Parler au nom de publics
Sociologie des prétentions à représenter de célébrités américaines dans le contexte de la guerre en irak
Violaine Roussel
Résumé : Analysant l'engagement contre la guerre en Irak d'artistes américains qui sont également des célébrités, cet article explore les prétentions au porte-parolat qui se manifestent à cette occasion, concurrençant, de fait ou explicitement, la légitimité pour représenter que les hommes politiques tiennent de l'élection. On examine d'abord la manière dont ces artistes se constituent en « célébrités citoyennes », combinant l'(auto-) attribution d'un nouveau rôle de représentation populaire et la séparation entre cette fonction publique et leur activité professionnelle ordinaire, dans leur monde de l'art. Ils se posent comme « figures publiques » qui comptent en politique, en relation avec l'accès à/et l'action sur des « audiences » plus ou moins vastes. La manière dont des publics artistiques se trouvent ainsi convertis symboliquement en publics politiques est ensuite passée au crible : se donnant une mission d'éducation politique et de formation civique, ces artistes participent à dessiner et à promouvoir publiquement un nouveau modèle du « bon citoyen ».
• L'ÉMERGENCE DES « CÉLÉBRITÉS CITOYENNES »
— DE NOUVEAUX RÉPERTOIRES DE PRISE DE PAROLE ?
— UNE REPRÉSENTATION TRÈS « POPULAIRE »
• ÉDUCATION DES PUBLICS ET PRODUCTION DU « BON CITOYEN »
— UNE FORMATION CIVIQUE À DISTANCE DU POLITIQUE
— POLITISATION PARADOXALE : ENTRE ENRÔLEMENT MILITANT ET PRÉSERVATION DES UVRES
• RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES