Retraite et société
La Doc. française

I.S.B.N.sans
256 pages

p. 103 à 127
doi: en cours

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no 40 2003/3

2003 Retraite et société

Retraites du secteur privé : quels effets de l’introduction d’une dose de capitalisation ?

Hanène Belhaj UNIVERSITÉ PARIS 9, DAUPHINE
Pour limiter la charge financière que représente pour les régimes de retraite le vieillissement rapide de la population, certains pays comme l’Allemagne ont décidé d’introduire une dose de capitalisation venant compléter le système actuel des pensions. L’objet de cet article est d’étudier l’impact d’une réforme de ce type dans le contexte français. Le régime de retraite par capitalisation serait financé par une surcotisation. Le capital versé serait rémunéré au taux des marchés financiers. À l’aide du modèle de microsimulation Destinie de l’Insee, l’article examine les effets de cette réforme sur la masse des retraites et des cotisations ainsi que les effets redistributifs intragénérationnels. En substituant aux pensions distribuées par le régime par répartition des pensions capitalisées, cette réforme permet de limiter la hausse future du taux de cotisation salarié et d’améliorer le montant des pensions. Par ailleurs, au niveau individuel, cette réforme bénéficie en particulier aux salaires moyens et élevés et réduit la redistribution des hommes vers les femmes. To limit the pension burden associated with population ageing, certain countries, such as Germany, have decided to introduce funded pension schemes to complement the existing pension system. The purpose of this article is to examine the impact of a reform of this type in the French context. The funded pension scheme would be financed by additional contributions and the capital paid in would earn the financial market rate of return. Using the Destinie microsimulation model developed by the Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), the article examines the impact of this reform on the mass of pensions and contributions, and the redistributive effects between generations. By replacing pay-as-you-go pensions with funded pensions, the reform would limit the future rise in contribution rates paid by salaried workers and would raise pension levels. At the individual level, the reform would benefit middle and high-income salaried workers in particular and reduce redistribution from men to women.
Depuis le début des années quatre-vingt-dix, une prise de conscience du vieillissement démographique et des mutations économiques a posé les interrogations quant à la soutenabilité financière des régimes de retraite en France. En effet, l’arrivée à maturité des régimes publics par répartition, le vieillissement de la population, et l’arrivée à l’âge de 60 ans des générations nombreuses du baby-boom ont mis en lumière les difficultés financières des régimes de retraite. Ces réalités ont conduit à s’interroger sur les réformes à envisager en France et sur les apports respectifs du financement par la répartition et par la capitalisation.
Plusieurs réformes ont été mises en place ces dernières années.
Ainsi, les pensions et les salaires portés au compte des assurés sont indexés sur les prix et non plus sur les salaires. Pour le régime général, la réforme de 1993 sur le mode de calcul des pensions accroît progressivement la durée d’assurance requise pour avoir le taux plein de 37,5 ans à 40 ans et allonge de dix à vingt-cinq le nombre d’années de salaire prises en compte dans le calcul du salaire de référence. Dans les années à venir, des réformes visant notamment à allonger la durée d’activité sont attendues.
Dans le cadre des réflexions menées sur les modalités envisageables de rééquilibrage des régimes de retraite du privé, cet article analyse les conséquences de l’introduction d’une dose de capitalisation obligatoire, accompagnée d’un allongement de la durée d’assurance requise pour avoir le taux plein selon le calendrier proposé par Charpin (1999). Les simulations sont effectuées à l’aide du modèle de microsimulation Destinie de l’Insee (l’annexe 1 fournit une description du modèle). Les effets de cette réforme sur la masse des retraites et des cotisations et, au niveau individuel, sur la distribution des revenus de trois générations (1948-1959,1960-1967,1968-1975) sont successivement analysés.
 
■ La réforme envisagée
 
 
Notre réflexion est engagée sur l’introduction d’une faible dose obligatoire de retraites par capitalisation, tout en maintenant la prédominance du régime par répartition. Cette réforme est accompagnée d’un allongement de la durée d’assurance requise pour avoir le taux plein. En effet, la prise en compte simultanément de ces deux dispositifs permet de baisser le montant des pensions par répartition et de les compléter par des retraites capitalisées. Les coûts de transition de la répartition à la capitalisation sont ainsi évités. La réforme s’articule donc autour de deux phases.
Une première phase suppose l’introduction, en 1998 [1], d’un dispositif d’épargne retraite individuelle et obligatoire, avec un taux de cotisation fixé à 2 % (système à cotisations définies).
Les cotisations sont en totalité à la charge des salariés et viennent s’ajouter aux cotisations du régime général ( cf. annexe 2, p. 123, qui détaille le calcul des pensions de la Cnav). Elles sont capitalisées chaque année au taux d’intérêt r [2] tel que : w t τ c (1+ r )
w t avec le salaire de l’individu l’année t et τ c le taux de cotisation en capitalisation.
Lorsque l’individu atteint l’âge de liquidation [3] de la retraite, le montant des cotisations capitalisées est distribué à l’individu sous forme d’annuité viagère jusqu’à l’âge de décès, selon la formule :
où :
s est l’âge de départ à la retraite ;
k s est le capital accumulé à l’âge de départ à la retraite dans le fonds capitalisé ;
Q j est le coefficient de mortalité de la cohorte (compte tenu de son espérance de vie projetée) ;
t a est le taux d’actualisation, il est égal à 3% dans le modèle Destinie.
Cette formule prend en compte les quotients de mortalité à chaque âge à partir de la liquidation de la retraite. Dans Destinie, les quotients de mortalité appliqués pour le décès des individus sont différenciés selon le sexe et la catégorie socioprofessionnelle [4]. Dans le calcul des rentes viagères en France, on observe l’utilisation de tables prospectives, qui prennent en compte les différences par sexe uniquement. Nous utilisons donc dans nos calculs de l’annuité capitalisée des quotients de mortalité plus conformes à ceux utilisés dans la pratique par les assureurs, à savoir des quotients selon les tables de mortalité par âge et prenant comme base de tarification les tables de mortalité des femmes [5].
Simultanément, cette première phase d’introduction de la capitalisation est accompagnée d’un allongement de deux ans et demi de la durée d’assurance requise pour avoir le taux plein (un passage de 40 ans à 42,5 ans) et d’un allongement de la durée retenue pour la proratisation de 150 à 170 trimestres. La montée en charge de cette mesure suit le calendrier suggéré dans le rapport Charpin (1999) : la durée d’assurance requise pour avoir le taux plein continue à s’accroître d’un trimestre par an pour les générations nées entre 1944 et 1947, puis s’accroît d’un trimestre toutes les deux générations de façon à atteindre 170 trimestres pour les générations nées après 1958. Nous désignons cette phase par « réforme Charpin » dans la description des résultats de nos simulations, et ce, dans le but de distinguer les effets de cette mesure des effets de la capitalisation. Cette réforme Charpin concerne donc les individus nés après 1958. Quant à la capitalisation, introduite en 1998, elle concernera plus particulièrement les individus ayant 20 ans à cette date et entrant sur le marché du travail.
 
■ Les effets macroéconomiques
 
 
Nous présentons les effets de l’introduction de la réforme décrite plus haut sur la masse des retraites et des cotisations et sur l’évolution du taux de cotisation salarié. Les projections reposent sur un scénario macroéconomique partiellement exogène ( cf.
annexe 3, p. 126). Cependant, l’hypothèse principale du modèle concerne le taux de cotisation salarié, celui-ci s’ajustant chaque année pour assurer l’équilibre financier des régimes de retraite du privé.
■■ Les effets sur la masse des pensions
Selon les règles actuelles, et avant réformes, on observe, à partir de 2006, une hausse de la masse des pensions en raison de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses du baby-boom ( cf. graphique 1, p. 110). Cette hausse est de fait limitée lorsqu’on introduit la réforme Charpin. En effet, l’allongement de la durée d’assurance et de la durée de proratisation diffère l’âge de départ à la retraite et diminue le niveau des pensions : les taux d’activité des salariés âgés s’accroissent donnant alors lieu à une baisse du nombre de retraités et des prestations distribuées. D’après le tableau 1 ( cf. p. 110), on observe une diminution du nombre de retraités de 7 % en 2020 et de 4 % en 2040. La masse des pensions versées par la Cnav décroît de 7 % en 2020 et de 9 % en 2040.
Lorsqu’on additionne la masse des pensions capitalisées à la masse des pensions Cnav après réforme Charpin, on obtient un volume de pensions totales (pensions Cnav dues à l’allongement de la durée de cotisation et rentes capitalisées) supérieur au volume initial des pensions avant réformes. La réforme par capitalisation compense donc la baisse des pensions dues à l’allongement de la durée de cotisation par des pensions capitalisées. Cette compensation par la capitalisation est assez significative (+ 2 % en 2040 et + 8 % en 2060) malgré l’hypothèse d’un rendement modéré (5 %) et d’un taux de surcotisation faible (2 %).
Graphique 1
Évolution de la masse des pensions suite aux réformes
IMGIMGÉvolution de la masse des pensions suite aux réfor...IMGIMF

Tableau 1
Impact de la réforme Charpin et de l’introduction de la capitalisation sur le nombre de retraités et sur la masse des pensions
IMGIMGTableau 1 
Impact de la réforme Char...IMGIMF
Tableau 1 Impact de la réforme Charpin et de l’introduction de la capitalisation sur le nombre de retraités et sur la masse des pensions 2020 2040 2060 Variation du nombre de retraités suite à la réforme Charpin - 7 % - 4 % - 2 % Variation de la masse des pensions Cnav suite à la réforme Charpin - 7 % - 9 % - 9 % Variation de la masse des pensions suite à Charpin et capitalisation (Cnav+capitalisation) - 3 % + 2 % + 8 % Note : la variation du nombre de retraités est calculée par rapport au nombre de retraités avant introduction des réformes. La variation de la masse des pensions suite à Charpin et capitalisation est calculée comme étant la variation de la masse des pensions suite à l’obtention des retraites capitalisées par rapport aux pensions perçues après allongement de la durée de cotisation.

