Science et motricité
De Boeck Université

I.S.B.N.2804147681
148 pages

p. 65 à 74
doi: 10.3917/sm.056.0065

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no 56 2005/3

2005 Science & Motricité

« Être seuls ensemble » : une figure moderne du lien social dans les centres de remise en forme

Audrey Ernst  [1] Charles Pigeassou  [1]
Les centres de remise en forme sont des espaces de pratique physique dans lesquels se tisse un jeu de relations entre individu et groupe par la médiation d’un environnement structuré. Ces relations dévoilent des usages de l’espace commun et un développement singulier des relations sociales entre les pratiquants.
L’article présente les résultats d’une étude basée sur une démarche ethnologique (observation participante et entretiens non-directifs) réalisée dans un centre de remise en forme. L’objectif consistait à caractériser les comportements et à analyser les formes du lien social.
Les observations montrent que le cadre de pratique, l’organisation et les individus construisent une dynamique relationnelle où s’exprime le processus d’individualisation et se manifeste un lien social adapté aux attentes des membres du club. Mots-clés : individualisation, lien social, centre de remise en forme, ethnologie.
Fitness centers are sport facilities where a set of relationships grows between individuals and groups, mediated by a structured environment. These relationships reveal the use of a common space and the singular development of social links between participants. This paper presents the result of a study based on an ethnological methodology (participating observation and non-directive interviews) carried out in a fitness center. The aim was to characterize behaviours and to analyse the forms of social link.
Results show that practice environment, organization and individuals build a relational dynamics, where the individualization process is at work and where a social link appears, adapted to the expectations of members. Keywords : individualism, social link, fitness center, ethnology.
 
Introduction
 
 
Depuis plus de vingt ans, le fitness est considéré comme une activité de loisir issue de la culture de consommation (Smith Maguire, 2002). En France, les centres de remise en forme, par les larges plages horaires d’ouverture, la multiplication des activités et des cours, offrent une importante accessibilité à la pratique attirant une clientèle très hétérogène. Ces centres constituent un terrain propice au « brassage » des personnes (âge, sexe, professions, situation familiale…). Conçus pour faire de l’exercice en groupe (cours collectifs) ou seul (salle de musculation), ils sont, avant tout, des lieux dans lesquels des personnes se croisent et évoluent autour d’une activité centrée sur l’individu et sur son corps. Dans ce contexte particulier, les interactions se créent dans un rapport entre individuel et collectif.
L’objet de l’article est de montrer comment le cadre de pratique et la complexité des comportements observés traduisent l’existence d’une forme de lien social adaptée à l’évolution de l’individualisme contemporain.
La montée de l’individualisme a remis en question les bases des règles collectives sur lesquelles les sociétés traditionnelles étaient fondées. Un procès de personnalisation relevant d’un désir d’accomplissement personnel et de liberté de choix, a révolutionné le quotidien et changé les façons de penser les loisirs et le temps libre. L’individu a ressenti le besoin d’avoir la responsabilité de lui-même, ce qui, dans une certaine mesure, est une forme d’individualisme positif (Ehrenberg, 1998). Cependant, le processus d’individualisation, indissociable du désir d’autonomie, a contribué à changer les comportements de l’individu vis-à-vis de ses groupes d’appartenance. Ceci a entraîné un coût psychologique supplémentaire pouvant aboutir à « la fatigue d’être soi » (Ehrenberg, 1998). En mettant en place un mode de pratique basé sur « une sportivisation à la carte », les centres de remise en forme auraient-ils fourni une réponse aux attentes personnalisées et au besoin d’individualisation qu’exprime l’homme moderne ? Ce mode de fonctionnement ne serait-il pas en décalage avec l’idée de lien social et avec le développement de sociabilités telles qu’on peut les rencontrer dans les pratiques sportives dites traditionnelles ?
Les travaux de François De Singly (2000, 2003), dans le domaine de la sphère privée, ont montré que l’individu a besoin de s’aménager des moments dans la vie commune pour « respirer » et mieux se construire. L’auteur avance l’idée que la modernité réclame un monde à soi en valorisant l’individualisation des individus qui est nécessaire pour qu’ils s’affirment en tant que personnes. Que ce soit dans le couple ou la famille, un équilibre doit être trouvé entre individuel et collectif, ce qui passe par un compromis entre les rapports aux autres et diverses formes d’autonomie et d’indépendance (Chaland, 1998). Le processus d’individualisation serait alors une réponse à l’évolution des mentalités, des repères identitaires, des discours sur la liberté. Les centres de remise en forme offriraient-ils un cadre de pratique facilitant l’expression de manifestations diversifiées et adaptatives de la relation aux autres participants ? Ces manifestations oscillent entre isolement et communication.
 
