2008
Science & Motricité
Éditorial.
Les STAPS à deux vitesses ?
La nouvelle donne du paysage universitaire risque de bouleverser profondément le fragile édifice que nous avons tenté de construire ces dernières années au sein des UFR STAPS. Sur le principe d’une couverture égalitaire du territoire, de nombreuses structures sont nées durant les quinze dernières années, UFR à part entière, départements, antennes locales. La popularité de la discipline a permis d’ouvrir des formations diversifiées, harmonieusement réparties dans le territoire national.
La nouvelle carte privilégiant un nombre restreint de centres universitaires va modifier les choses. Ne risque-t-on pas de voir se développer la recherche avant tout dans ces pôles, et les formations de niveau master qui pourront s’y adosser ? Ne risque-t-on pas de voir les autres centres universitaires se cantonner dans l’enseignement, et notamment la délivrance de licences ? Avec à terme un reflux des étudiants vers les centres les plus prestigieux et une désertification des UFR les plus modestes ? Et comme conséquence pour ces derniers une nécessaire restriction de l’offre de formation ?
C’est un système à deux vitesses qui se profile. D’un côté la formation d’excellence, ouverte sur la recherche et l’international. De l’autre la formation basique d’un nouveau prolétariat universitaire. Ce sont les hasards de la vie qui permettront de bénéficier du premier ou de devoir se contenter du second. Mais il n’est plus de saison de s’offusquer de l’inégalité de la répartition des services publics sur le territoire. On sait depuis longtemps qu’il faut mieux être bien portant en ville que malade à la campagne.