Science et motricité
De Boeck Université

I.S.B.N.2804141314
132 pages

p. 125 à 128
doi: 10.3917/sm.045.0125

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no 45 2002/1

 
Auneau Gérard, Dopage et mouvement sportif. Voiron : PUS, 2001
 
 
Très tôt le mouvement sportif s’est intéressé à la lutte contre le dopage. Dès 1965, une première loi a été votée (n° 65-412 du 1° juin 1965). Elle ne fut malheureusement jamais appliquée. Plus récemment une seconde loi (n° 85-432 du 28 juin 1989) s’est accompagnée de la création d’une commission nationale de lutte contre le dopage qui ne s’est jamais réunie. L’inefficacité de ces lois, la complaisance du mouvement sportif envers certaines pratiques ont abouti à une prise de conscience et au vote de la loi de 23 mars 1999.
Cet ouvrage donne les clés pour comprendre toute la lutte de la complexité contre le dopage . Comment sauvegarder l’autonomie du mouvement sportif tout en luttant contre les pratiques qui le dépassent, Doit-il y avoir des spécificités selon les sports pratiqués ? Comment concilier éthique et sport de haut niveau ?
Après avoir rappelé le contexte, l’auteur présente le cadre législatif et les actions susceptibles d’être engagées. Il offre aussi des pistes de réflexion pour chaque acteur de la politique du sport au niveau local.
 
Desbordes Michel, Gestion du sport. Paris : Vigot, collection Repères en Education physique et sportive, 2000
 
 
Alors que les entreprises prennent une part de plus en plus importante dans le management du sport, celles-ci n’ont pour l’instant pas été étudiées par les enseignantschercheurs. Ce manque tient en grande partie à l’histoire du sport français et à sa structuration institutionnelle. Pourtant, l’entreprise a vu son rôle s’accroître au cours des dernières années : les agences de marketing, les chaînes de télévision, les clubs et les sponsors sont des acteurs indispensables qui participent au financement du monde sportif. Si ces entreprises sont parfois fortement médiatisées, elles restent très souvent structurées sous forme de PME. Comment, dans ces conditions, peut-on parler d’une véritable gestion du sport ?
Dans une première partie, l’auteur montre en quoi le sport nécessite une réflexion spécifique, notamment au niveau des besoins et désirs du consommateur. Dans la seconde partie, il aborde la politique générale de l’entreprise et la manière dont ses fonctions " classiques " (production, finances, marketing, ressources humaines, recherche et développement) s’adaptent au secteur sportif.
 
Chantelat Pascal(sous la direction de), La professionalisation des organisations sportives, nouveaux enjeux, nouveaux débats.Paris : L’Harmattan, collection Espaces et temps du Sport, 2001
 
 
Les organisations sportives nous dit-on, quels que soient leurs statuts (société anonyme ou association), doivent se professionnaliser pour s’adapter aux transformations de l’environnement socio-économique dans lequel elles évoluent. Parce qu’elles présenteraient une alternative aux carences du marché et de l’Etat, elles doivent innover, produire de nouveaux services, satisfaire de nouveaux usagers, voire créer des emplois.
Mais cette injonction politico-économique, présentée comme une évidence, doit être interrogée par le regard croisé des sciences de gestion (dans une perspective normative) et des sociologies du sport (dans une perspective plus distanciée) afin de délimiter un véritable objet de recherche. En premier lieu, qu’entend-on par la professionnalisation des organisations sportives ? S’agit-il d’un processus inéluctable auquel on ne pourrait opposer que de vaines résistances ? Ce phénomène prend-il " partout et tout le temps " la même forme ? Et, quels sont les effets de cette professionnalisation sur la structure, la culture et l’identité des organisations sportives ? Telles sont les questions auxquelles l’ensemble des contributions souhaite apporter quelques éléments de réponse.
 
Collet Christian, Mouvements et cerveau : neurophysiologie des activités physiques et sportives.Bruxelles : De Boeck, 2001
 
 
" Cet ouvrage parvient à présenter les notions les plus ardues de neurophysiologie en partant de l’analyse du mouvement. Il part de l’observation, des prérequis de lecteur pour construire un échaffaudage théorique. La démarche est remarquable et sans concessions pour la partie scientifique. Le style est agréable et précis ". (Véronique Billat, Professeur des Universités)
 
Huesca Roland, Triomphes et sandales : la belle époque des ballets russes.Paris : Hermann, Collection Savoir : Culture, 2001
 
