Impact des différents aléas de carrière sur les retraites : inactivité, chômage, travail à temps partiel et préretraite
Christel Colin
Corinne Mette
Le contexte économique actuel, marqué par des mutations importantes
sur le marché du travail, conduit à s’interroger sur l’évolution des retraites
futures. C’est pourquoi, nous étudions ici l’impact d’aléas de carrière tels
qu’une période de chômage, de préretraite, de travail à temps partiel ou
encore d’inactivité sur les pensions de retraite de salariés du secteur privé.
De manière générale, les taux de remplacement du dernier salaire par la
première retraite sont toujours plus faibles lorsque la carrière a été affectée
par l’un de ces quatre aléas comparativement à une carrière complète.
Toutefois, l’incidence de ces derniers est variable et dépend de plusieurs
éléments.
Lorsque ni le régime général ni les régimes complémentaires ne valident
ces aléas, l’impact de ces derniers est lié à leur place dans la carrière
professionnelle, à leur durée et à la génération. C’est alors principalement
le régime de base qui contribue à la baisse du taux de remplacement, du
fait que les meilleures années à prendre en compte dans le calcul du salaire
de base se trouvent affectées. Par ailleurs, du fait d’un plus grand nombre
d’années à prendre en compte dans le salaire de base, l’effet est d’autant
plus marqué pour les générations pleinement concernées par la réforme
de 1993.
Lorsque seul le régime général compense l’aléa de carrière (validation des
trimestres correspondants), que sa place affecte ou non les meilleures
années, ce sont surtout les retraites complémentaires qui font baisser le
taux de remplacement. Dans ce cas, la retraite complémentaire est
amputée du nombre de points qui auraient été obtenus si l’activité n’avait
pas été affectée.
Enfin, lorsque ces aléas sont compensés par chacun des régimes, leur
impact dépend surtout de leur place dans la carrière, mais aussi de leur
mode de prise en compte par les régimes complémentaires.
L’impact des aléas de carrière est par ailleurs lié aux hypothèses retenues
sur les carrières : en particulier, plus les salaires progressent fortement au
cours de la carrière, plus les taux de remplacement chutent.
The current economic climate, marked by a rapidly changing employment
market, raises questions about how retirement pensions are likely to evolve
in years to come. In this article, we examine the impact of career setbacks,
such as periods of unemployment, early retirement, part-time working or
inactivity, on the retirement pensions of private sector salaried employees.
As a general rule, compared with a career in full employment, the
replacement rate of the last monthly wage by the first pension payment is
always lower when a person’s career has been affected by one of these
four setbacks. However, the impact of these setbacks is variable and
depends on several factors.
When these setbacks are covered by neither state or supplementary
pension schemes, their impact depends on their position in the working
career, their duration and the generation concerned. In this case, it is the
basic state scheme which reduces the replacement rate most significantly,
since the best years taken into account for calculating the mean annual
salary are affected. Moreover, as a larger number of years is used to
calculate the mean annual salary, this effect is more pronounced for
generations fully concerned by the reform of 1993.
When a career setback is covered by the state scheme alone (validation of
corresponding contribution periods), whether or not it occurred during
the best years, it is the supplementary pension schemes which bring down
the replacement rate. In this case, the supplementary pension is reduced
by the number of points that would have been obtained had the person’s
activity not been affected.
Lastly, when these setbacks are covered by both schemes, their impact
depends above all on their position in the person’s career, but also on the
way they are taken into account by supplementary schemes.
The impact of career setbacks is also linked to career patterns: in particular,
the faster a salary increases over a career, the sharper the drop in the
replacement rate.
• ■ Les carrières et les hypothèses
• ■ Les taux de remplacement après
une carrière complète décroissent en
fonction du dernier salaire
— ■■ Taux de remplacement du régime général
— ■■ Taux de remplacement
des régimes complémentaires
• ■ Des effets différents des aléas
sur la première pension perçue
• ■ L’incidence d’une période
de travail à temps partiel…
— ■■ …sur les retraites complémentaires s’explique
par sa durée, par le niveau du salaire perçu…
— ■■ …sur la retraite de base s’explique par sa place
dans la carrière professionnelle
• ■ L’impact d’une période
d’inactivité
— ■■ L’impact de la période d’inactivité sur la retraite
de base dépend de l’allure des carrières
— ■■ L’impact d’une période d’inactivité sur les retraites
complémentaires dépend principalement de sa durée
— ■■ L’avantage de l’AVPF par rapport à la seule MDA
réside dans la prise en compte des périodes
d’inactivité par le régime de base
• ■ L’impact de périodes
de chômage indemnisé
— ■■ L’incidence d’une période de chômage indemnisé
sur la pension de base dépend de sa place
dans la carrière professionnelle…
— ■■ …mais aussi des barèmes en vigueur
pour chacune des générations…
— ■■ …et diffère selon le profil
— ■■ L’incidence d’une période de chômage indemnisé
sur les pensions complémentaires dépend
des modes de prise en compte par celles-ci
pour chacune des générations…
— ■■ …et diffère également selon le profil
• ■ Conclusion
• ■ Bibliographie