changé. Pour l’anecdote, dans l’autobus, je n’ose pas demander les places réservées aux personnes âgées de plus de 75 ans. Par coquetterie ! Si je regarde mon carnet d’adresses, c’est un cimetière, et je me sens dinosaure. Si je regarde mon affectivité, je me sens adolescent.
31 La maladie, le handicap, la solitude ne sont-ils pas le contrepoint à cette philosophie de la liberté et de l’individualisation de l’âge que vous avez commencé de développer ?
32 Edgar Morin - Justement, je participais, il y a peu, à un débat sur le vieillissement à la cité de la réussite à la Sorbonne. À cette occasion, les organisateurs ont projeté un film de dix minutes, sans doute financé par je ne sais quelle institution et qui montrait des retraités sur des skis . Le spectacle était absolument euphorique. Alors j’ai protesté contre cette vision « youkaïdi youkaïda » de la vieillesse. Il ne faut quand même pas oublier que la tragédie existe – maladie, solitude, handicap… – et qu’elle n’est pas répertoriée dans les catégories sociales. Un fait divers lu dans Libération, il y a environ un an, m’a d’ailleurs beaucoup frappé. Il racontait l’histoire d’un petit vieux qui habitait seul, qui est mort seul et dont le cadavre a été retrouvé deux ans après sa mort. Personne n’avait rien vu, les factures d’électricité étaient prélevées automatiquement, le courrier s’accumulait, mais personne ne faisait attention. Habiter à domicile, c’est bien, mais il faut être deux. Seul, c’est atroce.
33 La vieillesse peut, et doit, être bien vécue mais il y a là aussi un fond de tragédie qui ne doit pas être occulté. Si on fait trop de sociologie, alors on cesse de voir le côté humain.
34 Il y a un point tout à fait fondamental que l’on n’a pas du tout abordé, c’est celui des femmes. Le sujet âgé est un homme, jamais une femme.
35 Edgar Morin - Les femmes ont vécu dans l’idée que leur valeur était liée à leur pouvoir de séduction. Pour elles, le vieillissement, ou même le fait d’arriver à la quarantaine, est généralement très mal vécu. C’est ce qui explique que des femmes de la classe moyenne, de la bourgeoisie parisienne, ont des visages qui, sous le fard et le maquillage, trahissent quelque chose de dur, de désenchanté, lié à l’idée qu’elles ont peut-être perdu leur capacité à séduire. En comparaison, on trouve en Bretagne des femmes de 70 ans très ridées mais dont les visages montrent une belle sérénité, parce que ces gens vivent le cycle normal de l’âge. Il y a des films qui ont montré la séduction d’une Mistinguett à 75 ans, d’autres ont été faits sur l’érotisme des femmes âgées, il y a des films qui brisent ces images.
36 Harold et Maud ?
37 Edgar Morin - Des films comme celui-là montrent qu’on peut briser un tabou, mais bien d’autres transformations sont en train d’émerger et qui sont liées au fait que chaque sexe possède de façon récessive les traits de l’autre. Et ce, même du point de vue anatomique puisque nous, les hommes, avons des seins et les femmes elles, ont un clitoris, embryon du sexe masculin, sans parler de toutes les gammes du transsexualisme et de l’homosexualité qui montrent que rien n’est simple à cet égard. La potentialité d’exercer des activités féminines se manifeste de plus en plus chez les hommes. Ils ont aujourd’hui la possibilité de quitter le mythe viriloïde et de développer certaines options féminines qui leur étaient auparavant interdites. Ne serait-ce que dans la paternité qui devient maternisante. Émerge un univers unisexe, ce qui ne veut pas dire une uniformisation des deux sexes, mais la reconnaissance que chaque sexe a, à sa disposition, certaines des potentialités de l’autre. Si on entend l’unisexe comme une acceptation de la complexité sexuelle de chacun et non pas comme une neutralisation, la tragédie vécue par les femmes face à la diminution de leur pouvoir de séduction, pourrait se réduire.
38 C’est une prophétie autoréalisatrice qui fait qu’on cesse de séduire. La différence des sexes est irréductible, mais la reconnaissance de la complexité sexuelle de chacun peut atténuer cette formidable différence où un homme va se sentir jeune à 60 ans, et s’en donne la preuve puisqu’il séduit, alors que la femme de 40 ans se sent vieille parce qu’elle croit qu’elle ne peut plus séduire. Il est important qu’on arrive à une prise de conscience de tout ceci, parce que le problème qui est posé est celui du « comment les choses changent » ? Les choses changent en fonction de processus vécus de façon inconsciente, mais aussi par les discours qui se développent sur les nouveaux retraités, les nouveaux grands-pères, etc. L’accumulation des expériences pousse à une prise de conscience d’abord par des minorités, mais ces idées neuves finiront par déborder le cadre des ouvrages de sociologie ou de biologie, pour atteindre le monde des médias et des partis politiques. S’il n’y a pas un début de processus vécu même inconsciemment par une minorité, la prise de conscience ne signifie rien. On ne va pas dire aux gens : « Vous savez, vous êtes encore valables ». Les choses bougent et se transforment avant que la conscience ne le réalise, ça toujours été comme ça dans l’histoire, ça ne peut pas changer. La conscience ne peut pas précéder les processus mais les processus ne peuvent s’accomplir qu’à partir du moment où il y a une conscience, qui est en même temps une conscience civique et politique.
POUR CITER CET ARTICLE
Edgar Morin et YVES MAMOU « Continuum des vies et discontinuité sociale », Retraite et société 3/2001 (no 34), p. 166-173.
URL : www.cairn.info/revue-retraite-et-societe-2001-3-page-166.htm.





