Quand Momus passe sous l'arc en ciel...
La construction sociale des images identitaires homosexuelles
dans le carnaval de Rio de Janeiro
Fabiano Gontijo
Les identités sociales se créent à travers l’expérience préalable
de la pluralité et de l’altérité et se négocient et se reformulent par le
truchement des rituels. Le Carnaval de Rio de Janeiro, en tant qu’ensemble
rituel, sert de lieu de reformulation identitaire pour les hommes stigmatisés
en raison de leurs pratiques sexuelles avec des individus du même sexe. Alors
que jusqu’aux années 1980 les identités homosexuelles se basaient sur l’arbi-
traire d’un système traditionnel hiérarchique des genres, on observe
actuellement une fragmentation des références identitaires comme conséquence
sociale et culturelle de l’épidémie du VIH. L’éclatement identitaire nous amène
à parler d’images identitaires fluides
basées sur les apparences corporelles et formulées dans des situations
ritualisées. Nous avons cherché à caractériser la participation homosexuelle à
quelques situations du Carnaval de Rio, comme les bandas, dont certaines sont « officiellement »
reconnues comme étant gays – la Banda Carmen Miranda. À partir de l’analyse
situationnelle de la Banda Carmen Miranda, il sera question ici de présenter la
manière dont les travestis, les homosexuels efféminés, les
entendidos (version latine du
macho man) s’opposent aux
drag queens, aux jeunes homosexuels «
bodybuildés » (barbies) et aux membres
de la « mouvance G.L.S. » (gays lesbiennes et
sympathisants) sur la scène carnavalesque de la ville et, par là,
créent et recréent situationnellement la diversité de leurs
images identitaires.
Mots-clés :
Imaginaire, identités, homosexualité.
• Banda Carmen Miranda: l’ordre
• Banda Carmen Miranda: le désordre
• Le rassemblement
• Le défilé
• La dispersion
• Drag queens et barbies versus caricatas et boys
• Le carnaval carioca en tant que mouvement politique gay?
• Bibliographie