Les « nouveaux parcours » de fin de carrière
Stéphane Crespo
Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, le taux d’emploi des hommes âgés de
55 à 64 ans a commencé à augmenter au Québec après plusieurs années de baisse
soutenue, comme c’est le cas au Canada et dans d’autres pays. Or, cette reprise est
survenue dans le contexte d’une transformation des parcours de fin de carrière,
amorcée antérieurement aux années quatre-vingt-dix, mais depuis cette décennie
en voie de croissance plus marquée. De «nouveaux parcours» se distinguent des
«anciens» en ce qu’ils impliquent un retour en emploi «post-carrière», et une
combinaison entre des revenus d’emploi et de retraite.
Cette étude cherche à déterminer dans quelle mesure la récente reprise du taux
d’emploi est passée par des travailleurs qui expérimentaient ces «nouveaux
parcours». Cette interrogation s’inscrit dans le cadre d’une contradiction entre des
mécanismes institutionnels, qui persistent à favoriser la sortie du marché, et une
demande qui encourage désormais la poursuite de l’activité professionnelle. Cette
contradiction pourrait expliquer que la reprise de l’activité est à rechercher du côté
des personnes retournées en emploi après l’avoir prématurément quitté tout en
accédant à des prestations de retraite. Il en ressort effectivement que cette reprise
est passée principalement par des travailleurs dont les emplois étaient plus récents,
ce qui constitue une évidence de progression de l’emploi «post-carrière». Qui plus
est, elle est passée exclusivement par des travailleurs qui combinaient des revenus
d’emploi à des revenus de retraite. Par ailleurs, ces travailleurs étaient surtout, voire
essentiellement, salariés à plein temps, ce qui s’explique sans doute par
l’amélioration de la conjoncture économique.
Since the mid 1990s, the employment rate of men aged between 55 and 64 has
been rising in Quebec after several years of steady decline, as is the case in Canada
and elsewhere. This increase has taken place against a backdrop of change in the
career patterns of older workers, which emerged before the 1990s but has become
more marked over the last decade. The “new career paths” differ from the “old”
ones in that they involve a “post-career” return to employment, and an income that
combines both salary and pension.
This study seeks to determine the extent to which this recent increase in the
employment rate is driven by retired workers trying out this “new career path”,
given the contradiction between institutional mechanisms, which continue to
encourage early retirement, and a level of demand that now encourages workers
to remain in employment. This contradiction might explain why the increase in
employment rate can be attributed to people who retired early with full pension
rights and who are now choosing to return to the job market. Indeed, the increase
mainly concerns workers in recent jobs, offering proof of the growth in “postcareer” employment. Moreover, it exclusively involves workers with a combined
salary and pension income. In addition, practically all these workers are in full-time
employment, a fact probably attributable to the economic upturn.
• ■ La part des emplois
« post-carrière »
• ■ La part de la combinaison
des revenus
• ■ Conclusion
• ■ Bibliographie