Spirale 2005/4
Spirale
2005/4 (no 36)
180 pages
Editeur
I.S.B.N. 2-7492-0445-3
DOI 10.3917/spi.036.0055
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Vous consultezL’avenir present

AuteurSylvain Missonnier[*] [*] Sylvain Missonnier, psychologue à la maternité et au camsp...
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du même auteur



Quand je me retourne sur mes quinze dernières années de clinique à la maternité, une modification apparaît à mi-chemin : dans la première moitié, je suis essentiellement centré sur la triade mére/père/bébé et, dans la seconde, je m’ouvre de plus en plus à une chronologie périnatale où l’anténatal occupe la place qu’il mérite. Après coup, je constate combien ce réajustement dans ma pratique est indissociable de ma prise de conscience d’une variable psychologique centrale : l’anticipation. Elle s’est imposée à moi comme un axe majeur dans la compréhension du devenir parent, du naître humain et de l’être soignant en périnatalité.

2 C’est à la rencontre de la clinique prénatale que je dois cette progressive prise de conscience. Je souhaite témoigner ici de ce cheminement en pariant sur l’inscription de mon parcours singulier dans une dimension collective plus générique.

His majesty the baby[1] [1] S. Freud (1914), « Pour introduire le narcissisme, »,...
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3 Mon premier contact professionnel avec l’institution Maternité s’est produit dans le cadre de l’apprentissage de l’échelle de Brazelton[2] [2] S. Missonnier, L’échelle d’évaluation du comportement...
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. À l’époque, c’est le nourrisson savant du célèbre pédiatre de Boston qui occupe le devant de la scène des professionnels de la première enfance. Le catalogue de ses compétences néonatales s’imposent peu à peu en créant la surprise. Je me souviens combien se positionner comme avocat de « sa majesté le bébé » résonnait alors comme un discours révolutionnaire qui venait bousculer le dogme obscurantiste du bébé « tube digestif ». Quelques formules, exprimées comme des mots d’ordre, résonnent encore en moi avec émotion : « Dès la naissance, le nouveau-né a un style relationnel qui lui est propre » ; « Il n’est pas une cire vierge qui reçoit passivement l’empreinte parentale » ; « Il s’investit activement et intentionnellement dans la réciprocité sociale »…

4 En point d’orgue national de ce mouvement, la série télévisée de Tony Lainé et Bernard Martino (1984), diffuse à la France entière ce même message : « Le bébé est une personne. »

5 De cette militance, je retiendrai ma découverte émue à la Maison ouverte de l’École des parents et des éducateurs[3] [3] Missonnier, La Maison ouverte de l’École des parents...
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de l’impact relationnel positif sur le bébé (et ses accompagnateurs) quand il est reconnu comme personne à part entière[4] [4] F. Dolto, « La maison verte », dans Esquisses...
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dès le salut personnalisé des accueillants.

6 Je me souviens aussi des regards perplexes (et formateurs !) de quelques mères expérimentées à la maternité (usagères et soignantes) qui écoutaient ma fervente plaidoirie en faveur des compétences néonatales du bébé en pensant tout haut : « Eh bien professionnel, tu en as mis du temps pour réaliser scientifiquement, ce que je ressentais affectivement et vivait depuis bien longtemps avec mes enfants ! »

7 Le souvenir de résistances opiniâtres de certains à l’encontre de ce « bébé-personne » est aussi encore vif dans ma mémoire. Rétrospectivement, il me semble que c’était celles des professionnels – les nôtres – qui étaient les plus coriaces pour bien traiter l’humanité – nouvellement reconnue – de ce petit d’homme. Après coup, je réalise enfin que certaines positions exhibitionnistes des compétences du bébé n’étaient qu’un envers illusoire de cette médaille. Elles correspondaient au fond à une idéalisation défensive de notre part visant à masquer la commémoration dépressiogène de notre dépendance radicale d’ex-bébé à l’égard de nos éducateurs et de leurs humeurs ambivalentes[5] [5] Il m’arrive de ressentir la même chose avec certains...
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. Pour la carence d’humanité à l’égard du nourrisson comme pour l’excès obséquieux, l’imparfait n’est jamais acquis chez les soignants !

