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Savoirs et clinique

2005/1 (no6)

  • Pages : 264
  • ISBN : 9782749204253
  • DOI : 10.3917/sc.006.0241
  • Éditeur : ERES

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Après avoir réfléchi sur Don Juan et le procès de la séduction (1994) puis s’être arrêtée sur les enjeux du partage sexué dans La Généalogie du masculin (2000), Monique Schneider, psychanalyste, nous livre une analyse du féminin défini par Freud comme un paradigme autour de ce trou menaçant, voire « avec un équipement défectueux [2][2]  Abrégé de psychanalyse, Paris, puf, 1967, p. 66 (Gesammelte... », caractérisant ainsi le féminin comme une oblation. Il lui manque quelque chose. Alors au lieu de clamer avec W. Granoff « Oui, la théorie analytique, freudienne, est une théorie malade, souffrante » au sujet de la différence sexuelle, Monique Schneider analyse cette forme de tragédie freudienne comme un ensemble de réactions défensives face à de l’innommable : Freud n’arrive pas à nommer autrement que par région génitale ce que la femme a entre les jambes alors qu’il est très précis quant au pénis. Si une nomination impossible est rendue envisageable peut-être par le détour de l’esthétique, le recours au fantasme pour qualifier le féminin chez Freud n’en reste pas moins du masculin atrophié : tête de Méduse, vulve capable de faire fuir le diable quand Freud reprend Rabelais, goule infernale (Lacan poursuivra ces considérations dans la « mère-crocodile »).

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Monique Schneider reprend donc, dans son dernier ouvrage, Œdipe et la prescription culturelle concernant le féminin originaire qui prendrait la forme d’un devoir d’ignorance. Elle appréhende cet espace interne féminin comme « une chambre supplémentaire » et met à mal les repères imposés par la logique de la castration.

L’espace creux

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« La topographie féminine, offrant cette ‘fente étroite’ qui donne accès à une demeure interne, va donc servir de paradigme pour figurer l’espace psychique, pouvant expulser ou accueillir diverses manifestations imprévisibles [3][3] Monique Schneider, Le paradigme féminin, p. 99.. » Espace creux féminin, territoire, chambre… Ce creux interne longtemps associé au mal, au refoulement également, fait de l’anatomie un destin : la femme n’a pas ce morceau qui appartient à l’homme. Alors un problème se pose, celui inauguré par Freud dans son concept de « corps étranger » qui dans son rêve est injecté par une seringue et attend d’être accepté. L’Interprétation des rêves s’ouvre en effet sur ce que l’homme fait à la femme. Les réponses y sont menaçantes, puisque l’homme troue la femme, la fascine, etc. La théorisation de la suite fait place neuve à d’autres bénéfices puisque le don masculin devient salvateur. Voire sauveur.

Freud apprivoise l’Aufnahme

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Les questions de l’admission ou de l’inclusion se posent dans la « mise de l’autre à l’intérieur ». Monique Schneider analyse les mots employés par Freud. La connotation féminine du terme allemand Aufnahme, c’est au vagin que sa tâche est confiée : Annehmen qui signifie « recevoir », « admettre », « adopter » est comparé à aufnehmen, qui est plus lié à une dimension spatiale et motrice. Contenir est entendu donc plutôt dans le sens de l’occupation qui se prête à l’ouverture auf. Une prise donc mais ouverte. « […] Le processus de refoulement n’est pas encore supprimé (aufgehoben) pour autant [4][4] Sigmund Freud, Résultats, idées, problèmes, « La négation »,... », nuance Freud dans sa stratégie de la négation. Négation qui ouvre les portes du refoulé.

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La question du seuil est posée par Monique Schneider à partir du « corps étranger » – espace entre-deux, entre l’interne et l’externe, le seuil donne le droit d’entrer aussi… On peut entrer, ne pas rentrer, ou rester devant. On peut rester dedans ou sortir. L’élément refoulé va-t-il être introduit dans le moi ou être mis à l’écart ? L’Aufnahme chez Freud va prendre cette place double : oralité ou génitalité féminine – ou intrication des deux : « cela je veux l’introduire en moi, et cela l’exclure hors de moi [5][5]  Ibid., p. 137. ». C’est le devenir-femme du sujet dans l’analyse dont il est question aussi ici. Quand Freud se défend dans le champ féminin (expulser, refuser le remplissement) dans la stratégie hystérique, il crée également un rythme ouverture-fermeture à l’intérieur d’une même pulsation, du oui et du non, qui remplace le schème masculin avancée-retrait : une forme d’apprivoisement de l’Aufnahme.

Devenir-femme ?

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Dans la partie de son ouvrage, « L’irruption du vivant », Monique Schneider analyse les métamorphoses ou les défigurations dans une expérience d’effraction particulière, celle de la maternité. « Corps étranger » ou remplissement, Madame Emmy contre-attaque, elle ferme toutes les issues. Simone de Beauvoir affirme que si « la femme est son corps, son corps est autre chose qu’elle ». Tandis que Lady Macbeth veut se débarrasser follement de son sexe… et Marguerite Duras fait répéter à l’enfant Ernesto devant sa mère qu’il ne veut pas « apprendre des choses qu’on ne sait pas [6][6] Marguerite Duras, La pluie d’été, Paris, Gallimard,... »…

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Devenir-femme contre le vivant incontrôlable est du côté de la résistance pour Freud. L’autosuffisance d’Athéna, ineffractable, chargée de représenter l’inviolabilité de la femme et de la cité, peut être une autre vision de la femme que la modernité a rendu démodée : celle de l’hymen, la défloraison, la projection du regard du père sur la femme. Projection du regard de Freud sur la femme, quand il pense occuper la place d’un « port » (Hafen) comme analyste. Freud est encore au seuil de quelque chose dans cette place qu’il se choisit de « port »… Tandis que Don Juan franchit le seuil, il y a ceux qui restent devant…

Un espace disponible terrifiant

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Rester devant, c’est donner accès au regard. Le territoire féminin est appréhendé par Freud dans une alternative que souligne Monique Schneider : dans l’histoire des représentations, les emblèmes de fécondité (seins, hanches, vulve) s’accompagnent de la disparition de la face : l’hyperbole vulvaire abolirait le visage. L’Origine du monde, la grande décapitée de Courbet, irait dans ce sens de l’amputation. « Si le visage figure, il exclut la nature [7][7] Alain Roger, « Vulva, vultus, phallus », in L’art d’aimer.... » Tu ne me verras plus si tu me vois, est l’avertissement d’Amour à Psyché dont l’auteur nous exposera une lecture très intéressante plus loin.

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On poursuit dans cette voie du traumatisme comme seul fond potentiel d’une jouissance vécue, quand Jacqueline Schaeffer pense la jouissance féminine comme une défaite, « se défaire ou subir la défaite est la condition de la jouissance féminine », dans l’arrachement du féminin à la femme.

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La passion de cet autre continent était « la nuit des muqueuses » pour Freud, un « continent enfoui » pour Marguerite Duras, un territoire insondable cloacal chez Lou Andréas-Salomé. Une « chambre supplémentaire » fait passer de l’effraction à la sensation. Monique Schneider reprend l’allégorisation de l’âme comme corps de femme chez Platon, thèse de Giulia Sissa : le sujet « fait corps » avec son âme qui est métaphorisée par un corps de femme. Une « âme utérine [8][8] Monique Schneider, op. cit., cite Giulia Sissa, p.... » ? Le corps féminin offre un modèle heuristique d’une recherche qui n’est pas remplissage mais conquête d’un espace disponible et vide. Monique Schneider note à propos dans son investigation le sort ambivalent réservé au sein de la femme. Le sein n’est pas que mamelle dans la littérature analytique, il peut devenir aussi un creux interne, sinus, Leib en allemand, signifiant à la fois le corps vivant et le creux du corps, donc la matrice. On retrouve en français cette indétermination quand on l’associe à l’habitacle.

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« Si les femmes sont en effet dépourvues de pénis, on remarquera cependant qu’elles sont pourvues d’autres choses, organes et fonctions […] devant lesquels les hommes restent à tout le moins pensifs [9][9] J. Cournut, Pourquoi les hommes ont peur des femmes,.... » S’avouer pensif devant le féminin constitue pour Monique Schneider le pas vers une reprise de l’élaboration. Désarroi qui affecte autant les femmes que les hommes d’ailleurs. Partie prenante de l’interdit des premières pages de Totem et tabou. Interdit de l’inceste et « terreur sacrée », épouvante, paralysent la pensée et le geste. Freud dit de sa rencontre onirique avec Irma « je la regarde » quand Lacan prend l’« envers » comme révélation, celle de la chair informe invisible [10][10] Jacques Lacan, Le Séminaire. Livre II. Le Moi dans....

Gradiva et Madone del Parto

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La menace d’un destin de disparition, d’absorption par la fente étroite dans laquelle Gradiva, pour Freud, pourrait se glisser, laisse à penser à la Madone del Parto de Piero della Francesca. Cette vierge solide, inouïe, au regard assez triste, résiste à une maternité qu’elle accueille curieusement. Les lacets de sa robe sont dénoués sur son ventre et ouvrent sur une fente qu’elle saisit dans un geste ambigu : ses doigts découvrent à l’extérieur la chemise blanche et en même temps resserrent la toile vers l’intérieur. La fente. Le sexe ouvert et fermé sur lui-même. L’irréparable mis en image. Une maternité incroyable qu’elle assumera. Oui, qu’elle assumera. Sans l’avoir choisie peut-être. Son regard sombre qui consent. La division de la Vierge se fonde sur une béance constitutive, sur un morcellement primordial qui va renverser la signification de plénitude. Elle va mettre au monde un homme hors du commun. Et l’image de Piero devient trouble. Le trouble de la démonstration d’une image pleine qui se défait. Piero poursuit l’échange contre le salut en la laissant encore femme dans un geste différent qu’on retrouve dans ses autres fresques : la main gauche de la femme est tournée vers l’arrière, elle se blottit sur sa hanche, le coude relevé, dans une affirmation de la féminité, de la chair, jusqu’à l’évocation de la Putain. Un déhanchement putatif – une fente – deux anges qui forcent encore la fente. Et la Madone deviendrait la pute d’un Dieu qui lui a lâché sa semence. Elle fait la moue. La Vierge de Piero ne serait qu’un sexe féminin ? Une fente qui s’ouvre et se ferme ? Une représentation de la jouissance ? D’un délaçage qui en dit long ? La Madone de Piero porte dans son ventre, à son insu, l’Histoire et un Avenir incontrôlable [11][11] Hubert Damish, Un souvenir d’enfance par Piero della....

Psyché veut voir

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Fracture intra-féminine, la dimension de l’unendlich, du « sans fin », de l’inapaisable est corrélée à l’intime dans le féminin. Et les pulsions reprennent : J. Schaeffer pense la jouissance dans l’arrachement du féminin à la femme, quand Freud est saisi par la satisfaction devant l’énigme esthétique de l’œuvre d’art : « on ne sait dire ce qu’elles représentent ». La femme comme l’œuvre d’art devient le lieu de l’autre ou permet l’entrée dans le phorique. Monique Schneider part du parcours de Psyché d’Apulée [12][12] Apulée, L’âne d’or ou les métamorphoses, Paris, Gallimard,..., qui dynamite la structure d’impasse du mythe œdipien.

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Psyché est une nouvelle Vénus. Vierge et éclatante de beauté, elle a « un air de déesse et on l’admire comme on admire une statue habilement ciselée [13][13]  Op. cit., p. 113. ». Psyché pleure sa solitude dans un désert. Tragédie d’emblée, ses noces seront ses obsèques. Le deuil doit s’inscrire au cœur de la trajectoire féminine. L’homme n’est pas sous le signe de la complétude ici, il est confronté au négatif, au manque et au désir absent. Risque de désappropriation dans l’évaluation du corps étranger.

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Zéphyr est le souffle invisible qui emmène Psyché sur un gazon fleuri. Comme l’analyste, il lève un autre pouvoir non apprivoisé, comme dans l’état d’hypnose quand « les représentations ‘non voulues’ deviennent ainsi ‘voulues’ [14][14] Sigmund Freud, L’interprétation des rêves, op. cit.,... ». Psyché s’en remet au non – voulu, à Zéphyr. Le désir, le Wunsch freudien, prend sa place nouvelle dans le destin de Psyché : elle devient curieuse. Une « voix sans corps » lui présente une maison d’abondance. Maison qui est son propre espace interne. Lieu viscéral d’une mère logée dans la femme ou « type féminin » cloacal pour Andréas-Salomé qui aborde le thème de la boîte merveilleuse contenant des boutons de verre. Trésor minéral comme intérieur féminin, d’une vierge-montagne, vierge qui incarne la spécificité féminine. Apulée est plus festif : Zéphyr est une forme de puissance phorique originaire qui produit l’efficience nécessaire en soutenant la femme qui veut entrer dans la maternité.

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La suite va s’effectuer comme une « déhiscence » sensorielle, telle que la nomme Merleau-Ponty. Le mari de Psyché sera « merveilleusement présent à ses mains et à ses oreilles ». Toucher et ouverture auditive interdisent le regard. La pulsion scopique sert de pulsion d’emprise et Psyché va s’acharner à vouloir voir celui qu’on lui décrit comme un monstre. Un piège que veulent lui tendre ses sœurs : « un piège dont le but est de te persuader de chercher à connaître mon visage, que tu ne verras plus si tu le vois [15][15]  L’âne d’or, op. cit., p. 123. », avertit Amour. À cette alternative de la cécité ou de la perte, elle risque de perdre l’amant et aussi d’être dévorée dans la maturité de sa grossesse par ce monstre, la passion de voir l’emporte. Une goutte d’huile de la lampe tombe sur l’épaule droite du dieu Amour qui s’envole. Psyché demande donc à Cérès de l’héberger.

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S’en remettre à l’Autre pour l’exploration d’un territoire intime est la voie répétitive de Psyché. Dans une autre mission, on lui interdit encore d’ouvrir une boîte qui contient un peu de la beauté divine, beauté qu’elle doit remettre à Vénus. La curiosité trop forte, elle cède et la boîte vide l’ensevelit dans un sommeil de mort. Amour la sauve en la piquant avec l’une de ses flèches. Avant de jouir de sa propre boîte intime, Psyché doit remettre à Vénus la boîte ambiguë déposée par Proserpine.

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Lacan mettra en garde pourtant contre cette tentation pour une femme de se questionner sur elle-même : « devenir femme et interroger sur ce qu’est une femme sont deux choses essentiellement différentes. Je dirai même plus […] s’interroger est le contraire de le devenir [16][16] Jacques Lacan, Le séminaire. Livre III. Les psychoses,... ».

Y a-t-il une symbolisation du sexe de la femme ?

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C’est parce qu’il y a pour Lacan « un imaginaire qui ne fournit qu’une absence, là où il y a ailleurs un symbole très prévalent [17][17]  Ibid., p. 198. » qu’« il n’y a pas à proprement parler de symbolisation du sexe de la femme comme tel [18][18]  Ibid., p. 198-199. ». La prévalence du regard s’associe à ce qui se statue sur la différence dans l’imaginaire et le symbolique. Le passage obligé par la castration est pourtant remis en cause dans le séminaire sur L’Angoisse quand Lacan traite de la détumescence : « Supposons – ce qui saute aux yeux – qu’en référence à ce qui fait la clé de cette fonction de l’objet du désir – ce qui est évident – la femme ne manque de rien. Parce qu’on aurait tout à fait tort de considérer que le Penisneid soit un dernier terme [19][19] Jacques Lacan, séminaire du 13 mars 1963. Inédit. In.... » La consolation lacanienne, dans sa vision d’une mère-crocodile, est de donner à l’homme une fonction séparatrice. Mère royale et infernale, la peur du féminin continue dans la peur du déferlement, du débordement. Ce côté supplémentaire, Lacan tente de le retenir dans Encore quand Freud le définissait comme un « plus de plaisir ». La femme serait toujours menacée d’auto-engloutissement.

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Comment inscrire alors le féminin ? pose Monique Schneider. Au symbole récapitulatif de la fente comme entrée du féminin dans l’espace creux propre au psychisme, l’espace creux, l’Herberge, la boîte ou le coffret, laisse place chez Freud déjà au manteau. Mantel, enveloppe et espace creux sert de support à l’inscription, à la référence au devoir dans la théorisation de la jouissance féminine.

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Fi des injonctions dans la façon de légiférer dans la théorie analytique sur le féminin : la scène effractive freudienne peut être discutée par une théorie de Jean-Luc Nancy : « l’identité vide d’un ‘je’ ne peut plus reposer dans sa simple adéquation (‘je = je’) lorsqu’elle s’énonce : […] dans je souffre un je rejette l’autre, tandis que dans je jouis un je excède l’autre [20][20] Jean-Luc Nancy, L’intrus, Paris, Galilée, 2000, p..... » S’abandonner à ce qui excède, un « ailleurs » en moi, admettre l’étranger, c’est envisager à contre-courant la Rückbildung que Freud attribue à la femme. L’ineffractable est un des pôles du désir pour Jean-Luc Nancy. Cela voudrait dire peut-être que la femme rencontre l’Autre et qu’il ne s’agit pas seulement de cette Herberge devenue sensible…

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Comment cerner finalement ce féminin ? Sûrement par une boutade de Paul-Laurent Assoun : « Personne ne veut du féminin, les femmes pas plus que les hommes »…

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On ne saurait « vouloir » le féminin en effet, dit Monique Schneider. Comme ouverture sur l’altérité, comme suspension d’une logique phallique, le féminin continue de malmener et actualise encore une radicale exposition à l’altérité.

Généalogie ou paradigme ?

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Monique Schneider offre un bel hommage au féminin en mariant les grands éléments théoriques à de grandes figures mythiques. Une autre lecture du féminin ouvre sur une autre saisie de l’intime dans le féminin : l’effraction, la défaite, font aussi de la femme, celle qui permet ou non d’entrer dans cette nuit des muqueuses énigmatique. La femme n’est pas pénétrable par le regard, elle conserve ce privilège sur le scopique : « tu ne me verras plus si tu me vois », cet avertissement du dieu à la femme, est un paradigme dans cette amputation qui favorisera l’imaginaire sur le spéculaire. La femme reste un autre continent. Et Freud continue à ne pas savoir ce qu’elle veut…

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Une dernière interrogation toutefois dans le choix des mots de Monique Schneider : quand elle écrit sur les enjeux du partage sexué, elle utilise le terme généalogie pour le masculin comme pour une morale nietzschéenne, mais du féminin, elle fait un paradigme. Généalogie contre paradigme ? Transmission, évolution contre modèle-type, vecteur ? Linéarité contre moments ? Lacan affirmait que « La femme n’existe pas », et si Le paradigme était autant un impossible à écrire au sujet du féminin ?

Notes

[*]

Diane Watteau, maître de conférence en arts plastiques à l’Université de Montpellier.

[1]

Monique Schneider, Le paradigme féminin, Paris, Aubier/Psychanalyse, 2004.

