Science et motricité
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4491-7
132 pages

p. 57 à 68
doi: 10.3917/sm.053.0057

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no 53 2004/3

2004 Science et motricité

Validation de la traduction française du Movement Imagery Questionnaire-Revised (MIQ-R)

Jean Lorant  [(1)] Alexandra Nicolas  [(2)]
L’objectif de cette étude est de mettre à la disposition de la communauté des chercheurs fran~cophones une version valide et fiable du Movement Imagery Questionnaire-Revised (MIQ-R) de Hall & Martin (1997). Avec une population de 62 hommes et 72 femmes, les résultats vérifient la validité de construit et la fiabilité test-retest, confirment que l’imagerie visuelle est meilleure que l’imagerie kinesthésique quels que soient le sexe, le niveau de pratique et qu’une une bonne capacité d’imagerie kinesthésique est liée à un temps de pratique plus important. Mots-clés : Imagerie mentale, mouvement, questionnaire, validité, fiabilité. The aim of this study is to provide to French-speaking researchers a valid and reliable version of the Movement Imagery Questionnaire-Revised (MIQ-R) of Hall & Martin (1997). With a population constituted by 62 men and 72 women, results verify construct validity and reli~ability, confirm that visual imagery ability is better than kinesthetic imagery ability what~ever sex, level of practice and that a high level of kinesthetic imagery ability is connected to a more important duration of practice. Keywords : mental imagery, movement, questionnaire, validity, reliability.
 
Introduction
 
 
Le Movement Imagery Questionnaire-Revised (MIQ-R) est issu du Movement Imagery Questionnaire (MIQ) conçu par Hall & Pongrac (1983). Ce dernier est constitué de deux échelles visuelle et kinesthésique comprenant chacune 9 items et comporte quatre étapes : la description d’une position de départ, la description d’une action à exécuter, sa réalisation et, selon l’échelle, la facilité ou la difficulté pour le sujet de visualiser ou de ressentir la réalisation de cette tâche. Les actions à exécuter, similaires dans chaque échelle, concernent le membre supérieur, le membre inférieur, la globalité du corps, des sauts, des sauts en rotation et des enroulements. La validité de construit et la fiabilité testretest du MIQ ont été confirmées par Hall, Pongrac & Buckolz (1985) et Atienza, Balaguer, & Garcia-Merita (1994). Hall et al. (1985) mettent en évidence des coefficients de consistance interne [(3)] respectifs de .87 et .91 pour les échelles visuelle et kinesthésique et un coefficient de fiabilité test-retest de .83, identique pour les deux échelles, avec un délai d’une semaine. Atienza et al. (1994) trouvent des valeurs très proches ou identiques : .89 et.88 pour les échelles visuelle et kinesthésique et .83 pour la fiabilité test-retest et confirment la validité de construit du questionnaire en dégageant sa structure bifactorielle au moyen de l’analyse factorielle en composantes principales.
En s’appuyant sur une dizaine d’années d’application du MIQ, Hall & Martin (1997) vont élaborer le MIQ-R, version plus courte (8 items au lieu de 18) qui supprime les items redondants et les sauts en rotation (parfois difficiles pour certains sujets). Dans leur rédaction, la présentation des items visuels est harmonisée avec les items kinesthésiques et les valeurs élevées de l’échelle sont mises en correspondance avec une bonne capacité d’imagerie, contrairement au MIQ. Cette étude montre une bonne corrélation identique pour les deux échelles, r(50) = .77, p < .001 entre le MIQ et le MIQ-R ainsi qu’une imagerie visuelle significativement supérieure à l’imagerie kinesthésique, t(49) = 4,91, p < .001.
Si la validité de construit et la fiabilité sont des étapes incontournables dans l’élaboration d’un questionnaire censé mesurer une capacité, les chercheurs et les praticiens s’intéressent aussi à la validité prédictive : la capacité d’imagerie permet-elle d’être plus performant dans l’apprentissage et la réalisation d’un mouvement ? Goss, Hall, Buckolz, & Fishburne (1986) montrent que ceux qui visualisent bien l’image et ressentent bien le mouvement effectuent moins d’essais pour apprendre un mouvement que ceux qui la visualisent bien et le ressentent faiblement et que ceux qui la visualisent et le ressentent faiblement. Hall, Buckolz, & Fishburne (1989) mettent en évidence que les sujets les plus imageants ne sont pas plus performants que les sujets les moins imageants dans la remémoration de mouvements simples mais qu’en revanche, ils étaient plus précis dans leur reproduction. Ces études confirment la validité prédictive du MIQ au sens où il permet une prédiction acceptable en regard du nombre de répétitions nécessaire à l’apprentissage d’un geste et de la précision de son exécution. En revanche, les études mettant en relation la capacité d’imagerie et le niveau d’habileté motrice sont contradictoires : Mumford & Hall (1985) montrent que plus le niveau des patineurs artistiques est élevé, meilleur est le niveau d’habilité d’imagerie kinesthésique alors que Jowdy & Harris (1990) trouvent que des sujets peu habiles pour jongler avec des balles obtiennent un meilleur score à l’échelle d’habilité d’imagerie kinesthésique. Le faible nombre d’études, l’insuffisance de la cohérence des critères et des méthodes utilisés ne permettent pas de trancher définitivement cette question.
L’objectif de cette recherche est d’éprouver la validité de construit (structure factorielle et cohérence interne) et la fidélité entre deux passations de la version française du MIQ-R ainsi que d’étudier l’influence de facteurs comme le sexe, le niveau de pratique et le temps de pratique.
 
Méthode
 
 
Sujets
Cent trente quatre sujets (62 hommes et 72 femmes) âgés en moyenne de 24,35 ans (minimum : 17, maximum : 60 ans, écart-type : 9,31) ont participé à cette recherche. Ils sont majoritairement étudiants en faculté des sciences du sport (63 %) ou pratiquent une activité sportive dans un club (37 %). Ils reportent le type d’activité sportive dominante, le nombre d’années de pratique dans cette activité ainsi que leur niveau de pratique sportive, réparti sur la base de quatre catégories pré-établies : International, National, Départemental et Loisir, les deux premières étant regroupées pour constituer un niveau de pratique « intense » (48,51 %), les secondes un niveau de pratique « modérée » (51,49 %).
Procédure
Après avoir traduit le questionnaire de l’anglais au français, nous avons demandé à un sujet parfaitement bilingue de le retraduire du français à l’anglais, de comparer ensuite les versions et de faire les adaptations nécessaires. Dans la mesure où il y avait peu de corrections à apporter, nous n’avons pas jugé utile d’employer la procédure de Vallerand & Halliwell (1983), plus pertinente lorsque l’on suspecte des différences d’appréciation ou d’interprétation liées aux facteurs culturels, ce qui pourrait être le cas dans les études touchant aux opinions, attitudes, représentations ou dans tout questionnaire mettant en jeu des différences liées aux aspects sémantiques ou culturels. A la différence de Hall & Martin (1997), et afin de faciliter le report de l’estimation du sujet, l’échelle en 7 points illustrée dans les instructions du questionnaire a été placée après chacun des items. De plus aucun chiffre n’était porté dans le modèle de la partie Instructions et dans le questionnaire afin d’éviter leur influence. A l’instar des auteurs, l’échelle a été inversée de telle sorte que sa partie droite était dédiée à une bonne capacité d’imagerie.
Passation
Elle s’est déroulée sur une période de deux mois. Tous les questionnaires ont été administrés dans un gymnase calme dans des conditions standardisées. Pour des raisons de disponibilité ou de déplacement, certains participants ont effectué la passation sur leur lieu de pratique dans les conditions ci-dessus. Short & Short (2002), dans une étude sur 23 sujets mettent en évidence que si l’expérimentateur est présent durant l’administration du questionnaire, les sujets exécutent la tâche jusqu’au bout alors que dans le groupe où il n’est pas présent, 3 sujets sur 11 respectent la consigne. Si on ne doit pas écarter les remarques de Short & Short (2002), on peut objecter que l’effectif de leur étude est assez faible (23), que la randomisation aurait pu distribuer de manière biaisée les sujets (« sincérité », « honnêteté », « probité ») et que l’observation permanente du sujet effectuant la tâche, alors même que l’on constate que la tâche motrice est effective jusqu’au dernier item, peut introduire d’autres biais liés à la présence d’autrui. C’est un problème général de tous les questionnaires, tests ou inventaires. Dans notre travail, la présence de l’expérimentateur est volontairement non ostensible.
La seconde passation, destinée à contrôler la fidélité, s’est déroulée environ trois semaines après la première avec 46 sujets.
 
Résultats
 
 
Afin de mettre en évidence la structure bifactorielle du questionnaire, de mesurer la consistance interne des échelles et d’apprécier la fidélité, nous avons utilisé l’analyse factorielle en composantes principales et l’analyse factorielle confirmatoire (LISREL 8.3), mesuré l’α de Cronbach (Cronbach, 1951) et le coefficient de corrélation de Bravais-Pearson. L’appréciation de la différence entre les groupes a été testée au moyen du test t pour échantillons indépendants en mode unilatéral ou du test U de Mann-Whitney lorsque les variances ne sont pas homogènes, le test t pour échantillons appariés et l’analyse de variance. La valeur du niveau p a été fixée à .05.
Validité de construit et fidélité
L’analyse factorielle en composantes principales met en évidence de manière très claire les deux dimensions visuelle et kinesthésique qui contribuent pour 65,63 % de la variance expliquée (45,19 % pour l’axe 1 et 20,44 % pour l’axe 2). Le poids factoriel de chacun des items dans les deux facteurs visuel et kinesthésique est clairement présenté dans le tableau 1 :

TABLEAU 1
Analyse factorielle en composantes principales : poids factoriel
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TABLEAU 1 Analyse factorielle en composantes principales : poids factoriel Facteur 1 Kinesthésique 1 0,04 Kinesthésique 2 0,08 Kinesthésique 3 0,27 Kinesthésique 4 0,28 Visuel 1 0,77 Visuel 2 0,86 Visuel 3 0,75 Visuel 4 0,78 Variance expliquée 2,66 Facteur 2 0,84 0,80 0,75 0,75 0,22 0,18 0,16 0,06 2,59

La cohérence interne des échelles visuelle et kinesthésique est très satisfaisante : l’α de Cronbach est égal à .82 pour les deux échelles. Aucun item, s’il était supprimé, ne vient modifier sa valeur de plus de .03 point.
L’analyse factorielle confirmatoire (Jöreskog & Sörbom, 1996) avec LISREL 8.3 à partir d’une matrice de covariance, confirme le modèle bifactoriel. La valeur du χ2 (fonction minimale d’ajustement) est significative, χ2(19,134) = 42,78, p = .0014. Le rapport χ2/dl (42,78/19 = 2,25), meilleur s’il est proche de zéro, est acceptable lorsqu’il varie de 2 à 5 (Byrne, 1989). Les valeurs du Goodness of Fit Index (GFI = .93), de l’Adjusted Goodness of Fit Index (AGFI = .86), du Comparative Fit Index (CFI = .94), du Normed Fixed Index (NFI = .90) et de l’Incremental Fit Index (IFI = .94) sont (à l’exception de l’AGFI) égales ou supérieures à .90, considérées comme convenables par Jöreskog & Sörbom (1996). En revanche, les valeurs du Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA = .097) et du Root Mean Square Residual (RMR = .10) sont un peu élevées. A cette réserve près, les valeurs confirment la bonne qualité de l’ajustement au modèle à deux facteurs.

