Sociétés
De Boeck Université

I.S.B.N.280413928X
88 pages

p. 39 à 54
doi: en cours

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Contributions

no 78 2002/4

L’invention de la déscolarisation : l’école face au pluriel

Contribution à une sociologie politique de l’école

Béatrice Mabillon-Bonfils & laurent saadoun Laurent Saadoun
La déscolarisation est une idée neuve : croisée du mouvement de massification de l’École et d’un moment de nécessaire gestion du pluriel par l’École, elle doit être comprise comme rupture du paradigme fondateur de l’École de la république par l’éclatement des formes identitaires d’appartenance à l’École. L’article ne vise pas à cerner les déterminants objectifs de la déscolarisation mais à mettre en liens les représentations des acteurs du système scolaire, comme valeurs productrices de normes et de pratiques au cœur même de la définition de la déscolarisation. C’est la signification subjective des pratiques scolaires et sociales qui donne sens à l’échec scolaire et plus largement citoyen que constitue la déscolarisation. Il s’agit donc bien là de faire l’analyse d’un système symbolique complexe et non de se borner à travailler sur les trajectoires déscolarisées ou mieux de lier ces parcours intellectuels, personnels, sociaux, voire proprement politiques aux régulations et contrôles de l’institution scolaire. C’est donc au travers des représentations de la citoyenneté des acteurs du système scolaire que peut être saisie une des dimensions de la déscolarisation : anomie produite par la violence symbolique de l’Institution dans sa gestion du pluriel. La déscolarisation est alors un symptôme de la rupture du pacte républicain, sorte d’anomie politique, qui fonctionne par la sanction mais plus encore par l’intériorisation des mécanismes de la soumission auxquels participent tous les acteurs du système scolaire. Le glissement d’une École capitaliste vers une École de marché, qui ne peut qu’oblitérer sa capacité à fabriquer du lien politique, notamment par la fabrication de cette forme extrême d’échec scolaire qu’est la déscolarisation est conçu comme une nécessité du système néolibéral. Les politiques publiques et les dispositifs de réinsertion des populations déscolarisées seront analysées à l’aune de leurs pratiques mais aussi des représentations qu’en ont les acteurs : les institutions n’ont d’efficacité que si elles obtiennent un minimum de légitimité.
• La déscolarisation, comme rupture du paradigme méritocratique
• La gestion du pluriel par l’Institution scolaire : déscolarisation et citoyenneté
• L’éclatement des formes identitaires d’appartenance à l’École
• La déscolarisation : du travail du symbolique aux injonctions marchandes Représentations de l’échec scolaire et de la méritocratie des enseignants : une lecture individualiste de la déscolarisation
• La déscolarisation comme nécessité marchande : l’École de la démocratie ou École de la barbarie douce ?


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