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Santé Publique

2009/5 (Vol. 21)



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Introduction

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L’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant est une préoccupation essentielle pour la plupart des pays, surtout ceux en voie de développement [5].

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À la Conférence Internationale sur la Population et le Développement au Caire en 1994, la santé de la mère et de l’enfant, devenue un problème majeur de santé publique pour les différents pays, a conduit à l’adoption du concept de « santé de la reproduction » dont la surveillance de l’accouchement constitue une composante majeure. Malheureusement, les accouchements à domicile sans assistance médicale continuent d’être une préoccupation pour tous les acteurs de développement dans les pays, notamment ceux en voie de développement [8]. Dans les pays industrialisés, la quasi totalité des accouchements est assistée par un personnel de santé qualifié. Dans ces pays, la mortalité maternelle est très réduite [13] alors que dans les pays en développement, plus de 300 millions de femmes souffrent actuellement d’affections chroniques, consécutives à la grossesse et à la l’accouchement.

3

En Côte d’Ivoire, la mortalité maternelle est estimée à 543 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes [11]. Pour améliorer cet indicateur, l’État a entrepris de gros efforts par la construction de maternités et par la mise en place d’un Programme national de la santé de la reproduction dont le but est de réduire la morbidité et la mortalité maternelles. Parmi les activités dudit programme, figurent la surveillance régulière des grossesses et la promotion de l’accouchement en milieu hospitalier. Cependant, malgré ces efforts, certaines femmes continuent d’accoucher sans assistance médicale [4]. En effet, le recensement régulier des activités dans les maternités de la région sanitaire des lagunes (dont fait partie Abidjan) indique que 14,93 % des accouchements ont eu lieu à domicile en 2003. Dans la commune de Yopougon, les chiffres rapportent 10,42 % pour l’année 2004.

4

En dépit de nombreuses structures sanitaires offrant des services de maternité à Abidjan, l’on y note des cas d’accouchement à domicile.

5

C’est dans ce cadre que se situe cette étude dont l’objectif général est de déterminer les facteurs favorisant les accouchements à domicile dans deux quartiers précaires de la commune de Yopougon.

6

Les objectifs spécifiques étaient :

  1. décrire le profil épidémiologique des femmes qui accouchent à domicile ;

  2. déterminer la fréquence des accouchements à domicile ;

  3. décrire les caractéristiques socio-économiques des femmes ayant accouché à domicile ;

  4. apprécier les connaissances des femmes sur les risques de l’accouchement à domicile ;

  5. décrire la perception des femmes sur les services de santé maternelle et ;

  6. identifier les facteurs favorisant les accouchements à domicile.

Matériel et méthode

Cadre de l’étude

7

Mamie Faitai et Yamoussoukro sont les deux quartiers précaires choisis pour notre étude. L’insalubrité, la promiscuité et la pauvreté y sont les problèmes majeurs et communs. Notre choix de ces deux quartiers a été guidé par les résultats d’une étude réalisée en 1996 [9] et qui avait pour objectif de déterminer le profil épidémiologique des femmes consultant à la maternité de Yopougon-Attié après accouchement à domicile. Cette étude a révélé que la majorité des femmes qui avaient accouché à domicile venait du secteur Yopougon-Attié (33 %) et du secteur Niangon Nord (23 %), secteurs dans lesquels se trouvent respectivement les quartiers Mamie-Faitai et Yamoussoukro. Il nous a donc paru nécessaire d’approfondir cette étude à la recherche des problèmes rencontrés par les femmes de ces deux quartiers lors de l’accouchement.

Type d’étude et population

8

Nous avons réalisé une étude comparative à visée analytique qui s’est déroulée sur une période de trois mois : du 13 février au 12 mai 2006.

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La population d’étude était composée de l’ensemble des femmes des quartiers précaires Yamoussoukro et Mamie Faitai, ayant accouché dans la commune de Yopougon.

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Était incluse dans l’étude toute femme résidant dans l’un de ces deux quartiers et ayant accouché dans la commune de Yopougon sur la période allant de janvier 2005 à mai 2006. Toute femme ne résidant pas dans ces quartiers précaires au moment de son accouchement en était exclue.

Méthodologie

11

Notre méthodologie a consisté à enquêter auprès des ménages des quartiers précaires Yamoussoukro et Mamie-Faitai situés dans la commune de Yopougon. Une pré-enquête réalisée en juin 2006 a permis de valider la fiche d’enquête définitive. Les réponses des enquêtées, ainsi que les informations contenues dans le carnet de santé de la mère et de l’enfant, étaient directement notées sur la fiche d’enquête.

12

La saisie et l’analyse des données de notre enquête ont été possibles grâce aux logiciels statistiques Epi-Info et SPSS.

Résultats

Caractéristiques sociodémographiques

13

Sur les 421 femmes qui ont été enquêtées, 70 ont accouché à domicile dont 47 à Mamie-Faitai et 23 à Yamoussoukro. La moyenne d’âge était de 26 ans, avec des âges extrêmes de 15 et 45 ans.

14

Sur le total des femmes enquêtées 40 % étaient analphabètes et 40 % avaient un niveau primaire. La majorité d’entre elles (80 %) avaient un conjoint.

La fréquence des accouchements à domicile

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L’enquête a révélé que 351 femmes soit 83 % ont accouché dans une maternité. Les autres c’est-à-dire 70 femmes (soit 17 %) avaient accouché en dehors d’une maternité dont 63 ont accouché à domicile (90 %) et les 7 autres ont accouché dans le véhicule (taxi, véhicule particulier) transportant la parturiente vers la maternité.

Caractéristiques liées à l’accouchement à domicile

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Parmi les femmes ayant accouché à domicile, 27 ont volontairement fait cette option ; les caractéristiques liées à l’accouchement à domicile évoquées étaient l’horaire nocturne de l’accouchement et la brièveté du travail.

Tableau I - Aide lors de l’accouchement à domicileTableau I
17

Dans 25,71 % des cas, la femme a accouché sans l’aide d’une tierce personne.

18

Sur les 19 cas de complications survenues lors l’accouchement à domicile, 68,42 % étaient liées à une déchirure des voies génitales, 21,5 % à des hémorragies et 10,53 % à de rétention placentaire.

19

66 femmes (94,29 %) se sont rendues à la maternité après leur accouchement à domicile.

Figure 1 - Motifs de la consultation à la maternité après accouchement à domicileFigure 1

Caractéristiques socioéconomiques

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40 % des femmes étaient sans emploi contre 28 % de commerçantes et 32 % pour les autres catégories professionnelles (élèves, coiffeuses, couturières).

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236 enquêtées (41,9 %) avaient un conjoint qui percevait un revenu journalier. Le test de Chi2 indiquait qu’il y avait un lien significatif entre le type de revenu du conjoint et le lieu de l’accouchement : Chi2 = 9,64 p= 0,001.

Tableau II - Répartition des enquêtées par activité exercée par leur conjoint selon le lieu de l’accouchementTableau II

Caractéristiques liées à la grossesse et à l’accouchement

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La majorité des enquêtées étaient au moins à leur deuxième parité : 300 femmes dont 59 ayant accouché à domicile et 241 à la maternité. Le test de Chi2 indiquait qu’il y avait un lien significatif entre la parité et le lieu de l’accouchement : Chi2 = 6,96 p= 0,008.

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332 femmes (96,79 %) avaient fait au moins une consultation prénatale (CPN). La moyenne des CPN était de 2,89 (contre 4 CPN au moins) avec un écart-type de 1,62. 58 % des femmes n’avaient fait aucun bilan prénatal. 258 femmes, soit 75,22 %, ont reçu au moins 2 doses de vaccin antitétanique.

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64,37 % des femmes ne connaissaient pas les risques liés à l’accouchement à domicile.

Perception des services de santé maternelle

Tableau III - Perception de la qualité de la prise en charge dans les maternitésTableau III
25

106 femmes trouvaient que l’accueil à la maternité était mauvais ; 246 trouvaient le délai de réception long. Sur les 248 femmes qui ont donné leur opinion sur le coût de l’accouchement, 133 (54 %) trouvaient ce coût élevé (5000 à 25 000 F CFA) contre 115 (46 %) qui le trouvaient abordable.

Discussion

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La répartition des femmes selon le lieu de résidence indique qu’il y a eu plus d’accouchements à Mamie-Faitai qu’à Yamoussoukro. De même que le taux d’accouchement à domicile, est plus élevé à Mamie-Faitai qu’à Yamoussoukro. Cela peut s’expliquer par le fait que Mamie-Faitai étant plus grand d’une part, on y trouve un plus grand nombre de ménages, et, d’autre part que le centre de santé le plus proche de ce quartier se trouve à 1,5 kilomètre alors que Yamoussoukro se trouve à 300 mètres d’une formation sanitaire urbaine à base communautaire. Nos résultats sont confortés par ceux de Diallo et collaborateurs qui ont montré qu’en Guinée l’éloignement de la structure sanitaire a été le motif de l’accouchement à domicile pour 58,41 % de femmes [3]. Les autres caractéristiques telles que l’âge, la situation matrimoniale et le niveau d’instruction se rapprochent de celles de Kouakou [9]. Dans notre étude, la moitié des femmes ayant accouché à domicile, n’a aucun niveau d’instruction ; au Burkina Faso, 81,60 % des femmes qui accouchent à domicile sont non scolarisées [10].

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La prévalence des accouchements à domicile trouvée dans notre étude est en dessous de la moyenne nationale en Côte d’Ivoire (44 %) selon l’EIS [11]. Il en est de même des deux autres études réalisées à Niamey au Niger (26 %) et à Saint Louis au Sénégal (50 %) [14]. Nous constatons par ailleurs une relative baisse de notre prévalence par rapport aux années précédentes en Côte d’Ivoire : 35 % dans la commune d’Abobo en 1993 et 21 % à Yopougon en 1996 [1, 9]. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que, depuis 1993 jusqu’en 2006, le nombre de centres de santé à Abidjan a augmenté avec la création des FSU-COM (Formation Sanitaire Urbaine à base Communautaire), donnant aux populations une plus grande possibilité d’accès aux soins. Pourtant, ce taux pourrait ne pas refléter la réalité compte tenu de certaines difficultés rencontrées au cours de notre enquête. En effet, nous avons noté deux types de femmes non répondantes. Ce sont d’une part les femmes qui, du fait que leurs enfants étaient décédés n’ont pas voulu se prêter à nos questions, et d’autre part les femmes qui étaient absentes lors de notre passage.

28

Nos résultats sont comparables à ceux observés à la maternité de Yopougon-Attié et à la maternité de la formation sanitaire de Koumassi en 1996. Ces études ont, elles aussi, montré que la majorité des accouchements hors maternité se déroulaient à domicile proprement dit [6, 9]. Ce constat est souvent dû au manque de véhicule de transport. Le quartier étant inaccessible aux véhicules, la femme en travail devrait parcourir une certaine distance à pied avant de trouver un véhicule de transport ; ce qui s’avère impossible pendant la nuit. Il n’est donc pas surprenant que certaines femmes accouchent dans le véhicule les transportant à la maternité.

29

Les femmes soumises à notre étude ont deux principales activités : les tâches ménagères et le petit commerce. L’activité de nos enquêtées n’a en aucune façon influencé le lieu de leur accouchement. Cependant, les femmes sans activité génératrice de revenu appelées communément ménagères sont confrontées au problème de faible niveau de vie. Ces femmes dépendent pour la plupart de leur conjoint ou des parents chez qui elles vivent. Aussi, l’absence du conjoint ou l’incapacité de celui-ci à faire face aux dépenses de santé, limitent l’accès des femmes aux centres de santé. Le test de Chi2 indique qu’il y a un lien significatif entre l’activité exercée par le conjoint et lieu de l’accouchement. L’activité exercée par les hommes et leurs revenus conditionnent donc l’accès aux soins de santé des ménages dont ils ont la responsabilité.

30

Notre étude a révélé qu’il y avait deux fois plus de risque qu’une femme qui est à son deuxième accouchement au moins, accouche à domicile. En Guinée, ce sont les grandes multipares qui accouchent le plus à domicile (48,67 %) comme l’atteste l’étude de Diallo et collaborateurs [3]. Cela pourrait s’expliquer par le fait que ces femmes pensent qu’ayant l’expérience de l’accouchement, elles peuvent se passer des services de la maternité.

31

Nos résultats se rapportant à la CPN sont en conformité avec la littérature. Le taux de fréquentation des services de CPN par exemple en Guinée est de 56,64 % et le nombre de CPN par grossesse est de 2 en moyenne [3]. Cependant, l’importance des CPN n’est toujours pas perçue par les gestantes qui, très souvent se présentent tardivement à la première CPN (après la fin du deuxième trimestre), ou encore, ne respectent pas les délais fixés pour les prochaines consultations, ce qui justement limite le nombre de CPN effectuées avant l’accouchement. Cette situation est préoccupante dans notre contexte de forte prévalence de l’infection à VIH/sida chez les femmes enceintes [11]. En effet, selon Desgrées du Loû [2], en Afrique, les lieux majeurs de dépistage du VIH sont les consultations prénatales, où le dépistage est proposé de plus en plus fréquemment dans le cadre des programmes de prévention de la transmission mère-enfant du VIH. Nous avons constaté par ailleurs que la majorité de nos enquêtées ne connaissait pas les risques liés à la grossesse encore moins à l’accouchement, si bien que ces femmes n’ont pas fait le bilan prénatal recommandé. On pourrait expliquer ce résultat par le fait que le faible niveau d’instruction des femmes ne leur permettait pas souvent de comprendre que le dépistage de certaines anomalies liées à la grossesse nécessitait des examens paracliniques. Il faut signaler aussi la place prépondérante qu’occupe la médecine traditionnelle en matière de soins chez ces femmes qui souvent associent soins modernes et soins traditionnels.

32

En ce qui concerne la vaccination antitétanique, les trois quarts de nos enquêtées ont reçu au moins deux doses, ce résultat est proche de celui de l’étude de Kouakou réalisée à la maternité de Yopougon-Attié [9]. Il y a lieu de rappeler ici que la vaccination antitétanique est une bonne occasion pour le personnel de santé de revoir les femmes en général et les mères en particulier. C’est donc un moment essentiel pour les soins de santé maternelle pendant lequel on peut éduquer les mères et leur donner les informations nécessaires pour leur santé. Ce facteur est un élément déterminant dans la prise de décision d’une personne d’avoir recours aux centres de santé pour des soins. Nous avons appréhendé ce facteur à travers la perception de l’accueil, de la qualité de la prise en charge et celle du coût de l’accouchement à domicile. Notre étude a montré qu’il y a deux fois plus de risque de voir un accouchement se dérouler à domicile quand l’accueil est mauvais à la maternité. Le mauvais accueil perçu par les femmes est souvent dû aux longues files d’attente dans les structures sanitaires ivoiriennes. Cette situation est imputable, non seulement, à l’insuffisance du personnel de santé, mais aussi au retard qu’accusent les agents de santé quant aux heures d’ouverture.

L’étude de la qualité de la prise en charge a révélé qu’un tiers des femmes ayant jugé la prise en charge mauvaise, a accouché à domicile. L’analyse statistique a démontré qu’il y avait trois fois plus de risque d’accoucher à domicile quand la femme est convaincue qu’on ne prendra pas soins d’elle à la maternité. Les principales raisons évoquées par ces femmes étaient l’utilisation abusive de certaines pratiques médicales telles que l’épisiotomie, l’absence d’assistance psychologique augmentant ainsi le stress lié à l’accouchement ou encore la prescription intempestive de césariennes témoignant d’une incompétence des sages-femmes à effectuer un accouchement par voie basse.

Le coût des soins a été signalé par les femmes ; plus de la moitié des femmes qui ont donné leur avis sur la question, ont trouvé le coût de l’accouchement trop élevé sans compter le racket qui y a contribué pour beaucoup : l’accessibilité financière est donc un facteur pouvant favoriser la décision d’accoucher à domicile.

Conclusion

33

Cette étude montre que la prévalence des accouchements à domicile dans les deux quartiers précaires de la commune de Yopougon est relativement importante (17 %). Les déterminants de ce phénomène sont essentiellement : le mauvais accueil des parturientes, le coût élevé de l’accouchement, la difficile accessibilité aux structures de santé et l’ignorance des femmes.

34

Pour assurer l’efficacité des services de santé maternelle, la prise en compte de tous ces déterminants qui interagissent sur les femmes lorsqu’elles doivent choisir le lieu de l’accouchement, s’impose.


Bibliographie

  • 1 –  Bohoussou KM, Djahan Y et al. Mortalité maternelle à Abidjan de 1988 à 1993. Médecine d’Afrique Noire 1995;42(11).
  • 2 –  Desgrées Du Loû A. Le couple face au VIH/sida en Afrique sub-saharienne. Information du partenaire, sexualité et procréation, Population 2005/3, 60e année : 221-42.
  • 3 –  Diallo FB. Problèmes médicaux et socioculturels de l’inadéquation entre les taux de consultations prénatales et d’accouchements assistés dans les 4 régions naturelles de la Guinée. Médecine d’Afrique Noire 1999;46(1).
  • 4 –  Direction de l’Information de la Planification et de l’Évaluation Activités des maternités Région des Lagunes 2. Abidjan 2004;10.
  • 5 –  Dogo B « Facteurs favorisant les accouchements à domicile : cas des accouchées reçues à la maternité d’Abobo sud » [Mém. SUS], Abidjan, INFAS 2005;85.
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  • 7 –  Jaffré Y, Olivier De Sardan JP. Une médecine intrahospitalière, Paris, Édition Karthala 2003;260.
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  • 9 –  Kouakou A. Profil épidémiologique des femmes consultant à la maternité de Yopougon-Attié après accouchement à domicile. [Th. Med.], Abidjan 1997;120.
  • 10 –  Lankoande J, Sodo B et al. Mortalité maternelle à la maternité du Centre hospitalier national Yolgo Ouedraogo de Ouagadougou : à propos de 132 cas colligés en 1995. Document Archives hospitalières, Ouagadougou 1996;74.
  • 11 –  Ministère de la Lutte contre le sida. Enquête sur les indicateurs du sida, Abidjan 2005;263.
  • 12 –  Ministère de la Santé Publique/RASS Profil santé de la femme en Côte-d’Ivoire. Abidjan 1997;43.
  • 13 –  OMS. Rapport sur la santé dans le monde. Genève, 2005;12.
  • 14 –  OMS. Rapport sur la santé dans le monde. Genève 2006.

Notes

[1]

Département de santé publique et informatique médicale, UFR Sciences Médicales.

[2]

Programme National de Santé de la Reproduction, Côte d’Ivoire.

Résumé

Français

Pour déterminer la fréquence des accouchements à domicile dans deux quartiers précaires de la commune de Yopougon, ainsi que les facteurs favorisant le choix de ce lieu d’accouchement, nous avons mené une enquête de ménages du 13 février au 12 mai 2006. Nous avons interrogé toutes les femmes résidant dans ces quartiers et qui ont accouché durant la période allant de janvier 2005 à la date de notre enquête. Il est ressorti de cette étude que 17 % des accouchements ont eu lieu en dehors d’une maternité ; les femmes interrogées qui sont pour la plupart analphabètes et sans profession, ont en moyenne 26 ans ; 64 % méconnaissaient les risques liés à la grossesse et à l’accouchement à domicile. Par ailleurs, 25 % de ces femmes trouvaient l’accueil à la maternité mauvais et 54 % trouvaient le coût de l’accouchement à la maternité trop élevé. Les facteurs qui ont favorisé ces accouchements sont l’inaccessibilité géographique et financière, l’ignorance des femmes et la mauvaise perception des services de maternité. Pour améliorer le taux de fréquentation des services de maternité et réduire la fréquence des accouchements sans assistance médicale, il conviendrait de tenir compte de toutes les influences qui s’exercent sur les femmes lorsqu’elles doivent choisir le lieu de l’accouchement.

Mots-clés

  • accouchement à domicile
  • déterminants
  • Yopougon

English

Prevalence and determinants of childbirth at home in two vulnerable neighbourhoods of Yopougon (Abidjan), Côte d’IvoireA household survey was conducted from February 13 to May 12, 2006, to determine the frequency of childbirth at home in two vulnerable districts of the township of Yopougon, and to identify the factors that determine this choice. We interviewed all women residing in these districts who gave birth during the period from January 2005 to the date of our investigation. This study showed that 17% of deliveries took place outside of a maternity ward. Most of the women interviewed, averaging 26 years of age, were illiterate and had no professional occupation; 64% were unaware of the risks associated with pregnancy and home birth. Furthermore, 25% of these women found the services and the reception at the maternity hospital to be poor and 54% felt the cost of delivery at the maternity ward to be too high. Factors that promote the choice of home birth are geographic and financial inaccessibility, ignorance of women and the poor perception of maternity services. All of the determining influences that can sway and impact a women’s decision on where to give birth should be taken into account in order to improve the use of maternity services and reduce the frequency of home childbirth without medical assistance.

Keywords

  • home birth
  • determinants
  • Yopougon

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. Matériel et méthode
    1. Cadre de l’étude
    2. Type d’étude et population
    3. Méthodologie
  3. Résultats
    1. Caractéristiques sociodémographiques
    2. La fréquence des accouchements à domicile
    3. Caractéristiques liées à l’accouchement à domicile
    4. Caractéristiques socioéconomiques
    5. Caractéristiques liées à la grossesse et à l’accouchement
    6. Perception des services de santé maternelle
  4. Discussion
  5. Conclusion

Pour citer cet article

Vroh Bi et al., « Prévalence et déterminants des accouchements à domicile dans deux quartiers précaires de la commune de Yopougon (Abidjan), Côte d'Ivoire », Santé Publique 5/ 2009 (Vol. 21), p. 499-506
URL : www.cairn.info/revue-sante-publique-2009-5-page-499.htm.


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