TABLEAU 2
Analyse factorielle confirmatoire : mle, erreur et R2
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TABLEAU 2 Analyse factorielle confirmatoire : mle, erreur et R2 Kinesthésique 1 Kinesthésique 2 Kinesthésique 3 Kinesthésique 4 Visuel 1 Visuel 2 Visuel 3 Visuel 4 mle 1,09 0,98 1,18 1,21 0,85 1,10 0,77 0,73 erreur 1,09 1,13 1,09 1,08 0,59 0,43 0,71 0,70 R2 0,52 0,46 0,56 0,57 0,55 0,74 0,46 0,43

Alors même qu’il existe une corrélation entre les valeurs moyennes obtenues à chaque échelle, r(134) = .39, p < .01, le coefficient de détermination, c’est-à-dire la proportion de dispersion commune à ces deux échelles est très modeste (.15), confirmant qu’il s’agit de deux mesures différentes. Le tableau 3 donne la matrice de corrélations entre les items :

TABLEAU 3
Matrice de corrélations
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TABLEAU 3 Matrice de corrélations Kinesthésique 1 Kinesthésique 2 Kinesthésique 3 Kinesthésique 4 Visuel 1 Visuel 2 Visuel 3 Visuel 4 K 1 – K 2 0,60* – K 3 0,50* 0,49* – K 4 0,54* 0,45* 0,60* – V 1 0,25* 0,23* 0,37* 0,29* – V 2 0,13 0,21* 0,40* 0,38* 0,64* – V 3 0,19* 0,24* 0,20* 0,36* 0,46* 0,58* – V 0,17 0,13 0,24* 0,21* 0,49* 0,56* 0,49* – * significatif à.05La fiabilité test-retest a été établie avec un échantillon de 46 sujets. Pour les échelles kinesthésique et visuelle, nous obtenons respectivement les résultats suivants : r(46) = .90, p < .01 et r(46) = .86, p < .01.

Liens avec le sexe, le niveau de pratique et le temps de pratique
Les résultats moyens obtenus aux échelles visuelle et kinesthésique sont respectivement de M = 23.76, SD = 3.79 et M = 21,94, SD = 4.93, chaque score individuel étant constitué de la somme des items composant chaque échelle (un score élevé indique une bonne capacité d’imagerie).
Les scores à l’imagerie visuelle sont plus élevés que ceux de l’imagerie kinesthésique pour l’ensemble de la population, t(133) = 4.29, p < .01, chez les hommes t(61) = 2.00, p = .05 et chez les femmes t(71) = 3.89, p < .01. Les moyennes, effectifs et écart-types sont consignés dans le tableau 4.
Les hommes et les femmes ne se distinguent pas sur les résultats moyens respectifs obtenus aux échelles visuelle et kinesthésique t(132) = .86, p = .39 et t(132) = –1,06, p = .29.

TABLEAU 4
Moyenne, effectif et écart-type selon le sexe, le niveau de pratique et le temps de pratique
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TABLEAU 4 Moyenne, effectif et écart-type selon le sexe, le niveau de pratique et le temps de pratique Imagerie visuelle Imagerie kinesthésique M N SD M N S Sexe Hommes 23,39 62 4,09 22,34 62 4,18 Femmes 24,08 72 3,50 21,60 72 5,51 Niveau de pratique Modéré 24,12 65 3,44 21,80 65 5,24 Intense 23,42 69 4,09 22,07 69 4,66 Temps de pratique 5 ans et moins 23,31 42 4,04 20,24 42 4,90 10 ans et plus 24,53 45 3,35 23,69 45 4,58 Hommes 5 ans et moins 23,23 22 4,24 20,36 22 5,15 10 ans et plus 24,60 25 3,58 24,20 25 2,83 Femmes 5 ans et moins 23,40 20 3,91 20,10 20 4,73 10 ans et plus 24,45 20 3,14 23,05 20 6,13

Afin d’obtenir des effectifs convenables dans chaque catégorie, nous avons regroupé les niveaux Loisir et Départemental pour créer la catégorie « pratique modérée » (N = 65) et les niveaux National et International pour créer la catégorie « pratique intense » (N = 69). Les scores à l’imagerie visuelle sont plus élevés que ceux de l’imagerie kinesthésique pour une pratique modérée ainsi que pour une pratique intense, t(64) = 4,11, p < .01 et t(68) = 2,14, p = .04. Si l’on compare ceux qui ont une pratique intense à ceux qui ont une pratique modérée sur les scores d’imagerie visuelle et kinesthésique, on n’observe pas de différence, t(132) = 1,07, p = .28 et t(132) = –.32, p = .75.
Compte tenu de l’homogénéité de notre population sur le plan de l’âge (M = 24,35, SD = 9,31), nous n’avons pu constituer deux catégories d’âge distinctes et consistantes sur le plan de l’effectif. En revanche, la variable temps de pratique dans l’activité nous a permis de composer, sur la base des fréquences observées, trois catégories aux effectifs proches dont nous avons étudié les deux tiers extrêmes : 5 ans et moins versus 10 ans et plus de pratique, délaissant le tiers médian (plus de 5 ans à moins de 10 ans de pratique). Les scores à l’imagerie visuelle sont plus élevés que ceux de l’imagerie kinesthésique pour une durée de pratique de 5 ans et moins, t(41) = 4,92, p < .01, chez les hommes et chez les femmes, t(21) = 3,62, p < .01 et t(19) = 3,30, p < .01, ce qui n’est pas le cas pour une durée de pratique de 10 ans et plus, respectivement, t(44) = 1,06, p = .29, t(24) = 0,43, p = .67 et t(19) = 1,01, p = .32. Ceux qui ont une plus longue pratique de l’activité ont une meilleure capacité d’imagerie kinesthésique, t(85) = 3,40, p < .01, chez les hommes comme chez les femmes, U (87) = 511,5, z = 3,68, p < 0,01et t(38) = 1,70, p < .05, ce qui n’est pas le cas pour l’imagerie visuelle pour laquelle on ne constate pas de différence, t(85) = 1,54, p = .13, t(45) = 1,20, p = .24 et t(38) = .84, p = .35.
L’examen concomitant des trois variables sexe, niveau de pratique et le temps de pratique générant des effectifs trop petits dans certains groupes, nous avons écarté le facteur niveau de pratique dans la mesure où il n’exerce aucune influence sur la capacité d’imagerie afin d’effectuer une analyse de variance intergroupes à deux facteurs (sexe et temps de pratique) et deux mesures répétées (imagerie visuelle et kinesthésique). Elle confirme que l’imagerie visuelle est meilleure que l’imagerie kinesthésique quel que soit le sexe, mais qu’en revanche la différence observée entre les deux modalités du temps de pratique doit être reconsidérée à la lumière de l’interaction temps de pratique/type d’imagerie : quels que soient le sexe et le niveau de pratique, une bonne capacité d’imagerie kinesthésique est liée à un temps de pratique plus important.

TABLEAU 5
Analyse de variance intergroupes à deux facteurs (sexe, temps de pratique) et deux mesures
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TABLEAU 5 Analyse de variance intergroupes à deux facteurs (sexe, temps de pratique) et deux mesures répétées (imagerie visuelle et kinesthésique) Sexe Temps de pratique V/K Sexe vs Temps de pratique Sexe vs V/K Temps de pratique vs V/K Sexe vs Temps de pratique vs V/K dl effet 1 1 1 1 1 1 1 MC effet 5,22 228,65 170,98 3,94 5,56 51,34 0,86 dl erreur 83 83 83 83 83 83 83 MC erreur 25,26 25,26 11,53 25,26 11,53 11,53 11,53 F 0,21 9,05 14,83 0,16 0,48 4,45 0,07 p 0,6507 0,00354 0,0002 0,6939 0,4892 0,0378 0,7859 V = Imagerie visuelle, K = Imagerie kinesthésique. Temps de pratique : 5 ans et moins/10 ans et plus.