■■ Les effets sur la masse des cotisations
Dans le modèle Destinie, le taux de cotisation salarié s’ajuste chaque année afin d’assurer l’équilibre financier des régimes de retraite du secteur privé. De ce fait, la baisse du volume des retraites du régime général (due à la réforme Charpin), conjuguée à la hausse des taux d’activité conduit à une baisse du volume des cotisations nécessaires au régime. En introduisant la capitalisation, la surcotisation de 2 % augmente la masse totale des cotisations et conduit au niveau initial des cotisations en absence de réformes ( cf. graphique 2).
Graphique 2
Évolution de la masse de cotisations suite aux réformes
IMGIMGÉvolution de la masse de cotisations suite aux réf...IMGIMF
■■ Les effets sur le taux de cotisation salarié
Étant donné que dans le modèle Destinie, l’équilibrage du financement des régimes de retraite du privé se fait exclusivement par le taux de cotisation salarié, ces changements dans le volume des prestations et des cotisations conduisent à un ajustement à la baisse du taux de cotisation salarié nécessaire à l’équilibre du régime général. D’après le graphique 3, jusqu’en 2022, le taux de cotisation après réformes est supérieur au taux de cotisation en l’absence de réforme. En effet, du fait du calendrier progressif de la réforme Charpin, le taux de cotisation salarié ne s’ajuste à la baisse qu’à partir de 2008. Il s’agit donc d’une période de transition pendant laquelle il faut faire accepter aux salariés la surcotisation de 2 % et, de ce fait, une augmentation de leur taux de cotisation total (+ 1 point en 2010). À partir de 2022, le nouveau taux de cotisation salarié (la surcotisation de 2 % additionnée au taux salarié obtenu suite à l’allongement de la durée de cotisation), devient inférieur de 1 point à son niveau initial à l’horizon 2040 et 2060 ( cf. tableau 2). Ce nouveau taux salarié génère aussi bien des retraites par répartition distribuées par la Cnav que des retraites individuelles par capitalisation.
Après une période de transition où on observe une hausse du taux de cotisation salarié, cette réforme permet à terme de limiter la hausse future des taux de prélèvements et d’améliorer la masse des retraites distribuées. La répercussion de cette réforme sur les montants des retraites fait l’objet, dans la section suivante, d’une étude au niveau microéconomique, pour mieux cerner les effets redistributifs d’une telle proposition.
Graphique 3
Évolution du taux de cotisation suite aux réformes
IMGIMGÉvolution du taux de cotisation suite aux réformesIMGIMF

Tableau 2
Taux de cotisation salarié
IMGIMGTableau 2 
Taux de cotisation salari...IMGIMF
Tableau 2 Taux de cotisation salarié 2010 2020 2040 2060 Taux de cotisation salarié en l’absence de réforme 9 % 11 % 18 % 20 % Taux de cotisation suite à Charpin et capitalisation 10 % 11 % 17 % 19 % Note : le taux de cotisation salarié en l’absence de réforme est le taux de cotisation nécessaire à l’équilibre des régimes de base, si aucune réforme n’est entreprise. Ce taux serait de 18 % en 2040 et 20 % en 2060. Le nouveau taux de cotisation salarié obtenu suite à l’introduction de la réforme par capitalisation est de 17 % en 2040 et 19 % en 2060.

