Sociétés
De Boeck Université

I.S.B.N.2804136728
116 pages

p. 71 à 78
doi: en cours

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no 73 2001/3

2001 Sociétés Revue des Sciences Humaines et Sociales Contributions

L’homosexualité : du secret à la fierté

Stéphanie Goetzmann (CEAQ, Paris V)
« Ai-je donc honte de vivre comme je vis ? Ne puis-je être moi-même qu’au fond d’un souterrain ? Qui m’empêche aujourd’hui d’être publiquement ce que je suis ? » [1]. Ces questions que pose David, le héros du roman L’Étoile Rose de Dominique Fernandez, à la première page du récit, beaucoup d’homosexuels se les sont posées. Devant la répression juridique et sociale vécue à travers les siècles, ils se sont cachés: ils avaient honte, ils avaient peur. Des réseaux souterrains, cachés, ont été mis en place, faisant de l’homosexualité un objet de l’ombre. Aujourd’hui, en France, l’homosexualité n’est plus condamnée par la législation comme je le montrerai un peu plus loin. Par contre il existe une répression sociale : deux hommes (ou deux femmes) montrant l’un pour l’autre une quelconque marque d’affection amoureuse, une attirance sexuelle, sont stigmatisés par une partie de la population. Il existe une homophobie latente qui n’épargne aucune classe d’âge, aucune catégorie sociale, même si les milieux intellectuels, surtout artistiques et culturels, faisant preuve peut-être d’une plus grande ouverture d’esprit, ne sont pas défavorables à l’homosexualité [2]. Le suffixe « -phobie », élément du groupe phobos, crainte, n’est pas à prendre ici dans le sens pathologique du terme (comme pour les personnes atteintes de claustrophobie, angoisse éprouvée dans un lieu clos, par exemple). Cette expression est à prendre dans le sens de rejet, voire de condamnation. L’homosexualité est désignée comme une pratique perverse, anormale, contre nature [3]. Dans les affichages publicitaires est glorifié le couple hétérosexuel, le couple homosexuel n’étant que peu représenté voire inexistant. Beaucoup d’expressions verbales, couramment employées, ont une tendance homophobe [4]. Certaines personnes rejettent l’homosexualité suite à un manque d’information. Par exemple beaucoup font encore l’amalgame entre homosexualité et pédophilie [5]. Cette stigmatisation fait qu’aujourd’hui encore des personnes vivent mal leur homosexualité, elles n’osent en parler à leur entourage de peur d’être jugées, rejetées, ou que cela ait une incidence sur leur vie professionnelle, comme c’est le cas pour l’un de mes amis qui n’avoue (c’est le terme qu’il utilise) son homosexualité qu’à un cercle de proches très restreint. D’autres homosexuels affichent au contraire leur homosexualité : ils sont fiers. De plus en plus d’homosexuels sortent du placard, remontent du souterrain dans lequel ils sont afin de vivre leur sexualité au grand jour, d’exister comme homosexuels.
Dans l’antiquité grecque et latine l’amour entre personnes du même sexe est une pratique tout à fait acceptée. Il existe néanmoins une stigmatisation visant les efféminés ainsi que la passivité, l’élément dominant des sociétés phallocratiques étant la virilité masculine. De ce fait, la «possession homosexuelle est (…) un acte de domination » [6], l’acte passif étant signe de déshonneur pour le citoyen qui le pratique [7].
Le début du Moyen-Age en Occident marque le début des persécutions à l’encontre de la pratique sexuelle entre personnes du même sexe, mais également de toutes les pratiques sexuelles ne correspondant pas à la norme, cette dernière étant un accouplement en vue de procréation, l’homme devant être au-dessus de la femme. D’ailleurs, durant le Moyen-Age, toutes les pratiques sexuelles autres que celle décrite ci-dessus étaient rassemblées sous le terme « sodomie ».
Dès le IVe siècle de notre ère la pratique homosexuelle est condamnée par l’État, puis par l’Église au XIIe siècle. À Paris, à partir du XVIe siècle, les bûchers s’élèvent place de Grève, sur le parvis de l’Hôtel de Ville, ce moyen d’exécution permettant de détruire entièrement le condamné et son crime (les actes du procès étant également brûlés sur le bûcher afin d’effacer toute trace du crime). Au XVIIe siècle, l’emprisonnement remplace peu à peu le bûcher, qui disparaît au siècle des Lumières. Beaucoup de personnes condamnées pour acte de sodomie sont emprisonnées à Bicêtre. Commence alors pour eux une descente aux Enfers, leurs compagnons de détention étant des vénériens, des criminels, des prostituées, la misère et la folie. Ils sont livrés au froid, au manque d’hygiène, à l’humidité, aux rats. Proies faciles pour les prostitués et les maîtres-chanteurs, les sodomites se cachent de plus en plus devant l’accroissement de la répression policière, dont les agents les poursuivent jusque dans les lieux de rencontres : Jardin des Tuileries, Jardin du Luxembourg, Porte Saint-Martin ….
La Révolution de 1789 mettra fin à la répression de l’État envers la sodomie. Le code pénal de 1791 ne fera aucune mention du crime contre nature. Mais si la sodomie entre adultes consentants n’est plus condamnée en tant que telle, la répression, la condamnation sociale vont prendre le relais de la condamnation pénale. La notion de contre nature refait son apparition en 1942, sous le régime de Vichy et, en 1960, est adopté l’amendement Mirguet, qui définit l’homosexualité comme fléau social, au même titre que l’alcoolisme ou la prostitution. Il faudra attendre 1981 pour que soient abandonnées toutes les discriminations à l’encontre des homosexuels [8].
Des mouvements revendicatifs homosexuels vont émerger avec le bouillonnement de Mai 68 et à la fin des années soixante-dix se produit un changement significatif dans l’esprit des homosexuels. En effet, en adoptant pour se désigner le terme gai [9], ils rompent avec une terminologie hétérosexuelle et médicale. Jusque-là les termes désignant les homosexuels (ce terme ayant été inventé en 1869 par un journaliste puis repris peu après par le corps médical, d’ou l’expression de Michel Foucault, « le sodomite était un relaps, l’homosexuel est maintenant une espèce » [10]), étaient inventés pour la plupart par les hétérosexuels, et ils étaient très stigmatisants ( par exemple le terme anti-physique). En adoptant le terme gai, les homosexuels ont la volonté d’affirmer leur mode de vie. Ils veulent vivre et être acceptés, s’intégrer dans la société tels qu’ils sont. Depuis, les homosexuels ne cessent de lutter pour l’égalité des droits, comme le montrent les revendications quant au Pacs, au mariage homosexuel ou encore à l’homo-parentalité.
Pour vivre pleinement il faut pouvoir évoluer dans un milieu où l’on se sent bien, en sécurité. D’où le besoin d’occuper un territoire. Le territoire homosexuel parisien ayant une forte charge symbolique est le quartier du Marais, qui confère une certaine sécurité. Les homosexuels y sont entre congénères, entre semblables, et ils ne risquent pas insultes ou agressions homophobes. Le caractère gai de ce quartier, ou plutôt des rues désignées comme le centre de la vie gaie parisienne (rues Sainte Croix de la Bretonnerie, du Temple, Vielle du Temple, des Blancs-Manteaux, des Archives, des Francs-Bourgeois), est fortement marqué : couleurs du Rainbow Flag (drapeau arc-en-ciel) dans les vitrines et sur les devantures, commerces au nom évocateur (restaurant le Gai Moulin, par exemple), etc. Il y a également la population qui déambule, donnant vie au quartier. Des frontières invisibles se dégagent, il s’opère une délimitation du territoire qui permet l’existence du groupe, de la communauté. « C’est parce qu’il y a proximité (promiscuité), c’est parce qu’il y a partage d’un même territoire (qu’il soit réel ou symbolique), que l’on voit naître l’idée communautaire et l’éthique qui lui est corollaire » [11]. Dans ces quelques rues, il est possible d’être soi-même, c’est-à-dire que l’on peut afficher son homosexualité sans crainte d’être jugé. Mes informateurs ont, à plusieurs reprises, utilisé le terme de « relâchement ». L’attitude adoptée par certains gais dans le Marais est donc différente de celle qu’ils prennent à l’extérieur de ce quartier qui est le leur. Le Marais peut donc être considéré comme un lieu ayant une fonction cathartique. Alors qu’il sont obligés de faire attention à leurs gestes, à leurs attitudes dans les lieux publics où domine la norme hétérosexuelle, le Marais est, pour les gais «une bulle de liberté » (P.A., enseignant, 28 ans) ne serait-ce que symboliquement. Un lieu où il est possible de donner des marques d’affection à son compagnon sans risquer les regards réprobateurs.
