Ce numéro ou un abonnement.
Ajouter au panier Ajouter au panier - Santé Publique| Santé Publique 2004/3 (Vol. 16) | 20 € |
Versions papier et électronique : le numéro est expédié par poste.
Il est également accessible immédiatement en ligne.
| Abonnement annuel 2013 | 124 € |
Tous les numéros en ligne sont immédiatement accessibles.
ATTENTION : cette offre d'abonnement est exclusivement réservée
aux particuliers. Pour un abonnement institutionnel, veuillez
vous adresser à l'éditeur de la revue ou à votre agence d'abonnements.
Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Santé Publique Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezLe tabagisme chez les enseignants du secondaire de la ville de Ouagadougou, Burkina Faso
AuteursT.L. Ouédraogo[1] [1] Département de Santé Publique, Université de Ouagadougou,...
suitedu même auteur
Introduction
Parmi les défis actuels auxquels se trouve confrontée la communauté internationale, le tabagisme occupe une place importante. L’Organisation Mondiale de la Santé estime que le tabac tue 6 personnes par minute dans le monde. À l’horizon 2025, le nombre de décès imputables au tabac serait de 10 millions par an dont 7 millions dans les pays en développement [14]. Tandis que dans les pays industrialisés on constate un déclin de ce qu’on a appelé « l’épidémie du tabac », les observations montrent un accroissement de la consommation de tabac dans les pays en développement [3]. En effet, suite aux mesures rigoureuses de contrôle de la publicité sur le tabac dans la plupart des pays industrialisés, les firmes de production de tabac se sont orientées vers les pays du tiers monde, notamment le continent africain qui constitue un terrain de prédilection pour promouvoir la consommation de tabac. Comme bien d’autres fléaux des temps modernes (toxicomanie, alcoolisme, infections sexuellement transmissibles y compris le VIH), ce sont les jeunes et adolescents qui sont les plus exposés au tabagisme souvent associé à l’usage d’autres substances psychoactives [4]. Parmi ces jeunes, figurent les scolaires, groupe structuré au sein duquel l’évolution des comportements est souvent influencée par celui de certains membres du groupe ou du milieu dans lequel évolue le groupe.
2 Au Burkina Faso, des études menées en milieu scolaire, notamment chez les élèves du niveau secondaire des lycées et collèges, révèlent des prévalences de tabagisme variant de 6,9 % à 33,3 % [8, 9, 13]. Les différentes conclusions auxquelles ces études ont abouti intègrent la nécessité de développer des programmes de lutte anti-tabac en milieu scolaire. Toutefois, ces programmes ne peuvent être bénéfiques sans l’adhésion des enseignants qui sont en contact avec ces élèves et qui peuvent en plus du développement des connaissances et des compétences, préparer chaque élève aux diverses situations de la vie auxquelles il aura à faire face. Mais pour que ces enseignants participent efficacement à une campagne anti-tabac, il faut qu’ils adhèrent eux-mêmes aux objectifs de cette campagne. Afin de contribuer à la mise en œuvre future d’un programme anti-tabac en milieu scolaire, nous avons initié une étude dont les objectifs étaient : 1) de déterminer l’ampleur du tabagisme dans la population des enseignants du secondaire de la ville de Ouagadougou ; 2) de décrire les perceptions, les attitudes et les comportements des enseignants du secondaire face au tabagisme dans les établissements de la ville de Ouagadougou ; 3) de déterminer le niveau de connaissance de ces enseignants sur les méfaits du tabagisme.
Méthodes
3 Notre étude avait pour cadre la commune de Ouagadougou, capitale politique du Burkina Faso, pays enclavé de l’Afrique de l’Ouest. Pour la rentrée scolaire 1999-2000, la commune de Ouagadougou comptait 118 établissements secondaires dont 106 du secteur public. Nous avons retenu pour des raisons d’accessibilité de mener notre étude dans ces derniers établissements. Il s’agissait d’une étude transversale descriptive à passage unique. À partir d’une liste des établissements publics fournie par la Direction régionale des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, 10 établissements secondaires totalisant 700 enseignants ont été tirés au sort. Dans chaque établissement ainsi sélectionné, tous les enseignants ont été retenus pour l’enquête. Étaient ainsi inclus tous les enseignants des deux sexes, présents durant la période de l’enquête et qui acceptaient de participer. La collecte des données s’est déroulée du 25 mai au 30 juin 2001. Elle a été réalisée à l’aide d’un questionnaire, qui a été déposé sous pli, par l’intermédiaire des chefs d’établissement dans les casiers à courrier des enseignants. Les réponses étaient anonymes et confidentielles. Un enquêteur était chargé de récupérer les questionnaires remplis auprès de l’administration de chaque établissement. Les données collectées ont concerné les paramètres sociodémographiques, la discipline enseignée, la consommation de tabac, les connaissances sur les méfaits du tabagisme, les méthodes de lutte anti-tabac, les attitudes face à la consommation de tabac au sein de l’établissement. Dans le cadre de cette étude, était considérée consommateur de tabac toute personne qui, de façon permanente, chique ou prise du tabac, fume la pipe, la cigarette ou le cigare. En ce qui concerne les disciplines dispensées par les enseignants, nous les avons regroupées en quatre domaines : les disciplines littéraires et sciences humaines (langues, philosophie, histoire, géographie, droit), les disciplines scientifiques (physique, chimie, mathématiques, science de la vie et de la terre, économie, informatique et la comptabilité), l’éducation physique et sportive, et les autres disciplines (secrétariat, couture, éducation à la vie familiale).
4 Les données ainsi collectées ont été saisies et traitées à l’aide du logiciel statistique Epi Info 6.0 dans sa version française. Les tests « t » de Student et chi carré ont été utilisés pour comparer respectivement les variables quantitatives et qualitatives. Un seuil de signification statistique de 0,05 a été retenu pour ces comparaisons.
Résultats
Caractéristiques de la population d’étude
5 Au total, 300 enseignants parmi les 700 ont accepté de participer à l’enquête, soit un taux de participation de 43 %. La répartition selon le sexe était de 218 (72,7 %) hommes et 82 (27,3 %) femmes, soit sex-ratio de 2,6. L’âge moyen était de 36,9 ± 6,6 ans. Il était de 36,6 ± 6,7 ans pour les hommes et de 37,8 ± 6,2 ans pour les femmes, sans différence significative. La majorité (60,7 %) enseignait des matières littéraires contre 30 % pour les matières scientifiques, 6 % pour l’éducation physique et sportive et 3,3 % pour les autres types de disciplines. La durée moyenne dans l’enseignement était de 9,0 ± 6,1 ans. Elle était de 8,7 ± 6,1 ans pour les hommes et 9,9 ± 5,9 ans pour les femmes, sans différence significative.
6 Le tableau I donne la répartition de notre échantillon selon les disciplines enseignées.
Tableau I| Type de discipline enseignée | Hommes | Femmes | Total |
| Disciplines littéraires et sciences humaines | 42,7 | 18 | 60 |
| Disciplines scientifiquesÉducation physique et sportive | 23,3 5 | 6,6 1 | 29,9 6 |
| Autres disciplines | 1,7 | 1,7 | 3,4 |
Importance de la consommation tabagique
7 Parmi ces enseignants, 27,3 % ont déclaré être des consommateurs actuels de tabac, 11,3 % d’anciens consommateurs et 61,4 % n’ont jamais consommé de tabac. Au total, 38,6 % des enseignants de notre série ont, à un moment donné de leur vie, consommé du tabac. Parmi les consommateurs actuels et les anciens consommateurs, les femmes représentaient respectivement 1,2 % et 5,9 %. Dans le groupe de ceux qui n’ont jamais consommé du tabac, les femmes représentaient 42,9 %.
8 Parmi les consommateurs actuels de tabac, 42,7 % dispensaient des disciplines littéraires, 45,1 % des disciplines scientifiques, 11 % l’éducation physique et sportive, 1,2 % d’autres disciplines.
9 Le mode de consommation était le tabac fumé sous forme de cigarette pour l’ensemble des fumeurs actuels. La durée moyenne de consommation tabagique chez ces fumeurs était de 13 ± 6,9 ans. Le tableau II donne les quantités journalières de cigarettes fumées.
Tableau II| Quantités journalières | % |
| 1-5 | 15,9 |
| 6-10 | 32,9 |
| 11-15 | 28 |
| 16-20 | 19,5 |
| 21 et plus | 3,7 |
| Total | 100 |
Perceptions, attitudes et comportement tabagique
10 Les enseignants interrogés ont déclaré à 91 % la présence d’élèves fumeurs dans leurs classes. Ils étaient nombreux (82 %) à leur parler des méfaits du tabac soit pendant les cours en classe (81,3 %), soit pendant la récréation (79,1 %), soit hors de l’établissement à diverses occasions (18 %). Les méfaits cités étaient le cancer (29,7 %), les affections pulmonaires (26,6 %), les maladies sans précision (23,4 %), les dépenses (9,1 %), les affections cardiovasculaires (3,8 %). Les 300 enseignants qui ont pris part à l’enquête ont aussi exprimé leurs opinions sur l’utilisation des marques de tabac comme sponsors de certaines manifestations et la nécessité de la lutte anti-tabac. Le tableau III synthétise les différentes réponses. Pour la lutte anti-tabac, les répondants ont préconisé la sensibilisation (99,5 % des 212 répondants), l’interdiction de la publicité sur le tabac (98,5 % des 199 répondants), l’interdiction de l’importation et de la fabrication du tabac (99,2 % des 137 répondants).
Tableau III| Utilisation des marques de tabac comme sponsors (n=300) | |
| Acceptable | 21,7 % |
| Inacceptable | 67 % |
| Sans opinion | 11,3 % |
| Lutte anti-tabac (n=299) | |
| Nécessaire | 91,6 % |
| Non nécessaire | 5,7 % |
| Sans opinion | 2,7 % |
11 Dans le sous-groupe des consommateurs actuels, 85,9 % ont déclaré qu’ils consommaient du tabac sous forme de cigarettes dans l’enceinte de l’établissement, 84,6 % dans la cour de l’établissement en présence des collègues enseignants, 12,8 % en classe durant les cours et 26,9 % pendant la récréation. Ils reconnaissaient à 95,1 % l’existence d’élèves fumeurs dans leurs classes. Ils ont déclaré à 15,9 % leur offrir des cigarettes et 19,5 % des enseignants fumeurs recevaient quelquefois des cigarettes des élèves fumeurs. Ils ont déclaré également qu’ils envoyaient des élèves acheter des cigarettes (74,4 %) et parlaient des méfaits du tabac aux élèves (82,9 %). Le tableau IV donne la synthèse des opinions des enseignants fumeurs sur l’utilisation des marques de tabac comme sponsors et la lutte anti-tabac. Sur ce dernier point, ils ont préconisé la sensibilisation (65,7 %), l’interdiction de la publicité (74,3 %) et l’interdiction de l’importation et de la fabrication du tabac (42,9 %).
Tableau IV| Utilisation des marques de tabac comme sponsors (n=82) | |
| Acceptable | 37,8 % |
| Inacceptable | 56,1 % |
| Sans opinion | 6,15 % |
| Nécessaire | 85,4 % |
| Non nécessaire | 12,2 % |
| Sans opinion | 2,4 % |
12 Discussion
13 Il s’agit d’une enquête d’opinions dans dix établissements secondaires de la ville de Ouagadougou. À ce titre, même si les résultats sont intéressants, ils ne peuvent traduire les opinions de l’ensemble des enseignants du secondaire du Burkina Faso. En outre, comme toute enquête d’opinions, les déclarations des répondants ont été analysées comme telles. Nous n’avons pas vérifié la crédibilité de ces déclarations autrement. Malgré ces limites, cette étude nous fournit des données sur les attitudes et comportements des enseignants sur le tabac. Ces données, quoique incomplètes, peuvent servir de base à d’autres études ultérieures, mais surtout à définir des stratégies de lutte anti-tabac prenant en compte les enseignants.
14 Le taux de réponse dans notre population a été faible (43 %). Ce faible taux de réponse pourrait s’expliquer par la période de l’enquête. Les mois de mai et juin sont marqués au Burkina Faso par la fin des cours et l’organisation des examens et concours. Les enseignants impliqués dans ces activités n’étaient pas disponibles. Il est possible également que des enseignants fumeurs aient refusé de répondre. Malgré ce faible taux de réponse qui constitue une limite de la présente étude, nous pensons que les informations qu’elle fournit donnent une indication quant au comportement des enseignants en matière de consommation de tabac dans l’enceinte des établissements secondaires couverts par l’enquête.
15 La prévalence de la consommation actuelle de tabac était de 27,3 %. Elle est plus faible que celle retrouvée par plusieurs auteurs qui rapportent des chiffres variant de 32,6 % à plus de 51 % [5, 8, 13]. La proportion des femmes parmi ces fumeurs était de 1,2 %. La consommation de tabac sous forme de cigarette par les femmes n’est pas fréquente dans la population Burkinabé. Ce résultat est retrouvé dans les différentes études effectuées notamment en milieu scolaire [13]. Le jugement porté sur les femmes qui fument le tabac sous forme de cigarette au Burkina Faso est le plus souvent péjoratif. Il est, en revanche, courant d’observer les femmes consommer du tabac sous la forme de poudre à chiquer, notamment en milieu rural.
16 Le moment et les lieux de consommation de tabac par les enseignants de notre étude sont variés. Il est important de noter ce comportement par rapport aux élèves. Plus des trois quarts (85,9 %) des fumeurs actuels fument dans l’enceinte des établissements. En théorie, depuis 1989, un arrêté conjoint du ministre de la Santé et du ministre de l’Économie interdit l’usage de tabac dans les lieux publics. Les termes de cet arrêté n’ont jamais été appliqués et le comportement des enseignants constitue un « mauvais » exemple. Parmi les enseignants fumeurs, 12,8 % vont plus loin en fumant pendant les cours, en offrant des cigarettes à leurs élèves (15,9 %) ou même en leur demandant des cigarettes (19,5 %). Ce comportement tabagique des enseignants a également été décrit par Kwamanga et al. [6] à Nairobi, Pandey et al. [10] dans 30 établissements scolaires en Inde, Poulsen et al. [11] au Danemark. Dans ces études, les auteurs ont analysé l’influence du comportement tabagique des enseignants sur les élèves et relèvent que la disposition de ceux-ci à fumer est significativement influencée par l’attitude des enseignants.
17 Dans un environnement éducatif comme celui des établissements secondaires, l’enseignant constitue une référence pour l’élève en matière de comportement. En fumant du tabac devant les élèves, l’enseignant peut influencer le choix actuel ou futur de ceux-ci de consommer ou non du tabac [7]. Parmi les motifs que les jeunes avancent pour justifier l’usage du tabac, l’imitation aux autres tient une place importante. Poulsen et al. [11] montrent par exemple après ajustement sur plusieurs variables que le tabagisme des enseignants est significativement associé au tabagisme des élèves. Dans l’étude de Ouédraogo et al. [8], 38,6 % des jeunes des milieux scolaire et non scolaire déclaraient fumer par imitation des copains et pour 6,6 %, leur tabagisme était influencé par l’attitude des parents. Ce phénomène d’imitation est également rapporté par Sasco et Pobell [12] qui disent que « le meilleur prédicteur du tabagisme d’un élève est le comportement de son ami à l’égard du tabac ». Le comportement des enseignants qui consiste à fumer en présence des élèves ou à leur offrir des cigarettes, peut être assimilé à un encouragement ou à une incitation consciente ou non de ces élèves à consommer du tabac.
18 Parmi les méfaits du tabac, les enseignants ont cité les cancers, les maladies cardiovasculaires et les dépenses. La connaissance de ces méfaits pourrait constituer une base pour définir des actions de sensibilisation. En s’appuyant sur leur prédisposition à parler des méfaits du tabac, un programme de lutte anti-tabac pourrait être initié avec leur pleine participation. Quelques lignes de ce programme ont été énoncées par les enseignants eux-mêmes à travers leur refus de la publicité sur le tabac et du recours aux marques de tabac comme sponsors de certaines activités orientées vers les jeunes notamment le sport. Même si l’impact économique du tabac au Burkina Faso est non négligeable [8], les impératifs de santé publique ne doivent pas être perdus de vue. En tant qu’éducateurs et instructeurs des jeunes scolaires, les enseignants devront constituer les pièces maîtresses des programmes de lutte anti-tabac en milieu scolaire. En analysant leurs opinions sur le tabagisme, il est aisé de leur donner les outils nécessaires pour jouer ce rôle. Ces outils sont la formation, l’information et l’éducation afin qu’ils adoptent des comportements positifs en faveur de cette lutte anti-tabac.
19 En tant que milieu d’acquisition de connaissances, de compétences et de préparation à la vie, l’école constitue un cadre privilégié pour développer des programmes de lutte anti-tabac. Les axes stratégiques de ces programmes pourraient être l’introduction de la lutte anti-tabac dans les programmes d’enseignement, l’élaboration et l’exécution d’un plan de communication ciblant les différents acteurs de l’enseignements. Mais la condition préalable à la mise en place de tels programmes est l’adoption d’une législation claire et fondée sur une véritable politique de lutte anti-tabac. La présente étude ainsi que celles déjà réalisées au Burkina Faso par d’autres auteurs pourraient servir de base de réflexion pour la définition de tels politiques et programmes.
Bibliographie
BIBLIOGRAPHIE
1 Thèse doctorat médecine]. Ouagadougou : Université de Ouagadougou, 1994 : 69 p.
2 Barrueco M, Hernandez-Mezquita MA, Jimenez-ruiz C, Torrecilla M, Vega MT, Garrido E. Attitudes of teachers about tobacco prevention at school. Allergol Immunopathol (Madr) 2000 ; 219-24.
3 Bartecchi CE, Mackenzie TD, Schrier RW. The global tobacco epidemic. Sci Am 1995 ; 272 : 44-51.
4 Chakaya JM. Tobacco use in developing countries. East Afr Med J 2001 ; 78 : 113-4.
5 Frydman M. Les habitudes tabagiques. Le rôle de l’enseignant et du médecin généraliste en matière de prévention. Cahiers Santé 1992 ; 2 : 166-70.
6 Kwamanga DH, Odhiambo JA, Gicheha C. Tobacco consumption among primary school teachers in nairobi. East Afr Med J 2001 ; 78 : 119-23.
7 Maziak W, Mzayek F, Al-Moushareff M. Smoking behaviour among schoolteachers in the north of syrian arab Republic. East Mediterr Health J 2000 ; 6 : 352-8.
8 Ouédraogo A, Ouédraogo TL, Ouoba DE, Sawadogo JP. Situation actuelle du tabagisme au Burkina Faso : données globales sur l’offre et enquête CAPC auprès des jeunes de la ville de Ouagadougou. Cahiers Santé 2000 ; 10 : 177-81.
9 Ouédraogo A, Ouédraogo TL, Zina Y, Sawadogo A. Drogues et adolescents : étude CAPC en milieu scolaire à Ouagadougou, Burkina Faso. Sci Technique 1994-1995 ; 21 : 46-56.
10 Pandey GK, Raut DK, Hazra S, Vajpayee A, Pandey A, Chatterjee P. Patterns of tobacco use amongst school teachers. Indian J Public Health 2001 ; 45 : 82-7.
11 Poulsen LH, Osler M, Roberts C, Due P, Damsgaard MT, Holstein BE. Exposure to teachers smoking behaviour : analysis of cross sectional data from Denmark. Tob Control 2002 ; 11 : 246-51.
12 Sasco AJ, Pobel D. Une action éducative en milieu scolaire. In : Slama K, Karsenty S, Hirsch A. La lutte contre le tabagisme est-elle efficace ? Évaluation et perspectives. Paris : Inserm, la Documentation francaise, 1992 : 45-55.
13 Sondo B, Testa J, Soura Y. Le tabagisme des élèves des établissements scolaires du Burkina Faso. Rev Mal Respir 1996 ; 13 : 493-7.
14 World Health Organisation. Guidelines for Controlling and Monitoring the Tobacco Epidemic. Geneva, Switzerland : World Health Organisation, 1998.
Notes
[ 1] Département de Santé Publique, Université de Ouagadougou, 01 BP 5705 Ouagadougou 01.
[ 2] Département de Médecine et des Spécialités médicales, Université de Ouagadougou.
[ 3] École Nationale de Santé Publique Alfred Comlan Quénum, Ouagadougou.
Résumé
Afin de contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un futur programme de lutte anti-tabac en milieu scolaire, nous avons entrepris une étude auprès des enseignants de 10 établissements secondaires de la ville de Ouagadougou au Burkina Faso avec les objectifs suivants : 1) déterminer l’ampleur du tabagisme dans la population des enseignants du secondaire de la ville de Ouagadougou ; 2) décrire les perceptions, les attitudes et les comportements des enseignants du secondaire face au tabagisme dans les établissements de la ville de Ouagadougou ; 3) déterminer le niveau de connaissance de ces enseignants sur les méfaits du tabagisme. L’étude s’est déroulée du 25 mai au 30 juin 2001 et a permis d’inclure 300 enseignants dont 218 hommes et 82 femmes. Notre étude montre qu’il est important d’informer et de sensibiliser les enseignants sur la base de leurs attitudes et perceptions par rapport au tabac.
Mots-clés
tabagisme, enseignants, établissements secondaires, Burkina Faso, perceptions, attitudesThis study was carried out among teachers of 10 secondary schools in Ouagadougou, Burkina Faso, in order to contribute to the development and implementation of a tobacco control programme in the school setting. The study had the following objectives: 1) to determine the extent of teachers’ smoking addiction in the secondary schools in the city of Ouagadougou, 2) to describe the perceptions, attitudes and behaviour of teachers in the secondary school setting when confronted with smoking in the city’s schools, 3) to determine the teachers’ level of knowledge with respect to the harmful effects of smoking. The study was carried out from May 25 to June 30, 2001, and it included 300 teachers, 218 of which were men and 82 women. The study demonstrated that it is important to inform and sensitise teachers based upon their attitudes and perceptions with respect to tobacco.Keywords
Smoking, teachers, secondary schools, Burkina Faso, perceptions, behaviours
PLAN DE L'ARTICLE
POUR CITER CET ARTICLE
T.L. Ouédraogo et al. « Le tabagisme chez les enseignants du secondaire de la ville de Ouagadougou, Burkina Faso », Santé Publique 3/2004 (Vol. 16), p. 427-434.
URL : www.cairn.info/revue-sante-publique-2004-3-page-427.htm.
DOI : 10.3917/spub.043.0427.




