2006
Science & Motricité
Éditorial
Didier Delignières
La revue Science & Motricité offre une belle image de la diversité et du dynamisme de la recherche en STAPS. Encore n’en est-elle qu’un reflet singulièrement limité, de nombreux travaux réalisés dans nos laboratoires étant publiés dans les revues disciplinaires internationales. Dans une université où la formation est supposée être adossée à la recherche, cette production scientifique fournie atteste de la valeur de la discipline et de la qualité des enseignements qui y sont dispensés.
On ne peut alors qu’être irrité par les messages récurrents, venant des plus hauts niveaux de l’État et des médias les plus diffusés, sur la prétendue voie de garage que consisteraient les STAPS au sein de l’Université française. Dix mille étudiants en première année pour quatre cents postes à la sortie : voilà l’antienne maintes fois ressassée, non sans effet par ailleurs. Chacune de nos UFR a connu en cette rentrée une baisse inquiétante de ses effectifs.
Il serait temps de rappeler que les enquêtes sur l’insertion professionnelle de nos étudiants prouvent que les STAPS sont plutôt bien placées dans le paysage universitaire. L’employabilité de nos étudiants est tout à fait satisfaisante, même si les emplois décrochés sont parfois éloignés des motivations initiales qui ont poussé l’orientation des étudiants. Le socle pluridisciplinaire de nos formations et la diversité des compétences construites par les étudiants semblent leur accorder une adaptabilité appréciée sur le marché de l’emploi.
Les STAPS ont su par ailleurs profondément diversifier leurs formations et leurs débouchés. Restreindre leur domaine au seul professorat d’EPS est une ineptie que ne peut justifier que de noirs desseins vis-à-vis d’une discipline qui, peut-être, agace un peu, attirant en son sein un grand nombre de bacheliers scientifiques que l’on préfèrerait voir user leurs fonds de culotte dans les amphis des facultés des sciences.
Malgré les difficultés actuelles, les STAPS peuvent être fières de leur bilan. Les enseignants-chercheurs dont les travaux alimentent les pages de cette revue en sont parmi les principaux artisans. Qu’ils en soient remerciés.