Science et motricité
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4491-7
132 pages

p. 105 à 118
doi: 10.3917/sm.053.0105

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

no 53 2004/3

2004 Science et motricité

La dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique française sous la IVe République : essai d’analyse prosopographique

Carine Erard  [(1)]
L’article vise à mettre au jour la jeunesse qui, sous la IVe République, semble la plus disposée à investir l’élite athlétique, un espace qui depuis la fin du XIXe siècle se définit comme « bourgeois ». Il s’agit de saisir, à travers une analyse prosopographique, la dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique à partir de trois niveaux de réalité : les ressorts biogra~phiques, les ressorts institutionnels et les ressorts structurels (qui correspondent respective~ment aux faits de représentation, de fonctionnement et de structure tels que Durkheim les définit). L’élite athlétique est ainsi appréhendée comme un espace dont la dynamique est liée à des agents dont les propriétés socio-culturelles s’accordent aux caractéristiques de la pra~tique athlétique d’élite dans une conjoncture particulière : la IVe République. Mots-clés : sociologie dynamiste, athlétisme, prosopographie, IVe République. This article aims to bring to light the youth who, under the 4th Republic, seems to be the most disposed one to invest the athletic elite, a space that has described itself as a middle~class space since the end of XIXth century. The matter is, through a prosopographic analysis, to seize sociocultural dynamics of the athletic elite from three levels of reality : the biograph~ical motives, the institutional motives and the structural motives (which respectively corre~spond to facts of representation, functioning and structure as Durkheim defines them). So the athletic elite is seized as a space the dynamics of which are connected to specific agents. Their sociocultural properties go with the characteristics of the athletic elite practising and the particular circumstances : the IVth Republic. Keywords : sociology, athletics, prosopography, IVth Republic.
 
Introduction
 
 
Les élites sportives n’ont jusqu’à présent en France pas d’histoire, si ce n’est une histoire contemporaine postérieure aux années soixante-dix. Les recherches s’accordent à penser que les recrutements sociaux des pratiques compétitives au cours des années soixante dix sont, dans notre pays (Fink & Pociello, 1985) comme à l’étranger (Dunning, 1979 ; Lüschen, 1965 ; Lüschen, 1983 ; Heinilä, 1979), dominées par les classes moyennes, avec toutefois des écarts entre le recrutement (plus populaire) des sports professionnels (tels le football ou le cyclisme) et les sports amateurs (tels l’athlétisme, le rugby…) [(2)]. Ainsi, d’après D. Fink et C. Pociello [(3)], au regard des biographies socio-sportives des sélectionnés olympiques de 1972, l’élite sportive française du début des années soixante-dix est dominée par les classes moyennes, avec un recrutement social inversé par rapport à la structure sociale de la population : les hommes comme les femmes sont d’une origine sociale assez élevée, avec des parents membres des professions libérales ou exerçant des fonctions de cadres supérieurs ou de cadres moyens (aucun des compétiteurs n’est issu de la grande-bourgeoisie ; les milieux ouvriers et paysans sont relativement sous-représentés). Reprenant l’hypothèse de Günther Lüschen [(4)] et de Klaus Lehnerts [(5)], la domination des classes moyennes serait liée à aux dispositions socio-culturelles exigées par la pratique : la pratique compétitive, lieu par excellence de l’effort persévérant et répétitif soutenu par une volonté puissante de réussite répond aux dispositions ascétiques que des fractions des classes moyennes ont tendance à développer. Cette interprétation de la distribution sociale des compétiteurs qui s’appuie sur la théorie dispositionnelle du « goût » de Pierre Bourdieu [(6)] mérite toutefois d’être nuancée par le fait que l’investissement dans le sport compétitif dépend également du volume des efforts consentis, des coûts corporels et temporels nécessaires à l’excellence, de la nature des profits sociaux et symboliques escomptés, des incidences sur les stratégies scolaires et enfin, du statut des compétiteurs (amateurs ou professionnels). Pour ce qui est de l’athlétisme, son élite recruterait au début des années soixante-dix parmi les classes moyennes et en particulier parmi les fractions dont le capital culturel prédomine sur le capital économique, dans un mouvement de translation vers le haut par rapport à la masse de ses pratiquants (contrairement à l’espace des pratiques de loisir, aucune distinction n’est fournie à propos de la distribution sociale des pratiquants d’élite en fonction des disciplines athlétiques) [(7)].
Pourtant, un certain nombre de travaux (Thomas, 1975 ; Fink, 1989 ; Pociello, 1993 ; Defrance, 1995) avancent l’hypothèse qu’un changement de régime s’est opéré au début des années soixante-dix, avec la prise en charge politique de l’élite sportive dans un contexte de positionnement dans une division internationale du travail sportif : les conditions sociales de production de performances se seraient transformées. L’idée d’une transformation sociale est avancée, mais quid de cette élite depuis l’introduction des « sports modernes » à la fin du XIXe, c’est à dire le temps où les athlètes étaient des étudiants issus des milieux bourgeois et cultivés [(8)] ?
S’intéresser à la dynamique socioculturelle de l’élite athlétique française sous la IVe République permet par conséquent d’appréhender la question du changement social dans la production des élites sportives en France. Or, à travers les divers travaux précédemment cités, on comprend bien que la production d’une élite sportive est liée à des dispositions socio-culturelles particulières mais qu’elle est aussi soumise à l’influence des conjonctures socio-historiques (sociopolitiques), sans pour autant qu’on puisse saisir véritablement leurs relations. C’est la raison pour laquelle l’hypothèse ici posée est que, sous les Trente Glorieuses, une transformation structurelle de l’espace athlétique s’opère selon deux conjonctures qui correspondent aux IVe et Ve Républiques. Deux conjonctures se dégagent en effet du point de vue de leurs caractéristiques démographiques, sociales, culturelles, économiques et politiques. On peut ainsi rappeler brièvement quelques caractéristiques structurelles relatives à la IVe République : l’élite athlétique recrute parmi les classes creuses [(9)] et encore faiblement scolarisée de l’entre-deux-guerres [(10)] ; les licenciés en athlétisme sont peu nombreux et en faible progression [(11)] ; les structures sportives (clubs d’élite et entraîneurs qualifiés) sont concentrées à Paris et dans les grandes agglomérations (Bordeaux, Lyon Strasbourg, Marseille, Rouen…) ; la priorité politique est de panser les cicatrices morales et physiques d’une jeunesse qu’elle cherche à rendre conquérante et productive [(12)] ; l’éducation physique et sportive reste considérée comme une discipline scolaire récréative [(13)] et ne fait pas l’objet d’une sanction évaluative ; la société française, après d’interminables mois de privation, est en pleine reconstruction et rêve aux fruits que la croissance soutenue lui apportera [(14)]. Les conditions sociales de production des élites sportives sont en outre bien différentes durant la Ve République (des années 1958 à 1974) : elles disposent du réservoir de la génération du baby-boom [(15)] ; la masse des licenciés en athlétisme a explosé [(16)] ; les structures sportives productrices d’élite se sont multipliées et décentralisées (avec la mise en place des conseillers techniques régionaux par le colonel Crespin en 1964) ; la politique sportive donne la priorité à la constitution d’une élite sportive à la hauteur de la concurrence internationale [(17)] ; l’éducation physique et sportive est intégrée aux examens (en 1959 pour le baccalauréat) en mettant en valeur les pratiques sportives (et l’athlétisme en particulier) [(18)] ; la société française est en pleine croissance [(19)].
Pour saisir la dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique durant cette première conjoncture (la IVe République), la démarche appliquée est de trouver, sur la base de la théorie bourdieusienne des goûts [(20)], un rapport d’affinité qui se serait historiquement constitué (sous la IVe République) entre une pratique (l’athlétisme) et des groupes sociaux (une jeunesse bourgeoise et petite-bourgeoise).
 
Méthode
 
 
Cette dynamique historiquement constituée de l’élite athlétique est appréhendée grâce à la méthode prosopographique qui consiste à reconstituer une biographie collective relative à un groupe d’individus qui présentent une caractéristique commune [(21)], en se situant à l’interface entre l’individuel et le collectif [(22)], entre « le dedans » et « le dehors ». Cette méthode permet ainsi, comme le suppose une sociologie « dynamiste [(23)] », d’être attentif aux caractéristiques et aux propriétés dynamiques et relationnelles de l’élite athlétique : elle tient compte des effets de l’environnement sur sa structure sociale.
Ainsi, en confrontant une analyse prosopographique, qui permet de mettre à jour des convergences, divergences et récurrences dans les propriétés socio-culturelles des athlètes qui ont constitué l’élite française sous la IVe République (c’est à dire la « dynamique du dedans ») avec l’histoire de l’athlétisme et de la société française, (c’est à dire « dynamique du dehors »), la dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique pourra alors être saisie comme un ensemble de forces biographiques (liées aux dispositions individuelles), institutionnelles (liées aux caractéristiques de l’élite athlétique) et structurelles (liées à l’histoire collective).
L’analyse ici présentée s’appuie sur un travail empirique de reconstitution de notices biographiques d’athlètes français qui ont obtenu au moins une sélection en équipe de France senior entre 1945 et 1958. Une cinquantaine de notices biographies a été réalisée grâce à des questionnaires ou entretiens semi-directifs réalisés avec les athlètes de la période considérée ; cet ensemble de notices a ensuite été interprété sur la base d’un analyseur sociologique : la position sociale du père (qui a été catégorisée selon la nomenclature PCS de l’INSEE). Il s’agit, à travers ce prisme, de comprendre les propriétés socio-culturelles de la jeunesse qui investit l’élite athlétique au regard des caractéristiques de cet espace d’une part, et de la conjoncture de la IVe République, d’autre part.
 