 
■ Les effets redistributifs pour trois générations
 
 
Une réforme des régimes de retraite a des répercussions sur la redistribution intergénérationnelle et intragénérationnelle du système de retraite. Une analyse précise de ces deux types de redistributions nécessite de disposer d’un échantillon représentatif des profils de carrière sur le cycle de vie. À cet effet, le modèle Destinie permet de sélectionner des individus appartenant à une même génération et de connaître leur profil de carrière.
Nous étudions dans ce qui suit l’impact de la réforme par capitalisation sur les niveaux de pensions et sur la redistribution intragénérationnelle pour trois générations : 1948-1959,1960-1967 et 1968-1975. Pour la génération 1948-1959, la réforme Charpin a atteint son plein effet. L’échantillon sélectionné de cette génération comprend 1957 individus. L’allongement de la durée de cotisation selon le calendrier proposé par Charpin atteint son plein effet pour les individus nés après 1960. L’échantillon constitué pour la génération 1960-1967 comprend 1 366 individus. Enfin, la génération 1968-1975, du fait du calendrier de son introduction (en 1998), est la plus concernée par la réforme par capitalisation.
L’échantillon est composé de 1265 individus.
■■ Une comparaison des niveaux de pensions entre générations
La réforme qui consiste à introduire une dose de capitalisation, accompagnée d’un allongement de la durée d’assurance requise pour avoir le taux plein, procure en moyenne des retraites plus élevées que celles des régimes obligatoires (régime général et régimes complémentaires). Pour les trois générations étudiées, il y a un surplus de pensions grâce à la distribution des rentes capitalisées ( cf. graphique 4). Ces rentes sont plus élevées pour les hommes que pour les femmes et elles profitent plus à la génération 1968-1975.
Graphique 4
Évolution des montants de retraite par génération et par sexe
IMGIMGÉvolution des montants de retraite par génération ...IMGIMF
Ce résultat est confirmé lorsqu’on calcule le ratio de la retraite capitalisée par rapport à la retraite totale : pour la génération 1968-1975, la retraite capitalisée représente 9 % de la pension totale contre 6 % pour la génération 1960-1967 et 3,5 % pour la génération 1948-1959. L’effet de la réforme par capitalisation s’accroît donc au fil des générations ; du fait du calendrier de son introduction (en 1998), les individus jeunes accumulent plus de cotisations capitalisées et bénéficient d’une meilleure pension par capitalisation.
■■ La redistribution intragénérationnelle
Afin d’évaluer la redistribution intragénérationnelle de la réforme envisagée, nous utilisons deux indicateurs, le taux de remplacement et le taux de rendement interne. Le taux de remplacement net est défini comme le rapport entre la première retraite versée et le dernier salaire. C’est un indicateur instantané qui mesure les effets de revenus liés au passage de l’activité à la retraite. Le taux de rendement interne (Tri) est le taux d’actualisation qui égalise le flux des cotisations et le flux des prestations. Il mesure le lien entre l’effort contributif et le niveau de la retraite distribuée. Il est le résultat de l’équation :
Avec pt la pension à la date t, wt le salaire courant et tt le taux de cotisation.
Par ailleurs, les individus sont classés selon leurs salaires afin de comparer le rendement de l’opération retraite pour les différentes classes de revenus. À cet effet, nous choisissons comme indicateur de revenus le salaire net total sur le cycle de vie, selon la méthode utilisée par Walraet et Vincent (2002).
La génération 1948-1959
Les individus de cette génération sont peu concernés par la réforme Charpin du fait du calendrier de cette mesure mais aussi parce qu’ils ont de longues durées validées. D’après le tableau 3, ( cf. p. 116) la baisse des taux de remplacement n’est que de 1 point en moyenne pour les différents quintiles de salaires. Étant donné que la date d’introduction de la capitalisation intervient en fin de carrière pour les individus de cette génération, la hausse des taux de remplacement bénéficie en particulier aux salaires de la deuxième moitié de la distribution.
Concernant les Tri médians par quintiles de salaires, ils sont en moyenne maintenus à leurs niveaux initiaux en absence de réformes. Seuls les salaires les plus faibles (1er quintile) subissent une baisse de Tri. Cela s’explique par le fait que les salaires les plus faibles ont aussi les durées travaillées les moins importantes et accumulent donc peu de cotisations en capitalisation.

Tableau 3
Écarts de taux de remplacement et Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie et par type de réforme
IMGIMGTableau 3 
Écarts de taux de remplac...IMGIMF
Tableau 3 Écarts de taux de remplacement et Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie et par type de réforme Écarts de taux de remplacements médians Écarts de Tri médians Charpin/avant Capitalisation Charpin/avant Capitalisation réforme Charpin réforme Charpin Tous - 1 + 3 - 0,2 + 0,2 1e quintile - 1 + 1 - 0,3 - 0,4 2e quintile - 2 + 0 - 0,1 + 0 3e quintile - 1 + 3 - 0,1 + 0,2 4e quintile - 1 + 3 - 0,1 + 0,4 5e quintile - 1 + 5 - 0,2 + 0,3 Note : l’écart de taux de remplacement (ou de Tri) noté Charpin/avant réforme représente la différence en points entre le taux de remplacement (ou le Tri) suite à l’allongement de la durée de cotisation et le taux de remplacement (ou le Tri) avant l’introduction des réformes. De la même manière, l’écart de taux de remplacement (ou de Tri) noté Capitalisation/Charpin, représente la différence en points entre le taux de remplacement (ou de Tri) suite à l’introduction de la capitalisation et le taux de remplacement suite à l’allongement de la durée de cotisation.

La génération 1960-1967
Le calendrier de montée en charge de la réforme Charpin conduit à une baisse des taux de remplacement plus accentuée pour cette génération. En effet, cette génération a des durées validées moins importantes : les individus ont des scolarités plus longues et accèdent plus tardivement au marché du travail (Bardaji, Sédillot, Walraet, 2002).
Ces taux de remplacement sont par la suite augmentés grâce à l’introduction de la capitalisation, et ce, pour toutes les classes de revenus ( cf. tableau 4). Cette augmentation vient compenser la baisse subie par la réforme Charpin et donne lieu à des taux de remplacement plus élevés que les taux de remplacement sans réforme. Seul le 1er quintile de salaires ne profite pas de cette augmentation : cela pourrait être expliqué par le fait que les salaires les plus faibles ont aussi les durées travaillées les moins importantes ( cf. tableau 5), les individus appartenant au premier quintile accumulent donc moins de cotisations capitalisées et bénéficient d’une rente moindre.
Concernant les Tri, la tendance est la même que celle observée pour les taux de remplacement, à savoir une chute du Tri pour le 1er quintile et une amélioration pour toutes les autres classes de salaires après introduction de la capitalisation.

