Du cas d’école au sentiment d’abandon : la laïcité comme déni du politique
Béatrice Mabilon-Bonfils
Laurent Saadoun
La laïcité, corrélée au projet méritocratique a été l'instrument d'une construction politique d'un Mit-Sein aujourd'hui en crise. Cette laïcité comme principe de gouvernement raisonnable des hommes, n'a exclu ni les solutions violentogènes, ni les représentations naturalistes des trajectoires scolaires Or, l'école est aujourd'hui confrontée au « temps du pluriel », à une demande croissante de pluralité culturelle et cultuelle. Et l'école démocratique massifiée sous son apparente neutralité sociale et politique renverse le rapport au sentiment d'injustice sociale : plus l'école est en apparence ouverte au plus grand nombre, plus l'échec scolaire est perçu comme productions singulières des individus, d'où ce sentiment récurrent de déshonneur individuel, voire même familial et social. Ce cas d'école est à saisir au travers du prisme du déni du politique par l'institution scolaire.
Mots-clés :
Sentiment d'abandon, laïcité, politique, citoyenneté, pluralité culturelle.
• École et laïcité : du temps de l'Un au « temps du pluriel »
— La crise du pacte républicain comme symptôme de desenchantement du monde scolaire
— La laïcité à l'épreuve des mondes scolaires enseignants
• La laïcité à l'école ou la politique du déni
— Le deni du politique à l'école ou la plurivocité des règles scolaires
— Le caractère violentogène de l'école : un impensé radical
— Du déni du politique à la politique du déni