La littérature et l’enfantillage : le désir de voir et de savoir
Nathalie Barberger
« J’écris pour m’être emparé du secret », nous dit Bataille. Tel serait l’enfantillage majeur qui donne l’impulsion d’écrire. Au terme d’infantilisme, qui tend à infantiliser la littérature et à la figer dans une définition, je préfèrerais ici la proposition bataillienne d’enfantillage, ou celle, deleuzienne, d’un devenir-enfant. Si la littérature est du côté de l’enfantillage, c’est qu’elle est une stratégie, forcément inconvenante, sérieuse et comique à la fois, de s’acharner à faire l’enfant. Et c’est ici la figure de tante Léonie chez Proust, cette métaphysicienne pour rire qui a décidé de rester au lit, prise dans une étrange et inachevable quête spéculative, qui me permettra de préciser la notion d’enfantillage.
Mots-clés :
infantilisme, enfantillage, neurasthénique, acédi, Bataille, Deleuze, Proust.
« I write for having got hold of the secret » Bataille tells us. Such is the childish fantasy which triggers the writing drive. Rather than using the term infantilism which tends to infantilize literature and freeze it in a definition, I would rather use the Bataillian notion of childish game or the notion of Deleuze of ‘becoming-child’. If literature verges on childishness, it is because it is a necessarily indecorous strategy - both serious and comic - to play the child. The Proustian character, Aunt Léonie, a ludicrous metaphysician who has decided to lie in bed to pursue a strange and endless speculative quest, will allow me to grasp this notion of childishness.
Keywords :
infantilism, childishness, neuresthenia, acedia, Bataille, Deleuze, Proust.