Les normes de responsabilité familiale dans les pays européens : contrastes et similarités
Svein Olav daatland
Katharina Herlofson
Quelle est la nature des obligations entre enfants adultes et parents âgés
dans l’Europe contemporaine? Qu’est-ce qui est perçu comme un bon
dosage des responsabilités entre la famille et l’État-providence et par qui
les individus préféreraient-ils être aidés s’ils devaient en avoir besoin
durablement? Ces questions sont examinées dans une enquête auprès
d’échantillons représentatifs de citadins âgés d’au moins 25ans, dans cinq
pays : Angleterre, Allemagne, Espagne, Israël et Norvège.
Il semble que des normes d’obligation filiale prédominent dans ces cinq
pays, mais à des degrés divers. Ces écarts sont encore plus marqués dans
les réponses portant sur l’expression concrète de ces normes, et vont ici
dans le même sens que les opportunités et politiques nationales. Les
obligations filiales ne supposent pas forcément que la famille soit
considérée comme l’aidant naturel. En fait, la préférence pour le dispositif
d’aide est généralement supérieure au volume des services effectivement
fournis, d’où la demande, non satisfaite, d’une plus grande intervention
de l’État. En outre, les différences de normes et d’opinions paraissent obéir
à des logiques quelque peu différentes, ce qui laisse à penser que les
conclusions pour un pays donné ne peuvent guère être généralisées à ceux
qui n’ont pas les mêmes traditions familiales ou le même régime d’Étatprovidence.
What is the nature of obligations between adult children and older
parents in contemporary Europe? What is seen as the proper balance of
responsibilities between the family and the welfare state, and from whom
would people themselves prefer long-term care if they should come to
need it? These questions are explored in a survey among representative
urban samples of persons aged 25+ in five countries : England, Germany,
Spain, Israel and Norway.
Filial obligation norms seem prevalent in all five countries, but to varying
degrees. Country differences are even greater in the more concrete
opinions about how such norms should be enacted, and then in a
direction that is congruent with national policies and opportunities. Filial
obligations need not imply that the family is seen as the natural care
provider, in fact preferences for services are in general higher than the
actual service rates are, implying an unmet wish for more governmental
responsibility. The variation in norms and opinions seem otherwise to
follow somewhat different logics, implying that findings from one country
can hardly be generalised to countries with other family traditions and
welfare state regimes.
• ■ Méthodologie
— ■■ La méthode comparative
— ■■ L’étude
• ■ Résultats descriptifs
— ■■ Obligations filiales
— ■■ Les attitudes à l’égard de l’État-providence
— ■■ Préférences en termes d’aide
• ■ Analyse des multivariables
— ■■ Modèle et attentes
— ■■ Écarts à l’intérieur des pays
— ■■ Écarts à l’intérieur des pays et entre les pays
• ■ Conclusion
• ■ Bibliographie