Spirale
érès

I.S.B.N.2749200296
192 pages

p. 135 à 137
doi: 10.3917/spi.024.0135

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Jouets

no 24 2002/4

 
Le premier âge
 
 
Le premier jouet du nourrisson est son corps.
Jeux de doigts, bêtes qui montent et menton coquin, celui-là l’a fait, celui-là l’a dit ; jeux de voix, chansons, fabulettes, musique ; massages, faire le tour de la maison-corps, les parties du corps ; porter, balancer, rythme et mouvement ; le bain, les jeux d’eau ; les odeurs…
 
Les 3 premiers mois (en position couchée) et avant la station assise
 
 
Hochet léger, peluches, bracelets colorés, matières et tissus, objets sonores : sensorialité++, découvrir, suivre des yeux (2 mois), explorer, manipuler, saisir un objet (4-5 mois), le secouer, le porter à la bouche.
Favoriser un espace jeu : surface plane et ferme, sur laquelle il est allongé sur le dos, avec autour de lui, à proximité, les jouets et objets décrits, peu, le trop grand nombre est source d’hyperstimulation, bébé papillonne, se perd, s’angoisse ;
Pas dans le lit : le lit, c’est pour dormir.
On peut se passer des mobiles aussi et des portiques de lit, trop stimulants et permanents, trop attractifs, focalisant l’attention du bébé sans lui laisser la possibilité de faire d’autres découvertes. Les portiques de sol sont aussi de peu d’intérêt, il vaut mieux favoriser la motricité libérée du bébé, le laisser ramper, se déplacer à quatre pattes, découvrir et aller chercher, être actif.
Chanter, bercer, porter.
 
De 6 à 9 mois (position assise) jusqu’à la marche… et après
 
 
La préhension s’améliore (vers 8 mois, pince pouce-index), force et habilité se développent : bébé répète et répète les manipulations, emboîte, empile (cubes), encastre, prend et jette…
Reconnaît les formes, saisit la causalité des actions (recherche les effets produits : tableaux d’activités, jouets sonores, toupies, tous les jouets qui produisent des effets sonores ou visuels en réponse à une action exercée sur eux par l’enfant).
Reconnaît aussi son environnement humain (angoisse du 8e mois qui, en fait, est bien plus précoce) : a besoin d’objets et de jouets familiers, sécurisants, affectifs, peluche, poupée…
Acquiert la permanence de l’objet : boîtes à surprises, jeux à tirettes, à effet de caché-trouvé, tunnel cache-cache…
Recherche le lien et la relation à l’autre : jeu de balles, à deux, d’échanges, pousser des voitures…
Apprécie les centre d’activités qui réunissent de multiples jeux sensoriels, à surprise, à causalité : il pousse, secoue, tire, frappe (piano, établi…), vide, remplit…
Et la musique toujours et encore.
 
Dès les premiers pas et pendant toute la seconde année
 
 
La motricité et l’exploration sont privilégiées : jouet à bascule, à bercer, porteur, jouets à tirer ou à pousser (plus encore s’ils produisent des sons).
L’enfant développe sa force musculaire, il améliore sa motricité globale et fine, sa dextérité. Il devient de plus en plus autonome.
Il n’arrête pas de faire : il a besoin de jouets variés, d’objets qui roulent, s’emboîtent, font des sons ou des actions diverses, étonnantes. Il apprécie l’énigme et l’intrigue. Il veut réaliser des choses, en est tout fier.
Il commence à parler, nommer : que de jeux dans les livres, à découvrir ensemble. Mais le livre n’est pas un jeu
L’imaginaire se développe ainsi que les premiers jeux symboliques : faire comme, faire semblant.
Penser aux arts vivants, aller au théâtre avec bébé… et ses frères et sœurs. Les musées aussi sont de parfaits jeux de pistes. La culture en fait est un vrai jeu d’enfant.
 
Entrer dans le jeu
 
 
Le « métier » d’enfance, c’est le jeu. Le tout-petit travaille bien plus qu’on ne saurait le dire, en jouant. Il se construit et construit son monde, ce faisant. C’est dire l’importance, capitale, du jeu dans la vie d’un enfant : c’est en jouant qu’il fait son avenir.
C’est en jouant avec leur enfant que les parents l’aident à construire cet avenir.
Ils doivent dès lors entrer dans le jeu de leur enfant, et eux aussi, ils vont jouer, être au même titre que leur petit, joueur. À part entière. Ils doivent réapprendre à jouer, à rire, à courir… Retrouver l’enfant qu’ils ont été et retrouver le goût du jeu, qui ne disparaît jamais.
Ce n’est pas tant pour aider leur enfant à vivre, se développer et grandir qu’ils jouent : c’est pour le plaisir retrouvé de jouer. Et ici avec un être qui leur est cher, si cher.
Les jouets d’aujourd’hui doivent donner aux parents l’envie de jouer, de les utiliser ; non pas dans une exclusive motivation psycho-éducative, mais tout simplement par plaisir.
Pour de rire, diraient les enfants !
 
NOTES
 
[*] Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre, praticien hospitalier, Marseille, bensoussanp@ marseille. fnclcc. fr
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