L’heroïne entre repression et reduction des risques : comment sont perçues les politiques publiques ?
François Beck
Patrick Peretti-watel
La politique de réduction des risques liés aux usages de substances psychoactives mise en place dans les années 90 s’est faite dans le cadre répressif de la loi de 1970.
Cette dualité est susceptible de générer, au sein de l’opinion publique, des représentations
variées. L’analyse d’une récente enquête d’opinion permet d’explorer les appréciations portées sur ces politiques, en regard notamment de la façon dont les enquêtés se représentent à
la fois l’héroïne et ses usagers. Si les opinions sur la dangerosité des produits montrent que
l’héroïne reste l’archétype de la « drogue dure », par opposition en particulier au cannabis,
les appréciations portées sur le maintien de l’interdiction de l’usage de ces deux produits sont
plus homogènes. Les profils d’opinions dégagés dépendent davantage des représentations
associées aux usagers d’héroïne que de la dangerosité perçue de ce produit.
In the drugs field, harm reduction policy has been implemented in the 90’s, but still
keeps with the 1970 repressive law. This duality can lead to different perceptions
among public opinion. This article aims to study these perceptions through the
analysis of a 1999 opinion survey. This research shows that distinction between heroin
and cannabis is clear thanks to the danger each represents (heroin is the “hard
drug”), but more homogeneous concerning the use interdiction of both. Opinions
seems more linked to the public’s perceptions of heroin users than to the risk associated
with heroin use.
• INTERROGER L’OPINION PUBLIQUE SUR LES DROGUES ET LES TOXICOMANIES
— LA PLACE CENTRALE DE L’HEROÏNE
• OPINIONS SUR LES SUBSTANCES, LES POLITIQUES ET LES USAGERS
— LES DANGERS ASSOCIES AUX SUBSTANCES PSYCHOACTIVES
— DES POLITIQUES PUBLIQUES APPRECIEES DIVERSEMENT SELON LES PRODUITS
— LES REPRESENTATIONS ASSOCIEES AUX USAGERS D’HEROÏNE
• L’APPRECIATION PORTEE SUR LES POLITIQUES PUBLIQUES :
DES PROFILS CONTRASTES
— DES TYPES D’OPINIONS CONTRASTES, ENTRE MEDICALISATION ET COERCITION
— DES TYPES D’OPINIONS SURTOUT LIES AUX PERCEPTIONS DES USAGERS
• REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES