2005
Science & Motricité
Modélisation anthropométrique pour une analyse mécanique du geste sportif.
Partie 2 : estimation des centres articulaires et détermination de la cinématique du squelette
Mickaël Begon
[*]
[**]
Patrick Lacouture
[*]
[**]
Une fois le modèle anthropométrique choisi, ajusté et validé (1ère partie), la précision de la cinématique tridimensionnelle du geste humain requiert l’estimation des centres articulaires et la minimisation des mouvements des marqueurs relativement à l’os sous-jacent.
La détermination des centres articulaires présente de nombreuses techniques regroupées en deux approches, prédictive et fonctionnelle. Leur application à la hanche et l’épaule donne un aperçu des méthodes proposées et de leurs résultats. Le second thème est introduit en présentant les erreurs engendrées par les artefacts dus au mouvement de la peau. Par la suite, des techniques plus ou moins invasives et contraignantes sont évoquées pour connaître la cinématique des os sous-jacents ou minimiser les mouvements des marqueurs externes par rapport à celui-ci.
Enfin, quelques questions concluent et guident l’expérimentateur dans ses choix méthodologiques.
Mots-clés :
Revue, anthropométrie, centres articulaires, artefacts dus au mouvement de la peau.
When the anthropometric model has been determined, adjusted and validated (first part), an accurate three-dimensional kinematical analysis requires estimating the joint centres of rotation and minimization of movements between the markers and the underlying bone.
The joint centres determination presents widely reference methods divided into the predictive and functional approaches. Their application to hip and shoulder joints gives an insight on the main methods and their results. The errors caused by the skin movement artefact introduce the second theme. Afterwards, more or less invasive and restrictive techniques are showed in order to know the underlying bones kinematics or to minimize the skin movement artefact.
Lastly, some questions conclude and help the user to define his own protocol.
Keywords :
Review, anthropometrics, joint centre, skin movement artefacts.
L’analyse mécanique du geste sportif utilise plusieurs sources de données : les paramètres inertiels segmentaires d’un modèle anthropométrique (partie 1), la position et l’orientation spatiale des segments prédéfinis et parfois des données dynamiques issues de capteurs, plateforme de force, etc. Même en ayant pris soin de choisir le modèle adapté au sujet et à la gestuelle étudiée, d’autres problèmes provenant de l’orientation et de la position des segments dans l’espace doivent être résolus pour réaliser une analyse mécanique précise. Cette détermination expérimentale est peut-être l’étape la plus critique.
Dans une approche de stéréophotogrammétrie, les coordonnées tridimensionnelles des marqueurs sont calculées à partir des coordonnées bidimensionnelles de chaque caméra, combinées par exemple à la “Direct Linear Transformation” (Abdel-Aziz & Karara, 1971). La calibration du champ est déjà une étape importante pour une reconstruction spatiale précise. Les autres étapes, faisant intervenir le modèle anthropométrique, sont l’estimation des centres articulaires et celle des artefacts dus au mouvement de la peau (ADMP). Avant de développer ces deux grandes sources d’incertitudes, nous rappellerons brièvement les techniques d’estimation de la position et de l’orientation d’un solide dans l’espace. Ces représentations géométriques entrent en effet dans la résolution des problèmes d’ADMP et d’estimation des centres articulaires.
Positions et orientation des segments
Le plus souvent, le mouvement d’une articulation est défini comme celui d’un segment distal par rapport au segment proximal adjacent. Les coordonnées d’au moins trois marqueurs non colinéaires par segment sont nécessaires pour une analyse spatiale. Une première phase consiste à construire des repères locaux relatifs à chaque segment. Un vecteur colonne de translation de l’origine (T) et une matrice (R3,3) de rotation des axes unitaires (X, Y, Z) décrivent ainsi la cinématique de chaque segment par rapport au repère global. Ces matrices peuvent être concaténées dans une unique matrice homogène A4,4 (i.e. Legnani et al., 1996), telle que
Ensuite, les matrices de rotation de deux segments adjacents (

pour respectivement les segments distal et proximal par rapport au repère global) donne lieu à une troisième matrice de passage du segment proximal au segment distal par la relation :
tel que

correspond à la matrice transposée de

Angles d’Euler ou de Cardan
A partir de ces dernières matrices de passage, une méthode commune pour décrire le mouvement d’une articulation en trois dimensions est l’utilisation des angles d’Euler ou de Cardan qui représentent trois rotations successives selon des axes dits « anatomiques ». La matrice de rotation (R3,3) est le produit de trois matrices de rotation mono axiale. La multiplication matricielle n’étant pas commutative, la séquence des rotations est importante. Le changement de séquence modifie les angles donc la description du mouvement de manière significative (Karduna et al., 2000 ; McGill etal., 1997 ; Woltring, 1994). Concernant la scapula par exemple, la rotation médio-latérale est positive, nulle voire négative selon la séquence (Karduna, 2000). En fait, la valeur des angles varie faiblement avec le changement de séquence, uniquement si la valeur des angles reste très inférieure à un radian (Woltring, 1994).
Les axes de vissage
Ce phénomène étendu à chaque articulation rend dès lors complexe, voire impossible, la comparaison entre les travaux proposés par la communauté scientifique. C’est pourquoi l’ISB (Wu et al., 2002), à la suite des travaux de Grood et Suntay (1983) puis Wu et Cavanagh (1995) a choisi une séquence référence permettant une analyse comparative des études. La définition de repères locaux est ainsi en général la suivante : X pour l’axe antéro-postérieur, Y proximo-distal (orienté vers le haut) et Z l’axe médio-latéral orienté en sens opposé pour les deux côtés du corps. Cette définition fait qu’un mouvement dans le plan sagittal est paramétré en OXY. Cependant, contrairement aux conventions internationales (physique, mécanique, mathématiques appliqués), l’axe Z n’est pas vertical ce qui crée des conflits au sein même des biomécaniciens. L’ISB conseille également d’utiliser des matrices homogènes 4x4 (matrice de roto-translation) pour spécifier la position et l’orientation des repères locaux dans le repère global. D’autres recommandations sont encore formulées comme l’orientation relative des segments. Les angles de Cardan α, γ et β, tels que

représentent respectivement la rotation selon l’axe Z du repère local du segment proximal, la rotation autour de l’axe flottant X et la rotation selon l’axe Y du segment distal (figure 1).
FIGURE 1
Description de la rotation d’un solide par les angles de Cardan définis selon les recommandations de l’ISB.
Le mouvement relatif d’un segment entre deux positions peut également être exprimé par les axes de vissage, correspondant à une rotation d’angle θ d’axe k et une translation t de même axe k. A partir de la matrice de passage T4,4 d’un repère par rapport à un autre, il est simple d’obtenir ensuite le déplacement hélicoïdal équivalent. La détermination de l’axe de vissage instantané requiert néanmoins une bonne estimation de la position et de la vitesse des points de mesure. Si le déplacement relatif d’un segment est suffisant par rapport à l’incertitude de la position des marqueurs et le bruit, les paramètres de vissage ont alors une bonne précision. C’est pourquoi la fréquence d’acquisition des paramètres cinématiques ne doit pas être trop élevée par rapport à la fréquence propre du geste, tout en respectant le théorème de Nyquist (ou de Shannon).
Le corps humain, assimilé à un système polyarticulé, se déforme au niveau des articulations. Ainsi, le mouvement de translation d’une extrémité distale résulte de rotations combinées et compensées de nombreuses articulations, la création d’une force extérieure est la résultante d’accélérations des différents segments et des bilans énergétiques peuvent se calculer comme la somme des intégrales au cours du temps des puissances articulaires (Arampatzis & Strickland, 2000 ; Leboeuf et al., 2003). De ce fait, la position des centres articulaires doit être plus ou moins bien estimée selon les calculs à effectuer. Supposant leur incertitude de position, il est également préférable de calculer une zone d’incertitude pour chaque paramètre, à l’intérieur de laquelle l’interprétation est douteuse (Holden & Stanhope, 1998).
Les articulations sont souvent modélisées comme des pivots (1 degré de liberté) ou des rotules (3 degrés de liberté). Cette dernière représentation simplifie le modèle dans la mesure où le point de référence permet de connaître l’axe longitudinal du segment ainsi que la position du centre de masse. Cette modélisation est cependant une hypothèse simplificatrice car les articulations possèdent des centres instantanés de rotation du fait de la complexité des surfaces osseuses en contact.
Certaines études évaluent les centres articulaires à partir de bandes élastiques d’une couleur primaire (souvent du bleu car la peau contient davantage de rouge) où le centre de la bande est automatiquement calculé après application de filtres (Karlson et al., 1997). Outre cette méthode peu usitée, deux grandes techniques se dégagent pour estimer les centres articulaires à savoir la méthode prédictive et la méthode fonctionnelle. Après une présentation succincte, nous verrons leur application sur deux articulations sphéroïdes : la hanche et l’épaule.
L’approche prédictive
La méthode prédictive utilise des régressions linéaires ; le centre articulaire est défini à partir des dimensions du segment considéré comme indéformable. Un vecteur position est alors calculé dans le repère local lié au segment puis, au besoin, replacé dans le repère global. Un axe articulaire peut simplement être représenté par deux marqueurs anatomiques comme les malléoles latérale et médiale pour la cheville ou l’épicondyle et l’épitrochlée pour le coude, etc. De la même manière, un centre articulaire peut être le milieu entre deux marqueurs anatomiques (Sati et al., 1994) ; ces approches sont parfois appelées méthode par simple observation et restent les plus fréquemment utilisées. Une approximation des principaux centres articulaires, d’après cette méthode, est ainsi regroupée dans un article de De Leva (1996) à partir du modèle anthropométrique de Chandler (1975).
L’approche fonctionnelle
Contrairement aux approches prédictives basées sur les dimensions osseuses, les approches fonctionnelles utilisent pour leur part la géométrie de mouvements plus ou moins standardisés : flexion – extension, abduction – adduction et rotation médio-latérale, voire circumduction. La rotation médio-latérale est souvent délaissée car elle entraîne trop de glissement des marqueurs. Des pré-tests sont donc nécessaires puisque les estimations des centres articulaires à partir des seules données cinématiques du geste étudié (marche, flexion – extension, montée d’escalier) restent peu précises (Piazza et al., 2004). L’explication principale tient dans la réalisation préférentielle du geste dans un seul plan, le plan sagittal pour les gestes évoqués.
L’ensemble des méthodes fonctionnelles étant normalement caractérisé par des informations redondantes, la solution est trouvée en utilisant une approche d’optimisation ou de moyenne, car aucune articulation n’est parfaite et aucune mesure n’est sans incertitude.
Il est intéressant de rappeler la méthode de Reuleaux (1876) qui permet d’estimer l’axe de rotation lors d’un mouvement planaire à partir du déplacement d’un marqueur. Ceci équivaut à calculer le vecteur vitesse instantané qui est tangent à la trajectoire curviligne d’un marqueur autour d’un axe. Cette approche est cependant sujette à des erreurs expérimentales importantes (Bryant et al., 1984) comme toute méthode recourant à des quantités différentielles. En effet, la différentiation numérique amplifie les incertitudes de hautes fréquences. Panjabi (1979) étudie ainsi la conséquence de faibles erreurs sur la position des marqueurs et montre qu’elles peuvent induire des incertitudes élevées (facteur 30 à 50) sur le centre articulaire. Il conseille donc que les deux marqueurs d’un même segment forment un angle proche de 90° avec le centre articulaire supposé et qu’ils soient les plus éloignés possible du centre articulaire cherché. Moorehead et al. (2003) présentent une technique d’extrapolation latérale complémentaire à la technique de Reuleaux. La précision est ainsi accrue pour des articulations qui subissent un glissement combiné à pivotement, comme le genou.
D’autres méthodes sont développées pour des modèles anthropométriques simples, nécessitant peu de marqueurs. Comme la longueur théorique d’un segment au cours du temps ne devrait pas varier, le critère d’optimisation de la position du centre articulaire est la longueur des segments proximal et distal (States, 1997). Cette méthode se limite cependant aux mouvements principalement plans.
L’analyse spatiale d’Halvorsen et al. (1999) utilisent les couples d’observation {(1,n/2+1), (2,n/2+2,…, (n/2,n)} (n, nombre d’échantillons temporels) pour un mouvement non cyclique. Ces auteurs font l’hypothèse, non pas de rigidité segmentaire, mais que chaque marqueur tourne autour du même axe (ou centre) de rotation. Dans un repère local, chaque déplacement est normal au plan contenant l’axe de rotation et le milieu de la ligne définie par les couples d’observation. Ces deux projections sont utilisées pour définir deux fonctions objectives qui vont être minimisées :
où
ω est un vecteur normal au plan défini par tous les déplacements

où q est une position sur l’axe de rotation ou le centre de rotation.
Cette méthode est plus robuste que les algorithmes basés sur une hypothèse de rigidité segmentaire lorsque les artefacts dus aux mouvements de la peau sont importants. Le problème est par contre l’indétermination de l’axe de rotation si les marqueurs sont distribués dans un plan contenant l’axe.
La méthode d’ajustement de sphères (figure 2) recherche le centre de sphères ou de cercles concentriques effectués par les marqueurs, au cours des mouvements du segment distal, dans le repère local du segment proximal (Gamage & lasenby, 2002). Pour M marqueurs sur une durée T, la position du marqueur
m et l’instant
t est notée

L’hypothèse générale est que les rayons (r
m), distances entre le centre articulaire (C) et les marqueurs externes (

), sont constants au cours du geste. Chaque marqueur décrit donc des trajectoires curvilignes sur une sphère. Les fonctions à minimiser sont les suivantes :
où vm est un point quelconque du plan défini par les positions successives du me marqueur et n est un vecteur unitaire normal au plan. La résolution de la première fonction permet de trouver le centre articulaire, mais ne fournit qu’un point quelconque de l’axe de rotation dans le cas d’un pivot. C’est la minimisation de la seconde fonction qui donne la direction de l’axe articulaire.
Woltring (1990) propose d’utiliser un axe unique pour chaque articulation calculé comme la moyenne des axes hélicoïdaux (ou axes de vissage) instantanés. A chaque instant, il considère que l’articulation a une composante de rotation et de translation. Il applique ensuite une méthode des moindres carrés à l’ensemble des axes hélicoïdaux pour estimer le centre ou l’axe de rotation moyen. Cette méthode est très utilisée pour des articulations telles que le genou (Besier et al., 2003 ; Boyd & Ronsky, 1998) ou le coude (Chèze et al., 1998 ; Stokdijk et al., 2000). Les auteurs (Stokdijk et al., 2000 ; Veeger, 2000) réalisent les calculs uniquement lorsque la vitesse angulaire est supérieure à 0.25 rad.s-1, pour que le déplacement soit suffisant par rapport à l’incertitude de mesure. Chèze et al. (1998) analysent ainsi le cas d’un système de stéréophotogrammétrie avec des marqueurs externes collés sur la peau. Le bruit ajouté sur les positions est de 2 cm maximum ce qui demande des déplacements minima de 25° pour obtenir une précision satisfaisante des axes de vissage.
Enfin, d’autres méthodes sont présentées dans la littérature. Chèze et al. (1998), par exemple, appliquent une technique itérative pour obtenir le centre articulaire avec des mouvements de circumduction : un axe initial du segment distal est choisi comme l’axe longitudinal supposé du segment et une position initiale du centre articulaire est estimée dans le repère local du segment proximal. A chaque mouvement relatif du segment distal par rapport au segment proximal, l’axe et le centre sont ajustés selon la technique du barycentre. Le dernier vecteur position obtenu est alors considéré comme le centre articulaire. Selon cette technique, les gestes sont effectués lentement pour éviter le mouvement des masses musculaires.
Une dernière méthode est de rendre les segments rigides en utilisant le vecteur de translation et la matrice de rotation instantanés (Söderkvist & Wedin, 1993 ; Spoor & Velpaus, 1980) puis de trouver le point qui, durant le geste, ne subit aucune translation dans le repère local (Holzreiter, 1991).
Application à la Hanche
La position du centre articulaire de la hanche (CAH) est difficile à estimer car il est éloigné des marqueurs anatomiques palpables contrairement aux articulations distales (genou et cheville). Il est souvent le point d’application de la force de réaction de l’articulation lors d’analyses par dynamique inverse. La précision dans son estimation est par conséquent cruciale en terme de propagation des erreurs cinématiques et cinétiques (Cappozzo, 1986 ; 1991 ; Crowninshield et al., 1977 ; Kadaba et al., 1990 ; Penoock & Clark, 1990 ; Ramakrishnan & Kabada, 1991), lors du calcul des moments articulaires (Holden & Stanhope, 1998 ; Kirkwood et al., 1999 ; Stagni et al., 2000) ou encore des bras de leviers des muscles qui croisent cette articulation (Delp & Maloney, 1993).
De nombreuses méthodes de détermination du CAH ont été proposées, dans un premier temps pour l’étude de la marche. Si la méthode radiographique (Bell et al., 1989 ; Fieser et al., 2000 ; Kirkwood et al., 1999 ; Neptune & Hull, 1995) reste le gold standard, les approches prédictives et fonctionnelles sont très développées.
Certaines études assimilent le CAH au grand trochanter (i.e. Gregor et al., 1985 ; Ingen Schenau et al., 1990) ou encore le considèrent fixe dans le repère global pour des mouvements tels que le pédalage sur ergocycle (Hull & Gonzalez, 1990). Il semble que la première hypothèse induise plus d’erreur que la seconde lors des calculs de dynamique articulaire (Neptune & Hull, 1995). D’autres modèles représentent l’acétabulum et la tête fémorale par des surfaces sphériques de centre commun. Le CAH, ainsi défini, est alors estimé à partir des dimensions du bassin dans un repère local déterminé à partir de marqueurs anatomiques palpables (Andriacchi et al., 1980 ; Bell et al., 1989 ; 1990 ; Crowninshield et al., 1978 ; Davis et al., 1991 ; Seidel et al., 1995 ; Shea et al., 1997) (figure 3A). Si certaines régressions sont d’accord pour utiliser uniquement la largeur du bassin (Bell et al., 1990 ; Shea et al., 1997), c’est-à-dire la distance entre les deux épines iliaques antérosupérieures (EIAS), les coefficients de régression diffèrent pour les trois composantes entre ces deux études. Ils sont donc dépendants des protocoles et de la population.
Seidel et al. (1995) montrent l’importance de prendre en compte les trois dimensions du bassin (largeur entre les EIAS ; profondeur entre la lignes des EIAS et celle des épines iliaques postéro-supérieures ainsi que la hauteur déterminée entre la symphyse pubienne et la lignes des EIAS). Selon cette étude, l’utilisation unique de la largeur n’apporte pas de corrélation suffisante. La position relative du CAH par rapport à l’EIAS est ainsi déterminée par les pourcentages suivants : 14 % de la largeur vers l’intérieur, 34 % de la profondeur vers l’arrière et 79 % de la hauteur vers le bas, et ceci quel que soit le sexe des sujets. Cette technique demande toutefois l’identification, par palpation, de la symphyse pubienne qui peut s’avérer gênante dans certains contextes.
FIGURE 3
Position des marqueurs anatomiques permettant la définition de repères locaux dans le but d’estimer les coordonnées du centre articulaire de l’épaule et de la hanche.(A) Pour la scapula : AA = angle de l’acromion, BA = bec de l’acromion, PC = processus coracoïde, AI = angle inférieur de la scapula, TS = trigone spinal.(B) Pour le bassin : EIAS = épine iliaque antérosupérieure, EIPS = épine iliaque postérosupérieure, SP = symphyse pubienne.
Dans une étude comparative récente, Kirkwood et al. (1999) concluent que la méthode prédictive la plus précise, pour l’analyse de la marche, est celle d’Andriacchi et Strickland (1983) qui situe le CAH 20 mm sous le milieu du segment défini par l’EIAS et la symphyse pubienne.
L’approche fonctionnelle définit le CAH comme le centre d’une sphère décrite par la trajectoire des marqueurs de la cuisse lors d’une rotation de la hanche (Blankevoort et al., 1990 ; Cappozzo et al., 1995 ; Cappozzo, 1984; Leardini et al., 1999 ; Persson et al., 1995 ; Piazza et al., 2001 ; Shea et al., 1997). Autrement dit, il est considéré comme le point « rotule » des mouvements relatifs entre le fémur et le pelvis.
Lors des pré-tests, il est parfois demandé d’éviter la rotation médio-latérale de la cuisse afin de minimiser les ADMP. Seuls les mouvements de flexion – extension et d’abduction – adduction sont alors effectués dans des amplitudes minimales de 40-45° (Leardini et al., 1999), ce qui exclurait, a priori, certains sujets ou patients (Bell et al., 1989 ; Kirkwood et al., 1999 ; Seidel et al., 1995). Les travaux de Piazza et al. (2001 ; 2004), in vitro puis in vivo, confirment certes l’augmentation significative d’erreur avec des mouvements limités à 15° comparativement à des amplitudes de 30°. Cependant, les incertitudes obtenues pour l’amplitude restreinte sont similaires à celles d’études antérieures (Bell et al., 1990 ; Leardini et al., 1999), rendant ainsi la méthode fonctionnelle applicable à la quasi-totalité des sujets.
Il n’y a pas de consensus sur la supériorité de l’une des deux approches que chacun cherche à améliorer, à personnaliser. Si Bell et al. (Bell et al., 1990) et Leardini et al. (1999) comparent les deux approches en trouvant des résultats à priori contradictoires, ces derniers ajoutent la circumduction aux mouvements de flexion – extension et abduction – adduction, quand les premiers proposent de nouvelles équations de régression.
Il semblerait malgré tout que la méthode fonctionnelle présente une plus grande répétabilité dans la mesure de paramètres cinématiques et cinétiques (Besier et al., 2003). En outre, elle ne demande pas de localiser avec précision les marqueurs anatomiques ce qui est pratique avec des populations âgées (déformation osseuse) ou obèses. Ceci explique sans doute que l’ISB (Wu et al., 2002) recommande une approche fonctionnelle de détermination du centre articulaire de la hanche.
Au delà de ces recommandations, les deux approches se complètent parfois. C’est ainsi que pour simplifier la procédure de calcul, Besier et al. (2003) cherchent la solution par la méthode fonctionnelle dans un cube de 100 mm de côté ayant pour centre l’estimation prédictive de Shea et al. (1997).
Un autre exemple de complémentarité est l’estimation du CAH en position assise. Il est en effet difficile voire impossible de localiser trois marqueurs sur le pelvis d’un sujet assis dans un fauteuil. L’intérêt de connaître l’orientation des jambes et du tronc est cependant primordial pour l’industrie de l’assise automobile, médicale ou de bureau (mobilité, sécurité, confort…). L’objectif de l’étude de Bush et Gutowski (2003) est donc d’estimer le CAH en position assise en partant des deux marqueurs visibles par les caméras : l’EIAS et l’épicondyle latéral du fémur. Le CAH en position de référence est d’abord estimé par la méthode de Seidel (1995). Ensuite, l’hypothèse de la méthode est que les distances EIAS – CAH et épicondyle fémoral latéral – CAH sont constantes, le bassin et le fémur étant considérés rigides. On résout alors le système composé d’équation de deux sphères en connaissant la position des centres et les rayons. Une seconde hypothèse est formulée pour limiter le nombre de solutions : la composante médio-latérale du CAH est considérée constante par rapport à l’EIAS. Ainsi la solution correspond à l’intersection d’une sphère et d’un cercle telle que la coordonnée verticale est inférieure à l’EIAS.
Application à l’Épaule
Le mécanisme de l’épaule est un complexe osseux (thorax, clavicule, scapula et humérus) qui connecte le tronc et le bras. Le mouvement de l’épaule résulte des mouvements simultanés des articulations sterno-claviculaire, acromio-claviculaire et gléno-humérale. La difficulté d’analyse cinématique du mouvement de l’épaule provient des glissements de la scapula sous la peau. L’utilisation de marqueurs collés sur la peau n’est par conséquent pas envisageable. Des techniques comme la Roentgenographie, l’analyse cinématographique basée sur les contours de la scapula, l’utilisation de goniomètres ou encore l’insertion de pins sont alors envisagées pour une analyse précise. Toutes ces méthodes ne sont cependant pas compatibles avec une étude tridimensionnelle.
Le segment bras est conventionnellement défini par deux marqueurs sur les épicondyles latéral et médial de l’humérus. Pour la définition de l’axe longitudinal du segment, une estimation du centre articulaire de l’épaule (CAE) est souhaitable. Les modèles musculosquelettiques du membre supérieur définissent généralement l’articulation glénohumérale comme l’unique articulation (Helm et al., 1992 ; Högfors et al., 1987) et assimile le point de rotation au centre de la tête humérale considérée comme une sphéroïde. Hormis l’étude de Saha (1961), la plupart des travaux (Helm et al., 1992 ; Meskers et al., 1998 ; Soslowsky et al., 1992 ; Veeger, 2000) confirme cette hypothèse.
Tout comme pour l’estimation du CAH, on retrouve la radiographie (Crowninshield et al., 1978), la méthode prédictive ou géométrique (Meskers et al., 1998) et la méthode fonctionnelle (Cappozzo, 1984 ; Woltring, 1990) dans la détermination du CAE.
Selon l’approche prédictive, le CAE est parfois défini sur la ligne entre l’acromion et l’épicondyle latéral (Kingma et al., 1996). Meskers et al. (1998) définissent de leur côté un repère local sur la scapula grâce à au point le plus dorsal de l’articulation acromio-claviculaire (centre du repère local), le trigone spinal et l’angle inférieur (Figure 3B). La position moyenne du centre de la tête humérale est situé, sur 19 cadavres, (36 complexes scapula – humérus) à 2.32 mm pour les coordonnées en x, 2.68 pour celles en y et 3.04 pour celles en z. Deux types d’erreurs se surimposent cependant dans une telle estimation, à savoir : la précision de position des marqueurs définissant le repère local de la scapula et l’erreur résiduelle de la régression linéaire. L’approche fonctionnelle, quant à elle, est similaire à celles appliquées sur la hanche.
Une étude comparative in vitro (sur cadavres) ne met pas en évidence une plus grande précision de l’une des deux approches (Veeger, 2000). Il en va de même, in vivo, où différentes méthodes (prédictive, par axe optimal de vissage et par ajustement de sphères) reproduisent le CAE à plus ou moins 4 mm, bien que les positions estimées diffèrent significativement (Stokdijk et al., 2000). En vue de la standardisation de la recherche sur le membre supérieur, ces derniers auteurs préconisent la méthode fonctionnelle par axes hélicoïdaux (ou de vissage) qui permet de décrire l’ensemble des articulation du membre supérieur et requiert moins de temps de calcul.
Les artefacts dus aux mouvements de la peau
Les marqueurs anatomiques ne sont pas des points mais des zones relativement larges, de surface irrégulière et recouverts de tissu mou qui rendent quelquefois la palpation difficile. L’erreur associée à la position imprécise de ces marqueurs est donc considérée (Della Croce et al., 1997) comme une grande source d’incertitude dans l’analyse du mouvement. C’est donc pour éviter certaines incertitudes systématiques et limiter les incertitudes aléatoires que Cappozzo et al. (1995) proposent un protocole standardisé de l’analyse cinématique par stéréophotogrammétrie. Ainsi les erreurs de mesurage des marqueurs anatomiques, en statique et sur squelette, n’excèdent pas 0.4 mm (Veeger, 2000). La plus grande incertitude provient donc des tissus mous et de leurs mouvements qui restent un des plus importants problèmes irrésolus de l’analyse cinématique articulaire in vivo.
Nous allons ainsi nous intéresser spécifiquement à la part de l’erreur dans les données brutes provenant du mouvement des marqueurs par rapport au squelette, due aux effets combinés de la technique d’accroche des marqueurs et aux mouvements de la surface du support (peau, combinaison) par rapport à l’os.
Ces mouvements sont plus ou moins importants selon les segments, et sont grandement associés aux tissus, actifs et passifs, disposés entre le marqueur et l’os sous-jacent. Le facteur gestuel est également à considérer. Les artefacts dus au mouvement de la peau (ADMP) sont en effet influencés par des accélérations et décélérations élevées, car les différents tissus humains ainsi que les marqueurs n’ont pas les mêmes inerties. Ces perturbations sont difficiles à atténuer par un simple filtre passe-bas, car leur fréquence est proche de celle du geste (Chèze et al., 1998). La réduction des ADMP est toutefois importante dans la détermination de la position et l’orientation des segments dans l’espace. Avant de présenter les principales techniques d’atténuation proposées dans la littérature, nous allons donner quelques exemples de conséquences de ces ADMP au niveau du membre inférieur.
Conséquences des artefacts dus au mouvement de la peau au niveau du membre inférieur
A cause des ADMP, la forme du cluster, défini par les marqueurs d’un même segment, se modifie et se déplace par rapport à la structure osseuse. Il y a donc plusieurs niveaux d’erreurs liés les uns aux autres ; tout d’abord le déplacement de ces marqueurs par rapport à leur position initiale, puis le calcul de l’orientation du segment et enfin l’ensemble des paramètres cinématiques et dynamiques en découlant.