Tableau 4
Écarts de taux de remplacement et Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie et selon la réforme
IMGIMGTableau 4 
Écarts de taux de remplac...IMGIMF
Tableau 4 Écarts de taux de remplacement et Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie et selon la réforme Écarts de taux de remplacement médians Écarts de Tri médians Charpin/avant Capitalisation Charpin/avant Capitalisation réforme Charpin réforme Charpin Tous - 3 + 6 - 0,2 + 0,2 1er quintile - 4 + 2 - 0,2 - 0,1 2e quintile - 4 + 8 - 0,2 + 0,1 3e quintile - 3 + 7 - 0,2 + 0,2 4e quintile - 2 + 8 - 0,2 + 0,3 5e quintile - 1 + 8 - 0,2 + 0,3


Tableau 5
Distribution des durées travaillées moyennes par quintiles de salaires nets et après réformes
IMGIMGTableau 5 
Distribution des durées t...IMGIMF
Tableau 5 Distribution des durées travaillées moyennes par quintiles de salaires nets et après réformes 1er 2e 3e 4e 5e quintile quintile quintile quintile quintile Durées travaillées 21,8 29,6 34,07 35,5 35,6 (en années) Note : les durées travaillées considérées sont les durées moyennes après allongement de la durée de cotisation et introduction de la capitalisation.

La génération 1968-1975
La réforme par capitalisation atteint son plein effet pour cette génération. En 1998, la majorité des individus de cette génération accèdent au marché du travail. Cette génération est celle qui bénéficie le plus de gains au niveau des pensions. Cette amélioration des taux de remplacement profite particulièrement aux salaires de la deuxième moitié de la distribution (cf. tableau 6, p. 118). Les individus à hauts salaires ont en effet accumulé plus de cotisations et bénéficient donc de meilleures rentes distribuées.
La capitalisation a aussi pour effet de compenser la légère baisse des Tri due à l’allongement de la durée de cotisation et de conduire ces Tri à leurs niveaux en absence de réformes. Cette génération bénéficie globalement d’un meilleur rendement de ses cotisations. Seule une exception est constatée pour le premier quintile de salaire.

Tableau 6
Écarts de taux de remplacement et Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie et par réforme
IMGIMGTableau 6 
Écarts de taux de remplac...IMGIMF
Tableau 6 Écarts de taux de remplacement et Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie et par réforme Écarts de taux de remplacement médians Écarts de Tri médians Charpin/avant Capitalisation Charpin/avant Capitalisation réforme Charpin réforme Charpin Tous - 5 + 10 - 0,2 + 0,2 1er quintile - 6 + 4 - 0,1 - 0,5 2e quintile - 4 + 11 - 0,1 + 0,1 3e quintile - 5 + 9 - 0,2 + 0,3 4e quintile - 4 + 12 - 0,2 + 0,3 5e quintile - 3 + 11 - 0,2 + 0,2

Étant donné que la génération 1968-1975 est celle qui est la plus concernée par la réforme par capitalisation, nous examinons dans ce qui suit le profil redistributif au sein de cette génération des régimes de retraites par répartition, selon les règles actuelles et suite à l’introduction de la réforme par capitalisation.
➝ La redistribution selon les règles actuelles
On constate en premier lieu des différences de Tri entre les hommes et les femmes, ces dernières bénéficiant de Tri plus élevés ( cf. tableau 7). Cela s’explique en partie par les effets de l’espérance de vie plus élevée des femmes, qui bénéficient plus longtemps de prestations. Mais la possibilité de valider des périodes de cotisation pour les femmes, notamment les durées validées au titre des enfants, rehausse le Tri puisque l’on valide des années pendant lesquelles la femme n’a pas cotisé. En outre, les femmes, ayant en moyenne des retraites plus faibles, elles bénéficient davantage que les hommes des dispositions prévues au titre du minimum contributif (Walraet, Vincent, 2002).
En deuxième lieu, le Tri médian décroît avec le niveau de salaire, révélant une redistribution qui s’opère des hauts salaires vers les bas salaires. Il y a donc redistribution des hommes vers les femmes et particulièrement vers les femmes à bas salaires.

Tableau 7
Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie selon les règles actuelles
IMGIMGTableau 7 
Tri médians par quintiles...IMGIMF
Tableau 7 Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie selon les règles actuelles 1er 2e 3e 4e 5e quintile quintile quintile quintile Tousquintile Tous individus 3,7 % 2,6 % 2,6 % 2,5 % 2,5 % 2,7 % Hommes 2,1 % 2,3 % 2,3 % 2,2 % 2,4 % 2,3 % Femmes 4,5 % 3,4 % 2,9 % 2,9 % 3,0 % 3,2 % Source : modèle de microsimulation Destinie de l’Insee.
modèle de microsimulation Destinie de l’Insee.