C’est également un territoire de chasse, « un grand centre commercial au niveau des hommes » (P.A., enseignant, 28 ans), où les gais peuvent se permettre de fixer un homme dans les yeux, et cela même si ce dernier est hétérosexuel, sans peur de risquer une réaction violente, verbale, voire physique, simplement parce que les personnes qui vont dans le Marais savent qu’elles sont dans le quartier homosexuel. Celui qui vient dans le Marais doit donc se plier à la loi du milieu et ne peut que tolérer les tentatives de séduction à son égard. Le Marais reste un espace où se côtoient initiés et non-initiés, les premiers sachant ce qu’ils peuvent y trouver et pourquoi ils le fréquentent: pour se retrouver entre personnes de la même sensibilité, pour faire des rencontres, pour prendre du plaisir entre amis, pour se libérer d’un carcan parfois trop étouffant.
Le quartier du Marais est nécessaire aux gais, car il participe à la reliance, au sentiment communautaire, et cela même, mais je ne fais que répéter ce que nous savons déjà, si la communauté homosexuelle est constituée de nombreux groupes, plus ou moins ouverts les uns aux autres, chacun ayant ses spécificités, ses particularités. Cette liberté, cette possibilité d’afficher la tendresse ressentie envers un compagnon est également une des raisons de l’édification de commerces et plus particulièrement de bars, restaurants, discothèques, dits gais, présents dans le Marais, mais également dans d’autres quartiers parisiens.
L’aspect sexuel n’est pas non plus à négliger. En effet cette obligation de se cacher, de pratiquer ce que l’on peut appeler une sexualité à la sauvette, entraîne le développement d’une homosexualité de l’ombre. Les lieux parisiens les plus fréquentés sont le Jardin des T uileries, le square au pied de Notre-Dame, le terre-plein de la place de la Nation, la Porte Dauphine, les quais qui longent la Seine, pour ne donner que ces quelques exemples. Ce qui est recherché, ce n’est pas l’âme sœur, mais un certain hédonisme, dimension importante de l’homosexualité. Tout endroit un peu à l’abri des regards peut être un lieu de plaisir sexuel. On s’observe, ce qui souvent met mal à l’aise le non habitué, on cherche un partenaire. Des codes peuvent être utilisés pour indiquer aux initiés, potentiels compagnons d’une nuit, ses préférences sexuelles, comme l’emploi de foulards de couleur. On va « faire son marché » [12], on consomme sur place ou l’on s’en retourne chez soi, c’est l’univers nocturne de nombreux homosexuels, ce sont les Nuits Fauves [13]. Dans certains cas le minimum d’information est échangé, les adeptes de ces lieux étant parfois des non affirmés, craignant pour leur réputation si l’on venait à les démasquer. Il existe également des établissements pour draguer, consommer : les backrooms, arrières-salles situées dans certains bars, « salles obscures et exiguës, où se mélangent des corps nombreux et anonymes » [14], les saunas, des cinémas, ces lieux limitant les risques: casseurs de pédés ou rondes policières par exemple.
Dans tous ces lieux, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, les corps se frôlent, se touchent, c’est la promiscuité et l’absence de lumière. Aller dans une backroom, un sauna, un lieu de consommation sexuelle, au moins une fois, même s’il n’y a pas passage à l’acte peut être considéré comme un rite initiatique. C’est prendre conscience de son homosexualité. L’expérience est telle qu’il y a changement, même si ce dernier n’est pas fondamental. Or le rite initiatique a pour but de changer celui qui le subit. L’aspect initiatique est renforcé par le fait que parmi mes informateurs ayant fréquenté ces lieux de sexe, beaucoup n’étaient pas seuls lorsqu’ils y sont allés pour la première fois. Ensuite, le nouvel initié prend plaisir à y retourner, consomme, ou décide de ne plus fréquenter ces lieux, la première expérience vécue ayant été traumatisante, et les services offerts par ces lieux ne répondant pas à ses attentes et besoins.
La fréquentation de ces lieux de sexe, qui répondait à l’origine au besoin de se cacher, répond aujourd’hui de plus en plus à l’assouvissement de fantasmes, la prise de risque dans des lieux sauvages, dont l’ambiance est parfois reproduite dans des saunas ou encore dans les backrooms, faisant partie intégrante de ces derniers.
Aujourd’hui, l’homosexualité ne se cache plus, elle revendique, l’expression la plus symptomatique de cette revendication étant sans doute la Lesbian and Gay Pride. Par cette manifestation est affirmée la fierté homosexuelle, les gais et lesbiennes qui y participent voyant dans cet événement le moyen de défendre leur mode de vie.
La première Gay Pride française se déroule à Paris en 1977, et les premières années y participent « de vrais militants qui militent» (S.B., 37 ans, cadre supérieur). Aujourd’hui « vrai moment d’identification gay, le reste de l’année on vit comme tout le monde » (S.B., 37 ans, cadre supérieur), elle se veut festive (musique, chars, couleurs, strass et paillettes, envahissent chaque année Paris ainsi qu’une douzaine de villes de province), mais également revendicatrice, comme le prouvent les mots d’ordre, même si certains participants regrettent le fait que les médias insistent plus sur le côté festif, spectaculaire, que sur le côté politique. « C’est le revers de la médaille » (S.B, 37 ans, cadre supérieur), « ce n’est pas grave, car on ose montrer tous les modes de vie » ( P.H, ingénieur ). Comme dans tout rite commémoratif, le groupe peut ainsi, chaque année, prendre conscience de son unité, mais également s’affirmer en tant que partie intégrante de la société, « imposer en douceur une présence dans la vie publique» ( P.H. ingénieur ). L’aspect festif et coloré permet de toucher les jeunes générations : « en tenue vestimentaire classique ça choquerait moins, mais ça attirerait moins. Les ados, par exemple » (P.A., 28 ans, enseignant). Pour beaucoup de participants les paillettes et les tenues excentriques ne sont sorties que pour cette occasion, telles les parures rituelles ou encore les masques des sociétés traditionnelles utilisés en des occasions spécifiques. La parade peut également être rite initiatique, le nouvel initié défilant entouré de ses pairs, étant reconnu comme membre de la communauté et s’affirmant en tant que tel.
Pendant cette journée, l’homosexualité sort de l’ombre, c’est l’effervescence de tous pour un même but: vivre au grand jour, ne plus appartenir à la «race maudite », expression utilisée à de nombreuses reprises par Dominique Fernandez dans L’Étoile Rose. C’est la régénération du groupe. C’est l’orgie, l’orgiasme, le collectif permettant à l’individu de s’épanouir. Personne n’est exclu de cette fête, les chars des étudiants des grandes écoles défilant à proximité du char d’une association dont les adhérents sont adeptes du sado-masochisme. Les lycéens défilent avec les retraités, les gais avec les lesbiennes, les homosexuels avec les hétérosexuels présents. Mélange des genres, des pratiques, pour une même visibilité. Les homosexuels existent, ils sont fiers, ils luttent pour leurs droits, et ils le prouvent en défilant dans les rues de la capitale, arborant le Rainbow Flag, le drapeau arc-en-ciel.
