2008
Science & Motricité
Ouvrages signalés
Lévêque, M. (2008). Psychologie de l’athlète. Radiographie d’une carrière de sportif de haut niveau. Paris : Vuibert, coll. « Sciences, corps et mouvements ».
Derrière l’exploit et l’image publique du champion que les médias mettent en scène se cache un véritable parcours du combattant. Comparable au voyage initiatique, la filière d’accès au haut-niveau sportif impose constamment une discipline draconienne : marginalisation sociale, mise à distance des attaches familiales, acceptation de la discipline institutionnelle et de la vie collective, confrontation permanente à l’effort intensif, etc.
À l’inverse elle offre aussi, dans les structures qui accueillent les sportifs, un cadre chaleureux et stimulant où l’effort, encouragé par tous, doit tendre vers le dépassement de soi. Ainsi, l’institution exige de l’athlète qu’il s’engage intégralement dans son projet sportif mais elle se préoccupe aussi de toutes les autres facettes de sa vie (études, famille, métier, etc.).
Témoignages à l’appui, l’auteur nous fait partager la vie quotidienne du sportif : les contraintes comme les plaisirs de l’exercice de son métier d’athlète ; il décrit la complexité de ce que peut ressentir le champion ainsi que l’originalité du rapport à son propre corps, instrument de sa réussite autant que lieu d’expression de ses émotions.
L’ouvrage est clôturé par un essai original d’explication de la vocation sportive ; on découvrira comment, soutenue par un idéal personnel, pareille vocation s’articule à l’histoire familiale autant qu’à des valeurs sociales du moment.
Delignières, D. (2008). Psychologie du Sport. Paris : PUF, coll. « Que sais-je ? » n° 2110.
Les pratiques sportives, au travers des exigences qu’elles imposent aux pratiquants (recherche de la performance, stress compétitif, pression temporelle, difficulté de la tâche, etc.), suscitent le développement de comportements souvent exceptionnels, dont l’élucidation justifie une investigation spécifique.
Les recherches en psychologie du sport ont considérablement développé nos connaissances sur la motivation, l’anxiété, la gestion du stress, l’apprentissage ou encore la cohésion des groupes. De plus, les résultats de cette discipline ont montré l’importance, à côté d’une préparation physique, technique ou tactique, d’une préparation mentale dans le suivi des sportifs.
Cet ouvrage propose une présentation synthétique des travaux de recherche réalisés ces dernières années dans tous les domaines de la psychologie du sport et de l’exercice. Il s’adresse principalement aux étudiants en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, pour une première approche synthétique de ce domaine complexe.
Le Gallais, D. et G. Millet (2008). La préparation physique. Optimisation et limites de la performance sportive. Paris : Masson
La préparation physique s’appuie aujourd’hui sur des fondements scientifiques, technologiques, méthodologiques, managériaux et professionnels et elle s’emploie à améliorer les nombreux paramètres de la performance, parmi lesquels la force, la vitesse, l’endurance et les facteurs perceptifs.
Cet ouvrage est un manuel complet et documente détaillant tous les aspects de la préparation sportive et les différentes facettes du métier de préparateur physique.
Il est articule en quatre parties :
- les principes fondamentaux de la préparation physique ;
- les bases scientifiques de la préparation physique (bioénergétique, fonctions cardiovasculaire et respiratoire, biomécanique, entraînement mental, etc.) ;
- l’ingénierie de la préparation physique (évaluation des aptitudes, prévention des traumatismes et du surentraînement, récupération, dopage mais aussi prise en charge de I’environnement professionnel, institutionnel) ;
- les applications et la planification d’un projet de préparation physique.
Ce livre est Ie fruit de la collaboration d’une quarantaine d’universitaires, médecins du sport et préparateurs physiques en exercice. Il s’adresse aux entraîneurs, aux étudiants en STAPS, aux médecins et kinésithérapeutes du sport et plus largement a tous ceux qui s’intéressent à la préparation physique et à l’amélioration de la performance.