 
Subjuguant le Tout-paris de la Belle Epoque, la compagnie de Serge Diaghilev propose deux visages. Celui de Michel Fokine rencontre la culture ambiante en virevoltant sur la tradition, tandis que celui de Vaslav Nijinsky danse aux avantgardes.
Cependant, l événement artistique ne se limite pas aux ronds de jambe des danseurs, à la hauteur ou la richesse de leurs innovations , lorsque le rideau se lève sur le vingtième siècle, plusieurs historiens entrent en scène et se lient pour conter la naissance d’une émotion collective peu commune : les Ballets Russes sont à Paris !
Rénovant le classicisme de son art, Michel Fokine exalte, dans une magnificence digne du Grand Siècle, les fastes de l’aristocratie/ Les pas de ses danseurs projettent le public dans un passé glorieux légitimant un véritable nationalisme esthétique français. En toile de fond, impressionnisme et symbolisme apportent à ces œuvres un peu de leur prestige, et déjà résonnent, au creux des sarabandes dionysiaques, les derniers échos de l’orientalisme romantique ;
L’art de Vaslav Nijinsky déroute l’assistance. Devenu chorégraphe, le virtuose invente un nouveau corps : sensible aux mutations de la sexualité, il déplace les marges de la pudeur, réévalue les rapports humains et renouvelle l’expérience du sacré. Ses chorégraphies " cubistes " opèrent des déconstructions où le Tout-Paris ne peut se retrouver, mais dont les formes sont suffisamment proches pour aviver les craintes, les peurs rt les haines du moment. Ses admirateurs acclament sa beauté. Ses détracteurs dénoncent le vertige de ces séductions " modernes ".
Si enthousiasmes et lazzi révèlent les modes de création artistique du début du vingtième siècle, leur retentissement traduit les changements profonds du Paris huppé de la Belle Epoque.
 
Heluwaert Michel, Jeunesse et Sports. Propos sur des utopies abandonnées.Paris : L’Harmattan, collection Espaces et Temps du Sport, 2001
 
 
L’histoire du Ministère de la Jeunesse et des Sports, exception culturelle de l’administration française, née sous le Front Populaire, affirmée sous Vichy, reprise à la Libération, valorisée aux débuts de la V° République, n'a pas encore été écrite. Michel Héluwaert en propose une lecture critique et militante.
 
Latash Mark, Bases neurophysiologiques du mouvement. Bruxelles : De Boeck, 2001
 
 
" Un excellent ouvrage qui aborde de façon assez complète les bases neurophysiologiques du mouvement jusqu’à ce que les spécialistes appellent la " programmation du mouvement et la mémorisation de celui-ci (…). Cet ouvrage répond totalement aux préoccupations qui président aux contenus en STAPS (…). Ce livre comble un vide dans la littérature francophone. " (Paul Delamarche, Professeur des Universités))
 
Notes de lecture
 
 
Corps et âmes. Carnets ethnographiques d’un apprenti boxeur.
Par Loïc Wacquant (2000), Editions Agone, coll. mémoires sociales, Marseille.
Voici un ouvrage de référence qui passionnera les chercheurs engagés dans la sociologie du sport tout autant que les étudiants STAPS ou ceux qui s’intéressent aux récits à caractère sportif. Alliant avec finesse et clarté la sociologie, l’ethnographie et la nouvelle littéraire, Loïc Wacquant nous raconte son voyage initiatique dans le monde de la boxe professionnelle aux Etats Unis de 1988 à 1992. Les notes consignées au jour le jour après chaque séance d’entraînement dans le " gym " (salle de boxe) d’un quartier du ghetto noir de Chicago, les observations réalisées lors de matchs ainsi que les enregistrements d’histoires de vie ont fourni les données empiriques à la base de cette " nouvelle sociologique ". Sa participation " observante " à l’objet d’étude ainsi que l’amitié accordée par les boxeurs noirs du " gym " lui ont permis d’assimiler totalement les catégories du jugement pugilistique et de décrire les comportements du boxeur dans son " habitat naturel ". Rompant avec le discours moralisateur produit par le regard lointain d’un observateur extérieur placé en surplomb de l’univers étudié, ce livre nous montre comment le boxeur " fait sens dès lors qu’on prend la peine de s’en approcher d’assez près pour le saisir avec son corps, en situation quasi expérimentale ".
Construit autour de trois textes rédigés à différents moments de " l’histoire pugilistique " de l’auteur, l’ouvrage nous décrit non seulement l’univers de la boxe professionnelle américaine (ses institutions, ses discours, ses rites d’entraînement ; ses matchs…) mais aussi les relations sociales internes au " gym ", l’ethos et l’habitus pugilistiques, le rapport aux corps et les aspirations des boxeurs noirs issus du ghetto de Chicago. Comme le dit si bien Loïc Wacquant, le " gym " est " cette forge où se façonne le pugiliste, l’atelier où s’usine ce corps-âme et armure qu’il s’apprête à lancer dans l’affrontement sur le ring, le fourneau où s’entretiennent la flamme du désir pugilistique et la croyance collective dans le bien-fondé des valeurs indigènes ". Pour l’auteur, le boxeur est bien un " engrenage vivant du corps et de l’esprit " qui fait fi de la frontière entre raison et passion et qui fait éclater l’opposition entre l’action et la représentation. Mais en même temps, l’univers clos de la boxe ne peut se comprendre en dehors de son environnement qui lui donne sens. Le " gym " est aussi un sanctuaire qui protège de l’insécurité du ghetto, qui régule la violence et où l’on peut se sous-traire aux misères ordinaires d’une existence trop ordinaire. L’adhésion à une salle de boxe ne prend en effet son sens qu’en regard de la structure de chances de vie offertes - ou refusées- par le système local des instruments de reproduction et de mobilité sociales (école publique, marché du travail).
Par son apport considérable de données de " première main "(de premier poing !) et sa richesse conseptuelle, l’ouvrage de Loïc Wacquant constitue une stimulante analyse qui ouvre maintes perspectives pour qui veut comprendre en profondeur non seulement le " noble art " mais aussi tous les métiers et les institutions du corps.
William Gasparini, Maître de Conférences, Laboratoire " APS et Sciences Sociales ", Université Marc Bloch, Strasbourg.
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