Les couleurs de ce drapeau peuvent d’ailleurs être considérées comme un totem permettant la reliance. En effet, prenant différentes formes, elles permettent la reconnaissance, l’identification. Couleurs chatoyantes, universelles dans le milieu homosexuel, elles sont comme le contre-pied à la noirceur de la répression. Le drapeau est à la devanture de plusieurs commerces gais, tout comme le sticker (auto-collant), les affiches dans les vitrines reprennent ces couleurs. Les homosexuels, hommes et femmes, portent ces couleurs en bracelet, en collier, en broche. Pour exemple, l’un de mes informateurs porte à son poignet un bracelet aux couleurs du Rainbow Flag. Pour lui c’est le moyen de s’affirmer en tant que gai. Par ce bracelet il porte sur lui son homosexualité, la «meilleure manière de s’attester à soi-même et d’attester à autrui qu’on fait partie d’un même groupe, c’est de s’imprimer sur le corps une même marque distinctive » [15]. Porter ce bracelet lui permet de rencontrer des personnes, comme cela lui est arrivé lors d’un concert. C’est un moyen de reconnaissance, ne signifiant rien pour le non-initié, mais favorisant le contact entre les homosexuels, celui qui les porte étant membre du clan, donc un semblable.
Mais les couleurs chatoyantes de la Lesbian and Gay Pride, ou du Rainbow Flag, ne doivent pas faire oublier que des dissensions existent entre les homosexuels. La plus importante de ces derniers mois semble être la polémique autour du relapse, c’est-à-dire le relâchement de la prévention face aux pratiques sexuelles à risque, dont la forme la plus radicale est le bareback, le rapport non protégé. Si cette tendance est également de mise chez les hétérosexuels, le débat est très houleux au sein de la communauté homosexuelle, comme l’a montré la dernière Assemblée Générale des pédés [16] organisée par Act-Up. Le défenseur le plus décrié du bareback est sans nul doute l’écrivain Guillaume Dustan, «un mec ignoble » qui « ne raconte que des histoires de drague, prône la non-prévention totale », et « donne une image mauvaise à l’extérieur et également à l’intérieur de la communauté » (P.H., ingénieur), l’argument de Guillaume Dustan étant «qu’on ne meurt plus du sida. C’est l’image qu’il véhicule de l’homosexualité dans les médias » (P.H., ingénieur). Si P.H., ardent défenseur de la Lesbian and Gay Pride revendique en faveur de la visibilité, il redoute qu’une fausse image de l’homosexualité circule dans les médias, portant ainsi atteinte à l’homosexualité, qui ne veut plus être mise au ban de la société. Sortis de l’ombre, ayant conquis un droit d’exister et d’être reconnus comme des membres à part entière de la société, les homosexuels ne veulent pas risquer une nouvelle condamnation morale, qui pendant vingt siècles les a obligés à vivre cachés.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  BOURDIEU Pierre, La domination masculine, Paris, Seuil, 1998, 142 p.
·  CAMUS Renaud, Tricks, Paris, P.O.L., 1988, 476 p.
·  CAVAILHES Jean, DUTEY P., BACH-IGNASSE G., Rapport gay. Enquête sur les modes de vie homosexuels, Paris, Persona, 1984, 273 p.
·  COLLARD Cyril, Les nuits fauves, Paris, J’ai Lu, 1989, 252 p.
·  DE BUSSCHER Pierre-Olivier, MENDES-LEITE R., PROTH B., «Lieux de rencontre et back-room », in Actes de la Recherche en Sciences Sociales. Sur la sexualité, N°128, Seuil, Juin 1999, pp. 24-28.
·  DURKHEIM Émile, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, Le Livre de Poche, 1991, 756 p.
·  FERNANDEZ Dominique, L’étoile Rose, Paris, Grasset, 1978, 510 p.
·  FOUCAULT Michel, Histoire de la sexualité. 1er volume : La volonté de savoir, Paris, Tel Gallimard, 1976, 211 p.
·  FOUCAULT Michel, « Le monde correctionnaire », in Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1972, 613 p.
·  LEVER Maurice, Les bûchers de Sodome, Paris, Fayard, 1985, 426 p.
·  MAFFESOLI Michel, L’ombre de Dionysos. Contribution à une sociologie de l’orgie, Paris, Le Livre de Poche, 1985, 245 p.
·  MAFFESOLI Michel, Le temps des tribus, Paris, le Livre de Poche, 1988, 280 p.
·  TAMAGNE Florence, Histoire de l’homosexualité en Europe. Berlin, Londres, Paris, 1919-1939, Paris, Seuil, 2000, 691 p.
 
NOTES
 
[1] Cf. Fernandez Dominique, L’étoile Rose, Paris, Grasset, 1978, p. 11.
[2] Ainsi qu’à la plupart des minorités.
[3] Durant l’été 2000, j’ai été la témoin d’une discussion dans laquelle un jeune homme de vingt ans affirme que l’homosexualité est contre nature, le propre de l’être humain étant pour lui de s’accoupler dans un but de procréation.
[4] Par exemple, « on n’est pas des pédés quand même», ou pour une petite quantité d’aliment, de boisson, «c’est une dose, une portion de pédés», le terme « pédé » étant bien entendu utilisé souvent comme une insulte.
[5] L’un de mes informateurs, enseignant, me raconta une anecdote, comme quoi l’une de ses collègues, voulant faire une visite pédagogique au Point Virgule, salle de spectacle en plein cœur du Marais – le quartier homosexuel de Paris – a été alertée par une autre enseignante des dangers que pouvaient encourir les élèves à aller dans ce quartier, du fait de la population homosexuelle qui le fréquente.
[6] Cf. Bourdieu Pierre, La domination masculine, Paris, Seuil, 1998, p. 27.
[7] Encore aujourd’hui le stéréotype homosexuel par excellence est celui de l’efféminé, de « la folle ».
[8] Néanmoins la législation française ne condamne pas les insultes à caractère homophobe, comme c’est le cas pour les insultes à caractère raciste ou antisémite.
[9] L’orthographe varie selon qu’est adoptée la forme anglo-saxonne, ou la forme fran- çaise.
[10] Cf. Foucault Michel, Histoire de la sexualité. La volonté de savoir, Tel Gallimard, 1976, p. 59.
[11] Cf. Maffesoli Michel, Le temps des tribus, Paris, le Livre de Poche, 1988, p. 31.
[12] Cf. Camus Renaud, Tricks, Paris, P.O.L., 1988, 476 p.
[13] Expression de Cyril Collard, qui est le titre d’un de ses livres.
[14] Cf. Cavailhes Jean, Dutey P., Bach-Ignasse G., Rapport gay. Enquête sur les mo- des de vie homosexuels, Paris, Persona, 1984, p 50.
[15] Cf. Durkheim Émile, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, Le livre de poche, 1991, p. 407.
[16] Expression utilisée par le magazine Têtu de décembre 2000.
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[2]
Ainsi qu’à la plupart des minorités. Suite de la note...
[3]
Durant l’été 2000, j’ai été la témoin d’une discussion dans...
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[4]
Par exemple, « on n’est pas des pédés quand même», ou pour ...
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[5]
L’un de mes informateurs, enseignant, me raconta une anecdo...
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Cf. Bourdieu Pierre, La domination masculine, Paris, Seuil,...
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Encore aujourd’hui le stéréotype homosexuel par excellence ...
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Néanmoins la législation française ne condamne pas les insu...
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L’orthographe varie selon qu’est adoptée la forme anglo-sax...
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Cf. Foucault Michel, Histoire de la sexualité. La volonté d...
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Cf. Maffesoli Michel, Le temps des tribus, Paris, le Livre ...
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Cf. Camus Renaud, Tricks, Paris, P.O.L., 1988, 476 p. Suite de la note...
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Expression de Cyril Collard, qui est le titre d’un de ses l...
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