➝ La redistribution suite à la réforme par capitalisation
Le premier constat concerne les différentes classes de salaires :
suite à l’introduction de la capitalisation, la distribution des Tri demeure décroissante avec le salaire ( cf. tableau 8, p. 120).
La redistribution continue à s’opérer des hauts salaires vers les bas salaires. En outre, ce sont les individus ayant les salaires les plus élevés qui ont les durées travaillées les plus importantes et qui profitent donc le plus de l’apport de la capitalisation.
Concernant la redistribution entre les hommes et les femmes, nous observons une baisse des Tri pour les femmes et une hausse pour les hommes. Cela s’explique d’abord par les différences de salaires entre ces deux catégories, les hommes ayant des salaires plus élevés en moyenne que ceux des femmes ( cf. graphique 5, p.120), mais les hommes ont aussi des durées d’emploi plus élevées que celles des femmes (cf. graphique 6, p.121), ce qui augmente le montant des cotisations accumulées et capitalisées et les rentes distribuées.
Contrairement à une idée généralement admise qui suppose que ce sont les hommes à salaires les plus élevés qui bénéficient de la capitalisation, nous constatons par ailleurs que le premier et second quintile de salaires des hommes bénéficient largement de la hausse des Tri induite par l’introduction de la capitalisation.
Cependant, cette hausse réduit les écarts entre les Tri pour les différentes quintiles de salaires. La redistribution pour les hommes des salaires élevés vers les salaires les plus faibles demeure très faible, avant ou après réforme.
Notons enfin que nous avons appliqué les quotients de mortalité des femmes pour les hommes, ceux-ci auraient donc pu bénéficier d’une meilleure augmentation des Tri, si le calcul des annuités avait été fait selon les quotients de mortalité des hommes.

Tableau 8
Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie, suite à la réforme par capitalisation
IMGIMGTableau 8 
Tri médians par quintiles...IMGIMF
Tableau 8 Tri médians par quintiles de salaires sur le cycle de vie, suite à la réforme par capitalisation 1er 2e 3e 4e 5e quintile quintile quintile quintile Tousquintile Tous individus 3,1 % 2,6 % 2,7 % 2,6 % 2,6 % 2,7 % Hommes 2,6 % 2,6 % 2,6 % 2,6 % 2,6 % 2,6 % Femmes 3,7 % 2,9 % 2,7 % 2,7 % 2,7 % 2,8 % Source : modèle de microsimulation Destinie de l’Insee.
modèle de microsimulation Destinie de l’Insee.

Graphique 5
Courbes de Lorenz du salaire net total sur le cycle de vie et par sexe
IMGIMGCourbes de Lorenz du salaire net total sur le cycl...IMGIMF
Graphique 6
Les durées travaillées moyennes par quintiles de salaire net sur le cycle de vie et par sexe
IMGIMGLes durées travaillées moyennes par quintiles de s...IMGIMF
En résumé, avec la réforme par capitalisation, il y a une moindre redistribution entre les hommes et les femmes, la capitalisation profitant en premier lieu aux hommes et plus particulièrement aux hommes à salaires moyens et élevés. Toutefois, chez les femmes, la redistribution, telle qu’elle est observée selon les règles actuelles, des hauts salaires vers les bas salaires, continue à s’opérer de la même manière, suite à l’introduction de la capitalisation.
 
■ Conclusion
 
 
Dans cette réforme, il s’agit d’introduire une dose de capitalisation qui complète les pensions distribuées par le régime général et les régimes complémentaires. En substituant aux pensions distribuées par le régime par répartition des pensions capitalisées, cette réforme a permis de limiter la hausse future des taux de cotisation et d’améliorer le montant des pensions. En effet, la capitalisation a permis de distribuer des montants de retraite plus importants, les taux de remplacement augmentent pour les trois générations étudiées et plus particulièrement pour la génération 1968-1975. Ce résultat est contrebalancé par la prise en compte de la redistribution au sein de chacune de ces générations : en bénéficiant particulièrement aux hommes et aux salaires moyens et élevés, la réforme a pour effet de réduire la redistribution des hommes vers les femmes et des salaires élevés vers les bas salaires. Toutefois, ces inégalités risquent d’être encore plus importantes si la réforme envisagée implique une hausse des taux de cotisation pour rééquilibrer les régimes de retraites (Hairaut, Langot, 2002).
Par ailleurs, les effets de l’introduction de la capitalisation sont sensibles à l’hypothèse faite sur le rendement des marchés financiers. En effet, nous avons supposé que le rendement réel moyen des rentes est de 5 %; or, il existe un risque pour que ce rendement soit inférieur à ce niveau. Nous retrouvons l’arbitrage classique entre retraite par répartition et retraite par capitalisation : une retraite par répartition qui pourrait diminuer à l’avenir à cause de l’évolution démographique ou une rente par capitalisation plus élevée en moyenne mais qui risque de baisser à cause des fluctuations boursières. L’intérêt d’une réforme mixte qui associe répartition et capitalisation réside dans la diversification de ces deux risques.
 
