2002
Savoirs et clinique
Sur l’ambivalence maternelle
Darian Leader
[*]
Contrairement à une idée répandue, la relation mère-enfant n’est pas seulement faite de symbiose et d’harmonie, elle est aussi pleine d’ambivalence et de discontinuité. Comme l’ont indiqué J. Lacan ou M. Klein, la clinique illustre elle aussi que l’amour maternel ne peut occulter ni l’hostilité ni le désir de vengeance inhérents à cette relation particulière.Mots-clés :
ambivalence maternelle, relation mère/enfant, amour/haine, séparation.
In opposition to public opinion, the mother/child relationship doesn’t consist only of symbiosis and harmony, it contains ambivalence and discontinuity too. As shown by J. Lacan and M. Klein, the clinic illustrates that maternal love can’t hide neither hate nor desire of revenge linked to this particular relationship.Keywords :
maternal ambivalence, mother/child relationship, love/hate, separation.
Il est assez curieux de constater qu’il a fallu la naissance de la psychanalyse pour que l’idée d’un paradis entre mère et enfant gagne la popularité qu’elle a connue au dernier siècle. Bien que Freud ait souligné les douleurs de la vie amoureuse des enfants, l’idée d’une harmonie entre mère et enfant aux aubes de la vie s’est imposée dans plusieurs courants de la théorie analytique et dans leurs vulgarisations, d’Alice Balint à Margaret Mahler. La symbiose, terme introduit par Balint et repris par Mahler pour décrire la première relation mère-enfant, désignait, pour certains, un état où les intérêts de l’un coïncidaient avec les intérêts de l’autre
[1].
Plus récemment, un courant de la psychologie du développement, repris par des psychanalystes, surtout aux États-Unis, reformule cette notion de coïncidence avec l’idée d’une résonance
(atunement), signifiant que la mère fait écho au comportement du bébé, mais sur d’autres modalités sensorielles
[2]. Si le bébé, par exemple, tend le bras pour essayer d’attraper un objet, la mère accompagne ce geste, en émettant en même temps un « aaaaah ». On a observé que ces échos – ou reflets – coïncidant dans le temps prennent une place très importante dans les relations mère-enfant, et l’on a donc avancé que c’est cette résonance qui doit être visée dans l’amour maternel. De telles recherches mettent à l’écart l’idée que ce sont, en effet, les moments de discontinuité, le manque de résonance, qui sont cruciaux pour l’enfant, car c’est dans ces moments que s’ouvrent pour lui la dimension du désir de l’Autre et les possibilités d’aller au-delà du registre imaginaire et étouffant de la résonance. Imaginez, après tout, ce que constituerait une résonance durant 100 % du temps partagé entre mère et enfant !
On constate dans les théories de la résonance une tentative pour préserver l’idéal d’une coïncidence des intérêts du couple mère-enfant, version du paradis mythique à laquelle certains courants analytiques ne sont jamais prêts à renoncer. Avant la psychanalyse, les historiens ont montré qu’il existait des visions bien plus sombres de la relation mère-enfant, et l’on a vu plusieurs auteurs avancer la thèse que l’amour maternel était une construction culturelle assez récente
[3].
Malheureusement, les études les plus élaborées avaient tendance à se situer dans la perspective de la biologie en évolution, citant la fréquence historique de l’abandon et de l’infanticide pour soutenir la thèse de la conservation des ressources à des fins de survie de l’espèce. Dans la psychanalyse, au contraire, on a évité cette pente biologisante, et ce sont peut-être les perspectives lacanienne et kleinienne qui démontrent le plus le caractère mythique du supposé amour maternel, Lacan mettant l’accent sur la castration et le désir, et Melanie Klein sur la haine qui sous-tend la réparation.
L’article de référence sur cette question dans la tradition britannique est « Haine dans le contre-transfert » de Winnicott, qui date de 1947
[4]. Il avance la proposition provocatrice que chaque mère hait son bébé et il établit la liste des dix-huit raisons de cette haine. Le fait que cette liste soit restée relativement inconnue et non développée par d’autres auteurs témoigne peut-être d’un évitement du problème.
Freud lui-même avait quelques réticences à inclure l’amour maternel dans le champ des conflits et déceptions qui caractérisaient, selon lui, les relations amoureuses. Il note, dans « Psychologie des foules et analyse du moi », que presque toutes les relations intimes entre les êtres humains contiennent des sentiments d’hostilité et d’aversion, avec l’exception possible de l’amour d’une mère pour son fils, qui est fondé sur le narcissisme
[5]. Et dans la
Nouvelle conférence sur la féminité écrite en 1932, il ajoute que cette relation est « la plus parfaite, la plus éloignée d’ambivalence » de toutes les relations humaines. Certains auteurs ont vu dans de telles propositions un évitement des faits de l’ambivalence maternelle, plus troublante même, selon eux, que la question de la sexualité infantile. Le terme même d’ambivalence, que Lacan a critiqué, est considéré comme une diversion : parler de la haine de la mère pour son enfant est tellement difficile qu’on adopte cet autre terme qui met l’hostilité en série perpétuelle avec l’amour.
Bien que Freud ne nous ait pas laissé l’étude d’un cas de femme-mère, ses études sur Hans et sur Léonard donnent une place centrale à l’amour maternel. Dans le texte sur Léonard, il réitère l’idée que l’amour maternel pour son nouveau-né est « dans la nature d’une relation amoureuse complètement satisfaisante », situation qui provoquera l’ambivalence jalouse du côté père. Freud ne parle pas ici d’ambivalence maternelle, mais on peut prendre au sérieux ses références aux « caresses violentes » de la mère de Léonard et à « la menace sinistre » du sourire maternel : « […] la mère devait épancher dans l’amour maternel et tout son souvenir des tendresses perdues et sa nostalgie de tendresses nouvelles ; elle se sentait poussée non seulement à se dédommager elle-même de n’avoir pas d’époux, mais à dédommager l’enfant de n’avoir pas un père qui l’eût caressé
[6]. » Selon Freud, la mère de Léonard mettait son fils à la place de son mari absent, et l’on peut alors se demander si des sentiments hostiles envers celui-ci n’ont pas joué un rôle dans les caresses à son nouveau-né. Freud évite carrément cette conclusion, mettant l’accent plutôt sur la violence et la menace sinistre produites par le surplus d’amour maternel.
Le texte sur Léonard contient une longue discussion autour du symbolisme du vautour, oiseau dont Freud croyait qu’il jouait un rôle important dans les souvenirs et dans les ruminations de l’artiste. Selon des sources contemporaines et aussi plus anciennes, le vautour était toujours né sans père et l’artiste pouvait alors utiliser cet oiseau comme symbole de sa propre situation, fils d’un père absent. Le fait que cet oiseau soit né d’une erreur de traduction, confondant vautour et milan, signalait pour certains l’échec de l’analyse que Freud avait faite. Mais l’erreur de traduction ouvrait plutôt des nuances sur la question de l’amour maternel : dans les carnets de Léonard, on trouve une référence au milan, oiseau connu, selon lui, pour son habitude de donner des coups de bec à ses enfants et de les priver de nourriture. Ici surgit moins l’image d’un amour maternel tendre que celle d’un courant hostile et envieux
[7].
Il est important, cependant, de séparer la question de l’ambivalence maternelle des rapports du sujet au désir de l’Autre. Il est parfaitement possible, et même probable, que ce désir puisse être interprété par le sujet comme menaçant, envahissant ou dévorant, mais ce qui importe, c’est l’imputation d’un processus non-ambivalent à la mère dans la reconstruction du cas. Dans ce sens, il n’y a aucune contradiction dans la référence au milan perçu comme agent de privation, ou dans l’excès d’amour ressenti par Léonard comme violence ou menace. Il est seulement curieux de noter comment Freud évite de prendre en compte une hostilité maternelle liée à l’absence du père.
Après Freud, quelques analystes ont traité cette question de l’ambivalence maternelle, notamment Hélène Deutsch, Winnicott et, plus récemment, Rozsika Parker
[8]. Notons d’abord quelques points partagés. On a constaté que, lorsque les mères parlent entre elles de leurs pensées hostiles envers leurs enfants, cela prend presque toujours une forme humoristique, détail intéressant qui ouvre peut-être des questions autour du surmoi. Ces auteurs ont aussi noté comment, pendant la grossesse, même les femmes les plus introspectives reculent souvent devant le travail d’observation de leurs propres processus psychiques et que, dans le premier temps après l’accouchement, des pensées meurtrières sont souvent très vite oubliées. Au niveau plus général, Élisabeth Badinter a avancé dans son livre sur le prétendu « instinct maternel » que la façon dont l’ambivalence maternelle est traitée à notre époque consiste à séparer l’amour dit naturel, que la mère peut éprouver pour son enfant, de la haine qui est moins une variable psychique comparable à l’amour que simplement l’effet des soins
[9]. Dans cette optique, les sentiments hostiles sont les effets empiriques de la fatigue, du stress, etc. Si l’on pense, au contraire, que d’autres facteurs psychiques entrent en jeu, comment comprendre l’hostilité et la haine qui peuvent être dirigées contre le nouveau-né ?
Avant de proposer quelques observations sur cette question, il faut souligner qu’il y a autant de façons de réagir à une grossesse et au fait de devenir mère qu’il y a de femmes enceintes et de mères. Chaque cas, évidemment, est différent, et il est inutile de réduire la complexité du comportement d’un sujet à des généralités. Mais en même temps, on peut essayer de trouver quelques thèmes qui émergent du tableau fascinant de la relation mère-enfant.
Freud a mis l’accent sur l’investissement narcissique du bébé, et l’on peut situer plusieurs exemples dans ce cadre. Si le fœtus est, au niveau biologique, un parasite qui se nourrit de l’organisme maternel, on peut situer les vicissitudes de l’ambivalence maternelle comme des vicissitudes de l’investissement narcissique. Le fœtus peut être ressenti comme parasite avide ou comme être aimé et, s’il s’agit de signification phallique, entrent en jeu toutes les relations différentes qu’une femme peut avoir avec le phallus. Même s’il y a une signification phallique attribuée au bébé, cela n’implique pas que le désir d’être enceinte soit égal au désir d’avoir un enfant. Et dire qu’une femme veut avoir le phallus, que le fœtus prend la place du phallus et que, donc, le fœtus, et ensuite le bébé, seront désirés de façon univoque ne rend compte que d’une partie des relations complexes qui peuvent être en jeu. Citons en au moins trois.
Le début des mouvements du fœtus et sa descente dans l’utérus provoquent souvent un changement dans l’investissement, confrontant la mère au réel d’un être indépendant. Si, dans la première partie de la grossesse, l’idée du fœtus était investie par des idéaux et fantasmes, inclus plus ou moins dans le champ du narcissisme, les changements biologiques qui apparaissent ensuite peuvent rendre l’invité étranger. Une mère peut être surprise, à ce moment, par l’émergence de pensées haineuses envers le fœtus, le ressentant comme un parasite avide. S’il y a des difficultés psychiques à accepter la situation biologique, disait Hélène Deutsch, le fœtus devient ce qu’il est comme situation biologique, c’est-à-dire un danger logé dans le corps
[10].
Si, comme le pense Lacan, l’amour s’adresse au semblant, et si la haine a plutôt un lien avec l’être, alors l’émergence d’un autre corps dans le réel peut susciter une haine dérangeante et fort culpabilisante. Notons d’ailleurs que, dans les premières heures après l’accouchement, presque cinquante pour cent des mères signalent une indifférence émotionnelle en berçant leur nouveau-né, phénomène qui montre la non-continuité de l’investissement narcissique
[11].
La résurgence des conflits autour de la mère a été notée par presque tous les auteurs qui ont abordé ce thème. Pour Freud, une fille qui a lutté pendant toute sa vie pour se séparer de sa propre mère se trouve soudainement en position d’être mère – et, en même temps, en devenant mère, elle peut avoir le sentiment qu’elle reste fille. Cette position peut comporter aussi un manque d’autorisation : la place de la mère est, d’origine, interdite. Rien ne peut préparer la fille à cette usurpation et il est possible que cette impasse produise une hostilité contre le fœtus qui peut parfois se manifester au niveau organique : dans la pensée courante que le bébé sera déformé, dans les superstitions qui émergent même pour les femmes les moins superstitieuses, et aussi dans l’idée d’une rétribution divine, « on ne laissera pas passer ça ».
Bien que l’idée du fœtus comme possession exclusive de la mère soit assez répandue, il arrive souvent, même avec des grossesses désirées, que le fœtus devienne, parfois de façon transitoire, emblématique du partenaire ou d’un parent. Ceci peut produire des pensées meurtrières dans plusieurs sens : l’hostilité envers le partenaire ou le parent se dirige contre le fœtus, ou se déclenche pour la seule raison que le fœtus est ressenti comme n’étant pas une possession exclusive. Plusieurs auteurs ont noté l’idée que le fœtus est ressenti comme un objet que la femme enceinte a volé à sa propre mère, laquelle en attend une rétribution. L’idée qu’une femme doit payer le prix de sa propre mort pour devenir mère est aussi assez fréquente.
Les thèmes œdipiens sont évidemment en jeu dans la plupart de ces courants et l’émergence inattendue des sentiments de haine en fait partie. Une mère parle de son désir de battre son nouveau-né avec une massue, liant cette idée à sa seule expérience d’un nouveau-né : la sœur née après elle, qu’elle avait de très bonnes raisons de vouloir tuer. Une autre mère parle de ses rêves meurtriers envers son enfant et de ses pensées conscientes de jeter l’enfant d’un pont. Les rêves ont, en effet, commencé lorsque sa fille a montré de tout petits signes de préférence pour son père, situation qui a ravivé son envie de l’amour qu’elle avait supposé exister entre sa propre sœur aînée et son père.
Les idéaux parentaux sont presque toujours projetés sur l’enfant et, comme ces idéaux sont normalement construits sur des déceptions, l’amour s’accompagne de haine. Une mère, qui idéalisait son père absent, voyait dans son fils une incarnation de celui-ci, attendant de lui tout l’amour et la reconnaissance qu’elle n’avait pas reçus elle-même de son père. Ses pensées haineuses envers son fils adoré, qui la surprenaient énormément, relevaient de l’arrière-plan de rage qu’elle avait pour ce père qui l’avait tellement déçue. Bien que ces exemples soient assez simples et fassent le quotidien de n’importe quel travail clinique, ils contribuent à dissiper l’image mythique de l’amour maternel sans son côté hostile.
Ajoutons à ces éléments les formes de haine qui peuvent émerger dans les premiers mois, après l’accouchement.
Bien que la tétée puisse produire des effets érotiques pour la mère, on constate souvent des sentiments de haine simultanés. « Le bébé, comme disait une mère, s’intéresse au sein, non pas à moi », et cette situation de parasitage peut devenir intolérable. Elle se sentait séparée de son propre sein. Comme disait une autre mère : « Le haut de mon corps ne m’appartient plus. » Des pensées troubles de vengeance, qui sont vite oubliées, peuvent apparaître à de tels moments. L’idée que le bébé est en train de sucer la substance de vie de la mère, qui va se tarir, est, elle aussi, courante.
Bien qu’on mette l’accent normalement sur la lutte d’existence de l’enfant et sur ses efforts pour devenir sujet en quittant l’univers maternel, bien des mères parlent de leur propre lutte pour exister, confrontées aux demandes envahissantes de leur bébé. Cela n’est souvent pas seulement un phénomène « empirique », ce n’est pas non plus le travail des soins qui produit une réaction hostile, mais plutôt une conséquence des relations structurales avec la parole : la mère n’est pas entendue et pense perdre sa place dans la parole où elle se sent réduite à un objet du besoin. Donc sa place de sujet est mise en question. Comme disait une mère de son bébé : « C’était lui ou moi. » Il peut survenir aussi une rage liée avec l’idée que le bébé est en train de recevoir des soins et un amour qu’elle, la mère, n’a jamais reçus lorsqu’elle était elle-même enfant. Peut-être trouve-t-on ici l’une des raisons de l’incroyable fréquence des thèmes sadiques dans les berceuses.
Les demandes du bébé peuvent, au contraire, être une source de satisfaction pour une mère. Car elle peut avoir le sentiment d’être le centre du monde de quelqu’un et une source de joie. Mais chaque vie, dans un sens, est l’histoire des échecs à être le centre du monde de quelqu’un d’autre. C’est une façon de décrire le complexe d’Œdipe. Peut-être le manque d’ambivalence qui a frappé Freud en parlant de la relation mère-fils est-il, en partie, lié à cet apparent renversement de la situation, où une mère peut avoir le sentiment d’être nécessaire à quelqu’un d’autre. Comme disait Madame d’Épinay : « Je pense parfois quand mon bébé me regarde qu’il n’y a aucune satisfaction égale à celle de rendre un autre heureux. »
Le problème, c’est que cette situation ne dure pas. Comme disait une mère : « Je ne me serais jamais attendue à avoir un enfant qui lutterait contre mon amour
[12]. » La suite de la satisfaction est une déception douloureuse, quand la mère confronte le fait qu’elle ne peut pas satisfaire tout le temps son bébé, et qu’elle ne lui est pas toujours nécessaire. On parle souvent de l’importance de l’objet transitionnel pour l’enfant, mais là, il faut aussi mettre l’accent sur l’effet de l’existence d’un tel objet pour la mère qui la prive ou la frustre. Cette réalisation peut déchaîner une haine extrême. C’est un échec à compléter l’Autre. L’amour, après tout, contient la demande d’être aimé, demande qui ne peut pas être satisfaite par le bébé. On peut proposer une définition de la haine comme étant exactement cela : le sentiment qu’on ne peut pas satisfaire quelqu’un d’autre. Ici intervient l’
envy célèbre, décrite par Melanie Klein.
Concluons avec une conséquence possible de l’ambivalence maternelle. Si un enfant est exclusivement aimé ou exclusivement haï, on peut s’attendre à de graves difficultés. Foyer de haine, l’enfant peut être mis en position d’objet, foyer d’amour et d’idéalisation, on peut trouver ce que les auteurs anglo-saxons décrivent comme le faux self. Si un enfant est au centre de messages conflictuels comme l’était, par exemple, le petit Hans, on peut prévoir des possibilités dialectiques. Le sujet, dans un sens, émerge des messages contradictoires. Roszika Parker, qui a consacré un livre à ce thème, conclut que, sans l’ambivalence maternelle, il est plus difficile pour l’enfant de se constituer comme sujet.
On entend souvent des sujets en analyse se plaindre des tendances critiques, voire haineuses, de leurs parents, mais ne les entend-on pas aussi souvent se plaindre que, en effet, pour tel parent, ils ne peuvent rien faire de mal, et qu’ils attendent un petit signe montrant que l’idéalisation parentale a disparu ? Le désir de l’Autre, après tout, ne nous reconnaît pas comme sujet, mais seulement comme phallus ou objet. Si l’amour ne s’adresse qu’au semblant, et la haine à l’être, ne faut-il pas un certain élément de haine pour que la séparation puisse avoir lieu et pour qu’un enfant ne vive plus dans le rêve ou l’idéal phallique de la mère ?
[*]
Darian Leader, psychanalyste à Londres.
[1]
M. Balint, « Love for the mother and mother love »,
Primary Love and Psycho-Analytical Technique, Londres, 1952.
[2]
D. Stern,
The Interpersonal World of the Infant, New York, 1985.
[3]
S. Blaffer Hardy,
Mother Nature, Londres, 1999.
[4]
Repris dans
The Maturational Process and the Facilitating Environment, Londres, 1979.
[5]
S. Freud,
Standard Edition, vol 18, p. 101, traduction française « Psychologie des foules et analyse du moi »,
Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1981.
[6]
S. Freud,
Standard Edition, vol. 11, p. 116, traduction française
: Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci, Paris, Gallimard, coll. « Idées », 1977.
[7]
B. Collins,
Freud,
Psychoanalysis and Art History, Northwestern University Press, 1997.
[8]
H. Deutsch,
Psychology of Women, New York, 1944 ; Rozsika Parker
, Torn in Two, The Experience of Maternal Ambivalence, Londres, 1995.
[9]
E. Badinter,
The Myth of Motherhood (1980), Londres, 1981.
[10]
H. Deutsch,
op. cit., vol. 2, p. 116.
[11]
Robson et Kumar, « Delayed onset of maternal affection after childbirth »,
British Journal of Psychiatry, 136, 1980, p. 347-353.
[12]
R. Parker,
op. cit., p. 27.