2005
Sociétés
Excursus heuristiques
La blandice de satan
Les satanismes dans le metal
Alexis Mombelet
[1]
« La théâtralisation du daimon est une bonne manière de l’amadouer, de
s’en protéger. Vieille sagesse populaire qui sait qu’il vaut mieux composer
avec l’ombre plutôt que de la dénier. […] Position peu confortable, certes,
mais sagesse tout de même qui, au jour le jour, homéopathise le mal jusqu’à lui
faire donner le bien dont il est, aussi, porteur. »
Michel Maffesoli, La part du
Diable
Phénomène méconnu, le metal et ses accointances supposées avec
le satanisme font couler beaucoup d’encre
[2]. Il s’avère, en l’occurrence que la question n’a
jamais fait l’objet d’une réflexion approfondie et intellectuellement
rigoureuse. Mettre à jour, dans le cadre d’une sociologie d’inspiration à la
fois phénoménologique et compréhensive, les motivations et les objectifs des
métalleux eux-mêmes quant aux rapports qu’ils entretiennent avec le satanisme
est l’objet de cet article. En effet, de quoi parle-t-on lorsque l’on parle de
satanisme dans le metal ?
Nombre de métalleux s’agrègent autour de la figure de Satan. Un
« imaginaire satanique » selon N. Walzer est d’ailleurs mobilisé dans le metal
(Walzer, 2003). En effet, cette figure est présente au travers de
représentations iconographiques et symboliques. Elle s’expose sur des
tee-shirts, sur des albums, sous la forme du bouc, du baphomet, du nombre 666.
De même, en affichant la croix chrétienne à l’envers ou en arborant un
pentagramme inversé, les métalleux convoquent la figure de Satan. Par ailleurs,
nombre de groupes ou de figures charismatiques revêtent les noms d’entités
mythologiques ou religieuses qui attraient au mal :
Seth (groupe français) est le dieu
égyptien des tempêtes et du chaos ; Samael (groupe suisse) est le prince des anges
déchus assimilé à Satan ; Ahriman
(guitariste du groupe suédois Dark
Funeral) est le prince des Ténèbres et le chef des démons dans
l’ancienne religion persane ; Behemoth
(groupe polonais) est un monstre terrifiant de la mythologie hébraïque, etc.
Encore, de nombreux titres de chansons et textes chantés par les groupes de
metal font référence implicitement, mais aussi explicitement, à l’Adversaire : Slava
Satan (du groupe suédois Dark
Funeral) ; The Number Of The
Beast (du groupe anglais Iron
Maiden) ; The Antichrist
(du groupe américain Slayer) ;
Inno A Satana (du groupe norvégien
Emperor).
D’emblée, il s’avère utile, pour prévenir des malentendus et
permettre la compréhension des comportements pluriels des métalleux de
distinguer différents types de « satanisme ». De fait, au sein du fait social
étudié il convient de différencier avec force, dans un ordre numériquement
décroissant, les métalleux qui cultivent un
satanisme culturel, des métalleux qui choient
dans un
satanisme acide. A ces deux
premiers types de publics, il convient d’y ajouter un troisième cultivant un
satanisme doctrinal. Enfin, pour
compléter le tableau se dresse un dernier type, sans doute le plus important de
part son nombre, il s’agit des métalleux qui sont dégagés de cette question
brûlante du satanisme. Ils en ignorent toutes considérations, ils n’en ont que
faire. Leur approche du metal ne se conçoit pas en ces termes
[3]. Alors, qu’entend-t-on pas
satanisme culturel,
satanisme acide et
satanisme doctrinal ?
Tout d’abord et d’une part les métalleux qui cultivent un
satanisme culturel considèrent Satan
comme le symbole hypostasié du Non. A cet égard, dans son ouvrage intitulé
Le diable, G. Minois précise : «
[Satan] immortalise l’esprit de révolte » (Minois, 2000, p. 90). De fait,
lorsqu’un métalleux affiche des symboles sataniques
[4], il dit Non à la société qui l’entoure,
il dit Non à toutes formes d’autorités (institutionnelle, religieuse,
familiale). Aussi, il revendique, au travers du dispositif symbolique
(iconographie suscitée, N. Walzer parle à ce propos d’« ornementation
religieuse », qui détourne et pervertit la symbolique chrétienne) et de la
rhétorique « anti-religion » plus ou moins virulente qu’il adopte, un libre
arbitre ainsi qu’une liberté de pensée absolue. Il opère une remise en cause
des valeurs communément admises. Il est à la recherche d’un «
autoperfectionnement individuel » et de son authenticité, de fait il rejette
tous « systèmes de sens clés en main » (Hervieu-Léger, 1999, p. 164) :
religions historiques et christianisme au premier plan. D’autre part, le
satanisme culturel, qui est cultivé
par une part importante de métalleux et plus précisément par une part
importante du
public metal
extrême
[5],
participe de cette tension et de cette acceptation de la part d’ombre, de la «
part du Diable » (Maffesoli, 2002) consubstantielle à l’animal humain. En ce
sens, les métalleux cultivant un tel
satanisme
culturel manifestent un attrait pour des écrits « noirs » tels
que
La Bible Satanique de Anton
Szandor LaVey (fondateur du satanisme contemporain et de l’Église de Satan à
San Francisco aux États-Unis en 1966),
Le livre
de la loi de Aleister Crowley
[6], magicien noir du XX
ème siècle ; ils font aussi référence,
en les détournant de leur essence philosophique bien souvent, aux concepts de «
volonté de puissance » et de « surhomme » proposés par Friedrich
Nietzsche
[7]. Encore, ils
apprécient tout particulièrement des écrivains français dits « décadents » tels
que Charles Baudelaire, Joris-Karl Huysmans, DAF de Sade ; mais aussi les
écrits de Howard Philips Lovecraft, l’un des pères fondateurs de l’épouvante et
du fantastique modernes… De même, ils manifestent un attrait pour la magie
(
le Grand et
le Petit Albert ;
Dogme et rituel de la haute magie de Eliphas
Lévi), le surnaturel, le paranormal. Par extension, on peut ajouter qu’ils
apprécient particulièrement les œuvres « nocturnes » des cinéastes tels que
David Lynch (
Mulholland Drive,
Lost Highway
[8]), Tim Burton (
Sleepy Hollow,
L’étrange Noël de Mr Jack)… Invité à parler en ses propres termes de
la figure de Satan dans le metal, l’un de nos interlocuteurs synthétise
brièvement son attrait pour cette « part d’ombre », aussi il refuse tout
raccourci :
C’est comme un conte folklorique, c’est-à-dire, enfin j’pense
pas, j’crois pas en Satan, hein soyons clair, j’crois pas en Satan, j’crois pas
en Dieu […]. Je vois ça comme un conte, oui vraiment comme un conte, comme une
histoire, genre démonologie, mythologie, c’est quelque chose qui m’intéresse
beaucoup, mais c’est du côté historique et culturel de la chose.
(Hadès)
Soulignons qu’en mobilisant les œuvres « noires » des auteurs
suscités, et d’une manière qui peut apparaître paradoxale de prime abord, les
métalleux tendent en direction de la pulsion de vie sous ses formes
dionysiaques. Il faut renvoyer ici au temps du concert, à ce temps marqué par
les excès et le débridement des corps (
cf. rites métalliques
[9]). À cet égard, il faut se rappeler que
Charles Baudelaire est bien l’auteur à la fois de
L’Héautontimorouménos (pulsion de mort) et de
L’Horloge (pulsion de vie) : il est
question, en l’occurrence, du paradoxe ou plus exactement de l’ambivalence
afférente aux auteurs romantiques. De fait, de la même manière, nombre de
métalleux sont écartelés entre pulsion de vie et pulsion de mort :
eros versus thanatos. Cette
ambivalence, qui s’exprime de manière paroxystique, est un caractère essentiel
du groupe metal. Fait social qui s’inscrit,
in
fine, sous l’égide de la figure de l’oxymoron ou de l’obscure clarté
et du
coïncidentia oppositurum
caractéristique de la postmodernité. Et Michel Maffesoli de préciser que « le
rappel de la mort, sa mise en scène baroque indiquent que sur le long terme
l’échec est inéluctable, que la finitude est là. Mais cela ne manque pas de
donner une forte intensité à ce qui est vécu, pour lui-même, à un moment donné
» (Maffesoli, 2002, p. 61).