Les ressorts dispositionnels de la dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique
 
 
La IVe République apparaît comme particulièrement propice à l’appropriation de la pratique athlétique d’élite par une jeunesse issue des classes moyennes, « petite-bourgeoise ». En effet, la jeunesse la plus disposée à investir l’élite athlétique est issue de familles qui occupent une position moyenne dans l’espace social, tout en manifestant une volonté d’ascension sociale qui les conduit à s’approprier les pratiques de la classe dominante [(24)] : « mon père était un maréchal-ferrant « huppé » raconte J.L, un international en 100m entre 1945 et 1948. Elle est, par ailleurs, issue de familles sensiblement marquées par des dispositions ascétiques : « ma mère se levait de bonne heure le matin et terminait tard le soir. Elle repassait à longueur de journée et de nuit. Elle devait avoir cinq ou six jours de vacances par an. On ne savait pas ce qu’était « partir en vacances ». Quand j’étais à l’Ecole Normale de Triguier, l’été, au premier juillet, j’allais travailler à la Poste. Je travaillais la nuit pour pouvoir bricoler la journée avec mes copains. Je ne partais nulle part » précise F.S, fils d’un marin patron de grands yachts et d’une ménagère, international en 400m entre 1946 et 1953. C’est également une jeunesse qui porte le désir familial d’ascension : « mon père voulait que je devienne instituteur » évoque F.S (international en 400m entre 1954 et 1957 ; fils d’un marin patron de grands yachts et d’une ménagère-repasseuse de l’île de Bréhat) ; « mon père voulait que je fasse médecine (la médecine militaire parce que les études étaient gratuites). Mon père était un self-made man, parti du bas de l’échelle aux PTT, il s’est hissé par des concours internes à un poste élevé de chef de centrale téléphonique. Il était ambitieux pour son fils qu’il voulait voir faire ce qu’il n’avait pas fait » évoque M.G, un international en 400m entre 1954 et 1957 (fils d’un cadre supérieur des PTT). En réussissant dans une discipline individuelle, cette jeunesse peut ainsi exposer des dispositions « bourgeoises » à l’individualisme, et par là répondre à ses prétentions d’ascension sociale dans le sens où la pratique d’un sport individuel porte la marque d’une origine sociale élevée à l’inverse des sports collectifs plus fortement pratiqués dans les classes populaires [(25)].
En somme, la production d’excellence athlétique apparaît comme une façon pour cette jeunesse d’exprimer des dispositions socio-cultu-relles « petites-bourgeoises », c’est à dire des prétentions d’ascension sociale qui ne peuvent être satisfaites qu’en reposant sur un ascétisme et un respect de la culture dominante [(26)] : « pour moi le sport, au départ, c’est une promotion sociale. Quand on a suffisamment de moyens, on fait autre chose que du sport. Ceux qui s’accrochent, qui vont jusqu’au bout, sont ceux pour qui le sport est un moyen de vie et de survie. Pour moi, le sport de haut-niveau était une promotion sociale » raconte G.A (un international, fils d’agriculteurs propriétaires d’un grand domaine dans le Béarn).
Par ailleurs, à cette période, la jeunesse issue des classes dominantes reste également particulièrement encline à investir l’élite athlétique. Dans ce cas, il s’agit le plus souvent d’une jeunesse marquée par un dilettantisme scolaire qui la place sous le joug d’un probable déclassement : « en 1947, dès que j’ai eu mon bac, j’ai quitté ma famille parce que je voulais être prof de gym et pour mon père, agrégé de médecine, il n’y avait que des voyous qui devenaient profs de gym. Alors il m’a dit : « mon garçon, tu veux être prof de gym, c’est ton problème, tu quittes la maison… ». Je suis parti de Paris pour aller au CREPS de Toulouse. C’est à ce moment là que je me suis dit : « tu marches bien en athlétisme, continue l’athlétisme, cela va te payer tes études ». Etant à Toulouse, le Racing Club de France, mon club, me payait mes déplacements en première classe et je voyageais en seconde, ce qui me payait une partie de ma subsistance » explique C.J (un international en cross, 5000m, fils d’un médecin, chef de service à l’Hôtel Dieu à Paris et d’une pianiste). « J’ai pas mal bourlingué dans les écoles religieuses. Mes pérégrinations scolaires vont de St Jean de Béthunes à Versailles (un an), puis l’école Ste Marie de Montsourt de Viry-Chatillon (3 ans), puis Lectour dans le Gers (trois ans) pour des raisons familiales. En 1954-1955, j’ai effectué une année de préparation à l’école coloniale. Je n’ai pas été reçu, c’était trop difficile. Alors, je suis entré dans l’école des cadres du commerce à Paris, et cette année là, en 1955, je suis international junior en athlétisme » raconte F.M, cet autre international en 400m haies, petit-fils d’un polytechnicien et fils d’un ingénieur dépositaire de brevets d’invention (qui est aussi écrivain et professeur d’histoire à l’école nationale d’équitation de Saumur). Cette jeunesse semble donc quant à elle exprimer un certain dilettantisme « bourgeois » en excellant en athlétisme, une pratique qui s’est historiquement constituée en France, à l’initiative d’étudiants issus des fractions de la bourgeoisie parisienne et cultivée, en opposition aux disciplines scolaires et disciplinées chères aux Républicains de la fin du XXe (Chartier & Vigarello, 1989).
Sous la IVe République, les athlètes qui intègrent l’élite athlétique apparaissent ainsi marqués par des dispositions socioculturelles « bourgeoises » et « petites-bourgeoises » qui trouvent chacune leur pleine expression dans la pratique athlétique. Quand la jeunesse « bourgeoise » peut continuer d’exposer une forme de dilettantisme dans une pratique d’élite qui s’est historiquement constituée parmi une jeunesse issue des fractions socialement les plus élevées et conquérantes, la jeunesse « petite-bourgeoise » peut valoriser ses dispositions ascétiques et ainsi se distinguer en excellant dans une pratique qui reste connotée comme « bourgeoise ». Ainsi, à travers cette double appropriation de l’espace athlétique (qui est liée à un « effet d’hysteris [(27)] » et à la possible expression d’habitus distincts dans des disciplines aussi variées que les sauts, les lancers et les courses), se reproduisent finalement les rapports de classe qui se jouent plus généralement entre ces fractions dans la société française. De fait, les caractéristiques institutionnelles de cette pratique athlétique semblent tout à fait propices à une telle dynamique sociale.
 