Concernant des gestes classiquement analysés dans la littérature (pédalage, flexion – extension, marche), les ADMP entraînent des erreurs de position pouvant aller jusqu’à 50 mm pour le marqueur définissant le grand trochanter et 25 mm pour des marqueurs plus distaux (Cappozzo et al., 1996 ; Karlsson et al., 1994 ; Reinschmidt, 1997b). D’autres études (i.e. Lafortune et al., 1999 ; Maslen & Ackland, 1994) s’accordent sur l’imprécision des marqueurs externes collés sur le membre inférieur, dans des amplitudes de 15 à 70 mm.
De plus, ces erreurs ne sont pas similaires pour l’ensemble des sujets ; nous remarquons par ailleurs que tous les segments ne sont pas sensibles, dans les mêmes mesures, à ces incertitudes. Ainsi, les marqueurs placés sur le pied et la jambe semblent donner une bonne représentation du mouvement de cette partie du squelette ; cependant, ceux définissant le segment cuisse sont moins fidèles. Tout ceci rend par conséquent difficile le développement d’un algorithme général de correction.
Reinschmidt et al. (Reinschmidt et al., 1997b) confirment que les erreurs dans l’analyse du genou proviennent principalement des mouvements des marqueurs de la cuisse. De fait, dans la marche, les erreurs en rotation médio-latérale et en abduction – adduction peuvent excéder le mouvement lui-même. Ainsi, durant la course, seul le mouvement de flexion – extension présente des différences acceptables entre l’orientation de l’os et celle de la surface du segment correspondant. Les autres rotations (abduction – adduction et rotation médio-latérale) ont des erreurs angulaires équivalentes (2 à 7°). Mais étant moins sollicitées les erreurs fractionnaires s’élèvent à 60 % en moyenne quoiqu’atteignant 240 % dans certaines conditions (Reinschmidt et al., 1997a).
Au niveau de la dynamique articulaire, les ADMP entraînent des erreurs de 39 N et 9 Nm pour le genou lors de la marche (Holden & Stanhope, 1998). En résumé, bien que les marqueurs externes reflètent les mouvements des os dans l’axe préférentiel du mouvement, l’amplitude des autres rotations est régulièrement faussée. Des techniques se sont donc développées pour minimiser ces artefacts.
Utilisation de pins et de clusters rigides
L’utilisation de pins fixés dans l’os apporte une plus grande précision dans la mesure des déplacements osseux (Lafortune et al., 1992 ; Levens, 1948 ; Reinschmidt et al., 1997a ; 1997b). C’est pourquoi, cette technique est à la base de la quantification des incertitudes des marqueurs externes. Son caractère étant invasif, elle reste cependant limité ce qui laisse place aux marqueurs de surface. En effet, cette technique comporte de nombreux facteurs limitants mis en évidence par ses pionniers (Levens et al., 1948) comme les vibrations excessives, les rotations, la perte ou la rupture des « pins » ainsi que la douleur occasionnée. Le membre inférieur a été largement exploré dans ce domaine puisque le pelvis et la cheville présentent des régions appelées « zones sans danger » où aucun nerf ou vaisseau majeur ne passent et à travers lesquelles, les « pins » contournent les muscles, tendons, capsules articulaires et ligaments.
Un intermédiaire entre les pins intracorticaux et les marqueurs externes collés à la peau est le cluster rigide sur lequel viennent les marqueurs. Lorsque le cluster est soigneusement fixé sur la peau, les ADMP sont déjà moindres (Boccardi et al., 1981 ; Stokes et al., 1989) ; ceci permet d’appliquer la mécanique des solides. Cependant, le support peut toujours se déplacer par rapport à l’os. De plus, le cluster rigide est souvent fixé au segment au niveau des muscles et, contrairement aux marqueurs anatomiques, peu recouvert de tissus mous, les mouvements de la surface des muscles par rapport à l’os sont alors très importants.
La méthode de moindres carrés
Les techniques ci-après permettent également d’appliquer les lois de la cinématique du solide, en corrigeant les déplacements des marqueurs d’un même segment les uns par rapport aux autres, tout en conservant des marqueurs sur des zones peu charnues. Cependant elles ne cherchent toujours pas à corriger les mouvements du cluster de marqueurs par rapport à l’os sous-jacent.
Du fait des ADMP, les marqueurs d’un même segment, contrairement à un solide, ne subissent pas exactement la même rototranslation avec le geste. C’est pourquoi, l’ensemble de ces méthodes cherche une matrice de rotation (R) et un vecteur de translation (T) optimaux qui minimisent la différences entre les positions (p) des marqueurs externes d’un segment entre deux instants (t et t+1) :
La méthode d’optimisation segmentaire ajuste ensuite la position des segments à partir de la matrice de rotation et du vecteur de translation calculés. Cette procédure se réalise à partir de la forme des clusters en position de référence par la méthode des moindres carrés et considère que la déformation est un bruit additif à une rigidité supposée (Cappello et al., 1996 ; Cappozzo, 1991 ; Söderkvist & Wedin, 1993 ; Spoor & Velpaus, 1980 ; Velpaus et al., 1988). Le plus souvent, l’équation est résolue par une décomposition en valeurs singulières (Söderkvist & Wedin, 1993), technique qui affine la méthode précédemment décrite par Spoor et Velpaus (1980), car elle est plus stable et donne des résultats supérieurs lors de problèmes mal conditionnés.
La solidification (Chèze et al., 1995 ; 1996 ; 1998) est une amélioration de la méthode précédente ; elle procède en plusieurs étapes. Tout d’abord, le triplet de marqueurs le moins déformé sur l’ensemble du mouvement est choisi pour définir le segment. Puis, un triangle de référence est calculé comme la moyenne des triangles les moins déformés à l’aide d’une procédure itérative d’élimination. Les six paramètres du triangle (3 longueurs et 3 angles) permettent enfin de replacer ce triangle de référence grâce à une routine de minimisation par moindres carrés.
Ces méthodes traitent cependant les segments séparément et ne prennent pas en compte les contraintes articulaires. De ce fait, des mouvements de dislocation apparente des articulations ou des amplitudes non-anatomiques peuvent être trouvés (Kepple et al., 1994). C’est pourquoi, Lu et O’Connor (1999) proposent une procédure d’optimisation globale. Celle-ci cherche la position et la posture optimale du modèle multi-segmentaire à chaque instant en minimisant, par la méthode des moindres carrés, la différence entre les coordonnées des marqueurs issues de la mesure et du modèle prédéterminé. Ce mécanisme vise la compensation des erreurs entre les segments en pondérant chacun d’eux selon la sensibilité au mouvement des tissus.
Utilisation de marqueurs redondants
Bien que trois marqueurs suffisent pour définir un segment, le fait d’en placer davantage fournit des informations redondantes permettant également de minimiser les ADMP (Andriacchi et al., 1998). Il faut cependant éviter de les placer sur des régions constituées de tissu adipeux ou musculaire. Ainsi, concernant le membre inférieur, les faces latérales de la cuisse et de la jambe subissent moins de déplacements relatifs à l’os lors la marche ou du pédalage que les faces médiales (Cappozzo et al., 1996).
La méthodologie des marqueurs redondants (Andriacchi et al., 1994 ; 1998) est modifiée par Alexander et Andriacchi (2001) qui considèrent que chaque marqueur suit une trajectoire précise par rapport à l’os sous-jacent mais entachée d’un bruit gaussien propre. Cette trajectoire relative, impossible à connaître, est considérée comme découlant d’une fonction dont la forme est choisie sur un a priori de la cinématique du geste. Par exemple, une fonction gaussienne est appliquée pour un geste de flexion – extension, alors qu’une fonction sinusoïdale modélise les ADMP lors de la marche. Une procédure d’optimisation est ensuite effectuée en pondérant chaque marqueur en fonction de son degré de déformation.
ADMP fonction du geste
Les dernières approches présentées utilisent des pré-tests pour analyser les déplacements des marqueurs externes par rapport aux marqueurs anatomiques dans deux positions statiques ou lors de mouvements simples selon un axe.
La technique de calibrations multiples (Cappello et al., 1997), tout d’abord, fait l’hypothèse de la linéarité de déplacement des marqueurs anatomiques par rapport aux marqueurs externes, entre deux positions extrêmes (figure 4). La position de ces derniers varie peu lors des calibrations successives alors que celle des marqueurs anatomiques est ajustée à chaque calibration. La transformation rigide optimale de la configuration des clusters entre les deux calibrations est ensuite estimée. Chaque marqueur anatomique est ainsi identifié par deux positions. Au cours de l’expérimentation, les positions de référence, correspondant aux calibrations sont détectées. Les auteurs font l’hypothèse qu’à ces instants, la position des différents marqueurs est comparable à la position statique correspondante. Il y a ensuite une interpolation linéaire entre ces deux instants en prenant le temps comme facteur pondérant.
FIGURE 4
Exemple de double calibration sur le fémur. Les marqueurs anatomiques (GT = grand trochanter, CL = condyle latéral, CM = condyle médial) sont pointés à l’aide d’une baguette dans les deux positions extrêmes du mouvement (d’après Cappello et al., 1996).
La méthodologie proposée par Lucchetti et al. (1998) est plus complexe. Les auteurs partent du principe que le mouvement d’une articulation n’affecte que les tissus mous des segments la définissant. Une calibration des segments est alors effectuée dans une position anatomique de référence puis le sujet réalise des rotations d’une seule articulation. Considérons 3 segments (A, B et C) formant 2 articulations ; le segment A bouge par rapport à B mais C reste fixe par rapport à ce même B. Dans ce cas, les coordonnées du segment B dans le repère local affecté à C sont théoriquement inchangées. La comparaison des coordonnées recalculées dans le repère global d’après le repère local de B et de C donne le « déplacement – artefact ». Celui-ci peut être exprimé en fonction du temps ou des positions angulaires du mouvement. Cette technique réduit de plus de moitié les incertitudes de la position des centres articulaires [mm] et celles de l’orientation relative des segments [°]. La limite de cette approche est cependant de considérer que les artefacts lors du geste étudiés sont similaires à ceux des pré-tests.
Avant tout expérience sur l’analyse mécanique du geste sportif, maintes questions sont à soulever et à résoudre afin d’utiliser le modèle anthropométrique le plus adapté. Quelle est la population sportive étudiée ? Existe-t-il un modèle anthropomorphe basé sur une telle population ? Quelle est la sollicitation cinématique de chaque segment et notamment du tronc ? Les marqueurs seront-ils cachés, susceptibles d’être heurtés voire de tomber ? Quelle technique utiliser pour définir les centres articulaires ? Faut-il procéder à des pré-tests pour les estimer ? Les caractéristiques spécifiques du système d’acquisition cinématographique, que sont le nombre maximal de marqueurs et la fréquence d’acquisition, sont aussi à prendre en compte.
L’analyse cinématique in vivo doit progresser en réduisant les mouvements relatifs des marqueurs externes par rapport à l’os sous-jacent car seul le mouvement de ce dernier apporte les informations cliniques exploitables.
En conclusion, quels que soient les choix concernant les paramètres inertiels segmentaires ou les centres articulaires, l’exploitation des données et l’interprétation des résultats doivent être fonction de la précision du modèle et de son adaptation à l’individu ainsi qu’au geste effectué. Enfin, lorsque le corps du sportif est considéré dans sa globalité comme un système polyarticulé, il est utile de le surdéterminer pour valider le modèle et les procédures de calcul à l’aide de lois mécaniques.
·
Abdel-Aziz, Y., Karara, H. (1971). Direct linear transformation from comparator coordinates into object space coordinates in close-range photogrammetry. In Proc. ASP/UI Symp on Close-Range Photogrammetry.
·
Alexander, E., Andriacchi, T. (2001). Correcting for deformation in skin-based marker systems. Journal of Biomechanics, 34, 355-361.
·
Andriacchi, T., Andersson, G., Fermier, R., Stern, D., Galante, J. (1980). A study of lower-limb mechanics during stair-climbing. Journal of Bone and Joint Surgery, 62,749-757.
·
Andriacchi, T.P., Alexander, E.J., Toney, M.K., Dyrbry, C.O., Sum, J. (1998). A point cluster method for in vivo motion analysis : applied to a study of knee kinematics. Journal of Biomechanical Engineering, 120, 743-749.
·
Andriacchi, T.P., Sen, K., Toney, M.K., Yoder, D. (1994). New developments in musculosketal testing. Proceedings of the Canadian Society of Biomechanics, 221-222.
·
Andriacchi, T.P., Strickland, A.B. (1983). Gait analysis as a tool to asses joint kinetics. Processings of NATO. Advanced Study Institute Biomechanics of Normal and Pathological Articulating Joints, 83-103.
·
Arampatzis, A., Knicker, A., Metzler, V., Brüggemann, G.-P. (2000). Mechanical power in running : a comparison of different approaches, Journal of Biomechanics, 33, 457-463.
·
Bell, A., Brand, R., Pedersen, D. (1989). Prediction of hip joint centre location from external landmarks, Human Movement Science, 8, 3-16.
·
Bell, A., Pedersen, D., Brand, R. (1990). A comparison of the accuracy of several hip center location prediction methods. Journal of Biomechanics, 23, 617-621.
·
Besier, T., Sturnieks, D., Alderson, J., Lloyd, D. (2003). Repeatability of gait data using a functional hip joint centre and a mean helical knee axis. Journal of Biomechanics, 36, 1159-1168.
·
Blankevoort, L., Huisles, R., de Lange, A. (1990). Helical axes of passive knee joint motions. Journal of Biomechanics, 23, 1219-1229.
·
Boccardi, S., Pedotti, A., Rodano, R., Stantambrogio, G. (1981). Evaluation of muscular moments at the lower limb joints by an out-line processing of kinematic data and ground reaction. Journal of Biomechanics, 14, 35-45.
·
Boyd, S., Ronsky, J. (1998). Instantaneous moment arm determination of the cat knee. Journal of Biomechanics, 31, 279-283.
·
Bryant, J., Wevers, H., Mowe, P. (1984). One parameter model for error in instantaneous centre of rotation measurements. Journal of Biomechanics, 17, 317-322.
·
Bush, T.R., Gutowski, P. (2003). An approach for hip joint center calculation for use in seated postures. Journal of Biomechanics, 36, 1739-1743.
·
Cappello, A., Cappozzo, A., La Palombra, P., Lucchetti, L., Leardini, A. (1997). Multiple anatomical landmark calibration for optimal bone pose estimation. Human Movement Science, 16, 259-274.
·
Cappello, A., La Palombra, P.F., Leardini, A. (1996). Optimization and smoothing techniques in movement analysis. International Journal of Bio-Medical Computing, 41, 137-151.