Froissart, T. et A. Lorrain (2007). Enseigner les activités acrobatiques collectives en milieu scolaire et en club. Joinville-le Pont : Actio.
Cet ouvrage présente des outils de rationalisation et de mise en Å“uvre pour une démarche didactique innovante. La modélisation de l’activité, la classification des éléments proposée, la démarche d’appropriation construite à partir des duos et la structuration des apprentissages en huit étapes par famille offrent des clés permettant de rationaliser l’approche scolaire de cette discipline complexe.
L’ouvrage aborde aussi des aspects peu développés dans la littérature, de la motricité collective et il s’appuie sur une démarche de projet qui associe des compétences transversales élaborées lors de différents cycles. Le dernier chapitre livre les clés de l’évaluation et propose la mise en Å“uvre de dispositifs d’évaluation formative associant contrô1e continu et évaluation finale. Il intègre la possibilité nouvelle pour les activités gymniques de distinguer et d’apprécier les compétences individuelles au travers des prestations collectives.
L’ouvrage apporte des pistes de programmation de l’activité qui est finalisée par une production d’acrobatie collective de spectacle, porteuse de sens car elle permet de réinvestir les compétences multiples acquises au cours des différents cycles programmés.
Méry, S. (2008). Un filet et des sports. Approches : sociologique, historique, prospective, comportementaliste. Paris : L’Harmattan.
Au xvie siècle, un sport attire l’attention de tout un peuple. Il s’agit de la courte paume. Trois siècles plus tard, ses successeurs se développent en Angleterre : le tennis, le tennis de table, le badminton et le volley. Leur histoire est commune jusqu’à la fin du xixe siècle puis ils connaissent une popularité différente. Ces sports n’ont pas seulement des écarts en terme d’effectif. Leur règle, leur recrutement social et la manifestation d’émotions du joueur au cours de la partie sont autant de divergences qui peuvent intéresser les sciences humaines et sociales comme la sociologie, l’éthologie et l’histoire.
Quelles sont-elles ? Comment sont-elles nées ? Comment évoluent-elles ? Pourquoi les joueurs ne sont-ils pas en contact ? Pourquoi en France l’on recense environ quatre cents licenciés à la courte paume et plus d’un million au tennis ? Pourquoi le badminton connaît-il une croissance exponentielle ? Quels sont les facteurs qui attirent les pratiquants vers telle ou telle discipline ?
Nous comparons la logique interne de chaque sport et notamment les rapports des joueurs avec l’espace, le temps, autrui et les objets. Les mimiques gestuelles des joueurs au tennis, tennis de table, courte paume, badminton et volley, sont décortiquées. L’analyse minutieuse de matches montre la diversité des attitudes suivant diverses situations de jeu et révèle des modèles comportementaux. Le sport est bien un média de communication porteur d’affectivité. Il interagit avec la société, il en est son reflet.
Ferez, S. (2008). Le corps homosexuel en-jeu. Nancy : Presses Universitaires de Nancy
Le sport gay et lesbien qui, dans la lignée des Gay Games, s’est institué en France depuis le milieu des années 1980, connaît un succès croissant. Partagé entre le monde sportif, dont il critique la culture homophobe, et la subculture gay, à laquelle il reproche l’imposition de normes corporelles, il semble encore chercher sa voie. Par-delà ses errements, une originalité s’affirme néanmoins : en mettant ostensiblement les corps homosexuels en jeu, il prétend s’immiscer dans des enjeux de représentation du « corps homosexuel ». Enjeux liés à la fois aux images et catégories mentales qui rendent a priori le sport et l’homosexualité exclusifs l’un à l’autre, mais aussi aux mécanismes d’élection de porte-parole ou de représentants. Homosexuel parmi les sportifs, l’acteur du sport gay et lesbien se veut sportif parmi les homosexuels. C’est de cet écartèlement que naît la possibilité d’un processus de politisation des mises en scènes du corps : émergence fragile et douloureuse dans un entre-deux qui cherche à s’inscrire, à se nommer, menaçant toujours de basculer d’un côté ou de l’autre de l’alternative rejetée.