2004
Sociétés contemporaines
Approches ethnographiques et historiques
[1]
Cédric Lomba
CSU-CNRS
Jean-Philippe Mazaud
SHADYC
La réouverture du dossier sur les classifications professionnelles est à situer dans
les débats généraux sur les transformations du monde du travail. Au-delà de simples
questionnements théoriques sur les taxinomies sociales, l’étude des classifications
professionnelles porte en effet sur des enjeux aussi fondamentaux que les hiérarchies
d’emplois et de salaires. La définition conflictuelle de certaines catégories professionnelles comme « les cadres », « les Voyageurs Représentants Placiers » ou encore
certaines professions libérales témoigne des tendances à naturaliser et instrumentaliser des « identités » sociales supposées pour soutenir des démarches partisanes. Les
sciences sociales, sollicitées comme experts sur ces sujets en vogue, sont intervenues de manière contrastée : les points de vue oscillent entre des postures de doute
méthodologique sur le mode de construction des catégories mobilisées sur la scène
sociale, et des postures d’opportunité, lorsqu’il s’agit de prendre position sur les débats généraux dans lesquels ces catégories sont instrumentalisées. L’originalité de ce
dossier sera de souligner comment s’articulent procédures de classifications et classements indigènes en dégageant les constructions historiques des classifications impliquant des acteurs de différents statuts et les ajustements des acteurs objets de ces
découpages.
La première sociologie du travail française, on le sait, n’échappait pas à ces enjeux. Dans la période de développement économique et social de l’immédiat Aprèsguerre, les classifications Parodi ont constitué une technique, à visée générale et
consensuelle, de classement des activités professionnelles qui détaillait des nomenclatures de métiers et d’emplois associés à des barèmes de salaires. Si les controverses syndicales portaient sur la construction des instruments de classement, les recherches sociologiques ont davantage porté sur les processus de déqualification du
travail dans les grandes industries que ces instruments dévoilaient.
C’est ainsi que Georges Friedmann critique les nouvelles formes d’organisation
du travail, ou plus exactement de parcellisation du travail, en s’appuyant notamment
sur des ratio d’OS et de manœuvres dans les secteurs d’activité ou les entreprises
(Friedmann, 1956)
[2]. Dans une sociologie des rapports sociaux, Pierre Naville prend
toutefois le contre-pied du consensus idéologique autour de la modernisation sociale
de l’Après-guerre en relativisant la neutralité des grilles de classification. Il appréhende ces dernières comme un élément parmi d’autres, à côté de la technique ou de
l’organisation du travail, dans les recompositions plus générales des rapports de production (Naville, 1956). Il reste que ces auteurs, travaillant essentiellement à partir
de visites d’usines, d’entretiens directifs et de données statistiques
[3], s’intéressent
aux résultats des classifications et aux transformations formelles de l’appareil de
production, plutôt qu’aux processus de construction des instruments de classements
et aux aménagements particuliers de ces derniers dans les collectifs de travail
[4].
Depuis, les approches historiques ont montré le caractère situé des classifications
professionnelles. Pour ne prendre que le cas de la France, les travaux historiens ont
souligné que les catégorisations professionnelles sont marquées par différentes conjonctures : objets de la constitution des premières statistiques de l’emploi et du chômage
(Reynaud-Cressent, 1984), les catégories professionnelles deviennent sujets juridiques de plein droit lorsqu’une assise légale est donnée aux syndicats pour les représenter (Didry, Serverin, 2002 ; Cottereau, 2002). L’inscription des grilles de classification dans la loi sur les conventions collectives de 1936 clôt ce processus d’institutionnalisation.
D’autres auteurs ont montré l’importance de l’étude des acteurs collectifs et
d’institutions pour cerner la définition et la mise en œuvre des classifications professionnelles, entendues comme des systèmes de régulation à longue portée. C’est dans
cette perspective que J.-D. Reynaud a insisté sur le rôle des négociations de branche
en France qui généralisaient explicitement des expériences locales présentées comme
le résultat d’un « consensus implicite » (Reynaud, 1987). Dans cette perspective,
J. Saglio nous invite à rechercher le fondement des conventions de branches pour en
dresser des typologies par delà les diversités d’application dans les entreprises (Saglio, 1991). Ceci est illustré notamment par le cas de la métallurgie où les classifications n’ont évolué qu’à la marge, entre 1936 et 1975, malgré les transformations
techniques et organisationnelles qu’a connues ce secteur ( ibid., p. 38). Toujours dans
cette voie, A. Jobert présente à la fois les grands mécanismes de constitution
d’institutions ou d’acteurs collectifs (par exemple dans la branche de la chimie) et la
diversité des classifications selon les espaces des négociations collectives nationaux
ou sectoriels (en comparant par exemple la métallurgie, le bâtiment et travaux publics et la banque) (Jobert, 2001). Dans cette démarche, les recherches s’appuient sur
des enquêtes historiques très fouillées, principalement dans les archives des fédérations syndicales, ou sur des entretiens avec des porte-parole d’acteurs collectifs,
pour retracer la diversité des conventions collectives. Au final, c’est la production de
ces accords et leur agrégation à un niveau plus général, plutôt que leurs applications
concrètes au niveau local, qui constituent l’objet de l’analyse.
Or, faisant écho à des discours indigènes en provenance des milieux patronaux et
des cabinets de conseil, une posture scientifique sensible au constructivisme gestionnaire a pris à rebours ces analyses, notamment avec le développement de la « logique compétence » qui tend à individualiser les trajectoires professionnelles et les
salaires des travailleurs en soustrayant au système de négociation collective la définition de la valeur du travail
[5]. Dans le contexte des restructurations économiques
des années 1980 et des discours gestionnaires en faveur de négociations collectives
se déplaçant de la branche vers les entreprises, le regard de la sociologie du travail
s’est davantage porté sur ces dernières (Sainsaulieu, Segrestin, 1986). Cependant, ne
peut-on craindre que ce changement de perspective entérine, sans le discuter, le déplacement des négociations et isole la construction de la qualification des salariés de
son contexte social (Tanguy, 1998) ? Si les mécanismes de négociation hors du lieu
de travail sont appréhendés, c’est avant tout pour contextualiser, très généralement,
les mécanismes d’adaptation ou de rejet des travailleurs face à des innovations gestionnaires visant, en théorie, à les impliquer dans des tâches intégratives (Zarifian,
1993 ; Thuderoz, 1995). Ces recherches, proches de recherches-actions, reposent
principalement sur des entretiens auprès de diverses catégories de personnel sans
observer les pratiques de travail. Les cas étudiés, souvent pris dans la sidérurgie
française, deviennent alors typiques d’une évolution plus générale de l’ensemble de
l’industrie. Il reste que l’utilisation de termes, tels que ceux de « compétence » ou
d’« implication », ne saurait avoir pour conséquence l’abandon de l’étude des opérations de classement et de déclassement catégoriels (Bourdieu, 1978) dans la hiérarchie des espaces de travail et de leurs effets sur la morphologie des groupes sociaux.
Précisément, la spécificité de ce dossier est de présenter des enquêtes sur les opérations de classification que vivent les acteurs individuels ou collectifs dans leurs
pratiques de travail. Ces enquêtes montrent que ces opérations sont déterminantes
dans les trajectoires des groupes sociaux. Ce qui compte est moins de savoir que ces
classifications sont construites, que de savoir qui les construit, pour classer quels individus ou ensembles d’individus, dans quelles situations, pour répondre à quels enjeux et avec quels effets à plus ou moins long terme. Les classifications, comme toutes les catégories, ne sont pas de pures conventions formelles : elles s’inscrivent
dans la trame complexe du tissu des rapports sociaux (Hacking, 2001). D’où l’accent
mis sur les pratiques de classification. Par pratiques, nous entendons plus généralement les actions en situation qui ne sont ni postulées ni anticipées, mais qui s’observent empiriquement. C’est pourquoi nos études, qui intègrent des études institutionnelles et catégorielles, reposent sur des enquêtes ethnographiques et historiques
[6].