·
Cappozzo, A., Catani, F., Della Croce, U., Leardini, A. (1995). Position and orientation in space of bones during movement : anatomical frame definition and determination. Clinical Biomechanics, 10, 171-178.
·
Cappozzo, A., Catani, F., Leardini, A., Benedetti, M., Della Croce, U. (1996). Position and orientation in space of bones during movement : experimental artefacts. Clinical Biomechanics, 11, 90-100.
·
Cappozzo, A. (1984). Gait analysis methodology. Human Movement Science, 3, 27-50.
·
Cappozzo, A. (1986). Human skeletal system loading patterns associated with activities of daily living. In Christel P, Meunier A, Lee A. Biological and Biomechanical Performance of Biomaterials, 429-440.
·
Cappozzo, A. Three-dimensional analysis of human walking : experimental methods and associated artefacts. Human Movement Science, 10, 589-602.
·
Cereatti, A., Camomilla, V., Cappozzo, A. (2004). Estimation of the centre of rotation : a methodological contribution. Journal of Biomechanics, 37(3) 413-416.
·
Challis, J. (2001). Estimation of the finite center of rotation in planar movements. Medical Engineering and Physics, 23, 227-233.
·
Chandler, R., Clauser, C., McConville, J., Reynolds, H., Young, J. (1975). Investigation of inertial properties of the human body. Technical report DOT HS-801 430.
·
Chèze, L., Fregly, B., Dimnet, J. (1998). Determination of joint functional axes from noisy marker data using the finite helical axis. Human Movement Science, 17, 1-15.
·
Chèze, L., Fregly, J., Dimnet, J. (1995). A solidification procedure to facilitate kinematic analyses based on video system data. Journal of Biomechanics, 7, 879-884.
·
Chèze, L., Gutierrez, C., San Marcelino, R., Dimnet, J. (1996). Biomechanics of the upper limb using robotic techniques. Human Movement Science, 15, 477-496.
·
Crowninshield, R., Johnston, R., Andrews, J., Brand, R. (1978). A biomechanical investigation of the human hip. Journal of Biomechanics, 11, 75-85.
·
Crowninshield, R., Johnston, R., Andrews, J., Brand, R. (1977). The effect of joint center on hip kinetics. Proc 23rd Annual ORS Convention, 47-49.
·
Davis, R., Ounpuu, S., Tyburski, D., Gage, J. (1991). A gait analysis data collection and reduction tehcnique. Human Movement Science, 10, 575-587.
·
de Leva, P. (1996). Joint center longitudinal positions computed from a selected subset of Chandler’s data. Journal of Biomechanics, 29, 1231-1233.
·
Della Croce, U., Cappozzo, A., Kerrigan, C., Lucchetto, L. (1997). Bone position and orientation errors : pelvis and lower limb anatomical landmark identification realibility. Gait & Posture, 5, 156-157.
·
Delp, S., Maloney, W. (1993). Effects of hip center location on the moment generating capacity of the muscles. Journal of Biomechanics, 26, 485-499.
·
Fieser, L., Quigley, E., Wyatt, M., Sutherland, D., Chambers, H. (2000) Comparison of hip joint centers determined from surface anatomy and CT scans : two case studies. Gait & Posture, 11, 119-120.
·
Gamage, S., Lasenby, J. (2002). New least squares solutions for estimating the average centre of rotation and the axis of rotation. Journal of Biomechanics, 35, 87-93.
·
Gregor, R., Cavanagh, P., Lafortune, M. (1985). Knee flexor moments during propulsion in cycling – A creative solution to Lombard’s paradox. Journal of Biomechanics, 18, 307-316.
·
Grood, E., Suntay, W.. A joint coordinate system for the clinical description of three-dimensional motions : applications to the knee. J Biomech Engng, 105, 136-144.
·
Halvorsen, K., Lesser, M., Lundberg, A. (1999) A new method for estimating the axis of rotation and the center of rotation. Journal of Biomechanics, 32, 1221-1227.
·
Halvorsen, K. (2003). Biais compensated least square estimate of the center of rotation. Journal of Biomechanics, 36, 999-1008.
·
Helm, F. van der, Veeger, H., Pronk, G., Woude, L. van der, Rozendal, R. (1992). Geometry parameters for musculo-skeletal modelling of the shoulder system. Journal of Biomechanics, 25, 129-144.
·
Högfors, C., Sigholm, G., Herberts, P. (1987). Biomechanical model of the human shoulder-I. Elements. Journal of Biomechanics, 20, 157-166.
·
Holden, J., Stanhope, S. (1998). The effect of variation in knee center location estimates on net knee joint moment. Gait and Posture, 7, 1-6.
·
Holden, J.P., Orsini, J.A., Siegel, K.L., Kepple, T.M., Gerber, L.H., Stanhope, S.J. (1997). Surface movement errors in shank kinematics and knee kinematics during gait. Gait & Posture, 5, 217-227.
·
Holzreiter, S. (1991). Calculation of the instantanous center of rotation for a rigid body. Journal of Biomechanics, 24, 643-647.
·
Hull, M., Gonzalez, H. (1990). The effect of pedal platform height on cycling biomechanics. Int J Sports Biomech., 18, 1-17.
·
Ingen Schenau, G. van, Woensel, W. van, Boots, P., Snackers, R., deGroot, G. (1990). Determination and interpretation of mechanical power in human movement : application to ergometer cycling. Eur J Appl Physiol, 61, 11-19.
·
Kadaba, M., Ramakrishnan, H., Wotten, M. (1990). Measurement of lower limb extremity kinematics during level wlaking. J Orthop Res, 8, 383-392.
·
Karduna, A., McClure, P., Michener, L. (2000). Scapular kinematics : effects of altering the Euler angle sequence of rotations. Journal of Biomechanics, 33, 1063-1068.
·
Karlsson, A., Lanshammar, H., Persson, T. (1997). Estimation of the knee joint location using colour video. International Journal of Medical Informatics, 45, 163-174.
·
Karlsson, D., Lundberg, A. (1994). Accuracy estimation of kinematic data derived from bone anchored external markers. In Proceedings of the 3rd International Symposium on 3-D Analysis of Human Motion, 27-30.
·
Kepple, T., Arnold, A., Stanhope, S., Siegel, K. (1994). Assessment of a method to estimate muscle attachments from surface landmarks : a 3D computer graphics approach. Journal of Biomechanics, 27, 365-371.
·
Kingma, I., Toussaint, H., De Looze, M., Dieen, J. Van. (1996). Segment inertial parameter evaluation in two anthropometric models by application of a dynamic linked segment model. Journal of Biomechanics, 29, 693-704.
·
Kirkwood, R., Culhan, E., Costigan, P. (1999). Radiographic and non-invasive determination of the hip joint center location : effect on hip joint moments. Clinical Biomechanics, 14, 227-235.
·
Lafortune, M., Cavanagh, P., Sommer, H., Kalenak, A. (1992). Three-dimensional kinematics of the human knee during walking. Journal of Biomechanics, 25, 347-357.
·
Leardini, A., Cappozzo, A., Catani, F., Toksvig-Larsen, S., Petitto, A., Sforza, V., Cassanelli, G., Giannini, S. (1999). Validation of a functional method for the estimation of the hip joint centre location. Journal of Biomechanics, 32, 99-103.
·
Leboeuf, F. ; Achard de Leluardière, F., Hajri, L., Lacouture, P., Frelut, M.L., Pérès, G. (2003). Estimation of joint power developed by lean and obese subjects during vertical jump. Archives of Physiology and Biochemistry ; 111- 47.
·
Legnani, G., Casolo, F., Righettini, P., Zappa, B. (1996). A homogeneous matrix approach to 3D kinematics and dynamics — I. Theory, Mechanism and Machine Theory ; 31, 573-587.
·
Levens, Z.S., Inman, V.T., Blosser, J.A. (1948). Transverse rotation of the segments of the lower extremity in locomotion. Journal of Bone and Joint Surgery, 30, 859-872.
·
Lu, T.-W., O’Connor, J. (1999). Bone estimation from skin marker co-ordinates using global optimisation with joint constraints. Journal of Biomechanics, 32, 129-134.
·
Lucchetti, L., Cappozzo, A., Cappelli, A., Della Croce, U. (1998). Skin movement artefact assessment and compensation in the estimation of knee-joint kinematics. Journal of Biomechanics, 31, 977-984.
·
Maslen, B., Ackland, T. (1994). Radiographic study of skin displacement errors in the foot and ankle during standing. Clinical Biomechanics ; 9, 291-296.
·
McGill, S., Cholewocko, J., Peach, J. (1997). Methodological consideration for using inductive sensors (3SPACE ISOTRAK) to monitor 3-D orthopaedic joint motion. Clinical Biomechanics, 12, 190-194.
·
Meskers, C., Helm, F. van der, Rozendaal, L., Rozing, P. (1998). In vivo estimation of the glenohumeral joint rotation center from scapular bony landmarks by linear regression. Journal of Biomechanics, 31, 93-96.
·
Moorehead, J., Montgomery, S., Harvey, D. (2003). Instant center of rotation estimation using the Reuleaux techniques and a Lateral Extrapolation technique. Journal of Biomechanics, 36, 1301-1307.
·
Neptune, R, Hull, M. (1995). Accuracy assessment of methods for determining hip movement in seated cycling. Journal of Biomechanics, 28, 423-437.
·
Panjabi, M. (1979). Centers and angles of rotation of body joints : a study of errors and optimization. Journal of Biomechanics, 12, 911-920.
·
Penoock, G.R., Clark, K.J. (1990). An anatomy-based coordinate system for the descriptioon of the kinematics dispolacment in the human knee. Journal of Biomechanics, 23, 1209-1218.
·
Persson, T., Lanshammar, H., Medved, V. (1995). A marker-free method to estimate joint center of rotation by video image processing. Computer Methods and Programs in Biomedicine, 46, 217-224.
·
Piazza, S., Erdemir, A., Okita, N., Cavanagh, P. (2004). Assessment of the functional method of the hip joint center location subject to reduced range of hip motion. Journal of Biomechanics, 37(3), 349-356.
·
Piazza, S., Okita, N., Cavanagh, P. (2001). Accuracy of the functional method of hip joint center location : effects of limited motion and varied implementation. Journal of Biomechanics, 34, 967-973.
·
Ramakrishnan, H., Kabada, M. (1991). On the estimation of joint kinematics during gait. Journal of Biomechanics, 24, 969-977.
·
Reinschmidt, C., Bogert, A. Van den, Nigg, B., Lundberg, A., Murphy, N. (1997). Effect of skin movement on the analysis of skeletal knee joint motion during running. Journal of Biomechanics, 30, 729-732.
·
Reinschmidt, C., Bogert, A. van der, Lundberg, A., Nigg, B., Murphy, N., Stacoff, A., Stano, A. (1997). Tibiofemoral and tibiocalcaneal motion during walking : external vs. Skeletal markers. Gait and Posture, 6, 98-109.
·
Reuleaux, F. (1876). The kinematics of machinery : outlines of a theory of machines. Macmillan, London, pp. 60-67
·
Sati, M., de Guise, J., Drouin, G. (1994). In vivo non-invasive 3D knee kinematics measurement and animation system : accuracy evaluation. Third International Symposium on 3-D Analysis of Human Movement, 21-24.
·
Schmidt, R., Disselhorst-Klug, C., Silny, J., Rau, G. (1999). A marker-based measurement procedure for unconstrained wrist and elbow motions. Journal of Biomechanics, 35, 615-621.
·
Seidel, G., Marchinda, D., Dijkers, M., Souas-Little, R. (1995). Hip joint center location from palpable boly landmarks – a cadaver study. Journal of Biomechanics, 28, 995-998.
·
Shea, K., Lenhoff, M., Otis, J., Backus, S. (1997). Validation of a method for location of the hip joint center.
·
Silaghi, M., Plaenkers, R., Boulic, R., Fua, P., Thalmann, D. (1998). Local and global skeleton fitting techniques for optical motion capture. In Magetat-Thalmann N, Thalmann D. Modelling and motion capture techniques for virtual environments. Berlin, pp. 26-40.
·
Söderkvist, I., Wedin, P. (1993). Determining the movements of the skeleton using well-configured markers. Journal of Biomechanics, 13, 1473-1477.
·
Soslowsky, L., Flatow, E., Bigliani, L., Mow, V. (1992). Articular geometry of the glenohumeral joint. Clinical Orthopaedics and Related Research, 285, 181-190.
·
Spoor, C., Velpaus, F. (1980). Rigid body motion calculated from spatial coordinates markers. Journal of Biomechanics, 13, 391-393.
·
Stagni, R., Leardini, A., Cappozzo, A., Benedetti, M., Cappello, A. (2000) Effects of hip joint centre mislocation on gait analysis results. Journal of Biomechanics, 33, 1479-1487.
·
States, R. (1997). Two simple methods for improving the realibility of joint center locations. Clinical Biomechanics, 12 (6), 367-374.
·
Stokdijk, M., Meskers, C., Veeger, Y., de Boer, Y., Rozing, P. (1999). Determination of the optimal elbow axis for evaluation of placement of prostheses. Clinical Biomechanics, 14, 177-184.
·
Stokdijk, M., Nagels, J., Rozing, P. (2000). The glenohumeral joint rotation center in vivo. Journal of Biomechanics, 33, 1629-1636.
·
Stokes, V.P., Andersson, C., Forssberg, H. (1989). Rotational and translational movement features of the pelvis and thorax during adult human locomotion. Journal of Biomechanics, 22, 43-50.
·
Veeger, H. (2000). The position of the rotation center of the glenohumeral joint. Journal of Biomechanics, 33, 1711-1715.
·
Veldpaus, F., Woltring, H., Dortmans, L. (1988). A least-square algorithm for the equiform transformation from spatial marker coordinates. Journal of Biomechanics, 21, 45-54.
·
Woltring, H. (1994). 3-D attitude representation of human joints : a standardization proposal. Journal of Biomechanics, 27, 1399-1414.
·
Woltring, H. (1990). Data processing and error analysis. In Cappozzo & Berme.
·
Wu, G., Cavanagh, P. (1995). ISB recommendations for standardization in the reporting of kinematic data, Journal of Biomechanics, 28, 1257-1261.
·
Wu, G., Siegler, S., Allard, P., Kirtley, C., Leardini, A., Rosenbaum, D., et al. (2002). ISB recommendation on definitions of joint coordinate system of various joint for the reporting of human joint motion – part I : ankle, hip and spine. Journal of Biomechanics, 35, 543-548.
[*]
LMS (Laboratoire de Mécanique des Solides) – UMR 6610 – Université de Poitiers
[**]
CAIPS (Centre d’Analyse et d’Image de la Performance Sportive) – CREPS de Boivre.