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Sociologie

2012/4 (Vol. 3)


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Introduction

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Quand Aron s’interroge sur la relation entre universalisme et particularisme dans la société des années 1960, il arrive au constat que l’universalité reste un horizon. Voilà sans doute la grande désillusion qu’il nous livre dans son ouvrage Les Désillusions du progrès : la modernité, avec son principe universaliste, ne conduit pas nécessairement à la création d’une communauté humaine mondiale, ni même occidentale.

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La désillusion est brutale, mais on ne peut s’empêcher de penser que depuis les années 1960, le monde a évolué. D’abord, Aron ne connaissait pas les outils de communication dont nous disposons. Pourtant, faire communauté, n’est-ce pas surtout pouvoir dialoguer ? Ensuite, l’effondrement des deux blocs a changé le visage du monde : il est désormais multipolaire, l’Europe n’est plus séparée par le rideau de fer. La construction européenne a au contraire fortement progressé. Les traités de Maastricht et de Lisbonne ont été signés, un espace dit Schengen a été créé, la monnaie unique a vu le jour, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a acquis une véritable influence. Les États ont décidé de s’unir pour créer un espace commun où prime la liberté, et de s’associer autour de valeurs communes incarnées par les droits de l’Homme. Le projet européen, tel qu’il se réalise depuis les années 1960, se fonde sur des principes universalistes.

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Ces évolutions traduisent-elles la fin de la dialectique de l’universalité, c’est-à-dire le triomphe de l’universalisme et la capacité de la modernité à créer une communauté occidentale, voire mondiale ? La désillusion d’Aron ne devait-elle être que transitoire ?

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Ces évolutions sont certes les signes que l’universalisme est un principe qui oriente le monde occidental, mais derrière les idées de mondialisation ou d’internationalisation, les particularismes se maintiennent. S’il n’est pas toujours aisé de les percevoir, l’actualité nous aide aujourd’hui à identifier plus facilement les deux dimensions du nationalisme tel que le définit Aron par opposition à l’universalisme : la volonté d’indépendance à l’égard de l’extérieur d’abord, et l’existence (ou la défense) d’une identité singulière à l’intérieur (Aron, 1969). En effet, les phénomènes sont souvent exacerbés en temps de crise. C’est pourquoi cet article est résolument ancré dans le monde social et basé sur des observations. Pour mieux comprendre la dialectique de l’universalité aujourd’hui, nous étudierons d’abord l’évolution des discours que génèrent des crises comme les attentats du 11 Septembre, les révolutions arabes ou la crise économique et financière. Ces crises conduisent à un renouveau du discours politique marqué par une résurgence des particularismes. Mais ne s’agit-il là que de discours ou cette volonté d’affirmation de soi s’ancre-t-elle dans le monde social ? Pour le savoir, il faut dans un second temps identifier si des moyens sont disponibles pour faire vivre la volonté d’indépendance en analysant les pratiques des acteurs.

La résurgence des discours particularistes

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Ce n’est pas parce que la vocation universaliste des sociétés modernes est présentée comme une valeur fondamentale qu’elle ne peut pas être mise en difficulté dans le monde social. En analysant l’évolution des discours dans le domaine de l’immigration et en matière économique, il s’agit d’identifier les signes d’une défense de l’identité particulière du groupe et d’étudier ainsi la manière dont la dialectique de l’universalité se manifeste aujourd’hui.

Un « besoin » de frontières renouvelé dans un monde ouvert

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L’universalité, c’est aussi la capacité d’un groupe à concevoir l’Autre comme le même. Réfléchir à la dialectique de l’universalité invite donc à analyser la manière dont on traite l’altérité que l’on peut approcher grâce au débat public sur l’immigration.

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À la suite des deux chocs pétroliers, quand le plein emploi s’effrite et que la question du chômage se pose, la population française prend conscience que ce qu’elle pensait être une immigration de travail est une immigration d’installation (Noiriel, 1988). C’est à ce moment que la question de l’immigration s’impose dans le débat public. Néanmoins, aujourd’hui, ce n’est plus uniquement le contexte économique qui explique l’intérêt pour cette question : après les attentats du 11 septembre 2001, la dimension sécuritaire s’inscrit dans le débat. Dans ce contexte de menace diffuse, latente, voire invisible, la question de l’immigration prend un autre visage car l’étranger devient un ennemi potentiel duquel il convient de se protéger. Le thème du contrôle des frontières se place alors au cœur du débat public et l’État s’affirme comme le garant de la sécurité des citoyens, en tant qu’il est celui qui assure la surveillance des frontières. La frontière joue alors ce rôle, sans doute symbolique et illusoire, de séparation par rapport à la menace terroriste.

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Un second exemple plus récent montre cette réactivation du « besoin de frontière ». En avril 2011, après les révolutions arabes, l’île de Lampedusa connaît une arrivée massive de migrants. La France affirme d’abord son soutien aux autorités italiennes, mais les relations entre les deux pays se compliquent quand la France décide de mettre en place un contrôle renforcé aux frontières. M. Berlusconi autorise alors la délivrance de permis de séjour temporaires à ces migrants qui peuvent ainsi circuler librement au sein de l’espace Schengen. En réaction, Claude Guéant rappelle aux services préfectoraux que, pour pouvoir entrer en France, le migrant doit non seulement être en possession des documents requis, mais aussi disposer de ressources suffisantes. C’est un véritable face-à-face entre deux États qui s’instaure. Chacun affirme son pouvoir sur son propre territoire : la frontière reprend son sens même si les Accords de Schengen reposent sur la logique de la suppression des frontières intérieures. Cet exemple ne montre pas seulement la réactivation de la frontière, il permet d’aller plus loin car il met en jeu des hommes qui fuient un pays où se produit une révolution dont les fondements sont proches des principes démocratiques de nos sociétés occidentales. Ainsi, même si l’étranger est un individu qui se bat pour défendre nos principes, cela ne signifie pas que nous soyons prêts à l’intégrer dans notre communauté nationale. Il y a une peur de l’ouverture ou, plus exactement, un certain besoin de frontière.

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L’ouverture du monde, la suppression des frontières intérieures n’implique pas la création d’une vaste communauté (Boyer, 2004). L’Autre n’est pas un barbare, il peut même prôner nos valeurs et défendre nos principes universalistes, mais cet individu raisonnable n’en reste pas moins extérieur à la communauté : le besoin de séparation se maintient.

Le renouveau du discours protectionniste dans une économie mondialisée

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En s’attachant à la question de l’immigration, il apparaît que le fait d’être extérieur au groupe continue à produire des effets, même s’il y a partage de valeurs universalistes. Néanmoins, comme ce domaine est très symbolique, il importe d’étudier un domaine a priori plus neutre qui n’engage pas l’identité de la communauté : l’économie. Puisque son but est toujours la création de richesses, l’économie ne s’oppose pas aux principes universalistes par sa fonction.

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Depuis la campagne présidentielle de 2012, les discours qui relèvent de la logique protectionniste se multiplient. Prenons l’exemple de la protection des entreprises. Quand les politiques abordent ce sujet, c’est au nom de la création et de la préservation de l’emploi. Mais très rapidement, le discours prend un autre ton. Il faut aussi défendre les entreprises françaises parce qu’elles ont su développer des techniques particulières qui participent au rayonnement de notre pays, elles ont un savoir-faire spécifique qu’il faut protéger parce qu’il fait notre richesse. Et ce n’est pas seulement une richesse économique, c’est aussi et peut-être surtout une richesse culturelle. Lorsque Lejaby était en difficulté, les politiques se sont rendus dans l’entreprise pour constater la qualité et la finesse des produits confectionnés. Cette mise en scène du savoir-faire français doit nous interpeller. Tout se passe comme si ces techniques étaient inscrites dans un territoire et une population. En France, « pays de l’élégance », le travail fin et minutieux serait comme une seconde nature des ouvriers. Dans les discours, ces techniques ne semblent pas pouvoir être exportées : Lejaby perdra nécessairement en qualité s’il ne produit plus en France car ce savoir-faire a quelque chose d’intrinsèquement français. Derrière la protection de nos entreprises, il n’y a donc pas que la préservation de l’emploi qui se joue, il y a d’abord la défense d’une culture commune et d’une identité singulière.

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Grâce aux discours liés à la crise économique, on peut aller encore plus loin dans la compréhension de la dialectique de l’universalité. La pression des marchés, le risque d’être dégradé par les agences de notations, le risque de contagion de la crise sont autant d’éléments qui ont conduit à l’émergence d’un nouveau discours politique : il faut désormais s’émanciper et retrouver notre indépendance. Certes, notre richesse se construit par les échanges avec nos partenaires, mais l’interdépendance ne doit pas conduire à notre perte d’autonomie. En effet, sans capacité d’autofinancement, la communauté n’a aucune garantie qu’elle aura les moyens de faire vivre ses projets, de financer les secteurs qui lui semblent prioritaires. L’investissement est un choix éminemment politique, mais si le système dépend d’acteurs tiers, la communauté n’est plus assurée de pouvoir faire ses choix en toute liberté. La crise économique n’a pas conduit l’opinion publique à vouloir un nouveau système économique, elle a conduit à une revendication : poser des limites à l’interdépendance pour que celle-ci ne nuise pas à notre autonomie. C’est une volonté d’indépendance à l’égard de l’extérieur qui s’exprime.

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Les deux aspects du nationalisme tel que le définit Aron, l’affirmation d’une identité singulière et la volonté d’indépendance, se retrouvent dans le débat public (Debray, 2010). Sur le fond, la communauté reste orientée par un horizon universaliste, mais elle affirme plus nettement son sentiment d’être singulière et sa volonté d’autonomie. On observe comme une résurgence des principes particularistes en période de crise.

L’affirmation de soi par la souveraineté dans un monde globalisé

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On ne peut s’arrêter à ce constat de la résurgence des principes particularistes dans l’opinion publique, il faut à présent se demander si l’on peut identifier des signes de son ancrage dans le monde social. Pour cela, je m’appuierai sur ma recherche doctorale qui traite de la question de la souveraineté, car le débat autour de la « fin » de la souveraineté en Europe rejoint finalement notre interrogation sur la dialectique de l’universalité [1][1] À la fin des années 1990, Bertrand Badie a initié un.... Cette étude vise à comprendre l’évolution de la souveraineté de l’État français à partir d’une analyse des politiques d’éloignement forcé des étrangers (procédures d’expulsion, de reconduite à la frontière, de réadmission) qui s’appuie sur une enquête de terrain réalisée au sein de la préfecture d’Arras et de la Police Aux Frontières de Calais (Wlodarczyk, 2011).

La « réad Belgique » : une procédure à part

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Les observations faites sur le port de Calais au moment de l’interpellation des migrants sont utiles pour réfléchir à la dialectique de l’universalité. Plus précisément, c’est le traitement d’une procédure particulière qui permet d’aborder la question de la volonté d’indépendance à l’égard de l’extérieur : la « réad Belgique ». La règle de cette procédure est simple puisqu’il suffit de démontrer, grâce au disque du chronotachygraphe, que le camion dans lequel ont été interpellés les migrants a effectué son dernier arrêt en Belgique. Pour l’agent interpellateur, ce qui la distingue des autres procédures, c’est qu’elle nécessite l’audition du chauffeur. Il ne suffit pas d’interpeller les migrants, il faut aussi escorter le chauffeur jusqu’au poste pour l’auditionner et faire une copie des documents nécessaires au dossier. Cette procédure est donc plus lourde pour les agents.

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Au port, la procédure de réadmission Belgique est pourtant scrupuleusement respectée. Dans ce service où le cloisonnement des équipes permet des écarts par rapport à la règle, les agents interpellateurs font preuve d’une véritable détermination à appliquer cette mesure. C’est à une exécution conforme et à une application stricte que nous assistons. Les choses sont claires, simples et rapides : le disque du chronotachygraphe confirme que le dernier arrêt du camion est en Belgique, il faut simplement ne pas oublier de demander au chauffeur de venir au poste. Lors de ma présence sur le terrain, j’ai très vite intégré cette différence d’attitude à l’égard des réadmissions Belgique. Dès que j’entendais l’information « dernier arrêt en Belgique », je savais exactement ce qui se passerait. Pour les autres procédures, je ne pouvais pas anticiper à ce point en raison des marges de manœuvre. La procédure de réadmission Belgique, par elle-même, n’empêche en rien les agents de s’écarter de la règle. Néanmoins, de manière systématique, ils décident d’appliquer la réponse pré-définie pour de telles situations.

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Ce qui est intéressant, c’est qu’il ne s’agit pas d’une simple attitude réflexe. Il y a comme une règle partagée par les agents interpellateurs du port : en matière de réadmission Belgique, il faut adopter une réponse systématiquement conforme et tout mettre en œuvre pour que la procédure puisse aboutir, malgré les obstacles qui peuvent se présenter. Tout écart est, dans ce cadre, considéré comme inadmissible.

L’exécutant intraitable : une figure guidée par l’affirmation de soi

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Le respect scrupuleux de la règle lorsqu’une réadmission Belgique se profile contraste avec la posture habituelle des agents interpellateurs du port. Que ce soit pour permettre le bon fonctionnement du service ou parce que la situation leur paraît injuste, les agents n’hésitent pas d’ordinaire à s’affranchir de la règle puisque leur contexte de travail le leur permet (Crozier, 1971). Ainsi, ce n’est pas le système qui permet de comprendre cette attitude, il faut partir des agents eux-mêmes et du sens qu’ils donnent à leur posture. Quotidiennement, ils constatent que les migrants reviennent quelques jours après leur interpellation sur le sol français : ils exécutent la mesure de réadmission Belgique en sachant que cela ne sert à rien car « trois jours après ils sont là ». L’absurdité de la réadmission Belgique est pour eux tellement flagrante que son maintien est le signe que cette procédure ne sert qu’à « faire du chiffre ». Comment expliquer alors ce comportement de strict exécutant pour une procédure jugée absurde et en l’absence de contraintes organisationnelles fortes ?

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Pour répondre à cette question, il faut introduire un troisième acteur : le Royaume-Uni. L’activité des agents est liée aux migrants venus à Calais pour rejoindre l’Angleterre. Or, empêcher leur départ, c’est aussi maintenir cette population sur le continent européen et plus spécifiquement à Calais. Pour les agents rencontrés, la Police Aux Frontières (PAF) « ne travaille pas pour la France mais pour le Royaume-Uni ». Les agents ont le sentiment que les Britanniques parviennent à établir des traités qui servent leurs propres intérêts et à rallier ensuite la France à ces textes. Dans ce contexte, ils sont nombreux à exprimer ouvertement la sensation qu’ils sont au service d’un autre État et que le pays pour lequel ils travaillent tend à s’affaiblir, à s’effacer, voire à se soumettre. Finalement, l’État français est perçu comme un acteur qui se réduit de plus en plus à exécuter des décisions qui ne servent plus son propre intérêt. Pour aller à l’encontre de cette représentation, la faiblesse identifiée est transformée en force : c’est par son rôle même d’exécutant que l’État français peut s’affirmer. En exécutant scrupuleusement une procédure qu’il juge absurde, l’agent montre ainsi que la France peut décider puisque la réponse qu’il adopte détermine la manière dont sera effectivement mise en œuvre une politique. Dès lors, pour l’État, être l’acteur « exécutant » ne signifie pas être dénué d’un pouvoir de décision.

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Cette posture de l’exécutant intraitable révèle un véritable besoin d’affirmation de soi. Les frontières intérieures à l’espace Schengen s’effacent, mais le besoin de distinction ne disparaît pas. L’évolution de l’échiquier politique tend peut-être à affaiblir l’État national, mais ses serviteurs savent user de ses forces pour qu’il s’impose toujours comme un acteur incontournable de la scène politique. L’affirmation de soi est toujours vivante, la volonté d’indépendance à l’égard de l’extérieur n’a pas disparu et ce, y compris pour un État qui a consenti à la libre circulation et au partage du contrôle des frontières. Mais surtout, les agents français, par leur action quotidienne, font vivre la tendance aux particularismes : les pratiques des acteurs sociaux elles-mêmes posent des obstacles à l’universalisme.