Ensuite, le
satanisme
acide concerne une frange marginale de métalleux. L’on emprunte
cette notion à Massimo Introvigne
[10]. Dans son ouvrage intitulé
Enquête sur le satanisme, il évoque
certains délits et certains crimes (vols d’hosties, profanations de cadavres,
vandalisme dans les cimetières et les églises, animaux torturés et sacrifiés,
etc.) portant le sceau de Satan et commis par des groupes de jeunes. Groupes de
jeunes qui, « sans contacts avec les organisations du satanisme “officielle”,
se sont mis à pratiquer des rites “sataniques” en achetant des livres de LaVey
» (Introvigne, 1997, p. 300).
En l’occurrence, il s’avère que le « caractère particulièrement
sadique du chef d’un groupuscule de jeunes » (
Ibid., p. 392), associé à la prise de drogues
diverses et à « d’autres formes d’inadaptation juvénile » (
Ibid., p. 357), ont abouti à des passages à
l’acte
[11]. C’est ici
précisément que l’on est amené à parler de
satanisme acide. En outre, ce type de «
satanisme » est le fait d’une minorité de métalleux, et il apparaît nécessaire
dans le cas présent de se répéter lorsque l’on pense au traitement médiatique
que connaît le metal. Incapable de dresser, ne serait-ce que les contours du
dispositif symbolique du metal, les médias s’attardent en règle générale sur
ces exactions gravissimes et ne prennent guère de précautions pour éviter au
grand public de commettre des amalgames avec l’ensemble du fait social. Aussi,
est-il trop souvent confondu avec le
satanisme
culturel.
Enfin, le
satanisme
doctrinal ou
institutionnel
mobilise les atours d’une religion ésotéro-occulte
[12]. En ce sens, on peut retenir la
définition du satanisme avancé par M. Introvigne. Il précise : «
D’un point de vue historique et sociologique, le
satanisme peut être défini comme l’adoration ou la vénération, de la part de
groupes organisés sous la forme de mouvements, à travers des pratiques répétées
de type cultuel ou liturgique, du personnage appelé, dans la Bible, Satan ou le
diable
[13]
» (
Ibid., p. 11). À cette première
définition historique et sociologique, il adjoint une définition théologique
plus souple du satanisme : « Le théologien peut adopter une définition beaucoup
plus large du satanisme, en estimant que sont satanistes – même quand ils
n’adorent pas explicitement le diable, même quand ils en nient l’existence –
tous les groupes qui manifestent de l’aversion ou de la haine pour Dieu et qui
proposent en même temps de “devenir comme Dieu” en se servant de pratiques
magiques ou occultes (
a fortiori quand
ces pratiques comportent, comme c’est souvent le cas, une part d’immoralité et
de violence) » (
Ibid., p. 11). En
l’occurrence, nous n’avons pas rencontré de métalleux cultivant un
satanisme doctrinal et de fait
appartenant à une organisation satanique « officielle
[14] » ou officieuse d’ailleurs
[15]. Nonobstant, cela ne nous
permet pas d’avancer qu’ils n’en existent pas. La prudence et la rigueur
intellectuelles voudraient d’ailleurs que l’on envisage, et c’est ce que l’on
fait par la présente, ce dernier type de satanisme. Ainsi, il concernerait une
part infime de métalleux. Il renverrait à la fois à des rites : messes noires ;
ainsi qu’à une idéologie réfléchie et intellectualisée empreinte de sources
noires et occultes. Il aurait pour socle les écrits qui ont fait date dans
l’histoire du satanisme, ceux de LaVey récemment ou plus anciennement ceux de
Crowley
[16] entre
autres.
In fine, il convient
de garder à l’esprit les deux motifs d’action majoritaires énoncés par les
métalleux eux-mêmes quant aux rapports qu’ils entretiennent avec le satanisme.
