Ordre et désordre dans les coulisses d'une profession
L'exemple de la police nationale
[1]
Geneviève Pruvost
La gestion du désordre qui règne en coulisses, hors de la vue de la hiérarchie et du public, constitue un indice certain du degré de professionnalisation d'une profession. La police est sur ce plan particulièrement exposée dans la mesure où le niveau de relâchement y est très élevé et où il occupe une fonction nodale dans l'organisation du travail : les policiers, pour s'assurer d'une solidarité de corps et pour se protéger du « sale boulot », s'emploient à mettre distance leur métier pendant les pauses ou dans les salles de repos. Pour ce faire, les hommes, mais aussi les femmes, usent des ressources offertes par l'homosociabilité virile. Cette étude de la nature des activités de coulisses, mais aussi des différences de participation selon le grade, le service et le sexe vise à mettre en évidence le primat de la sociabilité policière sur l'accomplissement du travail lui-même.
• L'EXALTATION DE LA VIRILITÉ
— UN CONTRÔLE ACCRU DES EXCÈS
— LES PRINCIPALES ACTIVITÉS DE RELÂCHEMENT
• DES RÉGIMES DE PARTICIPATION DISTINCTS
— DES DIFFÉRENCES DE GRADE ET DE BRIGADE
— DES DIFFÉRENCES DE SEXE ? ENTRE INTÉGRATION ET ASYMÉTRIE
• LES COULISSES ÉRIGÉES AU RANG DE NÉCESSITÉ PROFESSIONNELLE
— LA NEUTRALISATION DES DIFFÉRENCES : LA SOLIDARITÉ DE CORPS
— UNE RÉPARATION DU « SALE BOULOT »
— DES COULISSES INVASIVES : LES DÉBORDEMENTS EN PUBLIC
• CONCLUSION
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES