L’histoire longue de l’ivresse
Véronique Grappe
Avec le « manger », le « boire » participe de la fête, facilite la convivialité, le dépassement des limites et le renversement des valeurs propres aux moments festifs. Mais, plus profondément, on peut parler d’une fonction sociale du « trop boire ». Celui-ci est en effet un moyen socialement reconnu et autorisé de franchir les frontières de l’espace festif. Les effets physiologiques de l’ivresse, y compris le sommeil et l’oubli, apparaissent alors comme nécessaires à l’accomplissement de cette fonction sociale.Mots-clés :
alcool, ivresse, fête, rite.
Drinking – as well as eating – is part of celebrating, it helps social interaction, exceeding the limits and reversing of values which are all usually linked to celebrating. More profoundly, we could look at the social function of the “drinking to excess” habit. This habit is a socially recognised and authorised way to cross the boundaries of festive space. The physiological effects of drunkenness, including sleep and forgetfulness, thus appear as necessary to realise this social function.Keywords :
alcohol, drunkenness, celebrating, ritual.