Les ressorts institutionnels de la dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique
 
 
Si l’élite athlétique est investie par cette jeunesse bourgeoise et petitebourgeoise, c’est parce qu’à cette époque, elle est socialement considérée comme un espace distinctif, réservé, « bourgeois » : « ma mère pensait que seuls les gens aisés pouvaient réussir en athlétisme » remarque J.D, fils d’un agent technique et d’une concierge. « C’est grâce au patronage que j’ai pu débuter le sport. S’il n’y avait pas eu de patronage, je ne serais pas allé au CREPS et si je n’étais pas allé au CREPS, je ne serais pas international parce que je n’étais pas issu d’une famille bourgeoise » note V.S, fils unique d’une vendeuse.
En effet, sous la IVe République, l’athlétisme, en continuant de se poser comme une garant de l’amateurisme sélectionne sa jeunesse parmi celle qui adhère aux valeurs bourgeoises de « désintéressement » : « c’est en 1954 que je commence à faire de l’athlétisme plus sérieusement. Je laisse tomber le football parce que je commence à être vieux. J’ai dix-huit ans et à dix-huit ans, il faut choisir : professionnel de football ou… Or, j’étais d’un milieu où être professionnel de football ne se faisait pas. Mes parents étant de la bourgeoisie, il n’était pas question que je devienne professionnel de football, alors que j’en avais les moyens. C’est là que j’ai reversé sérieusement dans l’athlétisme en 1954 », se rappelle F. M (précédemment cité). A l’inverse, l’élite athlétique, en reposant sur ces valeurs « bourgeoises » d’amateurisme, contribue à écarter les athlètes qui, d’ethos populaire, sont plus enclins à s’investir dans une pratique professionnelle : « il y avait beaucoup de gars qui couraient drôlement bien, mais, ils changeaient de sport et se tournaient vers le cyclisme, parce qu’ils voyaient bien qu’ils se défendaient en athlétisme, mais qu’il fallait faire de l’athlétisme pour rien… » note A. P, fils d’un inspecteur de police. Par contre, ces valeurs « bourgeoises » semblent être celles qui contribuent à favoriser l’investissement d’une jeunesse « petite-bourgeoise » qui voue un respect systématique aux valeurs « distinguées » des classes dominantes : « j’ai été sollicité plusieurs fois par de grands clubs de football (le Havre par exemple), mais je n’ai jamais voulu faire du sport un métier. Pour moi, le sport, c’était un plaisir. J’avais beaucoup de plaisir à jouer au foot mais à jouer au foot exactement pour le plaisir, pas pour autre chose. J’avais du mal à faire de l’athlétisme un plaisir, mais j’y suis quand même arrivé ! » se souvient J.L (ci-dessus présenté).
En d’autres termes, la dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique trouve quelques uns de ses ressorts dans les caractéristiques institutionnelles de l’athlétisme qui en se posant comme garant de l’amateurisme, favorise l’investissement des fractions d’ethos « bourgeois [(28)] » et « petit-bourgeois » et limite l’engagement des fractions d’ethos plus « populaire ». Les caractéristiques structurelles de la période considérée induisent probablement par ailleurs de telles appropriations sociales relativement circonscrites.
 
Les ressorts structurels de la dynamique socio-culturelle de l’élite athlétique
 
 
A la fin du XIXe, la compétition athlétique relevait d’une stratégie de distinction « réservée » adoptée en premier lieu par des jeunes issus des classes aisées dans un contexte de transformation des élites qui devenaient plus ouvertes aux talents et aux capacités [(29)]. Il paraît de même légitime de penser que l’adoption de la pratique athlétique d’élite comme moyen de distinction par une jeunesse « petite-bourgeoise » est contemporaine d’une société française portée à la Libération par un élan conquérant pour un nouvel ordre économique et social, par une volonté de progrès, d’expansion et par un esprit d’entreprise qui sont en toute domaine encouragés [(30)].
En effet, consécutivement à la période vichyssoise qui a fait de la pratique sportive (et l’athlétisme en particulier [(31)]) un instrument de mobilisation de la jeunesse, la jeunesse « petite-bourgeoise » acquise et portée par un désir d’ascension sociale apparaît comme la plus disposée à investir cet espace jusqu’alors resté socialement réservé à une jeunesse estudiantine issue des milieux aisés et cultivés : « ma carrière sportive a débuté en 1942, en 1941 même, dans l’armée. C’était la débâcle. La grande mode, c’était de faire du sport. On faisait donc du sport du « piou-piou » jusqu’au colonel. De plus, j’étais dans le régiment d’infanterie de Brive La Gaillarde : le colonel Tanguy était vraiment un fana de sport. J’ai donc commencé le sport comme cela » explique F. S. En effet, cette jeunesse, plus longtemps scolarisée grâce au système scolaire mis en place sous la IIIe République, [(32)] a ainsi pu incorporer des dispositions au désintéressement que suppose la pratique athlétique d’élite à l’époque : « à l’âge de 11 ans, en 1930, je suis allé à l’école primaire supérieure de Triquier, interne à l’EPS, et ce jusqu’en 1937 (je retournais donc à Bréhat juste pendant les vacances : j’ai passé le brevet élémentaire et eu le concours d’entrée à l’Ecole Normale de Saint Brieuc. D’octobre 1937 à avril 1940, je suis donc à l’Ecole Normale, avant d’être incorporé en avril 40, dans l’armée » raconte ce même athlète.
De plus, dans un contexte de plein emploi et d’effervescence lié à la reconstruction d’après-guerre, cette jeunesse trouve dans la pratique athlétique d’élite un espace de liberté et d’insouciance particulièrement séduisant : « l’athlétisme, c’était une certaine façon de griller la vie. Griller la vie a deux explications, même trois. D’abord, il y a le tempérament des individus avec ceux qui ont envie de griller et ceux qui n’ont pas envie. Ensuite, il y a l’émulation d’un groupe, de copains, l’amitié et puis le troisième élément qui est peut-être le premier : n’oublions pas que de 39 à 45, on s’est fait chier ! On s’est fait copieusement chier ! Alors la liberté … » raconte J.L, fils d’un boucher du centre ville de Rouen. Et puis, c’est aussi un espace qui permet de voyager dans un contexte d’après-guerre où ce type de loisir reste réservé aux fractions sociales économiquement les plus dotées : « d’un seul coup d’un seul, je me suis retrouvé à haut-niveau ! Et puis, cela m’a tellement plu de voyager parce que j’étais invité à courir partout en France… » se rappelle A.P.
Ce contexte de la IVe République crée donc des conditions structurellement favorables à cette dynamique d’investissement de l’élite athlétique une jeunesse d’origine « petite-bourgeoise » : plus longtemps scolarisée, portée par un mouvement d’émergence accélérée des classes moyennes au sein de la société française [(33)], et profitant de l’élan d’ouverture culturelle d’après-guerre, elle se trouve structurellement encouragée à conquérir un espace qu’elle considérait jusqu’alors comme « illégitime ».
 