Conclusion

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S’il n’y a pas de signe d’une véritable menace portée à l’universalisme, la désillusion d’Aron s’impose néanmoins toujours. Comment comprendre la permanence de la dialectique de l’universalité et la résurgence des particularismes dans une société globalisée ? La dialectique de l’universalité me semble liée à l’absence d’une « communauté-société » occidentale, pour utiliser cette expression d’Éric Weil (1989, p. 148). Weil insiste sur le fait que l’État moderne est l’organisation d’une communauté historique qui recherche la rationalité, et c’est pourquoi il comprend deux aspects. L’administration agit de manière rationnelle et elle est donc en mesure de gérer un groupe fonctionnant sur cette logique, à savoir la société. Le gouvernement, quant à lui, pense de manière rationnelle, mais il est aussi capable de considérer les valeurs du groupe, la dimension historique de la communauté. La communauté moderne est ainsi une communauté-société, à la fois historique et rationnelle.

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En prônant l’exercice de la Raison, en valorisant la démocratie et en se représentant l’individu comme sujet transcendantal, la société occidentale se fonde sur des principes universalistes et son organisation ne semble pas limiter la possibilité d’universalité (Rosanvallon, 1992). Seulement, l’analyse de Weil nous oblige à penser aussi la communauté occidentale et cet article montre qu’elle n’existe pas : les groupes qui composent le monde occidental continuent à se définir par opposition les uns aux autres, même s’ils s’accordent à voir dans l’universalisme un horizon souhaitable. Le monde occidental n’échappe pas au principe particulariste qui s’exprime sous la forme du nationalisme (Duchesne, 1994). Le seul échelon qui apparaît aujourd’hui capable de jouer ce rôle de « communauté-société » est le cadre national (Schnapper, 1994). En effet, seule la communauté-société nationale parvient à construire un lien social en assurant reconnaissance à la personne en tant qu’individu (sujet transcendantal) et en lui assurant protection en tant que membre (partie du tout) [2][2] On peut identifier cette tension à travers l’évolution.... En période de crise, le besoin de protection est plus fort. Le besoin de « communauté » est alors ravivé, ce qui pourrait expliquer la résurgence des particularismes que nous avons observée. C’est parce que l’individu moderne ne peut s’inscrire pleinement que dans ce type de groupe que le monde social est en permanence traversé par la tension entre universalisme et particularisme. Aussi, pour dépasser la dialectique de l’universalité, il n’y aurait que deux solutions possibles : qu’une « communauté-société » occidentale émerge ou que l’Homme se transforme en un être purement rationnel.


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Notes

[*]

Docteur en Sociologie. Affiliée au Centre Maurice Halbwachs et à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire CMH – 48 Bd Jourdan – 75014 Paris marion.wlodarczyk@gmail.com

[1]

À la fin des années 1990, Bertrand Badie a initié un débat en sciences sociales sur le sujet. Dans son ouvrage intitulé Un monde sans souveraineté (1999), Badie pose les bases et les hypothèses de la réflexion sur l’affaiblissement de la souveraineté de l’État national. À la même époque, les juristes s’interrogent sur les conséquences que peut avoir la construction européenne sur ce concept fondamental du droit public (Luchaire, 2000 ; Haquet, 2004). Les jeunes chercheurs s’emparent de la question et plusieurs thèses sont menées sur ce sujet. On peut penser ici à celles de Chaltiel (2000) ou de Denizeau (2004).

[2]

On peut identifier cette tension à travers l’évolution de l’État-Providence qui cherche à concilier les deux aspects, voir Ewald F. (1996), Histoire de l’État-Providence, Paris, Grasset. Sur les fondements du lien social, voir Paugam S. (2008), Le Lien social, Paris, PUF.

Plan de l'article

  1. Introduction
  2. La résurgence des discours particularistes
    1. Un « besoin » de frontières renouvelé dans un monde ouvert
    2. Le renouveau du discours protectionniste dans une économie mondialisée
  3. L’affirmation de soi par la souveraineté dans un monde globalisé
    1. La « réad Belgique » : une procédure à part
    2. L’exécutant intraitable : une figure guidée par l’affirmation de soi
  4. Conclusion

Pour citer cet article

Ledoux-Wlodarczyk Marion, « La dialectique de l'universalité aujourd'hui », Sociologie, 4/2012 (Vol. 3), p. 433-438.

URL : http://www.cairn.info/revue-sociologie-2012-4-page-433.htm
DOI : 10.3917/socio.034.0433


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