Les salariés quinquagénaires, entre fragilisation et protection
Anne-Françoise Molinié
L’évolution des conditions de travail et la démographie commencent à remettre en
cause à la fois la relative protection dont pouvaient bénéficier auparavant les
salariés plus âgés vis-à-vis des conditions les plus pénibles et leur exclusion de
l’emploi. Plusieurs travaux récents confirment l’exclusion de ces salariés en raison
de leur santé.
L’enquête «Santé et vie professionnelle après 50 ans» (SVP50), réalisée en 2003,
permet d’analyser la situation des salariés quinquagénaires en considérant l’impact
des pathologies présentes, puis plus généralement des troubles de santé ressentis
(douleurs, troubles du sommeil, sensation de se fatiguer vite, problèmes de
récupération, difficultés gestuelles, nervosité et irritabilité). Il apparaît que les
problèmes de santé n’impliquent pas mécaniquement des difficultés dans le travail.
À partir de modèles de régression polytomiques, sont mis en évidence les facteurs
(âge, catégorie socioprofessionnelle, exigences physiques du travail actuel et passé,
pression temporelle, marge de manœuvre dans le travail, intérêt du travail,
reconnaissance et sentiment de fierté du travail) qui contribuent à ce qu’un trouble
de santé soit ou non gênant dans le travail. En «creux», la lecture de ces résultats
permet aussi de repérer les facteurs qui peuvent favoriser l’activité de travail malgré
la présence de troubles de santé.
Changing working conditions and demographics are starting to challenge the
relative protection that long-serving older workers enjoyed from the toughest
conditions and exclusion from the labour market. Several recent surveys confirm
the exclusion of these workers for health reasons.
Data from a survey on health and careers after 50 (Santé et vie professionnelle
après 50 ans – SVP 50)conducted in 2003 can be used to analyse the situation of
workers in their fifties by considering the impact of diagnosed diseases and, more
generally, perceived ailments (pain, difficulty sleeping, fatigue, difficulty recovering,
difficulty making certain gestures, nervousness and irritability). It can be concluded
that health problems do not automatically mean difficulties in the workplace.
Polytomic regression models are used to highlight the factors (age, socio-occupational category, physical demands of current and past jobs, time pressures,
independence on the job, whether the work is interesting or not, recognition and
feeling of pride in the job) that have an influence on whether a health problem
interferes with work. By deduction, these results help identify factors which favor
work activity in spite of health problems.
• ■ Pathologies et sortie de l’emploi
• ■ Des pathologies qui fragilisent
— ■ Des pathologies qui infléchissent les parcours
professionnels
— ■ Des interventions du médecin du travail
très centrées sur les « malades »
— ■ Des pathologies qui peuvent conduire à sortir
prématurément de l’emploi
— ■ Malades au travail : sont-ils préservés
des contraintes ?
• ■ Travailler avec des troubles
de santé
— ■ Être gêné – ou non – dans son travail
• ■ Conclusion
• ■ Bibliographie