Conclusion
 
 
Au regard de cette analyse prosopographique qui confronte trois niveaux d’interprétation et de réalité, la jeunesse des classes moyennes semble dominer l’élite athlétique de la IVe République parce qu’elle peut y valoriser ses dispositions socioculturelles « petites-bourgeoises » et que le contexte sociohistorique lui est nouvellement favorable. De ce point de vue, cette dynamique sociale qui affecte l’élite athlétique semble liée à des « ressorts biographiques », c’est-à-dire par des dispositions socioculturelles qui entrent en correspondance avec les caractéristiques institutionnelles d’un espace dans un contexte sociohistorique porteur pour des fractions dotées d’un tel habitus. Ce type d’approche de l’excellence athlétique, sous l’angle d’une triple rencontre (biographique, institutionnelle et structurelle), gagne cependant à être complexifiée : en faisant varier la conjoncture et la discipline athlétique, on peut en effet mettre à jour des « effets de mythification » et « d’assignation sociale » qui viennent infléchir la dynamique d’une élite sportive qui se constitue autour de disciplines aussi variées techniquement (et par là, socialement) que des courses (de vitesse et de longue durée), des sauts et des lancers.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  AUTRAND F. (1984). « Y a-t-il une prosopographie de l’Etat médiéval ? », in Prosopographie et genèse de l’Etat moderne, Paris, coll de l’Ecole Normale supérieure de jeunes filles, n° 30.
·  BALANDIER G. (1971). Sens et puissance, les dynamiques sociales, Paris, PUF.
·  BANCEL N. & GAYMAN J-P. (2002). Du guerrier à l’athlète, Paris, PUF.
·  BOLTANSKI L. (1971). Les usages sociaux du corps, Annales ESC, n° 1, pp. 205-233.
·  BORNE D. (1988). Histoire de la société française depuis 1945, Paris, A. Colin.
·  BRIAND J-P. & CHAPOULIE J-M. (1996). Les collèges du peuple, Paris, ed CNRS.
·  BOURDIEU P. (1979). La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Ed Minuit.
·  CHARLES C. (1987). Les élites de la République. 1880-1900, Paris, Fayard.
·  COMPAGNON P. & THEVENIN A. (1995). L’école et la société française, Paris, Ed Complexe.
·  DEFRANCE J. (1995). « L’autonomisation du champ sportif. 1890-1970 », Sociologie et sociétés, vol XXVII, n° 1, pp. 15-31.
·  DUNNING E. (1979). The figural dynamics of modern sport, Sportwissenchaft, n° 4, pp. 341-359.
·  DUPAQUIER J. (1988). Histoire de la population française, tome 4, De 1914 à nos jours, Paris, PUF.
·  FAURE J-M. & SUAUD C. (1997). « Le sport de haut-niveau à la lumière du comparatisme », Actes du colloque « L’accueil des sportifs de haut-niveau dans les établissements de l’enseignement supérieur », Université Paul Sabatier de Toulouse, 29-30 mai 1997, Ministère de l’Education Nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, pp. 67-88.
·  FINK D. (1989). Les marchés des excellences sportives. Contribution à l’analyse de l’évolution du sport de compétition, Thèse de doctorat Sciences humaines, dirigée par G. Vigarello, Université Paris V-Sorbonne, Sciences humaines, Sorbonne.
·  FINK D. & POCIELLO C. (1985). Biographies socio-sportives et marchés des excellences. Les champions de 1972, Rapport CORDES, tome 12,1985.
·  FOURASTIE J. (1979). Les Trente Glorieuses, Paris, Fayard.
·  HEINILA K. (1979). The totalisation process in international sport, in Sportwissenschaft, 12, Jhg, n° 3, pp. 235-254.
·  HERR M. (1995). Les Textes officiels et l’Histoire. Analyse de trois textes relatifs à l’Education physique, in Arnaud, P (et al) Education physique et sport en France. 1920-1980, Paris, AFRAPS, pp. 281-293.
·  LEHNERTS K. (1979). Berufliche Entwicklung des amateurspitzensportler in des Bindesrepublik Deutschland, Schorndorf, Klön.
·  LE NOE O. (2000). Socio-histoire des politiques sportives (1940-1975), Thèse en science politique, Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne.
·  LOUVEAU C. (1981). Aspects de la réussite sportive, exemple du judo, de la gymnastique sportive et de la natation, INSEP-Publications.
·  LUSCHEN G. (1965). Soziale Schichtung und soziale mobilität bei jungen sportlern, in KZSS, 15.
·  LUSCHEN G. (1983). The dialectical structure of top-level athletics, in Lenk H. Aktuelle probleme des sportphilosophie, Schorndorf, pp. 373-398.
·  MARCHAND O. & THELOT C. (2001). Le travail en France, Paris, Nathan.
·  MARTIN J-L. (1999). La politique de l’éducation physique sous la Ve République, Paris, PUF, 1999.
·  POCIELLO C., (et coll) (1981). Sports et société, Approche socio-culturelle des pratiques, Paris, Vigot.
·  POCIELLO C. (1997). Les cultures sportives, Paris, PUF.
·  POCIELLO C. (1999). Sports et sciences sociales, Paris, Vigot.
·  RIOUX J-P. (1980). La France de la IVe République, tome 1, L’ardeur et la nécessité (1944-1952), Paris, Points-Histoire.
·  SIRINELLI J-F. (2003). Les baby-boomers, Une génération 1945-1969, Paris, Fayard.
·  THOMAS R. (1975). La réussite sportive, Paris, PUF.
·  THOMPSON P. (1980). Des récits de vie à l’analyse du changement social, Cahiers internationaux de sociologie, vol L XIX, n° spécial, Histoires de vie et vie sociale, pp. 249-268.
 
