2004
Science et motricité
Rythmicité biologique circadienne et performances
anaérobies
Nizar Souissi
[(1)]
[(2)]
Damien Davenne
[(1)]
Chez l’homme au repos, la plupart des paramètres physiologiques
et psychomoteurs de la performance humaine fluctuent en fonction du temps.
Parmi ces variations, les plus connues sont celles qui dépendent de la rotation
de la terre sur-elle même et sont nommées : rythmes circadiens. L’étude des
rythmes circadiens et de leurs désynchronisations possède de nom~breuses
applications pratiques dans le domaine de la performance sportive. Les
performances réalisées lors d’exercices de courte durée sollicitant
principalement le métabolisme anaérobie présentent des rythmes circadiens.
Cependant, l’origine de ces fluctuations reste incertaine. Ces rythmes peuvent
être affectés par la privation de sommeil et l’heure habituelle
d’entraî~nement. L’objet de cette revue est de faire le point sur ces questions
on se basant sur les publi~cations récentes sur ce sujet.
Mots-clés :
rythmes biologiques, performances anaérobies, privation de sommeil, heure d’entraînement.
Circadian rhythms and anaerobic performance ABSTRACT Most of the
physiological and psychomotor parameters of the human performance fluctuate
according to the time. Among these variations, most known are those that fit
the solar day closely and known as circadian, or about a day. Studying of the
circadian rhythms and their desynchronization possesses numerous practical
applications in the domain of the sport per~formance. The studies reviewed
reveals that responses to short-term exercise involving anaerobic metabolism
present circadian rhythms. The underlying mechanisms, however, are still under
discussion. These rhythms can be affected by the sleep deprivation and the time
of day of training. This review examines these questions in light of recent
studies published on this problem.
Keywords :
biorhythm, anaerobic performance, sleep deprivation, time of day of training.
La plupart des grandes fonctions psychophysiologiques fluctuent
rythmiquement, c’est-à-dire qu’en fonction du temps elles passent par des états
de plus ou moins grande efficacité. La chronobiologie étudie ces fluctuations
et les mécanismes qui les sous-tendent en fonction de la périodicité des
phénomènes. Dans le domaine de la performance sportive, ce sont surtout les
rythmes dits « circadiens », ayant une période proche de 24 h, qui ont été le
plus étudiés. Il est maintenant bien établi que les systèmes
cardio-circulatoires, ventilatoires, métaboliques et hormonaux au repos ou lors
d’exercices de type aérobie présentent des rythmes circadiens caractéristiques
(pour revue : Atkinson et Reilly, 1996). En revanche, les données disponibles
sur les exercices supra-maximaux,
sollicitant fortement le métabolisme anaérobie, sont beaucoup moins nombreuses.
De même que nous avons très peu d’information sur les nombreux facteurs
susceptibles de perturber ces rythmes : le type et l’intensité de l’exercice,
le chronotype des sujets, l’âge, les horaires habituels des repas et
d’entraînement, les niveaux d’activité physique habituelle, les privations de
sommeil ainsi que les décalages horaires liés aux vols transméridiens.
Le but de cet article est de faire une revue de question sur la
rythmicité circadienne des performances anaérobies et sur les effets de deux
facteurs potentiellement perturbateurs des caractéristiques principales de ces
rythmes, à savoir la privation de sommeil et l’heure habituelle d’entraînement.
Le premier facteur, la privation de sommeil, doit être considéré comme un
facteur externe subi par les sujets. Le deuxième facteur, l’heure
d’entraînement, doit être considéré comme une action individuelle gérée par le
sujet lui-même.
Rythmes circadiens et performances anaérobies
Rythme circadien de la force
musculaire
Les travaux concernant les rythmes circadiens de la force
musculaire sont peu nombreux. De plus, la majorité des actions musculaires
enregistrées au cours des différentes études se résument au régime musculaire
isométrique. Le faible nombre de travaux lors d’actions dynamiques peut
s’expliquer par le nombre limité d’appareils de mesure fiables et
reproductibles.
Les études consacrées à la rythmicité circadienne de la force
isométrique maximale montrent clairement l’existence d’un rythme au cours de la
journée. Toutefois, les amplitudes (différence entre le maximum et le minimum)
de ces rythmes circadiens sont très variables, généralement elles restent
comprises entre 5 % (Atkinson et al.,
1993) et 21,2 % (Coldwells et al.,
1994) suivant les protocoles et les muscles étudiés mais dans tous les cas, le
pic est toujours situé en fin d’après-midi–début de soirée (16 :30 à 19 :30
heures).