■■ Annexe 1
 
 
Le modèle de microsimulation dynamique Destinie Le modèle de microsimulation Destinie de l’Insee projette l’évolution à l’horizon 2060 d’un échantillon de 50 000 individus issus de l’enquête « Patrimoine 1998 ». Pour réaliser une simulation, on considère que les événements qui affectent un individu se réalisent de manière aléatoire, conditionnellement à un certain nombre de variables.
Le modèle engendre un grand nombre d’événements démographiques (naissances, décès, mariages, divorces), simulés à partir des probabilités de mise en couple, ruptures des unions et naissance des enfants, observées entre 1995 et 1996 dans l’enquête « Jeunes et Carrières » 1997 de l’Insee et donne ainsi une image de la structure de la population française par âge, par sexe, par type de famille.
Les individus sont salariés du privé, du public ou indépendants (toute transition entre ces trois statuts est exclue). Les carrières des individus sont simulées tout au long de la période de projection :
niveau de salaire, passages éventuels par le chômage ou l’inactivité. Lors du passage à la retraite, le niveau des pensions est calculé à partir de la carrière passée en appliquant les règles en vigueur (pour les salariés du privé, on applique, dans la situation actuelle, les barèmes du régime général pour la retraite Cnav et des régimes Arrco et Agirc pour les retraites complémentaires). Ces barèmes sont ensuite modifiés pour tenir compte des différentes réformes envisagées.
Par ailleurs, la modélisation du marché du travail comme celle des salaires sont des éléments fondamentaux dans un exercice de prospective sur les retraites. En effet, le chômage, l’entrée tardive des jeunes sur le marché du travail, les retraits précoces d’activité (tels la préretraite), l’augmentation de l’activité féminine sont autant de phénomènes qui ont une influence sur la durée de cotisation et sur le salaire, les deux éléments principaux dans le calcul des droits à la retraite.
Le marché du travail dans Destinie comporte plusieurs états. Deux états d’activité : emploi et chômage, quatre états d’inactivité :
période de scolarité, inactivité « stricte », préretraite et retraite.
La mobilité sur le marché du travail, exception faite de l’entrée en retraite et de la sortie de la scolarité, est gérée par des probabilités de transition entre états, conditionnée par le statut d’occupation de l’année précédente et par des variables sociodémographiques :
l’âge, le sexe, l’âge de fin d’études et pour les femmes, le nombre et l’âge des enfants.
Les probabilités de transition sont estimées sur l’enquête Emploi de 1991 et sont ensuite ajustées afin de se caler sur les projections de population active réalisées par l’Insee (Guillemot et al., 1997).
Le scénario retenu en matière d’activité suppose que les principales tendances observées dans le passé, notamment dans les années quatre-vingt, vont se prolonger puis se stabiliser. « Ces évolutions reflètent la transition des comportements d’un régime d’activité (basse pour les femmes, haute pour les actifs les plus jeunes ou les plus âgés) vers un autre (haute pour les femmes, basse pour les actifs les plus jeunes ou les plus âgés)» (Guillemot et al., 1997).
Le modèle permet ainsi de simuler les retraites et d’analyser les effets d’une modification des règles des régimes de retraite ou plus généralement de phénomènes structurels marquants (croissance, de l’espérance de vie, montée de l’activité féminine, allongement de la durée des études).
Pour une description plus détaillée du modèle, voir Insee (1999)
et Bardaji, Sédillot, Walraet (2002).
 
■■ Annexe 2
 
 
Les règles de calcul des retraites dans le secteur privé En France, le système de retraites obligatoires des salariés du secteur privé repose sur deux piliers : un premier régime en annuités, la Cnav, exclusivement financé par répartition; un régime complémentaire par points géré par l’Arrco et l’Agirc.
La liquidation des droits directs à la Cnav est possible à partir du 60e anniversaire. Le montant annuel de retraite résulte de l’application au salaire de référence d’un taux d’annuité déterminé en fonction de la durée d’assurance. Le salaire de référence (ou salaire annuel moyen) est la moyenne des meilleurs salaires (tronqués par le plafond de la sécurité sociale) revalorisés selon l’indice de revalorisation des retraites. Depuis la réforme de 1993, le nombre d’années prises en compte varie selon la génération : de dix pour les générations nées avant 1933, il passe progressivement à vingt-cinq pour celles nées après 1948. Le taux d’annuité varie entre 25 % et 50 %. Le taux maximum de 50 % (ou « taux plein ») est atteint pour 160 trimestres de cotisation tous régimes (pour les générations nées après 1943) ou bien à l’âge de 65 ans. En deçà, une pénalité (décote) de 1,25 % par trimestre manquant est appliquée. Lorsque la durée d’assurance validée au régime général n’atteint pas 150 trimestres, la retraite est par ailleurs proratisée. La durée retenue pour la proratisation n’a pas été modifiée en 1993 et est toujours fixée à 150 trimestres. La formule définissant le montant de la retraite s’écrit :
avec
  • t : le taux de liquidation. Pour les générations nées après 1942, il est calculé comme suit : t = 50% – 1,25% Max [0, Min (4* (65 – a), 160 – d1 ] où a correspond à l’âge de liquidation et d1 aux nombres de trimestres validés tous régimes ;
  • Sam est le salaire annuel moyen;
  • correspond à la proratisation.
Lorsque la pension est calculée au taux plein mais que son montant est trop faible, elle est portée au minimum contributif.
Celui-ci est intégralement servi aux assurés justifiant d’une durée d’assurance au régime général de 150 trimestres et proratisée en deçà.
Les régimes de retraite complémentaire Arrco et Agirc sont pour leur part des dispositifs très contributifs : chaque individu cotise un pourcentage prédéterminé de son salaire annuel, qui est converti en points selon la valeur d’achat du point fixée pour l’année considérée. Lors de la liquidation, les points accumulés sont convertis en rente, en fonction de la valeur de revente du point à la date de liquidation. Dans l’hypothèse où l’individu liquide ses droits avant d’atteindre le taux plein de la Cnav, la valeur de revente du point est réduite d’environ un point de pourcentage par trimestre manquant pour atteindre le taux plein.
 