NOTES
 
[(1)] CRESS/ URCS. Université Paris XI, division Staps, bât 335. Bd Georges Clémenceau, 91405 Orsay-cedex, France. Carine. erard@ staps. u-psud. fr.
[(2)] Fink, D. (1989). Les marchés des excellences sportives. Contribution à l’analyse de l’évolution du sport de compétition, thèse dirigée par Georges Vigarello, Université Paris V, 1989, p. 74.
[(3)] Fink, D. & Pociello, C. (1985). « Biographies socio-sportives et marché des excellences sportives. Les champions de 1972 », Rapport CORDES, « Emplois et formations du secteur sportif, marchés du travail et stratégies de formation », tome 12, pp. 11-12.
[(4)] Gunther Lüschen, a étudié la population des compétiteurs les plus performants de Cologne, à partir de 400 sportifs engagés dans quinze disciplines sportives différentes, Lüschen, G & Sage, G. (1980). Social stratification is one of the between researched areas in sociology of sport, in Handbook of Social Sciences of Sport, Champaign, Illinois, Stines.
[(5)] Klaus Lehnerts a mené son étude à partir d’archives médicales des athlètes amateurs de « haut-niveau » appartenant aux équipes A, B, C d’Allemagne répartis dans 27 disciplines, Lehnerts, K. (1979). Berufliche Entwicklung des Amateurspitzensportler in des Bundesrepublik Deutschland, Klön, Ed Bundesinsitut F, Sportwissenschaft.
[(6)] Bourdieu, P. (1976). La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Ed Minuit.
[(7)] Fink, D. & Pociello, C. (1985). Op.cit, pp. 11-12.
[(8)] Pociello, C. (1999). Sports et sciences sociales, Paris, Vigot.
[(9)] Dupâquier, J. (1988). Histoire de la population française, tome 4, De 1914 à nos jours, Paris, PUF.
[(10)] Compagnon, P. & Thévenin, A. (1995). L’école et la société française, Paris, Ed Complexe.
[(11)] En France, en 1949, il y a 35214 licenciés (soit un taux de pénétration de 0.87‰) ; en 1958, il y a 39187 licenciés, c’est à dire à peine 4000 licenciés en plus (ce qui correspond à un taux de pénétration de 0.91‰).
[(12)] Le Noë, O. (2000). Socio-histoire des politiques sportives (1940-1975), Thèse en science politique, Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne.
[(13)] Herr, M. (1995). Les Textes officiels et l’Histoire. Analyse de trois textes relatifs à l’Education physique, in Arnaud, P (et al) Education physique et sport en France. 1920-1980, Paris, AFRAPS.
[(14)] Rioux, J-P (1980). La France de la IVe République, tome 1, L’ardeur et la nécessité (1944-1952), Paris, Points-Histoire.
[(15)] Sirinelli, J-F (2003). Les baby-boomers, Une génération 1945-1969, Paris, Fayard.
[(16)] La fédération française d’athlétisme qui comptait 39187 licenciés en 1958, dénombre 92445 licenciés en 1973, c’est à dire plus du double (le taux de pénétration qui était de 0.91‰ en 1958 est passé à 1.8‰ en 1973.
[(17)] Le Noë, O. (2000). Op cit.
[(18)] Martin, J-L (1999). La politique de l’éducation physique sous la Ve République, Paris, PUF, 1999.
[(19)] Fourastier, J (1979). Les Trente Glorieuses, Paris, Fayard.
[(20)] Bourdieu, P. (1976). La distinction, critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1976.
[(21)] Charles, C. (1987). Les élites de la République. 1880-1900, Paris, Fayard.
[(22)] « C’est en effet en retraçant des vies individuelles que l’on peut apercevoir les relations entre le développement de la personnalité et l’économie sociale, à travers l’influence médiatrice des parents, des frères, des sœurs et cousins, du groupe de copains, de l’école et de l’Eglise, de la presse et des médias audiovisuels », Thompson, P (1980). Des récits de vie à l’analyse du changement social, in Cahiers internationaux de sociologie, vol L XIX, n° spécial, Histoires de vie et vie sociale.
[(23)] Balandier, G (1971). Sens et puissance, les dynamiques sociales, Paris, PUF, p13.
[(24)] Ce qui est la définition même de la petite-bourgeoisie de P. Bourdieu, Bourdieu, P. (1976). La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Ed de Minuit.
[(25)] Boltanski, L. (1971). Les usages sociaux du corps, Annales ESC, n° 1, p 227.
