Humiliations ordinaires et contestations silencieuses
La situation des travailleurs précaires des chantiers
Nicolas Jounin
Maintenus durablement dans un statut d'emploi précaire, les travailleurs du bâtiment doivent endurer de multiples humiliations : mensonges, agressivité verbale, moqueries, surnoms ou insultes racistes, etc. De telles humiliations sont permises par le statut relégué de leurs cibles, et dans le même temps elles entretiennent ce statut, fonctionnant comme des « pense-bêtes » rappelant la menace liée à la précarité de l'emploi. S'ils s'affrontent rarement à leurs employeurs de manière directe, en revanche les travailleurs du bâtiment entretiennent une résistance souterraine qui prend les voies du retrait et de la défection.
• CONTRÔLER LA RELATION : PRÉCARISATION ET DISCRIMINATION
— PRÉCARISATION
— DISCRIMINATION
• LÉGITIMER, RAPPELER LA RELATION : DISCOURS RACISTES ET HUMILIATIONS QUOTIDIENNES
— PRUDENCE DU RACISME DOCTRINAL
— CONDITIONS ET EFFETS DE L'« ASSASSINAT EN PAROLES »
— PROLONGEMENT « NATUREL » DE L'HUMILIATION HIÉRARCHIQUE : LE RACISME
— NE PAS HUMILIER ? L'ADOUCISSEMENT SUSPECT DES FORMES
• SUBVERTIR LA RELATION ? UNE RÉSISTANCE SILENCIEUSE
— ABSENCES, RALENTISSEMENTS ET SABOTAGES
— UNE SPIRALE DE DÉLOYAUTÉS
• CONCLUSION
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES