Sociétés contemporaines
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2747574458
146 pages

p. 5 à 20
doi: en cours

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no 55 2004/3

Filles et garçons en danse hip-hop

La production institutionnelle de pratiques sexuées

Sylvia Faure
L’encadrement institutionnel de la danse hip-hop, pratiquée par des garçons d’origines sociales populaires et urbaines, a engendré un déplacement des pratiques vers d’autres groupes sociaux, et notamment vers les filles d’origines sociales populaires ou intermédiaires. Dans cet article, nous étudions le second aspect de ce constat, à savoir une féminisation qui s’exprime non seulement par l’arrivée des filles sur les marchés du hip-hop au cours des années 1990 (en compétition et dans les compagnies de danse chorégraphiée) mais également par l’introduction de manières de faire, de valeurs construites socialement comme « féminines ». Ces dernières ont des effets significatifs sur les corps et sur les manières de danser des garçons et enfin sur les rapports sociaux de sexe des pratiquants et pratiquantes d’origines sociales populaires urbaines. The institutional framework provided for hip-hop dance in popular areas has changed the behaviors between social groups, especially between the sexes inside homogeneous groups. This article studies the second part of the proposition : the feminization is not only linked to the arrival of girls on the hip-hop market during the 90s (in competitions and choreographic companies), but also to the way things are done and to the way values are socially constructed as “ feminine ”. These values have an impact on the boy's way of dancing. At last they produce changes in the social gender relations between boys and girls dancers from popular urban backgrounds.
1. L’HYPOTHÈSE D’UN DÉPLACEMENT DES FRONTIÈRES SOCIALES-SEXUÉES D’UNE PRATIQUE JUVÉNILE POPULAIRE
2. UN PROCESSUS D’INSTITUTIONNALISATION « LÉGITIMISTE » CONDUISANT A LA FÉMINISATION DES PRATIQUES
3. DU CÔTÉ DES FILLES
— 3.1. LOGIQUE PÉDAGOGIQUE ET LOGIQUE CHORÉGRAPHIQUE
— 3.2. UNE CONSTRUCTION SOCIALE, SPATIALE ET SEXUÉE DU HIP HOP
4. DU CÔTÉ DES GARÇONS
— 4.1. UN COMPROMIS AVEC DES STRUCTURES INSTITUTIONNELLES
— 4.2. UNE DANSE « CULTIVÉE » QUI ÉLOIGNE DE LA « CULTURE DE RUE »
— 4.3. UN HABITUS POPULAIRE QUI N’EST PAS UN HABITUS DE « CITÉ »
• CONCLUSION
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAHIQUES


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