Premièrement, il faut insister avec force sur le fait qu’une part significative
d’entre eux déclare être étranger à tous types de satanismes. Deuxièmement,
certains acteurs de ce fait social cultivent un satanisme culturel dans lequel Satan fait figure
de symbole hypostasié du Non. Aussi, le satanisme
culturel procède de l’acceptation de sa part d’ombre. Cette
acceptation prend effet dans la mise en scène et la théâtralisation d’interdits
liés au Mal (Mombelet, 2004, pp. 71-76) et dans l’inclination à l’égard
d’œuvres artistiques « nocturnes ». Par ailleurs, nous pourrions substituer à
l’appellation satanisme culturel celle
d’imaginaire satanique, qui d’une part
rend bien compte des stratégies d’action des métalleux et qui de l’autre est
moins sujette à malentendus. Enfin, le satanisme
doctrinal, qui est le seul « satanisme véritable » doit-on dire,
ainsi que le satanisme acide
représentent des épiphénomènes au sein du fait social metal qui ne sont sans
interpeller l’observateur avisé.
·
Broussard, P., « La France semble relativement épargnée par le
mouvement sataniste », Le Monde, 12
juillet 1996, pagination inconnue.
·
Crowley, A., 1938, The Book of
the Law, Berlin, Ordo Templi Orientis.
·
Fouchereau, B., « Au nom de la liberté religieuse. Les sectes,
cheval de Troie des États-Unis en Europe », Le
Monde diplomatique, mai 2001, pp. 26-27.
·
Francq, I., 2005, « Le Mal adolescent »,
Le Monde des Religions, mars/avril
2005, nº 10, pp. 26-29.
·
Hervieu-Léger, D., 1999, Le
pèlerin et le converti. La religion en mouvement, Paris,
Flammarion.
·
Introvigne, M., 1997, Enquête sur
le satanisme : satanistes et antisatanistes du XVIIe siècle à nos jours, Paris,
Collection Bibliothèque de
l'hermétisme, Dervy.
·
LaVey, A.S., 1969, The Satanic
Bible, New York, Avon Books.
·
LaVey, A.S., 1972, The Satanic
Rituals, New York, Avon Books.
·
Maffesoli, M., 2002, La part du
Diable. Précis de subversion
postmoderne, Paris, Flammarion.
·
Minois, G., 2000,
Le
diable, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », [1998]
[17].
·
Mombelet, A., 2003, Les concerts
de musique metal : approche anthropologique.
Tome 1 et Tome 2, mémoire de Maîtrise
mention « éducation et motricité » (sous la direction de M.-J. Biache),
Université Blaise Pascal, UFR STAPS, Clermont-Ferrand 2.
·
Mombelet, A., 2004, La religion
metal. Secte metal et religion
postmoderne, mémoire de DEA de sociologie (sous la direction de M.
Maffesoli et de M. Hirschhorn), Université René Descartes, Paris 5, La
Sorbonne.
·
Padovani, M., « Quand Rome vend son âme au diable »,
Le Nouvel Observateur, 16 septembre
2004, nº2080, pagination inconnue.
·
Walzer, N., 2003, L’imaginaire
satanique et néo-païen dans la musique metal extrême depuis les années
90, mémoire de Maîtrise d’histoire culturelle (sous la direction de
P. Ory), Université de Marne-la-Vallée, UFR Sciences humaines et
sociales.
·
Walzer, N., 2004, L’imaginaire et
les parcours des musiciens de black metal : des acteurs underground travaillés
par le religieux, mémoire de DEA de Sciences sociales des religions
(sous la direction de J.-P. Willaime), École Pratique des Hautes Études,
Section des Sciences religieuses.
[1]
Alexis Mombelet est jeune chercheur en doctorat de sociologie à
l’Université René Descartes Paris 5 – La Sorbonne. Il est membre du Centre
d’Étude sur l’Actuel et le Quotidien (CEAQ) et membre du Groupe de Recherche et
d’Étude sur la Musique et la Socialité (GREMES).
[2]
Cf. « Présentation »
de ce dossier : « De la définition du metal et de son intérêt sociologique ».
Dernier en date, l’article paru dans
Le Monde des
Religions (mars/avril 2005, nº 10, pp. 26-29) intitulé « Le Mal
adolescent » est parsemé d’erreurs et use d’une pensée judicative. Il en est
d’ailleurs majoritairement de même pour l’ensemble des médias (presse, radio,
télévision), qui flairant le « coup médiatique » traite du metal et du
satanisme de manière sensationnelle en en oubliant les principes élémentaires
de rigueur intellectuelle qui lui incombent.