L’analyse historique est convoquée pour cerner l’évolution des phénomènes sociaux dans des durées plus ou moins longues. Ainsi, les comptes rendus d’enquête,
mobilisant des sources écrites de première main et des parcours de vie, sur
l’automobile (N. Hatzfeld), l’édition (Jean-Philippe Mazaud) ou la sidérurgie belge
(Cédric Lomba) portent sur plusieurs décennies. Pour l’étude des classifications professionnelles, le recours à des perspectives longues est motivé par la durée des carrières professionnelles et par la prégnance de dispositifs gestionnaires, techniques et
organisationnels, ainsi que de normes quasi-juridiques dont la plasticité ne ressort
qu’avec un important recul historique. La période prise en compte n’est pas fixée par
avance mais est tributaire des temporalités des objets étudiés. En outre, l’étude des
phénomènes sociaux sur la durée garantit les chercheurs du présent contre les risques d’illusions rétrospectives. De ce point de vue, le risque est grand, en sociologie
du travail, de percevoir sans cesse des ruptures définitives (par exemple taylorisme
versus post-taylorisme), en lien d’ailleurs avec des plaidoyers d’acteurs pour
l’innovation qui ignorent les simples inflexions ou la sinuosité de trajectoires de dispositifs technologiques ou gestionnaires.
A cette démarche est associée une perspective ethnographique, au sens anglosaxon du terme, qui recherche des traces de l’activité des acteurs, des jeux de négociations plutôt que des formes figées de systèmes sociaux (Strauss, 1992). Cet engagement se marque principalement par l’usage de l’observation in situ de longue durée pour les sociologues, mais aussi, cas plus rare, pour un historien (N. Hatzfeld).
Cet usage de l’observation directe s’inspire de la tradition de Chicago, c’est-à-dire
d’un usage de ce que J.-M. Chapoulie appelle « l’observation analytique » qui fait
émerger des catégories d’interprétation propres aux terrains étudiés et non pas,
comme « l’observation diffuse », des phénomènes généraux, réguliers et habituels
(Chapoulie, 2000).
Nous suggérant de dépasser le formalisme juridique des classifications professionnelles, les données historiques et ethnographiques montrent alors des acteurs au
travail qui, selon les cadres de leur quotidien, interprètent, discutent, contournent ou
appliquent, totalement ou partiellement, les classements dont ils sont l’objet. Ainsi,
nous faisons apparaître que les logiques sociales à l’œuvre dans la construction des
classifications professionnelles sont plus nombreuses et plus complexes que ce que
la théorie des conventions (« L’économie des conventions », 1989) laissait parfois
penser en se limitant à l’analyse des justifications des acteurs (Rose, 1990). En présentant l’enjeu des classifications dans les termes d’une philosophie du contrat social, discuté dans le seul espace national, ces approches risquent d’éluder les rapports sociaux, les conflits, l’instabilité et l’hétérogénéité des structures d’entreprise.
Il est illusoire de vouloir cerner le sens des dispositifs juridique, technique, gestionnaire de contrôle de la main-d’œuvre dans les jeux de classifications sans les restituer dans le contexte de leur mise en œuvre, et ce quelle que soit la forme des engagements négociés entre partenaires sociaux. Pour le dire autrement, ces dispositifs
sont certes dépositaires d’intentions de la part de leurs producteurs, mais les usages
ne se réduisent pas à des projets d’acteurs, aussi contraignants soient-ils.
Observant les classifications professionnelles dans des entreprises, ce dossier
propose des points de vue plus proches des acteurs au travail rapportés à des contextes particuliers. Les enquêtes sur les terrains aussi variés que les secteurs de l’automobile, la sidérurgie ou l’édition insistent toutes sur la prégnance des conjonctures
économiques et sociales dans le jeu des acteurs. Depuis les années 1970, les récessions ont très largement pesé sur les négociations sociales et sur l’encadrement de la
gestion de la main-d’œuvre. Le contexte joue ici à plus d’un titre. Les directions
d’entreprise ont pu s’appuyer sur ce qui est présenté comme une nécessité de restructuration et sur une concurrence accrue entre salariés pour modifier leurs conditions de travail et les conditions d’emploi.
Jean-Philippe Mazaud montre ainsi comment la concurrence entre les salariés
dotés d’une expérience maison et les jeunes diplômés joue sur la politique des classifications professionnelles qui tend à favoriser, dans un contexte de restructurations
de l’emploi, les critères de qualifications détachés de l’activité de travail particulière.
Nicolas Hatzfeld observe que le contournement des conventions collectives dans
l’automobile par le recrutement de jeunes intérimaires autorise au final l’augmentation du temps de travail posté sur la chaîne. Enfin, Cédric Lomba montre le déclassement par le bas de certains emplois qui passent du statut « employés » mensualisés
à celui d’« ouvriers » payés à l’heure, selon la distinction légale opérée en Belgique.