Une méthode qualitative
 
 
Pour observer et comprendre les mécanismes qui organisent les rapports entre les individus, la démarche ethnologique a été privilégiée. Combinant l’observation participante et l’écoute situationnelle, elle permet d’appréhender les interactions des acteurs in situ et d’analyser les formes discrètes de création de lien. L’étude a été réalisée dans un centre de remise en forme de Montpellier appartenant à une chaîne nationale (et internationale) Full Time Fitness où seules des activités liées au fitness sont proposées. Ce centre compte plus de 1200 adhérents (69 % de femmes et 31 % d’hommes) fréquentant la salle dans la semaine.
Durant deux années, une présence répétée sur le terrain a permis une observation régulière des modes de fonctionnement à l’intérieur du centre et une meilleure compréhension du milieu. Tout le personnel a été informé de l’étude à part les six premiers mois où seul le directeur était complice. L’observation masquée a permis de garder l’anonymat et de la distance auprès des autres sans influencer leurs comportements. L’assiduité a aidé à créer ensuite des relations privilégiées avec les professeurs qui sont devenus des personnes « ressources » apportant des informations supplémentaires.
Les observations, concrétisées par la prise de notes, ont été enrichies par des entretiens non-directifs menés auprès des pratiquants. Après quinze personnes interrogées, les informations recueillies sont apparues redondantes et « ce n’est qu’après avoir jugé ce point de « saturation » atteint que l’on peut effectivement considérer la campagne d’entretiens comme close » (Blanchet & Gotman, 1992, p. 54). Le choix de la population s’est effectué de façon aléatoire en fonction des rencontres et de la disponibilité des personnes.
Les entretiens ont été traités par une analyse thématique de contenu dont le projet est de dégager une « cohérence thématique inter-entretiens » (Blanchet & Gotman, 1992, p. 98) permettant de constituer une grille d’analyse découpée en thèmes et sous-thèmes sur les faits et les significations évoqués par le sujet. Les résultats relèvent d’un travail interprétatif basé sur une mise en parallèle des observations et des discours des pratiquants.
 
Un cadre de pratique offrant des opportunités
 
 
Les notions de « disponibilité », de « flexibilité horaire » et d’« accessibilité » apparaissent très rapidement comme des éléments essentiels dans le choix de la pratique en centre de remise en forme. Le centre Full Time Fitness est ouvert en continu de 9 heures le matin à 21 heures, voire minuit certains soirs. Il met à disposition un espace pour des pratiques diversifiées accessibles à tous les abonnés. Des cours collectifs sont organisés par tranches horaires et la salle de musculation est disponible toute la journée. Il n’y a aucune limitation sur le nombre d’heures passées au centre et également pas d’obligation de présence. Que les pratiquants soient 3 ou 25, les cours collectifs sont toujours assurés et pensés de façon à ce que chacun puisse les réaliser à son niveau. Le choix et la nature des activités, les horaires et la durée de présence font l’objet d’un choix personnel. Dans ces conditions, le pratiquant dispose d’une large possibilité de pratique, diversifiée, flexible, imposant peu de contraintes telles que l’accompagnement, l’assiduité, la ponctualité ou la routine… Ce cadre de pratique offre de nouvelles possibilités pour structurer une activité corporelle car « in opposition to the sport clubs the fitness centres have been characterised by individuality, flexibility and whithout obligation » (Jensen, 2003, p. 187) [2]. Le mode de fonctionnement du centre octroie une certaine marge de liberté à l’individu en limitant au maximum les contraintes liées à autrui et les contraintes matérielles. Cette facilitation a pour corollaire plus de disponibilité pour se centrer sur soi et se réaliser.
« Dans la vie j’ai trop de contraintes pour m’en imposer une autre […] des fois je me dis tu vas faire un quart d’heure de vélo ou une demi heure si t’as envie et si tu en as assez, tu peux, tu repars quoi ça suffit. Voilà j’ai pas d’obligations, je me dis pas : si tu viens une heure tu dois faire ci tu dois faire çà… »
(Nathalie, 27 ans, standardiste)
Ce désir et cette impression de liberté fonctionnent dans l’imaginaire car dans les faits, les gens agissent de façon standardisée. Les mêmes personnes sont repérées aux mêmes heures ; le public de la matinée est différent de celui du soir. Les choix opérés sont limités, en grande partie, par les contraintes professionnelles et individuelles (temps, disponibilité…). La profusion de possibilités, découlant du mode d’organisation du centre et des activités, est un vecteur d’animation et d’indépendance des individus vis-à-vis des professeurs, des autres pratiquants et des cours. Cela crée une effervescence laissant peu de place au développement d’échanges spontanés qui apparaissent futiles dans le contexte d’une activité consommée, « sphere of freedom and choice » [3] (Smith Maguire, 2002, p. 456).
Le cadre dans lequel est organisée et se déroule la pratique autorise et favorise une individualisation des rapports entre les adhérents en développant les sentiments de liberté et d’autonomie. L’individu dégagé de certaines contraintes peut ainsi concilier sa vie de famille, son temps de travail, son loisir et ses aspirations (détente, défoulement, renforcement musculaire…) selon ses propres choix. Le libre accès, le libre choix, la libre circulation entre les différents espaces du centre contribuent à un renouvellement constant du public dans la salle. Ils expliquent, en partie, la rareté des regroupements et des échanges décelée par l’observation et regrettée par certains. Les interactions entre les pratiquants passent par le regard plus que par la parole. L’autonomie tant recherchée ne laisse-t-elle pas des acteurs plus isolés que complices ?
 
