Spirale
érès

I.S.B.N.2749200296
192 pages

p. 138 à 149
doi: 10.3917/spi.024.0138

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Je

no 24 2002/4

2002 Spirale Je

Jeu et régulation affective  [1]

Marina Altmann de Litvan  [*]
Mon intérêt pour ce sujet vient de la recherche microanalytique sur les relations entre les systèmes verbaux et non verbaux entre la mère et son bébé (Altmann et al., 2001), où, à partir de l’enregistrement vidéoscopique de processus psychothérapeutiques, nous avons pu observer l’importance de la régulation affective dans le jeu déployé librement par les jeunes enfants (entre 3 et 18 mois). Cette approche microanalytique du jeu nous a introduits dans la complexité des émotions qui sont canalisées par le jeu et correspondent à l’interaction non verbale symbolique et infrasymbolique.
Notre propos est d’enrichir la théorie psychanalytique (Freud, Klein, Winnicott) des résultats obtenus par la recherche sur le développement, en particulier la fonction de la régulation des affects de la part du système d’attachement. Dans ce but, on choisira différentes observations où on visualisera quelques moments de jeu du point de vue de Melanie Klein et du concept de « miroitement des affects » développé par György Gergely.
L’activité de jeu se développe dans un espace intime et affectif, intermédiaire entre fantaisie et réalité. Le jeu est une activité très prenante et gratifiante qui commence spontanément et qui se développe au long des étapes de la vie. Aux étapes précoces, le jeu se présente notamment sur un mode non verbal.
Le jeu est une modalité de connaissance mutuelle où l’on apprend à « être avec », il permet d’explorer et de connaître aussi bien les objets que le corps propre et il aide à surmonter des sentiments de perte et de chagrin.
C’est par le jeu que se mettent en acte et en question toutes les capacités dont les soignants disposent pour aimer, partager, donner et recevoir. Ces capacités, en même temps, révèlent la nature de la relation avec le bébé. Dans un premier temps, les paroles de la mère sont comme des objets sonores que moduleront son état de veille et de joie ainsi que celui de son bébé. De cette façon-là, se produira entre le soignant et le bébé un style propre de relation et de régulation.
Les jeux et les improvisations simples mettent à l’épreuve les mères en même temps qu’ils ajoutent de nouveaux éléments à la création de leur identité maternelle. Pour cette raison, une forte capacité d’identification d’avec son bébé est nécessaire afin que s’établisse un lien empathique qui puisse mettre en jeu l’expérience de sensualité dans le soin au bébé.
C’est à partir du jeu et de sa construction que le psychisme de l’enfant se structure. L’expérience accumulée pendant ces trente dernières années (Bower, Emde, Gergely, Meltzoff, Stern) montre que, dès leur naissance, les jeunes enfants sont équipés de capacités perceptives, d’apprentissage et de représentation. En outre, ils disposent d’une préparation spécifique pour la structuration du monde physique et psychique qui les entoure (Gergely et Watson, 1996).
Les plus récentes découvertes indiquent que, pendant leur première année, les jeunes enfants :
  • montrent une tendance innée à exprimer automatiquement leurs états émotifs ;
  • sont sensibles à la structure contingente de la communication affective face à face ;
  • peuvent distinguer des schémas faciaux d’expression des émotions ;
  • sont dépendants des interactions de régulation affective avec leurs parents comme moyens de régulation émotionnelle de leur propre self ;
  • sont fortement influencés par le comportement de communication affective de leurs parents en ce qui concerne la qualité de leurs états affectifs et la régulation de leur self.
À la fin de la première année, on peut constater l’émergence d’un ensemble de nouvelles aptitudes de comportement communicatif qui semblent indiquer un nouveau niveau de contrôle et de conscience émotionnelle, ainsi que le début de la compréhension, l’attribution et le raisonnement sur les états émotionnels (Gergely-Watson).
 
Moments de jeu
 
 
Presque tous les comportements se construisent sur le ciment de la régulation physiologique. L’interaction mère-père-enfant n’est pas l’exception. En conséquence, on peut s’attendre à ce qu’il existe une relation entre la réactivité physiologique, le processus cognitif et l’interaction sociale [2]. Les moments de satisfaction des besoins physiologiques du bébé sont des occasions propices pour le jeu car ce dernier peut accomplir une fonction facilitatrice et régulatrice.
« Manger, s’endormir et l’homéostasie générale sont d’habitude accompagnés de conduites sociales des parents : ils bercent, touchent, parlent, calment, chantent et font de petits bruits et des grimaces en réponse aux conduites du jeune enfant, notamment aux pleurs, aux sourires et aux regards ».
(Stern, 1991)
D’une perspective psychanalytique traditionnelle, Melanie Klein (1953) raconte le cas d’une petite fille de 6 ou 7 mois, habituée à jouer sur les genoux de sa mère pendant l’heure qui précédait sa tétée de l’après-midi. Un jour, « la mère eut des visites et fut trop occupée pour jouer avec elle […]. La mère lui donna la tétée de l’après-midi, la mit dans son lit comme d’habitude, et l’enfant sombra dans le sommeil. Deux heures après, elle s’éveilla en pleurant de façon continue ; elle refusa le lait […] et continua à pleurer. La mère abandonna la tentative de l’alimenter, et l’enfant resta sur ses genoux, très contente, pendant une heure, à jouer avec les doigts de la mère. On lui donna alors son repas du soir à l’heure habituelle, et elle s’endormit rapidement » (p. 236).
Melanie Klein fait le commentaire suivant : « Je pense que les pleurs du bébé étaient provoqués par le manque du jeu avec la mère. C. avait une relation personnelle très puissante avec elle, et profitait toujours entièrement de cette heure particulière. […] Le temps du jeu n’était pas seulement pour le bébé une puissante satisfaction de ses désirs libidinaux, mais il le sentait aussi comme une preuve de sa relation d’amour avec sa mère » (p. 236).
Déjà, au cinquième ou sixième mois, beaucoup de bébés réagissent avec plaisir quand quelqu’un se cache et réapparaît soudainement. La mère du bébé a fait de ce jeu une habitude à l’heure de le coucher, permettant ainsi que l’enfant s’endorme de bonne humeur. Il semble que la répétition de ces expériences est un facteur important pour aider l’enfant à surmonter les sentiments de perte et de chagrin. Un autre jeu caractéristique, d’un grand réconfort pour les tout-petits, consiste à se séparer de l’enfant à l’heure du coucher en lui disant « au revoir, au revoir » en le saluant de la main et en quittant lentement la chambre, comme pour disparaître graduellement. Cet « au revoir, au revoir », le signe de la main, un « je reviens tout à l’heure » ou un « je reviens vite », quand la mère quitte la chambre, produisent généralement un puissant réconfort [3]. »
Il y aurait un point commun entre, d’une part, la perception du jeu par M. Klein, qui propose l’existence d’une relation d’objet comportant, dès le début de la vie, des émotions, des fantasmes, des angoisses et des défenses, et, d’autre part, les systèmes d’attachement qui soulignent aussi la nécessité de la présence de l’objet pour la sécurité en termes de régulation des états émotionnels.
« Avec ce type de régulation réciproque, les jeunes enfants acquièrent une vaste expérience dans l’autorégulation de leur niveau d’excitation et dans la régulation des signaux du niveau de stimulation que leur fournissent les soignants responsables ».
(Stern, 1991)
L’activité de jeu, par la spontanéité et le plaisir qui la caractérisent, s’accompagne d’une considérable manifestation d’affects positifs et négatifs. « Le type et la diversité des émotions qui se manifestent dans le jeu de l’enfant reflètent des sentiments significatifs de sa propre vie. L’activité de jeu se caractérise par la concentration et l’engagement. La capacité de l’enfant pour réguler et moduler les expressions d’affect influencera et, à la fois, sera reflétée dans l’organisation du jeu » (Stern, 1985). « La capacité de l’enfant à effectuer des transitions délicates et à réguler l’affect reflète l’intégration de son monde subjectif et facilite le jeu à des niveaux plus élevés de créativité. Si l’enfant est capable d’arriver à l’expression de sentiments intenses à travers le jeu, il aura fait de grands pas vers le coping et le mastering. La capacité de jouer symboliquement peut faciliter la capacité de réguler et de contrôler les émotions » (Slade, 1987).
La capacité d’utiliser la fonction signal des affects n’existe pas au moment de la naissance. La plupart des mères remarquent qu’elles observent l’intérêt, la jouissance, la peine, la surprise, la colère et la peur autour du troisième mois d’âge (Emde).
Les expressions de plaisir et déplaisir se présentent nettement aux deuxième ou troisième mois. Les expressions de peur, de surprise et de colère deviennent évidentes au bout du septième ou du neuvième mois. Depuis le sixième mois (et tout le long de la vie), l’enfant cherche auprès de sa mère (ou de toute autre personne significative) des informations émotionnelles lorsqu’il est confronté à des situations inconnues. Ensuite, il utilise l’expression affective de la mère comme indicateur de son évaluation de la sécurité ou du danger de la situation.
Le lien entre les schémas de réponse affective et les souvenirs ou les idées (conscientes ou inconscientes) permet à l’affect de se prolonger au-delà du simple déploiement émotif pour se transformer en une expérience psychologique.
Une fois qu’un sentiment est rattaché à une représentation, il peut être verbalisé. Alors, il peut être plus facilement contrôlé par le moi. Lorsqu’on peut attribuer des mots aux expériences affectives, processus qui commence quand les parents désignent les sentiments, l’enfant peut commencer à les reconnaître, à les prendre en compte et à les comprendre.
 
Régulation affective
 
 
Le système d’interaction entre la mère et l’enfant est dominé par les besoins homéostatiques de celui-ci. Les chercheurs soutiennent que ce système s’organise entre les deux, mère et enfant, d’une façon telle que les besoins physiologiques du jeune enfant, tels que la régulation de la température, les battements du cœur, les cycles de sommeil et la vigilance, se régulent de manière interactive. Ces aspects homéostatiques ont une composante psychologique, qui est la régulation de l’affect. Très tôt, une variété de signaux se développent entre la mère et son petit. L’enfant est pré-programmé pour discriminer les comportements expressifs et pour y répondre avec des gestes, des mouvements et des réactions de tout son corps (Silverman).
Dans les interactions des dyades se produit une grande quantité d’apprentissages de la part du jeune enfant [4]. Mère et enfant développent simultanément des expériences internes dans un système de biofeedback qui donne au petit des opportunités de régulation interactive et d’autorégulation (Emde, Gianino et Tronick, Jaffe et al., Sander, Silverman). De cette façon, le jeune enfant a l’intuition des modalités qui lui permettront de préserver, dans l’avenir, une expérience de sécurité.
Plusieurs auteurs ont constaté le développement de cycles de réactivité et de complémentarité. « De cette articulation entre le système personnel et l’interactif émerge un patron de régulation unique caractéristique pour chaque dyade en particulier. […] Ainsi (le jeune enfant) apprend et développe des formes de régulation interactive et d’autorégulation, tolérables pour les deux, la mère et lui. Le développement du système d’attachement possède cette capacité à réguler l’affect, composante importante de l’union qui conduit à un modèle mental de l’interaction dyadique susceptible d’être internalisé » (Silverman, p. 327-328).
Les travaux de György Gergely sur les processus de biofeedback montrent comment ce miroitement des affects se manifeste au niveau des comportements.
La tendance – spécifique de l’espèce humaine – de refléter de manière faciale et vocale les expressions émotives de l’enfant pendant les interactions affectives-régulatrices joue un rôle crucial dans le processus de développement.
La répétition du reflet externe des expressions d’affect du jeune enfant par les parents a comme fonction « l’enseignement » vital, d’où résulte :
  • une sensibilisation graduelle des indices des états internes du bébé ;
  • l’identification de l’ensemble correct des stimuli internes qui correspondent à la catégorie de l’état émotionnel où se trouve le bébé.
Le jeune enfant développera, comme résultat de ce processus, une conscience des indices internes qui indiquent des états émotionnels catégoriques et sera capable de détecter et de représenter ses propres états émotionnels.
Le miroir des affects des parents fournit au jeune enfant un entraînement naturel de rétro-alimentation sociale qui joue un rôle crucial dans le développement émotionnel. Les mécanismes d’apprentissage qui médiatisent le miroitement des affects et la rétro-alimentation sont :
  • la détection de la contingence [5] ;
  • la maximisation de la contingence.
  • Les jeunes enfants peuvent expérimenter les émotions des autres de deux façons différentes :
  • dans sa version réelle ;
  • dans sa version « marquée », exagérée.
  • Et ils peuvent se représenter les différences qualitatives entre une version et l’autre.
Les effets sur le comportement des autres qui sont associés à ces expressions d’émotion réelles sont qualitativement différents de ceux qui sont relatifs aux expressions « marquées ». Les expressions réelles et les expressions « marquées » diffèrent également par leur contingence avec l’activité du jeune enfant : les expressions réelles sont moins sous le contrôle de l’enfant que les expressions d’émotion en miroir, « marquées »
L’expression faciale et verbale des parents, lorsqu’elle reflète celle de leur bébé, n’est jamais la même : temps, espace et intensité sensorielle diffèrent.