Cet effet est illustré par la figure 1 :
FIGURE 1
Capacité d’imagerie en fonction du temps de pratique.
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Discussion
 
 
Les résultats moyens obtenus aux échelles visuelle et kinesthésique (23,76 et 21,94) sont proches de ceux obtenus par Hall & Martin (1997), (24,22 et 21,16). Dans leur étude, les auteurs n’ont pas vérifié la structure factorielle du questionnaire, ni sa cohérence interne et depuis sa création, aucune donnée n’est venue les étayer. Avec un effectif plus conséquent, notre étude confirme cette structure bifactorielle autant au moyen de l’analyse factorielle en composantes principales, à l’instar de celle observée pour le MIQ par Atienza et al. (1994) qu’avec l’analyse factorielle confirmatoire. Les valeurs des α de Cronbach, qui confirment la cohérence interne des deux échelles, ainsi que la corrélation test-retest du MIQ sont proches de celles de Hall et al. (1985) : .82 et .82 pour les échelles visuelle et kinesthésique versus.87 et.91 et respectivement .90 et .86 versus .83 et .83 pour la fiabilité test-retest.
Outre ces éléments de nature psychométrique, il apparaît, alors même que les sujets ne se distinguent pas quant à leur capacité d’imagerie visuelle quels que soient leur sexe ou leur niveau de pratique, que le temps de pratique est un élément déterminant pour acquérir une bonne capacité d’imagerie kinesthésique. On observe une cohérence des résultats entre le test t pour échantillons appariés (qui montre une capacité d’imagerie visuelle supérieure à l’imagerie kinesthésique chez les « 5 ans et moins » de pratique alors que cette différence n’existe pas chez les « 10 ans et plus ») et le test t pour échantillons indépendants (qui fait apparaître une différence entre « 5 ans et moins » et « 10 ans et plus » seulement sur l’imagerie kinesthésique), comme si la durée de pratique était nécessaire pour générer une bonne capacité d’imagerie kinesthésique.
Indiscutablement, le questionnaire d’imagerie du mouvement de Hall & Martin (1997) est un excellent outil d’évaluation de la capacité d’imagerie visuelle et kinesthésique. Sa validité de construit et sa fiabilité test-retest ne sont pas contestables et cette version en français validée et fiable devrait lui permettre une plus grande audience auprès de la communauté francophone des chercheurs et des utilisateurs [(4)]. Son temps de passation plus court que le MIQ et la suppression des items qui posaient problème, faciliteront la passation auprès de populations plus nombreuses et diversifiées, particulièrement les non-pratiquants, autorisant l’extension des conclusions à des variables comme le sexe, le niveau de pratique, le temps de pratique et le type de pratique selon qu’elle possède une forte ou une faible composante cognitive.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
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NOTES
 
[(1)] Laboratoire Sport, Représentations et Régulations Sociales, Université de Nice Sophia-Antipolis, UFR STAPS B.P. 3259,261, route de Grenoble, 06205 NICE CEDEX 3
[(2)] Université de Nice Sophia-Antipolis, UFR STAPS B.P. 3259,261, route de Grenoble, 06205 NICE CEDEX 3 Correspondance : UFR STAPS B.P. 3259,261, route de Grenoble, 06205 NICE CEDEX 3, France, Téléphone : 33 492 296 546, Fax :33 492 296 537, E-mail lorant@ unice. fr
[(3)] α de Cronbach (Cronbach, 1951).
[(4)] La version française du questionnaire (papier ou fichier Word) est disponible auprès de Jean Lorant UFR STAPS — BP 3259-261, route de Grenoble 06205 NICE Cedex 03 France. Adresse électronique : lorant@ unice. fr
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[(1)]
Laboratoire Sport, Représentations et Régulations Sociales,...
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[(2)]
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[(3)]
α de Cronbach (Cronbach, 1951). Suite de la note...
[(4)]
La version française du questionnaire (papier ou fichier Wor...
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Capacité d’imagerie en fonction du temps de pratique.