■■ Annexe 3
 
 
Les hypothèses de la simulation Les principales hypothèses pour la simulation sont les suivantes :
  • champ des personnes concernées : les salariés du secteur privé.
  • Ces salariés sont des pensionnés du régime général et des régimes complémentaires Arrco et Agirc ;
  • progression moyenne du salaire brut moyen de 1,6 % par an en moyenne sur l’horizon de projection ;
  • taux de chômage stabilisé à 6 % à partir de 2015 ;
  • hausse de 8 points du taux d’activité des 55-59 ans dans le secteur privé à l’horizon 2040.
En ce qui concerne les cotisations versées, il faut souligner ici une hypothèse importante. Les taux de cotisation salariés sont ajustés de manière à assurer l’équilibre financier du régime de base d’une année à une autre :
avec t, le taux de cotisation salarié, P, la somme des pensions de base C (droit direct et droit dérivé), la somme des cotisations versées et W, la masse des salaires sous plafond.
Le comportement de départ à la retraite en régime par répartition :
la liquidation ne peut s’effectuer qu’entre 60 et 65 ans. À partir de 60 ans, un individu en situation d’emploi, de chômage ou d’inactivité ne peut transiter que vers la retraite. La décision de départ à la retraite se fonde sur un arbitrage entre le revenu supplémentaire que l’individu peut escompter s’il reste sur le marché du travail (en termes de salaires et de droits à pension) et le coût lié au prolongement de l’activité (renoncement au loisir, de pénibilité au travail).
Le comportement de départ à la retraite en régime par capitalisation : le choix de départ à la retraite est conditionné par les règles de la répartition qui déterminent l’âge de la liquidation, la capitalisation est supposée neutre actuariellement.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BARDAJI J., SÉDILLOT B., WALRAET E.,2002, « Évaluation de trois réformes du régime général d’assurance vieillesse à l’aide du modèle de microsimulation Destinie », document de travail n° G2002/07 de la Direction des études et synthèses économiques, Division redistribution et politiques sociales, Insee.
·  CHARPIN J.-M., 1999, L’avenir de nos retraites, La Documentation française, Coll. « Rapports officiels », 264 p.
·  FELDSTEIN M., SAMWICK A., 1996, « The Transition Path in Privatizing Social Security », NBER Working Paper n° 5761.
·  GUILLEMOT D. et al., 1997, « Projections de population active 1998-2040 », Insee Résultats, Emplois-revenus, n° 136.
·  HAIRAULT J.-O., LANGOT F., 2002, « Accumulation, inégalités et réforme des retraites : une modélisation markovienne à agents hétérogènes », Rapport rédigé pour la Direction de la prévision et pour le Commissariat général du Plan.
·  INSEE, 1999, « Le modèle de microsimulation dynamique Destinie », document de travail de la Direction des études et synthèses économiques, Division redistribution et politiques sociales.
·  MC MORROW K., ROEGER W., 2002, « EU Pension Reform-An Overview of the Debate and an Empirical Assessment of the Main Policy Reform Options, European Commission », Economic Papers n° 62.
·  WALRAET E., VINCENT A., 2002, « Intragenerational Distributional Analysis in the French Private Sector Pension Scheme », mimeo.
 
NOTES
 
[1]Nous introduisons la réforme en 1998 pour des contraintes techniques liées au modèle de microsimulation.
[2]Nous supposons que le taux d’intérêt réel est égal à 5 %. Selon l’étude de Feldstein et Samwick (1996), le rendement du capital avant impôt r serait d’environ 9 % par an aux États-Unis sur le dernier siècle boursier. En Europe, McMorrow et Roeger (2002) estiment le rendement des fonds de pension européens durant les quarante dernières années à 5,25 % par an. En France, l’Insee (2002) a estimé la performance réelle des actions françaises à 5,5 % (écart type de 1,7 %), pour une durée de placement de trente ans (correspondant à la logique d’un régime de retraite par capitalisation) et sur la période 1950-2000. Nous avons opté pour un taux réel net à 5 %, après déduction des coûts administratifs liés à la gestion du régime par capitalisation.
[3]Le choix de départ à la retraite est conditionné uniquement par les règles de la répartition. La capitalisation est supposée neutre actuariellement.
[4]Dans Destinie, l’âge de fin des études est la variable qui résume à la fois le diplôme, la profession et la catégorie sociale, elle est utilisée comme proxy dans la modélisation de la mortalité.
[5]L’espérance de vie des femmes est en moyenne supérieure à celle des hommes : ce choix permet de limiter les risques, notamment le risque de longévité.
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