Cette différence est cruciale car le bébé est suffisamment sensible pour distinguer des niveaux précis et des niveaux élevés, mais non précis, de contingence réponse-stimulus, et il utilise cette information très précocement pour catégoriser des stimuli tels que ceux qui relèvent du self et ceux qui relèvent d’un objet social (Gergely et Watson, 1996).
Par exemple, Mariano, 6 mois et demi, vit la présence d’observateurs comme une intrusion : il se met à pleurer et, bien que sa mère s’efforce constamment de l’apaiser, il ne peut supporter cette présence. La mère essaie de réguler la relation à travers différents mouvements : devant le miroir ou devant la télévision, elle ne cesse de nous faire l’éloge de son enfant. Elle lui dit : « C’est rien, Mariano, c’est rien. »
La mère essaie de comprendre ce qui arrive à son bébé, mais, en même temps, elle dit : « Ah, c’est horrible, voilà, ça y est, ça y est, c’est déjà fini. » Elle ne peut pas donner une réponse à l’état émotionnel intérieur originel de son enfant, il y a un malentendu.
Face au chagrin du bébé, la mère le place devant le miroir. Mariano voit dans le miroir le reflet de sa peine et de l’incompréhension de sa mère, ainsi que l’image des étrangers. Par moments, le visage de la mère reflète de l’inquiétude et un certain décalage : lorsque Mariano rie, elle s’écrie : « Ah, c’est horrible, tu vas plus pleurer ! » La mère a des difficultés à moduler l’état affectif de pleurs et de méfiance chez Mariano. Elle a de la peine à réguler d’un instant à l’autre les moments d’interaction.
Ils sont devant le miroir ; commence alors un jeu rythmique où la mère prend la main de Mariano en disant à la fois son nom à lui et son nom à elle, comme « maman ». La mère commence alors à « marquer » les objets et les actions de tous les deux, comme le signale Gergely. Mariano essaie de toucher cette image et il voit à travers le miroir des objets que la mère tente de nommer. La mère s’assied avec Mariano sur ses genoux. Elle bouge ses mains et lui chante à l’oreille « Belle petite main… ». Mariano regarde attentivement les mains de sa mère, laquelle arrête de chanter. Mariano la regarde, sourit et la maman le berce et lui donne des bisous dans le cou [6]. Le jeu des petites mains permet le rétablissement de la syntonie affective mère-bébé. À travers des essais et des erreurs, la mère apprend les signaux du bébé.
Au fur et à mesure du développement, les différentes capacités se modifient et se réorganisent dans la relation : confiance, lien affectif, dépendance-indépendance, contrôle, autonomie, individuation, autorégulation, ce qui conduit à la régulation des états émotionnels.
La tendance instinctive des parents à exagérer la conduite affective-réflexive du jeune enfant pendant les interactions de régulation des émotions a trois conséquences significatives pour le développement. Le jeune enfant :
  • détecte et rassemble en catégories les indices d’états internes qu’indiquent ses propres états émotifs ;
  • établit des représentations secondaires associées à ses états affectifs primaires qui lui fourniront des signifiés cognitifs, des états émotionnels attribuables à son self ;
  • acquiert un code de communication généralisé d’expressions « marquées » qui ont les fonctions de représentation de l’engagement référentiel, de l’ancrage et de la suspension des conséquences réelles.
Diverses fonctions du développement sont ainsi stimulées par le miroitement des affects des parents : la sensibilisation ; la construction de représentations ; la régulation des états émotionnels ; la communication et la mentalisation.
Peter Fonagy (2001) dit que « la réflectivité dépend de l’attachement. Le processus est intersubjectif. L’enfant arrive à connaître l’esprit du soignant dans la mesure où le soignant s’efforce de comprendre et de contenir l’état mental de l’enfant. Si la capacité réflexive du soignant lui a permis d’imaginer de manière adéquate la perspective intentionnelle de l’enfant, alors celui-ci aura l’opportunité de se trouver à soi-même comme un être mentalisant ».
 