On peut lire ici l’écart avec d’autres époques où les projets de contrôle de la
main-d’œuvre ont pu avorter face à des mobilisations collectives nationales ou locales de travailleurs. Cela apparaît jusque dans des secteurs relativement à l’écart des
grands mouvements sociaux, comme l’édition française étudiée par Jean-Philippe
Mazaud où, malgré des structures paternalistes et familiales, les syndicats
d’employés sont parvenus, dès 1936 et jusque dans les années 1970, à valoriser leurs
statuts, notamment en renforçant les possibilités de carrière ascendante. Mais les
consolidations de statuts ne sont pas seulement l’affaire des syndicats. L’exemple de
l’individualisation de la gestion de salariés de bas statut par un système généralement mobilisé pour la gestion des cadres (N. Hatzfeld) tend à souligner que, contrairement à ce qui est avancé par la doxa gestionnaire, les années de crise ont resserré,
en le formalisant, le contrôle de la gestion de la main-d’œuvre.
Les contributions présentées dans ce dossier apportent chacune, quoique de différentes manières, un éclairage sur les principes de définition de collectifs de travail.
Elles partent du principe que les pratiques de classification, opérées par une pluralité
d’acteurs externes ou internes aux entreprises, ne doivent pas masquer les processus
de constitution de groupes d’acteurs auxquels elles s’appliquent. La question est de
cerner les relations entre les classifications formées pour garantir des niveaux de rémunération à des catégories de salariés, et les groupes, dont les processus de constitution sont inhérents aux activités de travail auxquels celles-ci donnent lieu. Les
questions soulevées par Donald Roy dans son étude minutieuse des relations de travail dans les ateliers restent pertinentes :
When, where, and what is the group ?
(Roy, 1954
[7] ). Les réponses que celui-ci apporte insistent sur la volatilité des comportements des groupes en relation dans les ateliers (entre opérateurs et ouvriers de
services qu’ils soient inspecteurs, magasiniers, ou contrôleurs de temps, entre opérateurs et petit encadrement, entre opérateurs et cadres) et sur la diversité des comportements observables au sein de chaque groupe. Rien ne permet de dire que les classifications établies par les conventions collectives font le groupe. En revanche, et c’est
en cela que les classifications professionnelles sont un objet sociologique pertinent,
leur discussion, leur appropriation, les enjeux individuels ou collectifs qu’elles recouvrent influencent la formation et les recompositions des groupes. Chaque article
défend une ligne d’argumentation en illustration de cette proposition.
L’article de Nicolas Hatzfeld interroge le lien entre l’individualisation des carrières d’ouvriers et les relations de travail dans l’atelier. Dans les discours de l’entreprise, la notion de carrière s’appuie sur la « logique de compétence » qui tend à individualiser les parcours professionnels. Mais Nicolas Hatzfeld montre l’écart entre
les schémas de carrière formalisés par les dispositifs conventionnels mis en place
depuis 1975 dans l’automobile et les carrières réelles. L’auteur analyse ainsi un cas
d’auto-déclassement d’un ouvrier de Peugeot, qui jette l’éponge de la promotion
vers la maîtrise et se condamne au travail en chaîne. Des logiques personnelles de
projection professionnelle et des logiques de l’honneur conduisent cet ouvrier à refuser les ouvertures au fond très limitées que lui laissent les nouveaux dispositifs de
classification et à préférer son affiliation antérieure au groupe des ouvriers en activité sur la chaîne. Son déclassement s’inscrit, nous montre l’auteur, dans les jeux de
recomposition des générations dans l’usine, d’innovation en termes de dispositifs
gestionnaires et de resserrement du contrôle ouvrier qui entraînent des transformations du groupe de référence selon les âges, les origines ethniques, les positions dans
l’organisation hiérarchique, etc.
