Science et motricité
De Boeck Université

I.S.B.N.2804154769
138 pages

p. 7 à 8
doi: 10.3917/sm.061.0007

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n° 61 2007/2

2007 Science & Motricité

Éditorial

Daniel Bouthier  [1]
Il est opportun de se saisir d’un article co-signé par Alain Durey pour lui rendre à nouveau hommage, en tant qu’ancien co-éditeur principal de la revue Science & Motricité. Disparu prématurément, Alain a été en effet un élément important de stimulation et d’orientation du développement des staps.
Ancien rugbyman junior de niveau national, il a toujours été passionné par les pratiques physiques sportives et artistiques. C’est donc avec audace et talent qu’il a d’abord consacré ses travaux universitaires en didactique des sciences à l’ens de Saint-Cloud, à l’intérêt de s’appuyer sur des exemples de geste sportif pour construire, mobiliser et éprouver des connaissances en sciences physiques, avec des étudiants de cette discipline. Au milieu des années 1980, le départ de l’ens pour Lyon, conduit Jean-Louis Martinand, Alain Durey et Philippe Varin à intégrer de l’Université Paris-Sud sur le Campus d’Orsay. Alain saisit la proposition de s’y investir dans le cursus staps. Ce qu’il fait avec enthousiasme, mobilisant toutes ses qualités d’ouverture et de rassemblement. Sa contribution aux formations et recherches en Sciences du Sport s’est construite d’emblée sur la base d’un grand respect de sa part pour les pratiques physiques et leur théorisation. Il considérait en effet celles-ci comme constitutives du cœur des cursus staps et devant faire l’objet es qualité d’investigations approfondies.
Les disciplines scientifiques classiques doivent intervenir selon lui en appui, de façon contributoire à la connaissance, la compréhension et l’optimisation de l’intervention en aps. C’est dans cet esprit qu’il construit ses cours de biomécanique qui inspireront ensuite son ouvrage Physique pour les sciences du sport (1997, Masson), qui continue à faire référence pour former nos publics d’étudiants staps hétérogènes.
Il a aussi, avec l’aide précieuse de Jean-Louis Martinand, contribué à créer (1989) et animer pendant dix ans l’option didactique des aps (car ne concernant pas seulement l’eps en milieu scolaire) du dea interuniversitaire parisien de « didactique des disciplines », puis d‘« enseignement et diffusion des sciences et des techniques ». Cette option a servi de creuset à la formation doctorale d’un nombre important d’universitaires actuels intéressés par les approches technologiques (formalisation des savoirs d’expérience et modélisation pour l’intervention en éducation, animation et entraînement) et didactiques des aps (élaboration, transmission, appropriation, évaluation de contenus spécifiques), aujourd’hui en poste dans les ufraps et les iufm.
Dans la lignée de ces engagements, Alain Durey a pris un part importante dans le développement de l’acaps et son ouverture au monde de l’intervention. Il était d’ailleurs mandaté pour tenter de créer une revue de diffusion des connaissances scientifiques et techniques pour les aps, intermédiaire entre la recherche pour la connaissance et celle pour l’intervention, pour laquelle il avait avancé des esquisses avec Jean Vivés.
Il a aussi pour partie inspiré les luttes syndicales du snesup et du snep pour la défense d’un cursus staps où les pratiques universitaires d’aps et leur étude soient centrales. Cela supposait à la fois des efforts de formalisation des intervenants de terrain dans le cadre d’une véritable technologie des aps comme sciences des techniques corporelles, et de didactisation des théories scientifiques ne pouvant plus simplement être plaquées et juxtaposées, mais supposant d’être transposées et remaniées pour prendre en compte les caractéristiques originales de la motricité humaine notamment sportive et artistique (Bouthier et Durey, 1994 : Technologie des aps. Impulsions, n° 1, p. 95-124).
La disparition d’Alain laisse en chantier des pans des staps qu’il convient de prendre à bras le corps pour que celles-ci apportent pleinement leur contribution à l’éclairage de l’activité humaine corporelle complexe.
 
NOTES
 
[1]Daniel Bouthier, P.U. STAPS à l’IUFM d’Aquitaine.
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