Freivalds et al.,
(1983) établissent un rythme significatif de la force isométrique des
fléchisseurs du coude avec une acrophase à 17 :00 heures et une amplitude de
6,8 %. De même, Gauthier et al.,
(1996) font état d’un rythme circadien de la force isométrique maximale des
fléchisseurs du coude (à 90° de position angulaire) avec une acrophase à 17 :00
heures et une amplitude de variation qui représente 7,63 % de la valeur moyenne
du rythme. D’autres études sur les extenseurs du genou (Taylor
et al., 1993 ; Coldwells
et al., 1994 ; Callard
et al., 2000) ont montré que la force
maximale isométrique varie au cours de la journée avec une amplitude de 6 à 18
%. Pour la force des doigts ou d’agrippement, la majorité des travaux confirme
l’existence d’un rythme circadien (Ilmarinen et
al., 1980 ; Reinberg et
al., 1988 ; Atkinson et
al., 1992) à l’exception des travaux de Baxter et Reilly (1983), qui
indiquent que la force ne varie pas de manière significative au cours de la
journée chez des adolescents.
L’existence de rythmes circadiens des moments musculaires
dynamiques (concentriques) des fléchisseurs et des extenseurs du genou, évalués
par un dynamomètre isocinétique, est controversée. En effet, alors que Cabri
et al., (1988) n’observent pas de
variations circadiennes, Wyse et al.,
(1994) et Atkinson et al., (1995)
mettent en évidence un rythme circadien de ces variables préférentiellement à
de faibles vitesses angulaires (1,05 et 3,14 rad · s–1).
Les acrophases des rythmes circadiens ont lieu en fin d’après-midi, début de
soirée c’est-à-dire entre 18 :00 heures et 20 :00 heures. Deschenes
et al., (1998) mettent en évidence une
variation journalière des moments musculaires développés par les fléchisseurs
du genou. Cependant, cette variation n’est observée que pour la vitesse de
mouvement la plus élevée (3,14 rad · s–1), ce qui suggère
que l’observation des fluctuations circadiennes serait spécifique à certaines
vitesses d’exécution du mouvement. Il faut tenir compte du fait que plus la
vitesse angulaire est élevée plus le coefficient de variation des mesures est
important (3 % vs 9 % vs 18 % à respectivement 1,05 vs 3,14 vs 5,24 rad ·
s–1) (Atkinson et
al., 1995). Même si cette erreur est diminuée avec les multiples
essais réalisés, il est probable que c’est la cause de l’absence de rythme de
la force à des vitesses angulaires élevées (> 3,14 rad ·
s–1). Selon Reilly et
al., (1997), la reproductibilité de ce type de mesure doit être
vérifiée avant d’étudier leur variation au cours de la journée. Les derniers
travaux de notre laboratoire (Souissi et
al., 2002) ont montré que les moments musculaires isocinétiques des
extenseurs du genou, réalisés à 6 vitesses angulaires en isocinétisme (1,05 ;
2,10 ; 3,14 ; 4,19 ; 5,24 et 6,29 rad · s–1), présentent
des fluctuations diurnes significatives.
Récemment, Gauthier et
al., (2001) observent que, pour des contractions concentriques des
fléchisseurs de coude, l’allure de la relation Moment/Vitesse Angulaire n’est
pas affectée par l’heure de la journée. Cependant, pour chaque vitesse
angulaire considérée, le moment musculaire produit fluctue selon un rythme
circadien. Les acrophases sont mesurées entre 17 :22 et 18 :37 heures pour
chaque vitesse angulaire et les amplitudes sont comprises entre 9 et 12
%.
Rythmes circadiens des puissances
anaérobies
L’exploration des fluctuations journalières des puissances
anaérobies a été faite en utilisant différentes aporoches.
L’existence d’un rythme circadien des puissances moyennes
(Pmean) et pic (Ppeak) développées lors du
test de Wingate est discutée. En effet Hill et Smith (1991) et Melhim (1993)
observent des valeurs de Pmean et de Ppeak
significativement plus élevées (6 à 16 %) l’après-midi par rapport au matin. En
revanche, Down et al., (1985) et
Reilly et Down (1992) ne montrent pas de variations significatives de
Pmean et Ppeak lors d’une exploration menée à
différentes heures de la journée. Les divergences observées ne semblent pas
être liées au chronotype des individus. En effet, Reilly et Marshall (1991)
font état d’une variation circadienne significative (acrophase autour de 16 :00
heures) de Pmean et Ppeak indépendante du
chronotype des sujets, lors d’un test modifié de Wingate sur banc de nage. Ces
résultats contradictoires peuvent être liés à la motivation que requiert cette
épreuve et à la difficulté de contrôler la totale adhésion du sujet. Au cours
du test de force-vitesse sur ergocycle qui permet de mesurer la puissance
maximale anaérobie (Pmax), les travaux de Bernard
et al., (1998) ont mis en évidence une
augmentation significative de Pmax l’après-midi (14 :00 – 18
:00 heures) par rapport au matin (09 :00 heures) avec des amplitudes de
variations comprises entre 5 et 7 %. Les travaux récents de notre laboratoire
(Souissi et al., 2003ab) ont montré
que les puissances anaérobies Ppeak et Pmean
et Pmax enregistrées au cours des tests de Wingate et de
force-vitesse présentent des rythmes circadiens clairement établis avec des
acrophases à 17 :24 ± 00 :36,18 :00 ± 01 :01 et 17 :10 ± 00 :52 heures et des
amplitudes de 7,6 ± 0,8 %, 11,3 ± 1,1 % et 7 ± 0,8 %, respectivement.
Reilly et Down (1992) font également état d’un rythme
circadien de la puissance maximale anaérobie au cours du test de Margaria.
L’amplitude des variations reste néanmoins faible avec 2 % et les valeurs pics
sont atteintes autour de 17 :30 heures. Bernard et al., (1998) ont observé aussi un effet de
l’heure de la journée sur la puissance développée au cours de l’épreuve de
multibonds avec des acrophases observées l’après-midi et une amplitude de 7 %.
Récemment, Falgairette et al., (2003)
n’ont pas observé d’effet de l’heure de la journée sur la puissance pic et la
quantité totale de travail réalisé lors de sprints de 7s et sur les processus
de récupération suite à une épreuve de sprint.
Explication du phénomène circadien
des performances anaérobies
Au cours des différentes études des rythmes circadiens de la
force et de la puissance musculaires, différentes hypothèses explicatives ont
été avancées, sans toutefois être toutes vérifiées. Tous les auteurs, qui
observent l’évolution en phase des rythmes de la performance musculaire et de
la température corporelle au repos, évoquent la possibilité d’un effet causal
(figure 1a), les variations de la température seraient directement responsables
des fluctuations de la performance musculaire. Cette hypothèse est reprise par
les auteurs qui ont travaillé sur le fonctionnement musculaire en anaérobie
(Melhim, 1993 ; Bernard et al., 1998).
L’augmentation de la température corporelle au cours de la journée peut être
assimilée à un échauffement, celui-ci s’accompagne d’une diminution de la
viscosité musculaire et d’une augmentation de la vitesse de conduction nerveuse
et de l’amplitude articulaire (Shéphard, 1984 ; Atkinson
et al., 1993) et donc d’une
amélioration de la performance musculaire. Cependant, si les tests d’évaluation
de la force sont pratiqués toutes les 4 heures au cours d’un exercice soutenu
et continu de 24h, des fluctuations circadiennes de la force musculaire
perdurent malgré l’échauffement musculaire dû à l’activité physique (Callard
et al., 2000). Les travaux de Martin
et al., (1999), au cours desquels la
température du muscle est artificiellement élevée le matin semblent indiquer
que la fluctuation de la température ne suffit pas à expliquer l’amplitude
totale des rythmes observés. Par ailleurs, l’amplitude des variations de la
température obtenues dans notre étude (Souissi et
al., 2003) est beaucoup trop faible pour expliquer l’amplitude des
variations des performances anaérobies. Une deuxième hypothèse peut alors être
avancée pour laquelle les deux rythmes circadiens (performances anaérobies et
température) dépendraient de la même horloge biologique et recevraient la même
information simultanément, sans avoir de lien de causalité entre eux (Figure
1b).
FIGURE 1
Hypothèses de relation entre l’horloge interne, la
température et les performances anaérobies.
D’autres travaux sont nécessaires pour trancher entre ces
hypothèses et mieux comprendre l’origine des fluctuations journalières des
performances musculaires. Par exemple, il serait intéressant d’enregistrer la
température intramusculaire pendant l’effort ou bien d’étudier les effets de
l’échauffement sur les fluctuations des performances anaérobies.
D’autres hypothèses ont été avancées. La possibilité que le
niveau d’éveil, indice de la performance dont le niveau maximum a lieu dans
l’après-midi, puisse être responsable des variations circadiennes de la
production de force et de puissance musculaires a été évoquée (Reilly, 1990 ;
Davenne et Lagarde, 1995). D’autres facteurs tels que la bonne volonté et la
motivation des sujets à exercer un effort maximal ont aussi été suggérés
(Krivoschekov et al., 1980).
L’origine centrale ou périphérique a aussi été questionnée
(Reilly, 1992). Selon les travaux de Davenne et Gauthier (1997), les rythmes
circadiens des moments musculaires dépendraient plutôt de l’état des propriétés
contractiles des muscles (facteurs périphériques) que de celui du système
nerveux central (facteurs centraux) qui génère la commande musculaire. Cette
théorie a été confirmée par l’étude menée par Martin
et al., (1999). Ces derniers montrent,
grâce à des enregistrements EMG et d’éléctrostimulation, que l’amplitude de
variation de 9,6 %, au cours de la journée, du couple maximal enregistré à la
suite d’une contraction maximale volontaire de l’adducteur de pousse, n’est pas
due à la commande motrice, l’individu conservant la même capacité de
stimulation nerveuse au cours de la journée. Alors que la baisse de l’EMG, pour
développer un niveau de force sous-maximal donné, indique que les modifications
ont lieu au niveau du muscle (Thépaut-Mathieu et
al., 1988).
Le rythme circadien de la force maximale serait donc
préférentiellement imputable à des modifications d’ordre périphérique. Des
modifications journalières du couple excitation/contraction au sein des muscles
ont été observées. Ainsi, la potentiation post-tétanique est augmentée de 17 %
le soir par rapport au matin (Martin et
al., 1999). Ceci pourrait être directement lié au rôle joué par le
Ca++ dans la contraction musculaire (Blinks
et al., 1978). L’augmentation du
relâchement du Ca++ par le réticulum sarcoplasmique
(Duchateau et Hainaut, 1986) et l’amélioration de la sensibilité des protéines
contractiles au Ca++ (Vandenboom
et al., 1993) au cours de la journée,
sont des phénomènes périphériques qui peuvent expliquer la variation
journalière de la force maximale volontaire (Davenne et Gauthier, 1997). Par
ailleurs, l’amélioration de l’activité de la myosinATPase et l’augmentation des
concentrations en phosphate inorganique au cours de la journée ne peuvent être
négligées (Barany, 1967), celles-ci pouvant amener à une augmentation de la
force produite par chaque pont d’union actine/myosine.
Sommeil, rythmes circadiens et performance
Les sportifs peuvent être soumis à divers types de
perturbations du cycle du sommeil allant de la privation partielle à la
privation totale. La privation totale de sommeil se rencontre fréquemment chez
les sportifs, par exemple, lors de courses en haute montagne, de navigation en
solitaire ou d’épreuves sportives d’une durée supérieure à 24 heures
(ultratriathlon). Le sommeil peut aussi se trouver fragmenté par de mauvaises
conditions de couchage, par l’anxiété ou le stress induit par la compétition et
par les voyages. Les effets de la perturbation du sommeil vont dépendre de
plusieurs facteurs interindividuels dont le chronotype, la personnalité, le
sexe, l’âge et le niveau de forme du sujet.
Effets de la privation de sommeil
sur les performances anaérobies
Lors d’une privation de sommeil, tous les résultats
concordent pour dire que les performances psychomotrices et cognitives (pour
revue : Horne, 1988) ainsi que l’humeur (Pilcher et Huffcut, 1996) sont
préférentiellement les plus affectées. En revanche, les résultats concernant
les performances physiques restent discutés (Naitoh
et al., 1990). Néanmoins, les études
les plus récentes font généralement état d’un effet de la privation de sommeil
sur les performances aérobies (VanHelder and Radomski, 1989).
Concernant les performances anaérobies, la force musculaire
semble peu affectée par la privation de sommeil. En effet, Reilly et Deykin
(1983) n’observent aucun effet significatif de la privation partielle de
sommeil (sommeil réduit à 2,5 h pendant 3 nuits consécutives) sur la force
isométrique d’agrippement. Takeuchi et
al., (1985) montrent qu’une privation de sommeil de 64 h n’a pas
d’effet sur la force isométrique et les moments musculaires des extenseurs du
genou à des vitesses angulaires de 3.14 et 5.22 rad · s-1
évalués par ergomètre isocinétique, mais observent une réduction des moments
musculaires à la vitesse angulaire 1.05 rad · s-1. Symons
et al., (1988a, b) ont montré que 60 h
de privation de sommeil ne modifient pas la force maximale isométrique des
extenseurs du genou, la force maximale volontaire (FMV) et le temps nécessaire
pour produire 25 %, 50 % et 100 % de la FMV. Plus récemment et contrairement
aux résultats précédents, Bulbulian et
al., (1996) ont montré que 30 h de privation de sommeil affectent
les moments musculaires des extenseurs et des fléchisseurs du genou évalués par
un dynamomètre isocinétique mais ne modifient pas l’indice de fatigue mesuré à
partir de 45 mouvements de flexion-extension du genou à une vitesse angulaire
constante de 3,14 rad · s-1.
Comme pour la force musculaire, les puissances anaérobies
semblent peu sensibles à la privation de sommeil. En effet, suite à une
limitation de sommeil (heures de coucher et de lever imposées respectivement à
03 :00 et 07 :00 heures), Mougin et
al., (1996) n’observent pas de variations de la vitesse maximale, de
la Pmean, de la Ppeak et des concentrations
sanguines de lactates mesurées lors d’un test de Wingate par rapport à une nuit
de référence. De même, Symons et al.,
(1988 a) ont observé que 60 h de privation de sommeil sont sans effet sur la
Ppeak, la Pmean, l’indice de fatigue et les
concentrations sanguines de lactates mesurés lors d’un test de Wingate. Reilly
et Deykin (1983) constatent qu’un raccourcissement de sommeil n’affecte pas la
performance obtenue lors d’un saut en longueur réalisé avec une prise d’appel
pieds joints. Cependant, pour ces mêmes sujets, la puissance développée lors du
test de Margaria est diminuée. De même, Copes et Rosentswieg (1972) observent
une diminution des performances en saut en longueur après 40 à 50 h de
privation de sommeil.
Ces études analysent l’effet de la privation de sommeil sur
la performance à un moment donné de la journée mais ne tiennent pas compte des
aspects chronobiologiques. En effet, les perturbations des rythmes biologiques
sont rarement prises en compte lors des études sur les conséquences d’une
privation de sommeil sur la performance. Récemment nous avons réalisé une étude
(Souissi et al., 2003b) dont
l’objectif est d’analyser les effets d’une nuit de privation de sommeil sur les
fluctuations diurnes des performances anaérobies lors des tests de Wingate et
de force-vitesse sur ergocycle. Afin de répondre à cet objectif, treize sujets
ont réalisé deux sessions de tests à 06 :00 et 18 :00 heures après une nuit de
privation de sommeil et une nuit normale de sommeil. Les résultats de cette
étude ont montré que les fluctuations diurnes des performances anaérobies lors
des tests de Wingate et de force-vitesse sur ergocycle persistent après une
perturbation de sommeil. Néanmoins, une nuit de privation de sommeil induit une
diminution de l’amplitude de ces fluctuations. Ainsi, les effets de la
privation de sommeil sur les puissances anaérobies dépendent de l’heure de la
réalisation des tests. Il est possible que la privation de sommeil « aplatisse
» la courbe circadienne aux détriments des périodes les plus efficaces (Figure
2).
FIGURE 2
Rythme circadien des performances anaérobies après une nuit
normale de sommeil ( )
Entraînement et rythmicité circadienne
Au cours d’un entraînement pour développer les capacités
aérobies, Torii et al., (1992) ont mis
en évidence que selon l’heure à laquelle l’entraînement est réalisé, il est
possible d’enregistrer aussi bien des progrès significatifs qu’une absence
d’amélioration des performances. De plus, Hill et
al., (1989,1998) montrent que, lorsqu’il y a une augmentation des
performances, celle-ci est dépendante de l’heure de la journée. En effet, les
gains les plus importants sont observés à l’heure habituelle d’entraînement
:
- Torii et al.,
(1992) ont analysé les effets d’un entraînement réalisé à trois moments de la
journée entre 09 :00 et 09 :30 heures, 15 :00 et
- 15 :30 heures et entre 20 :00 et 20 :30 heures. L’effet de
l’entraînement.
- sur l’aptitude aérobie (max) n’est
significatif que pour le groupeV s’étant entraîné l’après-midi. Ces résultats
indiquent que la période optimale pour la réalisation de l’entraînement aérobie
est l’après-midi mais il faut signaler que les tests avant et après
l’entraînement étaient réalisés une seule fois à 15 :00 heures.
- Hill et al.,
(1989,1998) ont étudié l’effet d’un entraînement sur l’existence des
fluctuations diurnes des performances physiques.
- Ils ont observé que l’heure habituelle d’entraînement peut
modifier ces fluctuations. En effet, Hill et
al., (1989) constatent lors des post-tests que les sujets
s’entraînant le matin obtiennent des valeurs de.
- au seuil ventilatoire supérieures le matin par rapport à
l’après-V midi, tandis que le contraire est observé pour les sujets
s’entraînant l’après midi. Plus récemment, Hill et al., (1998) observent, après cinq semaines
d’entraînement intense, que la capacité de travail lors d’un exercice
d’intensité élevée est supérieure l’après-midi par comparaison au matin chez un
groupe qui s’entraîne l’après-midi.
- Cependant, chez le groupe qui s’entraîne le matin la
capacité de travail reste constante au cours de la journée.
Ces différents travaux permettent de souligner l’importance de
la spécificité temporelle de l’entraînement destiné à l’amélioration de
la..
max, de la au seuil ventilatoire et de la capacité de travail.
V V
Les horaires d’entraînement semblent également jouer un rôle
dans le gain de force et de puissance (Hildebrandt
et al., 1990 ; Oschütz, 1993). En
effet, Hildebrandt et al., (1990) ont
observé au cours d’un entraînement de sept semaines, une augmentation de la
force plus importante dans le groupe entraîné à 21 :00 heures (20 %)
comparativement aux groupes entraînés à 03 :00,09 :00 et 15 :00 heures. Au
cours de cette étude, les tests étaient réalisés une seule fois pour chaque
groupe à l’heure qui correspond à celle de l’entraînement. De même, Oschütz
(1993) a étudié les effets d’un entraînement destiné à améliorer la vitesse et
la puissance des membres inférieurs à trois heures différentes de la journée :
08 :00, 14 :00 et 18 :00 heures. Les performances réalisées lors des différents
tests (puissance d’extension de la jambe, saut en longueur et vitesse de course
sur 30 m) montrent que les gains les plus importants sont observés chez les
sujets entraînés le soir. Toutefois, il est nécessaire de préciser que les
différents groupes n’ont été évalués qu’à une seule heure de la journée, non
précisée par les auteurs.
Récemment, nous avons réalisé une étude (Souissi
et al., 2002) dont l’objectif était
d’évaluer les effets d’un entraînement en renforcement musculaire, réalisé
uniquement le matin ou uniquement le soir, sur l’amélioration des moments
isocinétiques et de la puissance pic (Ppic) lors du test de
Wingate et sur les caractéristiques des fluctuations diurnes de ces
performances. Afin de répondre à cet objectif, les sujets ont réalisé des
sessions de tests (entre 07 :00 – 08 :00 heures) et le soir (entre 17 :00 – 18
:00 heures) avant et deux semaines après un entraînement régulier de six
semaines en musculation des extenseurs du genou. Les sujets étaient répartis
selon deux groupes : un groupe d’entraînement « matin » et un groupe
d’entraînement « soir ». Les résultats de cette étude ont montré que l’heure
habituelle d’entraînement modifie les caractéristiques des fluctuations diurnes
des performances anaérobies. En effet, ces fluctuations s’amplifient chez les
sujets qui s’entraînent le soir et disparaissent chez les sujets qui
s’entraînent le matin. L’amplitude des rythmes circadiens pourrait être
diminuée par l’augmentation des performances enregistrées le matin après
l’entraînement matinal (Figure 3). L’entraînement à une heure donnée conduit à
une augmentation préférentielle des moments musculaires isocinétiques et de
Ppic à l’heure correspondant à celle de l’entraînement. Ainsi,
la rythmicité circadienne influe sur les adaptations à l’entraînement et
confirme le bien fondé de l’idée selon laquelle il conviendrait de faire
coïncider les heures d’entraînement avec l’heure de la performance critique
envisagée.
FIGURE 3
Evolution des performances anaérobies au cours du nycthémère
avant ( )
Cette revue de question montre que les performances réalisées
au cours d’exercices intense sollicitant principalement le métabolisme
anaérobie présente des variations circadiennes avec des acrophases observées
enfin de l’après-midi début de soirée. Cependant ces fluctuations journalières
dépendent de la qualité de sommeil et de l’heure habituelle
d’entraînement.
La désynchronisation induite par la privation totale de sommeil
se traduit par une diminution de l’amplitude des fluctuations journalières.
Ainsi, La privation de sommeil n’affecte pas les performances anaérobies le
matin. Cependant, ces performances sont diminuées le soir suite à la
privation.
L’heure habituelle d’entraînement perturbe également les
fluctuations journalières des performances. En effet, ces fluctuations
s’amplifient chez des sujets qui s’entraînent le soir et disparaissent chez les
sujets qui s’entraînent le matin. De plus les sujets qui s’entraînent le matin
observe les meilleurs gains le matin et inversement pour ceux qui s’entraînent
le soir.
De nombreuses études restent à faire pour confirmer ces
résultats, comprendre les mécanismes qui sous tendent ces phénomènes et
envisager des applications pratiques dans le domaine de l’entraînement
sportif.
·
Atkinson, G., Greeves, J., & Cable, T. (1995). Day to day
and circadian variability of leg strength measured with the LIDO isokinetic
dynamometer. Journal of Sports
Science, 13,18-19.
·
ATKINSON, G., & Reilly, T. (1996). Circadian variation in
sports performance. Sports Medicine,
21,292-312.
·
ATKINSON, G., COLDWELLS, A., REILLY, T., & Waterhouse, J.M.
(1992). Effect of age on circadian rhythms in physical performance and mood
states. Journal Interdisciplinary Cycle
Research, 23,186-188.
·
ATKINSON, G., COLDWELLS, A., REILLY, T., & Waterhouse, J.M.
(1993). A comparison of circadian rhythms in work performance between
physically active and inactive subjects. Ergonomics, 36,273-281.
·
BARANY, M. (1967), ATPase activity of myosin correlated with
speed of muscle shortening. Journal of General
Physiology, 50 (Suppl.), 197-218.
·
BAXTER, C., & REILLY, T. (1983). Influence of time of day
on all out swimming. British Journal of Sports
Medicine, 17,122-127.
·
BERNARD, T., GIACOMONI, M., GAVARRY, O., SEYMAT, M. &
FALGAIRETTE, G. (1998). Time-of-day
effects in maximal anaerobic leg exercise. European Journal of Applied Physiology,
77,133-138.
·
BLINKS, J.R., RÜDEL, R. & TAYLOR, S.R. (1978). Calcium
transients in isolated amphibian skeletal muscle fibres : detection with
aequorin. Journal of Physiology
(London), 277,291-323.
·
BULBULIAN, R., HEANEY, J.H., LEAKE, C.N., SUCEC, A.A., &
SJOHOLM, N.T. (1996). The effect of sleep deprivation and exercise load on
isokinetic leg strength and endurance. European
Journal of Applied Physiology, 73,273-277.
·
CABRI, J., DE WITE, B., CLARY, J.P., REILLY, T., & STRASS,
D. (1988). Circadian variation in blood pressure responses to muscular
exercise. Ergonomics,
31,1559-1565.
·
CALLARD, D., DAVENNE, D., GAUTHIER, A., LAGARDE, D., & VAN
HOECKE, J. (2000). Circadian rhythms in human muscular efficiency : continuous
physical exercise versus continuous rest. A crossover study.
Chronobiology International, 17,
693-704.
·
COLDWELLS, A., ATKINSON, G., & REILLY, T. (1994). Sources
of variation in back and leg dynamometry. Ergonomics, 37,79-86.