[(26)] Ce qui est la définition même de « petite-bourgeoisie » de P. Bourdieu, pour qui pour qui la petite-bourgeoisie se caractérise par un désir anticipé d’accès à la bourgeoisie qui se traduit par des pratiques qui vouent un respect systématique à la culture dominante, par une volonté de l’acquérir et par des prétentions anticipées d’ascension sociale qui ne peuvent compter que sur son ascétisme, Bourdieu, P. (1976). op. cit.
[(27)] Bourdieu, P. (1976). op. cit.
[(28)] L’inclination pour une activité désintéressée est une inclination fondamentale de l’ethos des élites bourgeoises qui se piquent de désintéressement et se définissent par la distance élective aux intérêts matériels, Bourdieu, P. (1976). La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Ed Minuit, 1976.
[(29)] Charles, C. (1987). op. cit.
[(30)] Borne, D. (1988). Histoire de la société française depuis 1945, Paris, A.Colin.
[(31)] Parce que c’était un sport peu coûteux, et amateur, loin de l’affairisme qui gangrenait les pratiques professionnelles telles le cyclisme ou le football, Bancel, N. & Gayman, J-P. (2002). Du guerrier à l’athlète, Paris, PUF.
[(32)] Briand J-P & Chapoulie, J-M (1996). Les collèges du peuple, Paris, ed CNRS.
[(33)] Marchand, O. & Thélot, C. (2001). Le travail en France (1800-2000), Paris, Nathan.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[(1)]
CRESS/ URCS. Université Paris XI, division Staps, bât 335. ...
[suite] Suite de la note...
[(2)]
Fink, D. (1989). Les marchés des excellences sportives....
[suite] Suite de la note...
[(3)]
Fink, D. & Pociello, C. (1985). « Biographies socio-spo...
[suite] Suite de la note...
[(4)]
Gunther Lüschen, a étudié la population des compétiteurs le...
[suite] Suite de la note...
[(5)]
Klaus Lehnerts a mené son étude à partir d’archives médical...
[suite] Suite de la note...
[(6)]
Bourdieu, P. (1976). La distinction. Critique sociale du ...
[suite] Suite de la note...
[(7)]
Fink, D. & Pociello, C. (1985). Op.cit, pp. 11-12. Suite de la note...
[(8)]
Pociello, C. (1999). Sports et sciences sociales, Paris, ...
[suite] Suite de la note...
[(9)]
Dupâquier, J. (1988). Histoire de la population française, ...
[suite] Suite de la note...
[(10)]
Compagnon, P. & Thévenin, A. (1995). L’école et la société ...
[suite] Suite de la note...
[(11)]
En France, en 1949, il y a 35214 licenciés (soit un taux de...
[suite] Suite de la note...
[(12)]
Le Noë, O. (2000). Socio-histoire des politiques sportives ...
[suite] Suite de la note...
[(13)]
Herr, M. (1995). Les Textes officiels et l’Histoire. Analyse...
[suite] Suite de la note...
[(14)]
Rioux, J-P (1980). La France de la IVe République, tome...
[suite] Suite de la note...
[(15)]
Sirinelli, J-F (2003). Les baby-boomers, Une génération ...
[suite] Suite de la note...
[(16)]
La fédération française d’athlétisme qui comptait 39187 ...
[suite] Suite de la note...
[(17)]
Le Noë, O. (2000). Op cit. Suite de la note...
[(18)]
Martin, J-L (1999). La politique de l’éducation physique so...
[suite] Suite de la note...
[(19)]
Fourastier, J (1979). Les Trente Glorieuses, Paris, Fay...
[suite] Suite de la note...
[(20)]
Bourdieu, P. (1976). La distinction, critique sociale du ...
[suite] Suite de la note...
[(21)]
Charles, C. (1987). Les élites de la République. 1880-1900,...
[suite] Suite de la note...
[(22)]
« C’est en effet en retraçant des vies individuelles que l’...
[suite] Suite de la note...
[(23)]
Balandier, G (1971). Sens et puissance, les dynamiques ...
[suite] Suite de la note...
[(24)]
Ce qui est la définition même de la petite-bourgeoisie de P....
[suite] Suite de la note...
[(25)]
Boltanski, L. (1971). Les usages sociaux du corps, Annales ...
[suite] Suite de la note...
[(26)]
Ce qui est la définition même de « petite-bourgeoisie » de P...
[suite] Suite de la note...
[(27)]
Bourdieu, P. (1976). op. cit. Suite de la note...
[(28)]
L’inclination pour une activité désintéressée est une i...
[suite] Suite de la note...
[(29)]
Charles, C. (1987). op. cit. Suite de la note...
[(30)]
Borne, D. (1988). Histoire de la société française depuis 1...
[suite] Suite de la note...
[(31)]
Parce que c’était un sport peu coûteux, et amateur, loin de...
[suite] Suite de la note...
[(32)]
Briand J-P & Chapoulie, J-M (1996). Les collèges du peuple,...
[suite] Suite de la note...
[(33)]
Marchand, O. & Thélot, C. (2001). Le travail en France ...
[suite] Suite de la note...