[2]

Abrégé de psychanalyse, Paris, puf, 1967, p. 66 (Gesammelte Werke, gw, XVII, p. 120).

[3]

Monique Schneider, Le paradigme féminin, p. 99.

[4]

Sigmund Freud, Résultats, idées, problèmes, « La négation », II, Paris, puf, 1985, p. 136.

[5]

Ibid., p. 137.

[6]

Marguerite Duras, La pluie d’été, Paris, Gallimard, 1994, p. 21.

[7]

Alain Roger, « Vulva, vultus, phallus », in L’art d’aimer ou la fascination de la féminité, Seyssel, Champ Vallon, 1995, p. 10.

[8]

Monique Schneider, op. cit., cite Giulia Sissa, p. 215.

[9]

J. Cournut, Pourquoi les hommes ont peur des femmes, p. 21 in Monique Schneider, op. cit., p. 223.

[10]

Jacques Lacan, Le Séminaire. Livre II. Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Paris, Le Seuil, 1978, p. 196.

[11]

Hubert Damish, Un souvenir d’enfance par Piero della Francesca, Paris, Le Seuil, 1997. Grâce à l’analyse de l’image de la Vierge (la fente) dans cette chapelle toscane et de « l’homme Piero » par l’auteur.

[12]

Apulée, L’âne d’or ou les métamorphoses, Paris, Gallimard, 1975.

[13]

Op. cit., p. 113.

[14]

Sigmund Freud, L’interprétation des rêves, op. cit., p. 95.

[15]

L’âne d’or, op. cit., p. 123.

[16]

Jacques Lacan, Le séminaire. Livre III. Les psychoses, Paris, Le Seuil, 1978, p. 200.

[17]

Ibid., p. 198.

[18]

Ibid., p. 198-199.

[19]

Jacques Lacan, séminaire du 13 mars 1963. Inédit. In Monique Schneider, op. cit., p. 288.

[20]

Jean-Luc Nancy, L’intrus, Paris, Galilée, 2000, p. 39.

Résumé

Français

Monique Schneider, psychanalyste, reprend l’analyse du féminin défini comme paradigme par Freud – le féminin originaire envisagé comme devoir d’ignorance face à un Œdipe enfin à l’œuvre. Elle ouvre l’analyse sur une « chambre supplémentaire » et fait penser autrement les repères imposés par la logique de la castration. Sont convoqués Psyché, de grandes figures mythologiques et la pulsion scopique face à la « nuit des muqueuses » qui continue à malmener encore une radicale exposition à l’altérité.

Mots-clés

  • féminin
  • Aufnahme
  • pulsion scopique
  • espace creux
  • « chambre supplémentaire »
  • symbolisation

English

On The Feminine paradigm by Monique Schneider The psychoanalyst, Monique Schneider, revisits the analysis of the feminine defined as a paradigm by Freud –the original feminine being considered as compulsory ignorance confronting an activated Oedipus. She opens a ‘supplementary room’ in this realm and reconsiders the landmarks imposed by the logic of castration. The paper conjures up Psyche, other great mythological figures and the scopic function as it faces the ‘night of the mucous membranes’ which continues to run counter to the radical exposition of alterity.

Keywords

  • feminine
  • Aufnahme
  • scopic drive
  • supplementary room
  • symbolisation

Plan de l'article

  1. L’espace creux
  2. Freud apprivoise l’Aufnahme
  3. Devenir-femme ?
  4. Un espace disponible terrifiant
  5. Gradiva et Madone del Parto
  6. Psyché veut voir
  7. Y a-t-il une symbolisation du sexe de la femme ?
  8. Généalogie ou paradigme ?

Pour citer cet article

Watteau Diane, « Sur Le paradigme féminin de Monique Schneider : " Tu ne me verras plus si tu me vois ", dit-il », Savoirs et clinique, 1/2005 (no6), p. 241-246.

URL : http://www.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2005-1-page-241.htm
DOI : 10.3917/sc.006.0241


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