Conclusion
 
 
Nous avons voulu présenter ici quelques-unes des recherches actuelles sur le développement et inspirées par la théorie psychanalytique, notamment la fonction de la régulation de l’affect de la part du système d’attachement.
À travers l’observation de jeunes enfants dans des phases de jeu, nous reprenons quelques considérations de Melanie Klein et du concept de « miroitement des affects » développé par György Gergely.
La notion de « moments de jeu » qu’emploie Melanie Klein pour décrire le jeu de l’enfant aux étapes précoces m’a semblé très éclairant. Ces moments de jeu qu’on remarque lors des expériences cliniques s’amplifient à l’observation par l’enregistrement vidéoscopique. Cette méthodologie d’observation permet de visualiser plus clairement la place du jeu et de la régulation affective « moment après moment ». Elle permet d’identifier chaque « moment » dans les processus d’interaction qui, d’habitude, reste cachés pour le thérapeute et pour les parents.
En raison de la spontanéité et du plaisir qui la caractérisent, l’activité de jeu s’accompagne d’une importante manifestation d’affect. Les moments de satisfaction des besoins physiologiques sont des occasions propices pour le jeu pendant lesquelles celui-ci peut accomplir une fonction régulatrice.
Simultanément, mère et enfant développent des expériences internes dans un système de rétro-alimentation qui donne au jeune enfant les opportunités pour la régulation interactive et l’autorégulation. De cette manière, l’enfant a l’intuition des modalités nécessaires pour préserver, dans l’avenir, une expérience de sécurité. De cette articulation entre le système personnel et l’interactif émerge un schéma de régulation unique, caractéristique d’une dyade particulière.
La tendance des parents à refléter par les mimiques et par la voix les expressions émotives de l’enfant pendant les interactions affectives-régulatrices a un rôle crucial dans le processus de développement. La répétition du reflet externe des expressions de l’affect du jeune enfant de la part des parents a une fonction d’« enseignement » vitale et donne comme résultat une sensibilisation graduelle des indices des états internes du bébé.
Le jeu entre le bébé et le soignant stimule le développement moteur et psychique de l’enfant, encourageant à travers les expressions du soignant la connaissance de ses propres états émotifs. Ainsi s’établiront des représentations qui lui donneront des signifiés cognitif à ces états émotionnels, lui permettront de les attribuer à son propre self et de développer, ensuite, un code de communication.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·   Altmann, M. et al. 2001. « Microanalytic study of changes in psychotherapeutic processes using verbal and non verbal indicators », projet financé par le Research Advisory Board de la ipa. Collaborateurs : González, E. ; Perkal, A. ; Bauer, M. ; Nogueira, G. ; Sasson, E. ; Asesor estadístico : Lic. Mario Luzardo.
·   Altmann, M. 2002. « Estudio microanalítico sobre juego y apego », Congress of the Society for Psychotherapy Research, Reñaca, Chile.
·   Altmann, M. 2002. « Estudio microanalítico sobre juego y regulación afectiva », III Research Congress/XXIV fepal Congress, Montevideo, Uruguay.
·   Altmann, M. 2000. « Investigación del proceso terapéutico en interacción temprana », Revista Uruguaya de Psiconalálisis, n° 91.
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·   Klein, M. Desarrollos en Psicoanálisis, Cap. VII : « Observando la conducta de bebés », Ed. Hormé.
·   Klein, M. 1953. « La técnica psicoanalítica del juego. Su historia y significado », Nuevas direcciones en psicoanálisis, tomo IV, Obras completas.
·   Silverman, D. « Sexualidad y apego : una relación apasionada o un matrimonio de conveniencia ? », The Psychoanalytic Quarterly, traduit en espagnol dans la revue Aperturas psicoanalíticas. www. aperturas. com.
·   Slade, A. 1987. « Representación, simbolización y regulación afectiva en el tratamiento concomitante de una madre y su niño : teoría del apego y psicoterapia infantil », Psychoanalytic Inquiry : A topical Journal for Mental Health Professionals, vol. 19, n° 5, p. 797-830, traduit en espagnol dans la revue Aperturas psicoanalíticas. www. aperturas. com.
·   Stern, D. 1991. « El mundo interpersonal del infante », Paidos, cap. II, p. 63.
·   Tyson, P. ; Tyson, R. 1990. Teorías psicoanalíticas del desarrollo. Una integración, Publicaciones psicoanalíticas, Perú.
·   Volinski, P. ; Medici, C. ; Sapriza, S. ; Altmann, M. ; Cutinella, O. ; Ihlenfeld, S. ; López, C. ; Vallespir, N. 1986. « El juego en psicoanálisis de niños », Biblioteca Uruguaya de Psicoanálisis, Asociación psicoanalítica del Uruguay, vol. 1, p. 129-194.
·   Winnicott, D. Juego y realidad, chap. 3 et 9, Ed. Granica.
 
NOTES
 
[*] Marina Altmann de Litvan, psychanalyste ; membre titulaire de l’Association internationale de psychanalyse, coordinatrice d’un programme interdisciplinaire de recherche sur les difficultés fonctionnelles dans la relation mère-enfant, faculté de médecine, université de la République, Montevideo, Uruguay ; e-mail : altmanli@ chasque. apc. org.
[1] Ce travail est repris dans La vie quotidienne des bébés (sous presse).
[2] Nichols, Gergely, Fonagy, 2001. « Experimental protocols for investigating relationships among mother infant interaction, affect regulation, psychological markers of stress responsiveness and attachment », Bulletin of the Menninger Clinic, vol. 65, Issue 3, p. 371-379.
[3] E. Sasson, A. Perkal, E. González, 2001. Le sommeil à l’heure de s’endormir (El sueño : a la hora de dormir) ; B. Angulo, N. Bonifacino, E. Brovetto, M. Bauer, 2001. Le jeu dans la vie quotidienne (El juego en la vida cotidiana) ; M. Press, G. Nogueira, 2001. L’alimentation (La alimentación).
[4] Ces interactions sont appelées « connaissance implicite relationnelle » (Stark, Stern, Tronick) ou « mémoire procédurale » (les signaux communicatifs non conscients et non verbaux qui circulent entre la mère et l’enfant, et qui complexifient de plus en plus la régulation dyadique).
[5] Contingence : mécanisme d’apprentissage complexe qui analyse la structure conditionnelle de probabilité des relations contingentes entre réponses et stimuli. Elle peut être le mécanisme basique qui sous-tend l’identification d’objets sociaux et le développement de l’attachement social précoce.
[6] A. Arias, L. de Souza, A. González, M. Llaneza, 2002. « Observation » presentée au séminaire de recherche théorico-clinique Pour comprendre le jeu chez l’infans, Universidad Católica. Posgrado en Psicología Infantil y Adolescente.
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[4]
Ces interactions sont appelées « connaissance implicite rel...
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A. Arias, L. de Souza, A. González, M. Llaneza, 2002. « Obs...
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