[3]
A cet égard, N. Walzer qui a dressé une typologie des
comportements dans le
black metal
(frange extrême de la musique metal) démontre que les musiciens, dans leur
rapport à la musique, sont mus par une recherche de transcendance (Walzer,
2004). Au sein de la
Old School Black
Metal, les musiciens sont mus par la figure de Satan précisément.
Différemment, dans la
New School Black
Metal, ils sont animés par une recherche de transcendance
via la figure de la « Terre Mère » ou
« Mère Nature ». Enfin, dans l’
Hybrid
School, les musiciens sont animés par une recherche de transcendance
via la musique elle-même. Par
conséquent, les black métalleux ne sont pas tous tournés vers la figure de
Satan. Les comportements sont pluriels.
[4]
Notons que majoritairement les métalleux ne se réclament pas
satanistes. En effet, le plus grand nombre cultive un
satanisme culturel s’en se réclamer
explicitement sataniste. Ils se sentent d’ailleurs étrangers à cette
qualification. Il n’en reste pas moins qu’ils mobilisent des caractéristiques
de ce que nous désignons ici sous la formule «
satanisme culturel ». En outre, ajoutons que le
fait d’afficher un symbole satanique procède parfois d’une simple
identification au groupe metal, c’est un signe de reconnaissance. De fait,
afficher un symbole satanique n’augure aucunement de son adhésion à sa
symbolique satanique première. Enfin, on constate qu’une part toute aussi
significative de métalleux n’affiche pas ces symboles.
[5]
Le
public metal
extrême regroupe les métalleux férus avant tout des styles musicaux
les plus « violents » du metal :
black
metal,
death metal,
grindcore, thrash. Dans nos précédents
travaux, nous avons distingué trois publics différents au sein du metal :
le public metal alternatif,
le public metal souche ainsi que
le public metal extrême. Ces trois
publics se différencient selon des affinités singulières : styles musicaux,
tenues vestimentaires, âges des publics, etc. (Mombelet, 2003). Mais laissons
là ces questions de publics metal, même si ces distinctions sont d’un grand
intérêt, la démonstration y gagnera en clarté et en ordre.
[6]
Pour une brève présentation de ces différents personnages ainsi
que de leurs idéologies
cf. (Mombelet,
2004, pp. 102-108). Voir également l’étude de M. Introvigne
Enquête sur le satanisme (Introvigne,
1997).
[7]
A cet égard, le groupe de metal
Gorgoroth a intitulé l’un de ses albums
Twilight Of The Idols, en français le
« Crépuscule des Idoles », d’après l’œuvre de F. Nietzsche. Le sous-titre de
l’album de
Gorgoroth est
In Conspiracy With Satan. Une
articulation est par conséquent opérée entre F. Nietzsche et le satanisme.
Cf.
Gorgoroth, 2003,
Twilight Of The Idols, Nuclear Blast,
Norvège.
[8]
D’ailleurs, Marilyn Manson ainsi que Twiggy Ramirez
(ex-bassiste du groupe
Marilyn Manson
et actuel bassiste de
A Perfect
Circle) apparaissent brièvement dans le film
Lost Highway. De même, deux morceaux
du groupe de metal allemand
Rammstein
figurent sur la bande originale du film.
Rammstein doit sans doute sa diffusion
internationale à ce film.
[9]
Nous renvoyons présentement à notre article figurant dans ce
même numéro et intitulé « La musique metal : des “éclats de religion” et une
liturgie. Pour une compréhension sociologique des concerts de metal comme rites
contemporains ».
[10]
Notons que Massimo Introvigne, né à Rome le 14 juin 1955,
professeur d'histoire et de sociologie des religions, fondateur du CESNUR en
1988 (
Centro Studi sulle Nuove
Religioni : Centre d'Études sur les Nouvelles Religions, un réseau
international d'associations de spécialistes des nouveaux mouvements
religieux), fait l’objet de critiques. En effet, on peut constater
via une recherche sur la toile que bon
nombre de représentants anti-sectes l’accusent de « prendre la défense des
sectes » précisément. Aussi, ces représentants, qui s’appuient entre autres,
sur un article paru dans
Le Monde
diplomatique de mai 2001 rédigé par Bruno Fouchereau, journaliste,
réalisateur du sujet « Sectes et espionnage », diffusé sur
France 3 le 6 mai 2001, le disent «
d’obédience intégriste catholique, et très lié à la secte néofasciste
Travail famille propriété ». Ces
accusations sont elles avérées ? Nous ne le savons pas.
A contrario, Philippe Broussard écrit
dans
Le Monde du 12 juillet 1996 : «
“Satan est le dernier tabou”, estime le chercheur italien Massimo Introvigne,
considéré comme le meilleur spécialiste mondial des nouvelles religions ». Ce
point de vue est d’ailleurs partagé par Marcelle Padovani, journaliste à Rome,
qui dans un article pour le
Nouvel
Observateur en septembre 2004 qualifie Introvigne comme « le plus
grand expert en sectes ». En l’occurrence, nous ne souhaitons pas prendre part
à ces tiraillements. Quoi qu’il en soit, si nous nous en tenons scrupuleusement
aux écrits, nous pensons que l’ouvrage intitulé
Enquête sur le satanisme, rédig
É par ce même
Introvigne, constitue la référence par excellence sur le sujet qui nous occupe.
En effet, la somme considérable d’informations recueillies, leurs recoupements,
et le ton neutre adopté par l’auteur (il n’en est pas toujours le cas lorsqu’il
est question d’évoquer des sujets « à part », bien trop souvent une pensée
judicative prend le dessus sur l’exigence de neutralité qui incombe au
chercheur) pour retracer l’histoire du satanisme apparaissent relever de la
plus grande rigueur intellectuelle et répondent aux exigences
universitaires.
[11]
A cet égard, Philippe Broussard, journaliste, dans
Le Monde du 12 juillet 1996 s’est fait
l’écho de ce type de satanisme :
« A la suite de
la profanation d’une tombe au cimetière central de Toulon dans la nuit du 8 au
9 juin, quatre jeunes gens ont été arrêtés. Trois d’entre eux, accusés d’avoir
planté un crucifix dans la dépouille d’une femme décédée en 1976, se sont dits
fascinés par Satan et la mort. »
[12]
Les termes « ésotérique » et « occulte » sont saisis en leur
sens commun. D’une part, est ésotérique d’après
Le Petit Robert ce « dont le sens est caché,
énigmatique, réservé à des initiés ». D’autre part, est occulte d’après
Le Petit Robert ce qui est « non saisi
ou non saisissable par l’esprit, au-delà de l’entendement ou du savoir
ordinaire ».
[13]
Souligné par nous-même.
[14]
À cet égard, aux États-Unis d’Amérique notamment, au nom de la
liberté de religion, l’Église de Satan fondée par LaVey en 1966, a le droit
d’exercer tant qu’elle ne commet pas de délits spécifiques.
[15]
Toutefois, nous avons connaissance d’une personne qui a
appartenu à l’Église de Satan fondée par LaVey. Il s’agit de MkM, le chanteur
du groupe de
black metal français
Antaeus. Dans l’entretien qu’il a
accordé à notre collègue N. Walzer, MkM précisait son appartenance à l’Église
de Satan et d’ajouter aussitôt qu’il s’en était dégagé : «
J’ai lu LaVey et j’ai fait parti de la
Church Of Satan,
j’ai également fait parti
du Temple de Seth
enfin tous ces trucs
là. T’en reviens de tout ça, ce sont des espèces d’organisation, tu vois très
bien au final qu’ils se regroupent tous pour monter un marketing un peu
gerbant » (Walzer, 2004, pp. 178-179).
[16]
Soulignons que Aleister Crowley n’était pas un sataniste au
sens retenu par M. Introvigne. Crowley était un magicien noir. Néanmoins, il
influence profondément le satanisme contemporain,
cf. (Introvigne, 1997, pp. 209-219).
[17]
Il est indiqué, lorsque cela le nécessite, la première édition
d’un ouvrage entre « [ ] », à la suite de l’année d’édition de l’ouvrage dont
la pagination est référencée dans le développement de l’article.