Sociétés contemporaines
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2747591026
136 pages

p. 85 à 103
doi: en cours

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no 58 2005/2

Les rapports quotidiens des classes populaires aux administrations

Analyse d’un sens pratique du service public

Yasmine Siblot
En se basant sur une enquête ethnographique menée dans un quartier populaire de banlieue parisienne, l’article montre que l’usage de la notion de « service public » est rare parmi les habitants. Par contre ils recourent à des catégorisations des « administrations » ancrées dans des expériences concrètes. La fréquentation régulière de certains services, comme ceux de « la mairie », est au fondement de rapports ambivalents, oscillant entre une mise à distance critique et un attachement à une institution publique et à ses agents. Le texte montre enfin que les jugements portés sur les institutions par ces membres des classes populaires sont structurés par une opposition entre les administrations où l’on peut faire valoir « ses droits » et celles où l’on a le sentiment de devoir « demander l’aumône ». Based on a field work in a working class area near Paris, this paper shows that the use of the french notion of “administrations”, which are based on practical experiences. Every day relations with some services, such as services of the Council, create ambivalent relations : those relations sometimes lead to criticisms, but also to an attachment to this institution and its agents. More generally, the text shows that the main opposition that structures judgments about public institutions is the difference between institutions where one can « get his rights », and those where one must « ask for charity ».
1. DE L’ABSTRACTION DU « SERVICE PUBLIC » A UNE CATEGORISATION PRATIQUE DES « ADMINISTRATIONS »
— 1.1. LE « SERVICE PUBLIC » : UNE CATEGORIE DE MILITANTS ET DE FONCTIONNAIRES SYNDIQUES
— 1.2. LES « ADMINISTRATIONS » : UNE CATEGORISATION ANCREE DANS DES EXPERIENCES CONCRETES
— 1.3. LES FONDEMENTS PRATIQUES DES CATEGORISATIONS ET JUGEMENTS DES ADMINISTRATIONS
2. « LA MAIRIE » OU « MA MAIRIE » ? DES RAPPORTS AMBIVALENTS A UNE INSTITUTION FAMILIERE
— 2.1. « LA MAIRIE » : FORMES DE DISTANCE A L’EGARD DES SERVICES MUNICIPAUX
— 2.2. « MA MAIRIE » : UN USAGE ROUTINIER ET SOUPLE D’UNE INSTITUTION FAMILIERE
3. « AVOIR DES DROITS » SANS « DEMANDER L’AUMONE »
— 3.1. UNE OPPOSITION STRUCTURANTE
— 3.2. UNE OPPOSITION ANCREE DANS LES PRATIQUES
• REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES


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