2004
Savoirs et clinique
L’enfant devant la loi
Les enfants de la rue : leurs lois
Marie José Lallart
[*]
Marie José Lallart explore la terrible exclusion des enfants de la rue d’Afrique ou d’ailleurs, victimes de la guerre, de la misère, et surtout du regard apeuré ou déshumanisant que leur porte le monde des adultes. Elle témoigne, sur le terrain, de l’importance du jeu et du sport pour ceux qu’on traite souvent de sorciers ou de bandits, et qui désirent être reconnus comme personnes, en attendant que les gouvernements exercent une réelle coercition en matière de droits de l’enfant.Mots-clés :
L’importance du jeu pour les enfants de la rue en mal d’humanité..
Marie José Lallart explores the terrible exclusion endured by street children from Africa or elsewhere, victims of war and misery, but also of the fear and the lack of consideration they inspire in the adult world. She shows, on the field, the importance of game and sports for those who are often called sorcerers or criminals, and who wish to be acknowledged as people, while we still wait for governments to control the adults in matters of Children’s Rights and Child Abuse.Keywords :
The importance of game in the rehabilitation of Person for Street Children..
On dénombre plus de 600 millions d’enfants en situation difficile dans le monde, dont 80 millions en Afrique. Ces enfants entre 3 et 18 ans sont déjà des vieux.
Il faut distinguer : enfants dans la rue, enfants de la rue et enfants pour la rue. Bien sûr la frontière n’est pas toujours très nette, mais concrètement, elle existe.
Les premiers rentrent à la maison le soir, après avoir passé toute la journée à errer dans la rue ; les seconds sont en rupture avec leur famille, au sein de laquelle ils ne peuvent, ou ne veulent pas retourner ; ils vivent la journée et la nuit dans les rues. Les deux catégories peuvent alors se « fondre » dans un groupe communément appelé « enfants pour la rue » ; leur vie s’identifie avec la rue, ils ne peuvent s’imaginer un autre type d’existence.
Dans les pays en développement ou dans les pays en situation de post-conflit, les enfants ne choisissent pas d’aller dans la rue. Ils y sont contraints par des circonstances bien précises.
Ces enfants, victimes, sont souvent issus de foyers brisés où, parfois, après la mort de la mère, la nouvelle femme, la marâtre, les maltraite, les insulte, leur refuse toute nourriture. Tout cela pousse ces enfants à s’enfuir de la maison.
Ces enfants se retrouvent dans l’errance, à cause d’une extrême pauvreté. En effet, les familles ne peuvent plus se permettre de partager leurs maigres ressources avec le reste de leur parenté. Ces enfants vont d’abord partir mendier pour ramener de l’argent à leurs parents, puis, petit à petit, ils vont rester dans la rue et se l’approprier.
Les enfants de Port Bouë, à Abidjan (Côte d’Ivoire) disent en partant quémander leur nourriture : « Je vais me chercher. » Cette expression peut choquer si on l’interprète et l’apprécie en fonction des critères propres à la culture occidentale. Mais, elle devient plus claire quand on considère la priorité des enfants : « Je vais chercher à manger »… ce qui pourrait signifier, « lorsque j’aurai trouvé de quoi me nourrir… je me serai trouvé… en tant qu’être existant, dans mon corps qui continue à vivre. » Une autre expression interpelle, lorsque ces enfants renomment leurs sandales en plastique déchirées « en attendant ».
Cet état de pauvreté est souvent lié à la guerre. Au Rwanda, en 1998, il y avait 150 000 orphelins. En République démocratique du Congo, les enfants de la rue de Kinshasa viennent de la guerre ; ils arrivent du Bas-Congo, de l’Équateur, des 2 Kasaï, des provinces du Kivu, du Katanga. Les enfants orphelins du sida sont 1 500 000 en Zambie, 70 000 au Botswana.
L’indigence encourage toutes sortes de peurs, en particulier celle de la sorcellerie. Plus d’un tiers des enfants de la rue de Kinshasa (au nombre de 20 000 environ), a été accusé de sorcellerie ; c’est-à-dire que ces enfants sont vus comme la cause des malheurs qui font souffrir les familles.
Il est fréquent d’entendre des enfants raconter : « J’ai été chassé de la maison parce que je suis sorcier et responsable des maladies de la maison. » Ils poursuivent en expliquant que, « si on les accuse d’être des enfants-sorciers, c’est parce que ça arrange les adultes, qui veulent les chasser ! Mais c’est faux, ils ne sont pas sorciers ». Dans la culture congolaise (République du Congo), on peut traiter un enfant de sorcier, simplement parce que c’est un enfant têtu. Les adultes disent en lingala par exemple : « Yo mwana oyo ozali na ndoki : toi mon enfant tu es un sorcier » ; autrement dit : « Tu me rends la vie plus difficile encore, tu refuses de voir ma souffrance, ma misère » (allusion ou référence explicite faite au vrai sorcier qui ne connaît pas la pitié).
Il y a également les enfants-soldats, démobilisés. Pendant les périodes de guerre, ils sont recrutés de force à la sortie de l’école vers 7/8 ans et bien souvent, ce sont les parents qui demandent aux militaires d’accepter leurs enfants pour combattre, ne pouvant pas les nourrir.
Dans le cas de la Sierra Leone, il y a eu les campagnes mensongères des rebelles qui trompaient les parents en leur disant qu’en leur confiant leurs enfants, ceux-ci recevraient une bonne éducation dans des centres de formation. Les parents pauvres sont tombés dans ce piège et en ont pris conscience trop tard.
Ces enfants vont être drogués pour qu’ils puissent tuer, et violenter. Ils passeront en première ligne, lorsqu’il y aura des mines anti-personnel, avec le risque fréquent de sauter sur l’une d’entre elles. Une fois la paix rétablie dans le pays, ces enfants-soldats ne peuvent pas retourner au village, comme en Sierra Leone, par exemple, où ils ont tué ou amputé des voisins ou leur propre famille.
Ces enfants de la rue, le corps rongé par la crasse et la vermine, dorment à même le trottoir ou dans les égouts comme en Russie ou en Bolivie. À Kinshasa, pour être plus tranquilles, la nuit, les petites filles, après la prostitution, vont dormir dans le cimetière et quelques-unes dorment dans les arbres et se font rançonner par les policiers pour y rester. D’ailleurs, à Kinshasa, il est impossible d’obtenir le moindre service sans donner une « motivation », c’est-à-dire de l’argent. (Il faut préciser que les fonctionnaires ne sont pas payés depuis plusieurs mois.)
Les enfants de la rue ont quelques maigres ressources grâce à des petites activités, comme donner des renseignements aux adultes, pratiquer la mendicité, organiser la garde des voitures, engager la fouille systématique des ordures, mais aussi, le vol, la prostitution, le passage de drogue, etc.
Dans le monde de la rue, la loi est particulière, les conditions de survie poussent ces enfants à s’organiser en bandes, autour d’un leader qui a su s’imposer par la force, pour assurer leur défense mutuelle.
Les bandes à Kinshasa, en République démocratique du Congo, regroupent entre soixante et quatre-vingts enfants environ, entre 3 et 15 ans, avec un chef qui doit se battre régulièrement pour conserver sa position de chef. Les petits sont protégés par les plus grands en échange de leur soumission. J’ai vu les aînés distribuer de la nourriture aux plus jeunes ; mais ils sont tout à fait démunis face à la maladie… face au manque de soins et d’hygiène qui affecte en particulier les bébés qui naissent dans la rue et qui meurent très vite, avec très souvent leur mère.
Il y a aussi une formidable solidarité entre les enfants de la rue à Kinshasa. Je suis partie plusieurs fois en mission dans cette capitale de la République démocratique du Congo, dans le cadre du projet de l’unesco dont j’ai la charge, « Espérance et Solidarité autour d’un Ballon ».
En principe, l’unesco, Agence spécialisée des Nations Unies pour l’Éducation, la Science, la Culture et la Communication a comme objectif majeur la défense des idéaux de paix, de coopération internationale et de compréhension mutuelle, avec la réflexion et le soutien de ses 190 États membres. Ce n’est pas fondamentalement une Agence d’assistance technique, mais un « laboratoire d’idées ». Ainsi, les actions concrètes ne sont pas inscrites de façon réellement prioritaire.
Cependant, très rapidement, devant les ravages provoqués par les guerres civiles, les conflits religieux ou ethniques ou encore les génocides, il fallait penser aux enfants qui, aux prises avec la folie guerrière des hommes, livrés à eux-mêmes et finalement victimes d’un monde qu’ils n’ont pas choisi, doivent retrouver leur dignité et la joie.
Les activités sportives et culturelles peuvent être la première étape pour « reconstruire » ces enfants, traumatisés avant même qu’ils puissent mettre en mots leur souffrance.
Le sport permet aussi que se tissent des liens transcendant les rivalités et les clivages ethniques, religieux, politiques, économiques ou sociaux. Il est un vecteur de réconciliation sociale et de tolérance.
Ce projet « Espérance et solidarité autour d’un ballon » repose sur la conviction que les règles qu’impose le jeu sportif impliquent la tolérance, le respect de l’autre, l’apprentissage de ses propres limites et de l’effort. Le jeu permet à l’enfant d’être plus apte à faire face aux problèmes de la vie ; le jeu est une étape vers la liberté. Apporter à des enfants marginalisés, par le biais du jeu sportif, du réconfort, de la confiance, un sourire et la possibilité d’envisager une approche pédagogique appropriée afin que ces enfants exclus trouvent un chemin vers l’éducation, vers l’apprentissage d’un métier, telle est l’idée véhiculée par ce projet.
Ainsi, la première mission à Kinshasa était pour organiser des rencontres sportives et culturelles entre des jeunes Congolais de religions différentes, afin de créer un dialogue inter-religieux à travers le jeu et ainsi juguler les conflits. Mais, dès mon arrivée, j’ai été étonnée de voir un nombre considérable d’enfants en haillons, sales, pieds nus, parfois de jeunes handicapés en fauteuils à pédales qui ne fonctionnaient plus. J’ai surtout été choquée par le comportement des adultes qui les bastonnaient avec beaucoup de violence. Je suis allée vers eux, j’ai demandé un interprète de leur choix parmi les adultes qui nous entouraient afin qu’ils puissent parler librement et que je puisse les comprendre. J’ai expliqué ma mission et que je reviendrai pour eux. Que voulaient-ils ?… « qu’on nous laisse tranquille »… Cela voulait dire : « Que l’on arrête de nous bastonner…, que l’on nous considère comme des enfants et non plus comme des sorciers… »
Cette dignité, ce respect qu’ils réclamaient dans leur vécu épouvantablement difficile, j’ai tenté de les leur apporter lors de ma seconde mission.
Je suis revenue.
Dès mon arrivée, ils m’ont reconnue et appelée Marie. Ils ont une bonne mémoire ; ils retiennent les promesses ; mais les prometteurs oublient très souvent leur engagement. L’unesco a réussi à convaincre le Ministre de la jeunesse et des sports d’ouvrir le grand stade (le « bien nommé » stade des Martyrs) tous les dimanches matins pour que ces enfants de la rue, les shégés puissent jouer au football et recevoir quelques sucrés (boissons) et des t-shirts. La première fois, j’ai été obligée de me tenir devant la porte du stade, car les policiers ne voulaient pas laisser entrer ces enfants en haillons, les voleurs… et les repoussaient violemment.
Il n’a pas été nécessaire d’envoyer des cartons d’invitation. J’ai fait passer le message par le biais du chef du clan situé au Port, et en un temps très court, les enfants ayant pour habitude de se retrouver au marché, derrière le stade et dans les autres quartiers de la ville, ont été prévenus, et ont rejoint en courant le stade des martyrs, ce dimanche matin-là.
Il faut dire que c’était la première fois qu’ils avaient le droit d’entrer dans ce stade qui les faisait rêver.
Nous avons distribué des ballons, et ces enfants ont joué entre eux ; puis les enfants scolarisés sont venus également pour jouer avec eux. Les clivages ont commencé à s’estomper peu à peu. Le jeu les rendait tous égaux et leur joie explosait. Mais nous continuons à travailler, afin que ces enfants puissent se rendre librement dans des centres d’accueil, où ils pourront apprendre à lire et à écrire, ainsi qu’un petit métier qui leur permettra d’accéder à une autonomie, mais toujours en leur proposant de la musique et du sport.
Il y a également des enfants qui sont dans la rue car une mauvaise interprétation de la loi religieuse l’impose. Il s’agit des Talibés que nous avons rencontrés en Mauritanie et au Sénégal.
Étymologiquement, Talibé veut dire « élève », en langue Wolof (langue majoritaire au Sénégal.) Par glissement de sens, le terme désigne maintenant une certaine catégorie des enfants de la rue : les mendiants. Les Talibés sont de jeunes mendiants âgés de 3 à 14 ans, que l’ont voit dans les rues de Dakar, dans les gares routières et ferroviaires, dans les stations-service, sur les marchés et même aux abords des hôpitaux. Ils sillonnent les rues de la capitale, une vieille boîte de conserve de tomate à la main pour mendier ; ils recueillent dans leur sébile les restes de repas de toutes sortes appelés « le mélange repoussant. » Au Sénégal, 90 % de la population est musulmane. Pour un bon musulman, la connaissance des textes du Saint Coran est nécessaire et s’apprend dès le plus jeune âge. C’est ainsi que les parents confient leurs enfants aux écoles coraniques, sous la responsabilité des maîtres marabouts, pensant ainsi respecter le devoir de tous les bons parents musulmans, soucieux de l’éducation de leurs enfants par la connaissance.
Conformément à la tradition, le talibé, l’élève de l’école coranique, doit rendre service à son maître, en travaillant. Il demande sa nourriture chez les voisins, qu’il remercie en récitant des versets du Coran appris par cœur. Ceci a pour objectif d’inculquer le courage et l’esprit de débrouillardise à l’enfant pour qu’il puisse affronter plus tard les obstacles de la vie. Après quelques années d’étude, le marabout confie l’enfant à un entrepreneur qui lui apprend un métier.
Malheureusement, il y a parfois des « glissements d’objectif », à savoir que parfois les Marabouts utilisent les enfants talibés pour leur propre profit. Ils ne se contentent pas seulement de la nourriture, ils exigent que l’enfant leur apporte de l’argent ; certains vont jusqu’à fixer des sommes importantes pour le pays, à savoir 300 ou 400 fcfa (1/2 €). Si l’enfant ne réunit pas cette somme un jour, il est battu et devra apporter le double le lendemain. Dans les Daara que nous avons visités la journée était ainsi organisée :
- de 6h à 8h mendicité ;
- de 8h à 12h psalmodie des versets du Coran en langue arabe, par cœur en se balançant d’avant en arrière, à genoux sur le sol (ces enfants naturellement ne connaissent pas l’arabe) ;
- de 12h à 14h mendicité ;
- de 14h à 17h Récitation du Coran jusqu’à la prière de 17h. Le marabout demande alors aux enfants de réciter ce qu’ils ont appris par cœur durant la journée.
Ils dorment dans des hangars, dans des garages, à même le sol, sans hygiène. Ils ne se lavent que tous les quinze jours, ou au moment des fêtes religieuses. Bien souvent, ils sont atteints de graves maladies et n’ont pas accès aux soins. J’ai seulement réussi en parlant pendant très longtemps avec le Marabout à le convaincre de laisser ces enfants jouer au ballon (car le jeu leur est également interdit). Voici donc la loi religieuse qui vient s’imposer, parfois dans sa déviance et utilisée par les hommes à leur profit.
Récemment, dans l’avant-dernier des pays les plus pauvres du monde, le Niger, nous avons rencontré, dans la rue et dans le fond de la cour de l’hôpital de Niamey, de très jeunes filles qui enfilaient des perles, elles avaient entre 12 et 25 ans. Elles sont mariées très jeunes et pendant l’accouchement, qui est très long et très douloureux, une fistule obstétricale provoque une incontinence totale et, par là même, une répudiation de la part du mari et le rejet des parents et des gens du village.
Elles sont recueillies dans des hôpitaux, dans des centres, mais bien souvent elles traînent dans les campagnes. À Niamey ces filles, très jeunes, enfilaient des perles pour pouvoir financer leur opération chirurgicale réparatrice…
De quelle loi s’agit-il pour ces jeunes femmes ? Elles sont dans une situation d’exclusion. Leur loi est la loi du silence. Jamais elles ne parlent de leur handicap. Jamais je n’ai pu aborder cette question très directement avec elles. La honte les empêchait de parler.
À Conakry, en Guinée, j’ai croisé le regard de ce garçon de 9 ans qui tenait serré contre lui un morceau de carton sur lequel il dormait, comme s’il était son ami. Après quelques instants de conversation, il a fouillé dans sa poche percée et m’a montré la photo d’une très jeune femme, 18 ans environ, me disant qu’il s’agissait de sa mère. Ses copains m’ont rapidement chuchoté à l’oreille qu’il avait trouvé cette photo par terre et qu’il était orphelin.
Pierre s’est inventé une subjectivité, s’est réinventé sa naissance, son enfance, il reconstruit sa survie.
Ceci nous montre son désir d’être reconnu comme humain. Par un autre désir, il s’engage dans une lutte pour la reconnaissance, lutte dans laquelle il montre sa capacité à dépasser sa vie biologique. Par la lutte, il se construit une identité. En étant anonyme, il ne peut pas se situer comme être existant.
La loi des enfants en situation d’exclusion est parallèle, elle est inventée et réinventée dans l’unique but de conserver un peu de dignité.
Pourtant, à l’échelon international, il existe des instruments normatifs qui doivent protéger les enfants en situation difficile.
Ainsi, la Convention sur les droits de l’enfant, ratifiée par 191 pays sur 193, invite à réfléchir sur la place que les gouvernements feront à l’enfant aujourd’hui et demain.
Les droits de l’enfant, c’est d’abord le droit pour chaque enfant d’être profondément respecté en tenant compte de son âge, de ses besoins et de sa maturité. C’est aussi reconnaître, comme le rappelle le préambule de la Convention, que l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans son milieu familial dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension. Rappelons seulement l’article 19 de cette Convention qui stipule que : « Les États prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toutes formes de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligences, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle… ».
Mais, nous avons vu ici quelques exemples où les gouvernements sont loin de mettre en œuvre cette Convention, pourtant signée. C’est donc de la responsabilité de chacun et de chacune, et de la société civile de faire respecter : les lois, les codes, les règles qui donnent à ces enfants la possibilité de grandir en protégeant leurs rêves.
Un enfant me disait : je ne sais pas rêver…
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Marie José Lallart, psychologue, philosophe, responsable du programme « Espérance et solidarité autour d’un ballon » au sein du secteur de l’Éducation à l’unesco.