Retraite et société
La Doc. française

I.S.B.N.sans
360 pages

p. 9 à 33
doi: en cours

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n° 50 2007/1

Les logiques des systèmes de retraite en Europe

Lucy Ap roberts
Les comparaisons internationales en sciences sociales sont construites afin de répondre à une question particulière ou pour étayer une certaine analyse. De nouvelles questions ou analyses, et donc de nouveaux cadres de comparaison, peuvent émerger selon l’évolution des institutions. Cet article examine tout d’abord deux typologies couramment utilisées pour caractériser les différents systèmes de retraite nationaux. La première oppose systèmes bismarckiens et beveridgiens. Elle se centre sur les seuls régimes de base et laisse dans l’ombre les dispositifs instaurés par des acteurs sociaux autres que l’État. Le schéma des trois «piliers», promu d’abord en Suisse et repris par la Banque mondiale et la Commission européenne, est ensuite exposé. Il a l’avantage de prendre en compte toutes les catégories de dispositifs de retraite, mais il est généralement appliqué de façon normative, afin de promouvoir la capitalisation et contenir la répartition. L’auteur aborde enfin deux questions concernant des enjeux majeurs actuels: celle du périmètre de la solidarité mise en place par les systèmes de retraite et celle des garanties offertes aux participants par les régimes en répartition. Une réflexion à partir de ces questions pourrait contribuer à repenser les concepts habituellement utilisés dans les comparaisons internationales des systèmes de retraite. In the social sciences, international comparisons are designed to address a specific issue or to support a particular analysis. New issues and analyses–and consequently, new comparative frameworks–can emerge as institutions evolve. This article first examines two typologies commonly used to distinguish between national retirement systems. The first classifies systems as either Bismarckian or Beveridgian. However, this approach tends to focus on basic schemes and to leave out schemes set up by agents other than the State. The second typology, the “three pillars” model, was first introduced in Switzerland and later promoted by the World Bank and the European Commission. While this framework has the advantage of taking all types of retirement schemes into account, it is generally applied in a normative fashion, to promote funding and limit the scope of pay-as-you-go financing. Lastly, the author examines two major current issues: the scope of solidarity put in place by retirement systems, and the guarantees offered to participants through payasyougo systems. Analysis based on these issues would help in rethinking the concepts habitually used in international comparisons of retirement systems.
• ■ Les typologies des régimes de retraite de base
— ■ L’opposition entre Bismarck et Beveridge
— ■ Prendre en compte les régimes universels
— ■ Les limites des typologies cantonnées aux seuls régimes de base
• ■ Les trois piliers : une description normative des systèmes de retraite dans leur ensemble
— ■ L’origine suisse de la métaphore des trois piliers
— ■ Le rapport de la Banque mondiale de 1994
— ■ Les trois piliers selon la Commission européenne
• ■ Comment construire d’autres cadres de comparaison ?
— ■ Des typologies de dispositifs
— ■ La question du périmètre de la solidarité
— ■ La question de l’engagement dans les régimes à couverture large en répartition
• ■ Conclusion
• ■ Bibliographie


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