2008
Science & Motricité
Éditorial
Didier Delignières
À l’heure où j’écris ces lignes, les équipes de formation phosphorent pour la construction des futurs « Masters Enseignement ». On sent des tensions importantes, s’exprimant différemment d’une université à l’autre en fonction des histoires locales. Le problème des relations entre IUFM et Universités est évidemment au cÅ“ur du débat.
Ce qui me semble important de dire à ce sujet, c’est qu’un master enseignement ne saurait se contenter de reproduire à l’identique les formations antérieures, c’est-à-dire d’étaler sur deux ans une simple préparation aux concours. La mastérisation doit être l’opportunité d’une rénovation de la formation des enseignants, dans laquelle la formation à et par la recherche jouera un rôle essentiel, dans la tradition universitaire.
On peut évidemment débattre de la nature de cet adossement à la recherche dont chaque master devra faire preuve. Quelle recherche pour les masters enseignement ? Ne s’agit-il que de la recherche sur l’enseignement et l’intervention, dont on ne peut que regretter la relative faiblesse dans le paysage actuel ? Cette recherche doit-elle être légitimement conçue comme intégrant toute démarche scientifique sur les objets et processus intéressant l’éducation physique, y compris dans une perspective fondamentale ? Il n’y a pas de réponse évidente à cette question. Ce sont les acteurs de la mastérisation, à la fois chercheurs et enseignants, qui construiront ce subtil équilibre.
On entend ça et là qu’il conviendrait d’inciter au développement de recherches spécifiques sur l’enseignement et l’intervention. C’est ignorer la complexité du processus de développement de la recherche. On ne décrète pas l’investissement des chercheurs ou la qualité de leurs travaux. C’est plus en profondeur, et sur le long terme qu’il faut penser les évolutions. Il s’agirait notamment, sur ces thématiques liées à l’enseignement, de travailler à un véritable dialogue entre problématiques fondamentales et perspectives appliquées. Une association comme l’ACAPS, ou une revue telle que Science et Motricité, parce qu’elles sont toutes deux fondées sur le principe de la multidisciplinarité et de l’échange, constituent des outils essentiels pour envisager un tel rapprochement. Il s’agit aussi de permettre aux enseignants et chercheurs spécialistes de l’intervention d’élever leur niveau de production et de publication. Science et Motricité est disposée à les assister dans cet effort.