Si cette contribution met l’accent sur les logiques professionnelles qui consolident plus ou moins les intérêts des acteurs dans les classifications professionnelles,
les deux autres contributions observent la portée inégale de ces dernières sur des
groupes d’ouvriers et d’employés selon l’espace ou la période concernés. Plutôt que
de partir d’une définition naturalisée de la catégorie « ouvriers sidérurgistes » pour
en observer son déclin, Cédric Lomba interroge les découpages issus des relations
professionnelles, des politiques d’entreprise et des engagements des travailleurs subalternes dans les ateliers. Il observe la distinction légale en Belgique entre ouvriers
payés à l’heure et employés mensualisés pour la soumettre à l’analyse de son évolution dans trois usines d’une même entreprise. Cette distinction ne recoupe pas celle
communément opérée entre cols bleus d’un côté et cols blancs de l’autre, puisque
nombreux sont les emplois d’ouvriers mensualisés qui relèvent du statut d’« employé ». Cédric Lomba observe que la portée de cette institution légale dépend des
négociations des postes dont le classement dans telle ou telle catégorie paraît
s’imposer plus ou moins « naturellement » et des diverses interventions des acteurs
collectifs pour fonder la légitimité de critères classificatoires. L’enquête ethnographique en atelier permet alors de saisir les recompositions des groupes de travailleurs selon les classifications officielles et des dynamiques d’ajustements liées à
l’activité de travail (selon les générations, les équipes, etc.).
Jean-Philippe Mazaud, enfin, montre les limites des découpages catégoriels proposés dans les classifications conventionnelles. Ces limites résultent de l’inadéquation dans le temps entre les classifications conventionnelles et la morphologie des
groupes réels. Ainsi, par exemple, l’apparition de critères de qualification classant
certains métiers de la vente parmi les techniciens ne dit, par elle-même, qu’assez peu
de choses sur le déclin d’un groupe d’employés. Elle pourrait même conduire, si on
n’y prend garde, à des analyses, bien connues au sujet des ouvriers (Mallet, 1963),
en termes de « nouvelle classe » d’employés, alors même que la parcellisation des
tâches de service s’observe dans bien des activités. Mais replacée dans la perspective
de la professionnalisation du groupe des cadres dirigeants et des restructurations,
cette construction sociale des qualifications éclaire les formes de discrédit réel du
modèle social qui a façonné le groupe des employés et cadres maison.
Il s’agit au final de s’interroger sur la construction des normes de classification
mais aussi sur la portée sociale de ces normes telles que les investissent par leurs
pratiques les acteurs individuels et collectifs.
·
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[1]
Nous tenons à remercier le comité de rédaction de
Sociétés Contemporaines, et plus particulièrement Lucie Tanguy, pour le travail de relecture du dossier et des articles, qui, bien entendu,
n’engagent que leurs auteurs.
[2]
M. Dadoy a souligné les oscillations théoriques et méthodologiques de G. Friedmann sur le sujet,
notamment quand il met en doute les procédures classificatoires en évoquant des cas de « surclassement » des travailleurs (Dadoy, 1987).
[3]
Les sources de ces auteurs ne font pas l’objet d’une présentation systématique. Les archives de
Pierre Naville ne laissent pas entrevoir de modes de recueil de données plus ethnographiques (archives Pierre Naville, Musée Social).
[4]
Alors même qu’entre 1945 et 1955, d’autres enquêtes de sociologie du travail, de type ethnographique, appréhendent les problématiques de constitution des groupes de travail dans les entreprises
françaises (Peneff, 1996 ; Chapoulie, 1991).
[5]
L’accord A.Cap 2000, en 1990 dans la sidérurgie française, marque l’application officielle et à
grande échelle de la « logique compétence » en France ; ce dispositif est par la suite plus largement
porté par les milieux patronaux, en particulier par le MEDEF en 1998 (Dossier « Compétence »,
2001). Pour une présentation de la littérature sur le sujet, cf. Paddeu, 1999.
[6]
Cette démarche prend appui sur le groupe « Pratiques, travail et organisation » (PraTO, EHESS)
auquel participent les auteurs de ce dossier. Créé en 1997, il s’agit d’un groupe pluridisciplinaire
(histoire, sociologie, anthropologie, recherche en gestion) sur les pratiques de travail et les pratiques d’organisation. Pour un premier état de ces travaux, cf. Cohen, 2000. Que les membres qui ont
participé à la lecture croisée des textes de ce dossier, en particulier Pierre Fournier, soient ici remerciés.
[7]
Nous remercions J.-M. Chapoulie de nous avoir fourni ce texte inédit de D. Roy. Pour une traduction française d’un célèbre article de Roy, 2000.