Retraite et société
La Doc. française

I.S.B.N.sans
242 pages

p. 33 à 63
doi: en cours

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n° 54 2008/2

Surcote : les raisons d’un échec relatif

Christophe Albert Nathanaël Grave Jean-Baptiste Oliveau
La surcote est un bonus sur le montant de pension créé à l’occasion de la réforme 2003. Elle a fait l’objet de débats, tant au niveau comptable qu’au niveau de son adéquation à l’objectif annoncé de participation au maintien en emploi au-delà de 60 ans. Ce sujet reste d’actualité en raison de ce qui apparaît entre 2004 et 2006 comme un échec relatif du dispositif de surcote par rapport aux espérances initiales. La surcote ne serait-elle qu’un effet d’aubaine? La première partie de l’article permet de mieux cerner le type de public concerné par la surcote, sur la période courant de 2004 à mi-2007. Il est principalement constitué d’hommes, majoritairement polypensionnés, bénéficiant pour 60% d’entre eux d’au moins un an de surcote. Ce qui les différencie avant tout des autres assurés est leur propension à être en emploi avant la liquidation, avec un salaire supérieur à la moyenne, et avec un statut de cadre relativement fréquent. Du point de vue des assurés, le faible recours au dispositif semble s’expliquer par la faiblesse cumulée de trois facteurs: le taux d’emploi des seniors, la volonté des employeurs de conserver leurs seniors, et l’information globale sur le mécanisme. Dans une seconde partie, nous testons l’application d’une modélisation de type Stock & Wise utilisée pour déterminer l’âge de passage à la retraite en projection dans certains modèles de microsimulation. Cet exercice a été effectué sur une sous-population spécifique des assurés en position de surcote entre 2004 à 2006 et dont nous connaissons la date récente de retraite. Avec l’objectif d’approcher le comportement des assurés ayant eu une surcote, il faudrait a priori revoir certains paramètres de la modélisation, en particulier modifier à la hausse la valeur de la préférence pour le loisir habituellement adoptée. Cependant, la détermination optimale de la date de liquidation est très sensible à des variations de valeur des paramètres et au filtre de population choisi. Plus généralement, cette méthodologie restera relativement fragile tant que les assurés ne bénéficieront pas d’une grande liberté de choix réel au moment de la liquidation, notamment en raison de l’attitude des entreprises vis-à-vis des travailleurs âgés, mais aussi de facteurs non financiers entrant en compte dans la décision de départ en retraite. The premium is a bonus pension rate introduced by the 2003 pension reform. It has sparked debate, both in terms of its cost and its ability to meet the announced target of helping keep people in employment after age 60. The issue is still topical because what emerged between 2004 and 2006 was the premium’s relative failure to achieve the expected outcomes. Is the pension premium a waste of resources that fails to achieve its aim? The first part of the article identifies the sub-population concerned by the premium over the period from 2004 to mid-2007. This group consists mainly of men, most of whom are entitled to pensions from more than one scheme, and 60% of whom qualify for at least one year at the premium rate. The main feature distinguishing them from other insured is their propensity to be in employment before the legal retirement age, to earn an above-average salary, and frequently to have managerial status. The low use of the premium by the insured would seem to be attributable to the cumulative weakness of three factors: the employment rate of seniors, the willingness of employers to retain seniors, and information about the premium. The second part of the article tests the application of a Stock & Wise model used to determine the projected retirement age in some microsimulation models. The exercise was performed on a specific sub-population of insured eligible for the premium between 2004 and 2006 whose recent retirement date is known. In order to model the behaviour of insured retiring with a premium, some parameters in the model had to be revised. In particular, the value of preference for leisure generally used was revised up. However, optimal determination of the retirement date is highly sensitive to variations in the value of parameters and the population filter chosen. More generally, this methodology will remain relatively fragile as long as the insured lack real freedom of choice about their retirement date, mainly due to the attitude of companies towards older workers, but also to non-financial factors that influence the decision to retire.
• ■ La surcote, trois ans après
— ■ Un taux de bénéficiaires faible
— ■ Près d’un quart d’assurés éligibles
— ■ Une rémunération plus élevée
— ■ Un statut professionnel particulier
— ■ Des salariés moins soumis à des contraintes extérieures comme le rôle de l’employeur ?
— ■ Des salariés mieux informés ?
• ■ Des écarts entre date théorique et date effective de liquidation
— ■ Âge de départ optimal et âge de départ effectif
— ■ Caractéristiques des assurés dont l’âge optimal est 70 ans avec les paramètres centraux
• ■ Rapprochement des âges moyens optimaux et réels de départ en retraite
— ■ Optimisation individuelle de la préférence pour le loisir
• ■ Conclusion
• ■ Bibliographie


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