Retraite et société
La Doc. française

I.S.B.N.sans
266 pages

p. 222 à 223
doi: en cours

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Le point sur...

no 38 2003/1

2003 Retraite et société Le point sur...

Hommage à Michel Frossard

Robert Hugonot
Nous avions eu à plusieurs reprises le privilège de collaborer avec Michel Frossard. Nous avons pu apprécier sa rigueur professionnelle et sa compétence, ainsi que son sens de l’humain et de l’ouverture. Possédant parfaitement la théorie économique, il a su rester proche du terrain et de ses acteurs, qu’ils soient professionnels, bénévoles et aidants familiaux.
La direction des recherches sur le vieillissement de la Cnav
Michel Frossard nous a quittés le 4 septembre 2002. Il avait 53 ans. Une maladie, lente et inexorable l’a terrassé. Son visage en portait les stigmates depuis deux ans, mais cela n’altérait pas son ardeur à vivre ni son travail.
Michel était économiste. Élève du professeur De Bernis – un des maîtres dans cette discipline –, il avait gravi ses échelons au sein de l’université Pierre Mendès France, l’université des sciences sociales de Grenoble. Le présent et l’avenir de cette France vieillissante l’avaient conduit à choisir comme thème de sa thèse de doctorat « l’économie du vieillissement ». Un sujet nouveau, encore peu exploré et pourtant d’avenir. Pour l’étudier, il s’était rapproché du CPDG, le Centre pluridisciplinaire de gérontologie de l’université des sciences sociales, dont Michel Philibert était avec moi le codirecteur-fondateur. Michel Frossard nous avait alors fait le grand honneur de nous faire participer tous les deux au jury de cette thèse.
Pendant de nombreuses années, il s’est partagé entre Rennes et Grenoble. À l’École nationale de la santé publique, il était alors chargé du cours d’économie de la santé. Les instances ministérielles concernées l’appelaient souvent en consultation et la Fondation de France lui avait aussi demandé de faire partie de son réseau de « consultants en gérontologie ». Michel Philibert disparut en 1991. Au moment de son départ en retraite, en 1989, le président de l’université avait demandé à Michel Frossard de prendre la direction du CPDG.
Lorsque le professeur Alain Franco prit ma suite à la direction de la gériatrie au CHU, il renforça ce lien en créant avec Michel Frossard le LI2G, le laboratoire interuniversitaire reliant ces deux universités grenobloises.
En 1998, l’alternance Paris-province, médecine et autres disciplines, le conduisit à être élu président de la Société française de gérontologie. Sa carrière n’allait pas s’arrêter là. Élu vice-président de son université, chargé de la formation permanente, il en aurait été élu président si la maladie n’avait pas contrarié ce projet. Nous garderons le souvenir d’un ami, modeste et chaleureux autant que dynamique et enthousiaste.
Savoyard, montagnard, proche de ses amis, de ses disciples, de ses collègues, sa disparition est très dure pour chacun de nous.
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