·
COPES, K., & ROSENTSWIEG, J. (1972). The effects of sleep
deprivation upon motor performance of ninth-grade students.
Journal of Sports Medicine and Physical
Fitness, 12,47-53.
·
DAVENNE, D., & LAGARDE, D. (1995). Circadian rhythm of
vigilance and temperature during 24 hours of continuous and strenuous exercise.
Medicine and Science Research,
23,767-770.
·
DAVENNE D & GAUTHIER A (1997) Location of the mechanisms
involved in the circadian rhythm of muscle strength. In : Touitou Y (ed)
Biological clocks-Mecha-nism and
application. Amsterdam : Excerpta Medica, pp. 158-161.
·
DESCHENES, M.R., KRAEMER, W.J., BUSH, J.A., DOUGHTY, T.A., KIM,
D., MULLEN, K.M., & Ramsey, K. (1998). Biorhythmic influences on functional
capacity of human muscle and physiological responses.
Medicine and Science in Sports and
Exercise, 30,1399-1407.
·
DOWN, A., REILLY, T., & PARRY-BILLINGS, M. (1985). Time of
day and performance of the anaerobic test. Journal of Sports Science, 3,214.
·
DUCHATEAU, J., & HAINAUT, K. (1986). Nonlinear summation of
contractions in striated muscles. II. Potentiation of intracellular Ca2+
movements in single barnacle muscle fibres. J
Muscle Res Cell Motil, 7,18-24.
·
FALGAIRETTE, G. BILLAUT, F., & RAMDANI, S. (2003). Durée de
la récupération et puissance maximale anaérobie au cours de la journée.
Canadian Journal of Applied
Physiology,
·
FREIVALDS, A., CHAFFIN, D.B., & LANGOFF, G.D. (1983).
Quantification of human performance circadian rhythms.
Am Ind Hyg Assoc J,
44,643-648.
·
GAUTHIER, A., DAVENNE, D., MARTINN, A., COMETTI, G., & VAN
HOECKE, J. (1996). Diurnal rhythm of the muscular performance of elbows flexors
during isometric contractions. Chronobiology
International, 13,135-146.
·
GAUTHIER, A., DAVENNE, D., MARTIN, A., & VAN HOECKE, J.
(2001). Time-of-day effects on isometric and isokinetic torque developed during
elbow flexion in humans. European Journal of
Applied Physiology, 84,249-252.
·
HILDEBRANDT, G., GUTENBRUNNER, C., REINERT, C., & RIECK,
C.A. (1990). Circadian variation of isometric muscle strength training in man.
In : Morgan E (ed) Chronobiology and
Chronomedicine. Frankfurt : Peter Lang, Vol. ΙΙ, pp.
322-329.
·
HILL, D.W. & SMITH, J.C. (1991). Circadian rhythm in
anaerobic power and capacity. Canadian Journal of
Sport Science, 16,30-32.
·
HILL, D.W., CUERTON, K.J., & COLLINS, M.A. (1989).
Circadian specificity in exercise training. Ergonomics, 32,79-92.
·
HILL, D.W., LEIFERMAN, J.A., LYNCH, N.A., DANGELMAIER, B.S.,
& BRUT, S.E. (1998). Temporal specificity in adaptations to high intensity
exercise training. Medicine and Science in Sports
and Exercice, 30,450-455.
·
HORNE JA (1988) Why We Sleep ?
The function of sleep in humans and others mammals. Oxford : Oxford
University Press, 319p.
·
KRIVOSHCHEKOV, S.G., OSIPOV, V.F., & VLASOV, Y.A. (1980).
Circadian rhythm of aerobic productivity. Human
Physiology, 6,139-145.
·
ILMARINEN, J., ILMARINEN, R., KORHONEN, O., & NURMINEN, M.
(1980). Circadian variation of physiological functions related to physical work
capacity. Scandinavian Journal of Work and
Environment Health, 6,112-122.
·
MARTIN, A., CARPENTIER, A., GUISSARD, N., VAN HOECKE, J., &
DUCHATEAU, J. (1999). Effect of time of day on force variation in a muscle.
Muscle Nerve, 22, 1380-1387.
·
MELHIM, A.F. (1993). Investigation of circadian rhythms in peak
power and mean power of female physical education students.
International Journal of Sports
Medicine, 14,303-306.
·
MOUGIN, F., BOURDIN, H., SIMON-RIGAUD, M.L., DIDIER, J.M.,
TOUBIN, G., & KANTE-LIP, J.P. (1996). Effects of a selective sleep
deprivation on subsequent anaerobic performance. International Journal of Sports Medicine,
17,115-119.
·
NAITOH, P., KELLY, T.L., & ENGLUND, C. (1990). Health
effects of sleep deprivation. Occupational
Medicine, 5,209-237.
·
OSCHÜTZ, H. (1993). Influence of speed power training taking
place at different times of the day on the sprint and the jump performance of
athletes. Journal Interdisciplinary Cycle
Research, 24,284.
·
PILCHER, J.J., & HUFFCUTT, A.I. (1996). Effects of sleep
deprivation on performance : a meta-analysis. Sleep, 19,318-26.
·
REILLY, T. (1990). Human circadian rhythms and exercise.
Critical Review Biomedical England,
18,165-180.
·
REILLY, T. (1992). Circadian rhythms in muscular activity. In :
MARCONNET P, KOMI PV and SEJERSTED OM (eds). Muscle fatigue mechanisms in exercise and
training. Basel : Krager, 218-222.
·
REILLY, T., & DEYKIN, T. (1983). Effects of partial sleep
loss on subjective states, psychomotor and physical performance tests.
Journal of Human Movement Study,
9,157-170.
·
REILLY, T., & MARSHALL, S. (1991). Circadian rhythms in
power output on a swim bench. Journal of Swimming
Research, 7,11-13.
·
REILLY, T., & DOWN, A. (1992). Investigation of circadian
rhythms in anaerobic power and capacity of the legs.
Journal of Sports Medicine and Physical
Fitness, 32,343-347.
·
REILLY, T., ATKINSON, G., & WATERHOUSE, J. (1997).
Biological rhythms and exercise.
Oxford : Oxford Medical Publications.
·
REINBERG, A., MOTOHASHI, Y., BOURDELEAU, P., ANDLAUER, P.,
LÉVI, F., & BICAKOVA-ROCHER, A.
(1988). Alteration of period and amplitude of circadian rhythms in shift
workers. With special reference to temperature, right and left hand grip
strength. European Journal of Applied
Physiology, 57,15-25.
·
SHEPHARD, R.J. (1984), Sleep, biorhythms and human performance.
Sports Medicine, 1,11-37.
·
SOUISSI, N., GAUTHIER, A., SESBOÜÉ, B., LARUE, J., &
DAVENNE, D. (2002). Effects of regular training at the same time of day on
diurnal fluctuations of muscular performance. Journal of Sports Sciences, 20,929-937. Souissi,
N., Gauthier, A., Sesboüé, B., Larue, J., & Davenne, D. (2003a). Circadian rhythms in two
types of anaerobic cycle leg exercise : Force-velocity and 30-s Wingate tests.
International Journal of Sports
Medicine, In press.
·
SOUISSI, N., SESBOÜÉ, B., GAUTHIER, A., LARUE, J.,
& DAVENNE, D. (2003b). Effects of one
night’s sleep deprivation on anaerobic performance the following day.
European Journal of Applied
Physiology, 89,359-366.
·
SYMONS, J.D., VANHELDER, T., & MYLES, W.S. (1988a).
Physical performance and physiological responses following 60 hours of sleep
deprivation. Medicine and Science in Sports and
Exercise, 20,374-80.
·
SYMONS, J.D., BELL. D.G., POPE, J., VANHELDER, T., & MYLES,
W.S. (1988b). Electromechanical response times and muscle strength after sleep
deprivation. Canadian Journal of Sport
Science, 13,225-230.
·
TAKEUCHI, L., DAVIS, G.M., PLYLEY, M., GOODE, R., &
SHEPHARD, R.J. (1985). Sleep deprivation, chronic exercise and muscular
performance. Ergonomics,
28,591-601.
·
THÉPAUT-MATHIEU, C., VAN HOECKE, J., & MATON, B. (1988).
Myoelectrical and mechanical changes linked to length specificity during
isometric training. Journal of Applied
Physiology, 64,1500-1505.
·
TORII, J., SHINKAI, S., & HINO, S. (1992). Effect of time
of day on adaptive response to a 4-week aerobic exercise program.
Journal of Sports Medicine and Physical
Fitness, 32,348-352.
·
TAYLOR, D., EDWARDS, R.H.T., GIBSON, H., & REILLY, T.
(1993). Correction of isometric leg strength test for time of day.
Bulletin du groupe d’étude des rythmes
biologiques, 25,58.
·
VANDENBOOM, R., GRANGE, R.W., & HOUSTON, M.E. (1993).
Threshold for force potentiation associated with skeletal myosin
phosphorylation. American Journal of
Physiology, 265,1456-1462.
·
VANHELDER, T., & RADOMSKI, M.W. (1989). Sleep deprivation
and the effect on exercise performance. Sports
Medicine, 7,235-47.
·
WYSE, J.P., MERCER, T.H., & GLEESON, N.P. (1994).
Time-of-day dependence of isokinetic leg strength and associated interday
variability. British Journal of Sports
Medicine, 28,167-170.
[(1)]
Centre de Recherche en Activité Physique et Sportive UPRES EA
2131, Université de Basse-Normandie, UFR STAPS 14032 Caen, France.
[(2)]
Laboratoire Performance Motrice EA 2253, Université de
Poitiers, UFR Sci du Sport 86000 Poitiers, France. Correspondance : Davenne
Damien, Centre de Recherche en Activité Physique et Sportive UPRES EA 2131,
Université de Basse-Normandie, UFR STAPS, Tel : 33.2.31.56.72.83., Fax :
33.2.31.56.72.82., E.Mail :
davenne@ staps. unicaen.
fr