Des individus isolés
 
 
Les discours recueillis sur l’activité de musculation expriment l’idée de la « solitude », de la « dimension mécanique » de l’activité et la « lassitude » qu’elle peut engendrer. Engagée dans un effort qui demande peu de réflexion pendant un temps qui peut être prolongé, la personne est amenée à se centrer sur elle-même, un moment propice à se plonger dans ses pensées. Il est rare de voir échanger deux personnes sur des machines voisines car la nature même de l’effort n’autoriserait ou n’encouragerait pas les gens à communiquer.
« Quand tu fais de la musculation, que tu soulèves des poids normalement tu te donnes à 100 % […] déjà t’es pas beau à voir et en plus s’il y a quelqu’un qui te parle et qui te fait penser à autre chose que ce que tu fais, c’est pas agréable ! »
(Stéphane, 31 ans, employé administratif)
Le fait d’être seul sur l’appareil est perçu par certains comme un moment d’isolement, de calme, une sorte de « recueillement » malgré la proximité d’autres personnes. Il est arrivé de voir une femme faire du rameur pendant 20 minutes les yeux fermés ou un jeune homme faire trois quarts d’heure de vélo la tête posée sur le guidon.
Dans les cours collectifs, la présence physique des autres contribue à diminuer le sentiment de solitude ressenti sur la machine. Mais, l’aspect relationnel n’est pas pour autant plus fort. Dans cette situation, le rythme imposé et l’intensité des exercices freinent les échanges entre les participants.
« Dans les cours collectifs, concrètement, t’as pas le temps de parler, ça va trop vite et le peu de temps où on fait des pauses, on boit ou on souffle ! »
(Julie, 22 ans, au chômage)
Le déroulement du cours est basé sur des exercices individuels réalisés en groupe dont la nature et le contenu sont pré-établis. Chacun vient avec ses propres objectifs dans le but de s’occuper de soi et non des autres. Une singularité “for the fitness activities because of the participant’s first-hand expression of individuality and lack of attention to common aspects at all” (Jensen, 2003, p. 187) [4]. Pour François de Singly, « il faut distinguer le « faire ensemble » et « l’être ensemble » (2000, p. 98) car, explique-t-il, un couple qui se réunit volontairement dans la même pièce, ne le fait pas forcément pour partager une activité commune. Dans les cours collectifs, la participation plonge à la fois dans le « faire ensemble » et dans « l’être ensemble » mais ne développe pas le sentiment d’appartenir à un groupe. Dans la salle de musculation, le contexte oriente vers une autre figure : le « faire séparé » dans un espace commun. La dimension plus individuelle que collective de l’activité contribue à construire le sentiment d’isolement des individus.
Le processus d’individualisation présent dans le centre est renforcé par les comportements de certains adhérents. En effet, au prime abord, l’utilisation d’un walkman malgré le fond musical permanent ou le port de lunettes de soleil, dans la salle de musculation peuvent accentuer l’idée de repli sur soi en freinant la communication et la possibilité d’échanges. Il est habituel de voir certains lire un journal pendant qu’ils sont sur les machines… Dans les vestiaires féminins, des pratiquantes apportent des objets relevant de la sphère privée (sèche-cheveux, maquillage, peignoir…) et leurs usages publics attestent d’une certaine forme de privatisation de l’espace. Les individus mettent en place des pratiques qui correspondent à leurs habitudes et à leurs aspirations du moment malgré le fait qu’ils se trouvent dans un espace commun. Ce sont des «individus individualisés » (De Singly, 2003) privilégiant leurs propres choix, au détriment de l’environnement extérieur et d’un possible monde relationnel, dans un espace où de nombreux individus se trouvent en présence les uns des autres.
Les observations tendent à montrer qu’une forme d’individualisme s’exprime de façon forte dans le contexte du centre de remise en forme au détriment d’une forme de lien social habituellement rencontrée dans les groupes sportifs. Dans ces centres, le mode d’organisation, la nature des activités et les usages adoptés par certains suggèrent l’idée d’individus en contact plus qu’en relation les uns aux autres. Pourquoi les personnes fréquentent-elles ce type d’espace alors qu’elles pourraient réaliser cette pratique dans l’espace domestique ?
 
L’attrait de relations sans contraintes
 
 
Le fait d’interroger directement les pratiquants apporte un autre regard sur la situation. Même si certains peuvent émettre le regret que l’ambiance ne soit pas plus conviviale, ils restent satisfaits du contexte social dans lequel ils viennent passer un peu de leur temps libre. Le centre de remise en forme apparaît attractif pour plusieurs raisons. La plus prégnante est que le centre autorise une rupture avec les environnements sociaux habituels dans lesquels l’individu évolue quotidiennement. Les centres de remise en forme offrent un lieu d’évasion : chacun s’émancipe des différents rôles et des contraintes qu’il assume dans le domaine professionnel ou familial pour évoluer dans un univers où les repères identitaires sont gommés.
«C’est un autre cadre, c’est un des rares lieux qui me permet de couper des mes responsabilités professionnelles, de mes amis ou des problèmes familiaux […] parce que rien ne m’y renvoie ni en termes de gens que je côtoie ni en terme d’activité. »
(Claudine, 35 ans, responsable d’un centre d’accueil pour handicapés)
Le temps de la pratique est considéré comme un temps où l’on peut se permettre de ne penser qu’à soi et à son corps, en oubliant provisoirement toutes les difficultés extérieures. C’est une sorte de « sas de décompression », un « lieu de transition » dans la journée qui permet d’évacuer le stress et les tensions accumulés. Au sujet de l’entraînement d’une body-buildieuse, Pascal Duret parle d’une « respiration nécessaire », d’un « devoir d’égoïsme compensateur » par rapport à un altruisme familial ou professionnel (2005, p. 51). C’est la sollicitation par l’activité physique qui rend possible la détente ou le défoulement et la « sensation de l’immédiat ». Cette mise en jeu corporelle focalise l’individu sur les mouvements du corps à réaliser sans avoir à se préoccuper de ce que fait l’autre.
Néanmoins, le sujet est amené à côtoyer dans le centre des gens issus de tout milieu, de tout genre et de tout âge. Chacun se trouve dans ce lieu pour des raisons qui lui sont propres mais tous viennent pour faire une même activité et entretenir leur corps. L’Autre fait partie de l’environnement apportant une sorte de motivation et de caution à l’individu isolé en l’accompagnant dans une logique d’effort physique, une « fraternité » de la volonté (Duret, 2005, p. 50). Les personnes interrogées expriment ce phénomène par le besoin d’une « simple présence collective ».
« Ça reste un lieu social intéressant je crois, quand t’y va à plusieurs… ça permet de te retrouver ensemble tout en faisant du sport et si tu y vas seul… même si concrètement tu rencontres personne ben au moins tu vois du monde »
(Fabrice, 27 ans, informaticien)
La possibilité leur est offerte de pouvoir entrer en relation si elles le désirent. Le plus souvent, le lien ne s’établit pas. Il demeure une potentialité et une éventualité. Seule la proximité construit des formes « d’être ensemble » simplifiées où chacun est libre de prendre part ou non aux discussions et aux regroupements éventuels. Les individus ont besoin de relations sans contraintes (Bernier, 1998) et de la possibilité de s’engager et de se désengager auprès des groupes fréquentés. Ce sont les individus qui sont maîtres de leur engagement vis-à-vis des autres (Beck, 1998) et qui peuvent décider de mettre en place des relations plus confidentielles avec certaines personnes en rompant, notamment, avec l’anonymat dans lequel tous les adhérents évoluent. En définitive, se met en place un lien social électif qui reflète les besoins de l’homme moderne (De Singly, 2003).
 
Conclusion : « être seuls ensemble », une autre façon de partager les espaces communs
 
 
Le centre de remise en forme apparaît comme un espace favorisant une individualisation des rapports qui, au lieu d’être vécue comme contraignante, semble être garante d’un mode de fonctionnement satisfaisant pour tous. Derrière ce « non-lien » apparent s’expriment des sociabilités plus diffuses et plus subtiles (le langage des corps, le partage d’une ambiance immédiate, de la conversation ordinaire…). Le cadre, la pratique et les individus eux-mêmes créent des formes « d’être seuls ensemble » singulières traduisant un lien social « détaché » qui conduit vers une sociologie de la relation sans contraintes (Bernier, 1998). Les relations développées restent conviviales mais très superficielles, la plupart du temps anonymes et cloisonnées à l’intérieur du centre. Le centre de remise en forme construirait un espace en rupture avec les autres pôles organisateurs de l’individu devenant, un lieu de transition dans la vie quotidienne mais aussi dans les histoires de vie des sujets.
Dans le contexte spécifique des centres de remise en forme, les observations mettent en évidence des formes de liens sociaux où s’expriment des comportements caractéristiques de l’individualisme contemporain. La structuration physique et organisationnelle de ces environnements facilite l’émergence et le développement de comportements plus individuels dans des situations collectives. Le succès de ces espaces de pratique ne relève-t-il pas autant du cadre « permissif » et « malléable » propice à l’évasion que du plaisir de l’activité. Aurions-nous parfois besoin « d’être seuls ensemble » ?
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·   Beck, U. (1998). Le conflit des deux modernités et la question de la disparition des solidarités. Lien social et politiques, 39, 15-27.
·   Bernier, L. (1998). La question du lien social ou la sociologie de la relation sans contrainte. Lien social et politiques, 39, 27-33.
·   Blanchet, A., & Gotman, A. (1992). L’enquête et ses méthodes : l’entretien. Paris : Nathan Université.
·   Chaland, K. (1998). Individualisation et transformation de la sphère privée : le discours sur l’individu et sur la famille. Thèse de sociologie, Doctorat nouveau régime, Université des Sciences Humaines de Strasbourg.
·   De Singly, F. (2000). Libres ensemble. L’individualisme dans la vie commune. Paris : Nathan.
·   De Singly, F. (2003). Les uns avec les autres. Quand l’individualisme crée du lien social. Paris : Armand Colin.
·   Duret, P. (2005). Body-building, affirmation de soi et théories de la légitimité, in Un corps pour soi. Paris : PUF., 41-65.
·   Ehrenberg, A. (1998). La fatigue d’être soi. Paris : O. Jacob.
·   Jensen, J-O. (2003). Bodily interactions and forms of community. Empirical studies in a fitness centre and a sport club. In I. Hartmann-Tews, B. Rulofs & S.A. Luetkens (Eds.), Sport and social order, challenges for theory and practice, Proceedings of 2nd World Congress of Sociology of Sport, Cologne, june 18-21, 187.
·   Smith Maguire, J. (2002). Body lessons. Fitness publishing and the cultural production of fitness consumer. International Review for the Sociology of Sport, 37, 3-4, 449-464.
 
NOTES
 
[1] UFR STAPS de Montpellier
[2] En anglais dans le texte : […] car « contrairement aux sports pratiqués en clubs, les centres de fitness sont caractérisés par l’individualité, la flexibilité et l’absence de contraintes ».
[3] En anglais dans le texte : […], « sphère de liberté et de choix ».
[4] En anglais dans le texte : Une singularité « pour les activités de fitness car les participants expriment en premier lieu leur individualité et un manque d’intérêt pour les aspects collectifs ».
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[3]
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