Les militants face aux contraintes managériales : le cas des groupes locaux de Handicap International
Sylvain Lefevre
Sylvie Ollitrault
Dans certaines ONG, une responsabilité particulière est conférée à des bénévoles dont le statut se distingue de celui de simple donateur. Ils peuvent être, très temporairement, la voix et le visage de l’ONG auprès du public. Les auteurs reviennent sur les motivations à s’engager dans des groupes locaux de bénévoles de l’association Handicap International, créés à la fin des années 1990 dans deux villes de province, et surtout à y rester.
L’article montre une relation ambiguë au siège à la fois absent, prégnant, contesté et « enchanté ». Se sentir membre d’une ONG, c’est aussi participer à une mythologie de l’humanitaire.
In some NGOs, volunteering members can be given a special responsibility. They thus have access to a different status than mere donors. For a short period of time, they can even become the NGO’s public voice and face. The authors examine the motivating factors to become and remain part of International Handicap’s local groups. Is it possible to find a “Militant’s Heaven” when facing managerial constraints? There is an ambiguous relationship to the immaterial, overwhelming, contested and “enchanted” top. Representing oneself as a NGO member therefore means taking part in a humanitarian mythology. The article uses grass root data (due to interviews and a series of observations) to illustrate how a hierarchical organization gets its members to forget about the overpowering managerial makeup, through personal gratification.
• Les petites mains de l’ONG
— Relayer localement les initiatives du bureau national : une initiative venue d’en haut
• Les marges d’autonomie limitées des groupes locaux
— La dépendance logistique et financière au siège
— Mener des actions sous contrôle : La pyramide de chaussures
• Le management des accords et des désaccords
— L’urgence et l’action comme garantie du consensus au sein du groupe
• La relation ambiguë au siège
— La célébration de la « grande famille » de l’ONG
— Défiance et distanciation
• Conclusion