8 À l’époque, ces multiples données originales sur le nourrisson et les interactions père/mère/bébé venaient s’inscrire dans le creuset épistémologique de la psychanalyse précoce francophone encore confidentielle. Françoise Dolto, Alice Doumic en étaient les pionnières ; l’équipe du Grenn, créée à l’initiative de Bernard This en 1976, la situait d’emblée dans une riche interdisciplinarité dont les publications des Cahiers du nouveau-né témoignent longtemps après de l’originalité.

9 Pour ma part, c’est le Serge Lebovici devenu grand-père et auteur (avec Serge Stoléru) de l’ouvrage Le nourrisson, la mère et le psychanalyste. Les interactions précoces[6] [6] Paris, Le Centurion, 1983. ...
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qui a été mon maître initiatique[7] [7] S. Missonnier, « L“ebo” ou la surprise initiatique »,...
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. Ses enseignements à Bobigny illustrés par sa pratique de consultations parents/bébé vidéoscopées ont été pour moi déterminants. La singularité de son approche tenait à l’alliance d’une ferme identité de psychanalyste, d’une ouverture épistémologique à des courants théoriques qui induisaient des remaniements du dogme (la psychologie développementale à la mode Daniel Stern, la théorie de l’attachement, l’ethnopsychanalyse, les troubles narcissiques…) et d’une grande liberté technique en consultation familiale, fruit de sa pratique du psychodrame et de la thérapie d’enfants. Les traits saillants de son héritage en clinique précoce sont bien « cristallisés » dans ses ultimes travaux sur l’empathie métaphorisante de l’enaction du thérapeute en direction du bébé et de ses parents[8] [8] S. Missonnier, « L’empathie dans les consultations...
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.

10 Quand en novembre 2001, j’ai eu le plaisir d’introduire la première journée de la Waimh francophone[9] [9] www. psynem. necker. fr/ Waimh/ Francophone/ index. htm...
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dédiée à la grossesse[10] [10] Cette journée a donné lieu à une publication : S. ...
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, j’ai formulé ma peine de ne pas m’exprimer en présence de Lebovici, disparu l’année précédente. Il était frileux à l’égard du prénatal et j’étais peiné de ne pas pouvoir témoigner à mon maître du chemin parcouru en direction de la consultation thérapeutique anténatale depuis l’apprentissage avec lui de la consultation postnatale.

Le premier chapitre

11 Comment penser après coup cette décentration de la relation parents/bébé au profit de la rencontre périnatale du processus de parentalité et du naître humain ? Comment puis-je comprendre cette transformation de ma pratique clinique et de mon regard ?

12 Pour esquisser une réponse, je dois d’abord m’interroger en tant qu’ex-petit Hans[11] [11] S. Freud (1909), « Analyse de la phobie d’un petit...
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. Je me limiterai ici lapidairement à envisager dans cette engagement professionnel à la maternité une tentative d’aménagement de mon infantile désir de grossesse. Je devrai ensuite évoquer mon compagnonnage avec Monique Bydlowski, Françoise Molénat, Michel Soulé. Je dois aussi témoigner de l’influence prépondérante de ma participation au Groupe intermaternités interdisciplinaire de réflexion sur le diagnostic prénatal de Saint-Vincent-de-Paul animé par Didier David et Sylvie Séguret[12] [12] S. Séguret (sous la direction de), Le bébé du diagnostic...
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à Saint-Vincent-de-Paul de 1989 à 1999. Depuis, c’est dans le groupe de la Waimh francophone intitulé Le premier chapitre[13] [13] www. psynem. necker. fr/ Waimh/ Francophone/ GroupesDeTravail/ Premierchapitre...
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que je trouve un précieux espace d’élaboration interdisciplinaire.

13 Mais il me faut convenir surtout de l’immensité de ma dette à l’égard de la clinique. Ce sont les usagers de la maternité, du camsp, de la pédiatrie néonatale à qui je dois essentiellement mon investissement du prénatal. C’est la récurrence en postnatal du discours des parents au sujet de ce qu’ils avaient vécu en prénatal (soit lors de la grossesse présente soit d’une précédente) qui m’a véritablement montré la voie.

14 Les rencontres cliniques autour de l’infertilité/pma, de l’ivg, des fausses-couches et du deuil prénatal se sont révélées grandes pourvoyeuses en ce sens. Une recherche-action multidisciplinaire sur l’échographie obstétricale m’a aussi beaucoup apportée dans la compréhension des enjeux psychiques et éthiques du diagnostic anténatal[14] [14] M. Soulé, L. Gourand, S. Missonnier, M. -J. Soubieux, Écoute...
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, de l’img et de leurs influences sur les processus croisés du devenir parents et du naître humain.

15 Peu à peu, à travers ces répétitions, la constance d’une thématique m’est apparue au fil de ces intrigues tragiques : l’incertitude. De fait, en prénatal, les devenants parents sont – individuellement, conjugalement et familialement – soumis à une confrontation très éprouvante. Ils doivent affronter la liste infinie d’inconnus événementiels et affectifs face à la grossesse, la naissance et l’accueil du bébé : « Ai-je envie, avons-nous envie de donner la vie ? Que signifie le passage de fille/fils à mère/père, de couple à famille, de trio à quartet… ? Comment accueillir les modifications corporelles et psychiques périnatales ? Est-ce que le fœtus/bébé se développe normalement ? Est-il bien contenu dans le nid périnatal ? Que ferais-je, que ferions-nous s’il avait une (menace d’)anomalie ? Comment vont se passer l’accouchement, le post-partum, le nourrissage, les soins, la vie et la sexualité du couple dans la nouvelle famille, le retour au travail, la mise à la crèche, chez la nourrice… ? Quel sera le tempérament et le style relationnel du bébé ? Ce bébé va-t-il tuer son père et épouser sa mère ? Est-ce bien raisonnable de faire confiance à l’environnement médical, sa multiplicité d’interlocuteurs souvent mal coordonnés, son langage ésotérique, son paternalisme, sa haute technicité froide et ses coutumes complexes ?… »

16 En périnatalité, comme dans la vie en général, l’humain confronté à cette incertitude multiforme et omniprésente apporte une réponse privilégiée : l’anticipation sous les formes comportementale, affective et fantasmatique.

17 Au fil des ans, cette variable psychologique qui existe en creux ou en plein chez tout un chacun, s’est imposée à moi comme une boussole particulièrement pertinente pour envisager la complexité du devenir parent, du naître humain et de l’être soignant. C’est sur la base de cette expérience que je voudrai me concentrer maintenant. Comme j’ai tenté de le montrer, son usage en clinique périnatale est potentiellement très diversifié[15] [15] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale,...
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. À l’issue d’une présentation générale, c’est dans le cadre singulier de la préparation à la naissance que j’aimerai l’immerger cette fois pour converger avec la thématique de « la vie avant la vie ».

L’anticipation

18 Écartons d’emblée un malentendu. Une anticipation tempérée adaptative ne correspond pas à une (chimérique !) prévision exacte du futur mais bien à une inscription dans un processus de symbolisation de la diversité et de la complexité des scénarios possibles. Une des grandes vertus de l’approche systémique contemporaine est de mettre en exergue la critique d’une récursivité des processus humains : un moyen pour atteindre une fin transforme cette fin, et, ce faisant, suggère déjà, irréversiblement, quelque nouveau moyen. Tout acte engageant engendrera toujours des effets non anticipés. « C’est à pouvoir rencontrer l’imprévu qu’il faut être préparé et non à tout prévoir[16] [16] G. Favez. (1958), « De la contestation », dans...
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. » La santé de l’anticipation, c’est donc son ouverture à l’imprévisible.

19 Une recherche-action conduite dans un service de maternité et de pédiatrie[17] [17] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale,...
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a initialement attiré mon attention sur la fonction protectrice de l’anticipation parentale. Face à une hospitalisation médicalement impromptue du nouveau-né à terme, il est apparu que les parents ayant envisagé en prénatal cette éventualité comme un scénario possible affrontent cette épreuve dans de meilleures conditions que les parents privés de cette « connaissance anticipative[18] [18] D. N. Stern, Mère/ enfant, les premières relations, Bruxelles,...
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 ». Les interactions comportementales mère/bébé, père/bébé sont meilleures, le récit parental de la séparation est plus structuré et la dépressivité maternelle moindre. Dans ce contexte, « anticiper consiste, lors d’une situation de crise, à imaginer l’avenir : en expérimentant d’avance ses propres réactions comportementales ; en prévoyant les conséquences de ce qui pourrait arriver ; en envisageant différentes réponses ou solutions possibles[19] [19] S. Ionescu, M. J. Jacquet, C. Lhote, Les mécanismes de défense,...
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 ».

20 Motivé par ces résultats inédits, je me suis depuis centré sur cette anticipation, définie par Jean Sutter[20] [20] J. Sutter, L’anticipation, Paris, puf, 1983. ...
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comme le « mouvement par lequel l’homme se porte de tout son être au-delà du présent dans un avenir, proche ou lointain, qui est essentiellement son avenir ». Elle correspondrait à la maturation d’un mécanisme de défense adaptatif[21] [21] G. E. Vaillant, Ego Mechanisms of Defense. A Guide for Clinicians...
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visant à prévenir les effets désorganisants des dangers réels ou imaginaires. Son efficience individuelle s’imposerait comme indissociable de sa genèse interactive. Face aux crises, l’histoire comportementale, émotionnelle et fantasmatique de l’anticipation serait mise à l’épreuve.

21 Son rôle dans le développement du nourrisson et dans le processus de la parentalité m’est apparu princeps car l’anticipation naissante du nourrisson et les schèmes d’anticipation maternel et paternel se rencontrent dans une spirale interactive sous des formes psychologiques et psychopathologiques de scénarios relationnels. Je crois volontiers qu’en périnatalité, la qualité anticipatrice des parents et du bébé est prépondérante. Mais je pense que la qualité de l’anticipation soignante est tout aussi influente et enchevêtrée à celle du couple, de la famille et, plus largement, de l’institution.

22 Il est vrai qu’entre raison scientifique et irrationnel sacré, la vision dynamique de l’avenir anticipé nourrit constamment nos craintes, notre curiosité et la tonalité négociée ou despotique des contrats de soins mis explicitement ou implicitement en œuvre.

23 En prenant d’avant (étymologiquement ante capere), l’anticipation s’enracine d’emblée dans le passé. Indissociable de l’histoire, elle l’accompagne donc en véhiculant la mémoire individuelle, familiale et culturelle de chacun d’entre nous, soignés et soignants. Face à l’adversité et l’ambiguïté de l’imprévisibilité, selon les cas, elle nous guide ou nous perd.

24 L’anticipation est une variable individuelle, familiale, institutionnelle et sociétale.

25 Sécrétée par l’angoissante vulnérabilité du sujet, l’anticipation tempérée se démarque de la toute-puissante prédiction de l’augure. L’oracle légitime son pouvoir de prae dicere (dire à l’avance) par une ésotérique connivence avec le divin au prix d’une expatriation de son terroir humain. La prédiction, horizon tentateur de l’anticipation, en exprime la virtualité aliénante. Ici, l’anticipation (maniaque) et son discours informatif du « tout dire » éblouit et condamne à l’action urgente et décousue. À l’inverse, la tentation du refus de toute anticipation, l’anticipation déprimée, plonge dans l’ombre et paralyse à l’instar d’un principe de précaution poussé à l’extrême.

26 La prédiction, comme l’information imposée sans retenue ou absente, colonise l’avenir. L’anticipation et l’information mesurées le négocie[22] [22] En épistémologie des sciences, on retrouve l’opposition...
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. Mais l’anticipation est source d’angoisse. L’angoissante anticipation de notre fin constitue le substrat de notre créativité. « […] L’angoisse est la réalité de la liberté parce qu’elle en est le possible » affirme Søren Kierkegaard[23] [23] S. Kierkegaard (1844), Le concept de l’angoisse, Paris,...
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. « L’angoisse signal[24] [24] S. Freud (1926), Inhibition, symptôme et angoisse, Paris,...
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 », paradigme de l’anticipation tempérée en terres psychanalytiques, en souligne la potentialité défensive adaptative : « […] il y a dans l’angoisse quelque chose qui protège contre l’effroi[25] [25] S. Freud, « Au-delà du principe de plaisir »...
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 », nous livre Freud. « L’angoisse automatique ou traumatique[26] [26] S. Freud (1926), Inhibition, symptôme et angoisse, op. ...
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 » en est la version pathologique qui a contrario muselle l’adaptation.

27 Aussi, face à la rencontre matricielle du devenir parent et du naître humain, l’anticipation se révèle être un fil conducteur très prometteur pour la compréhension des variations tempérées et pathologiques du développement de la parentalité et de l’enfant. L’analyse de « l’œuvre[27] [27] D. Cupa, H. Deschamps-Riazuelo, F. Michel. , « Anticipation...
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 » anticipatrice inhérente à la parentalité, de la maturation de l’anticipation chez l’enfant et de leurs interactions sont des fenêtres ouvertes sur le jardin secret de la filiation. L’anticipation est dans ce contexte une voie d’accès incontournable à la symbolisation car, comme nous l’a fort bien transmis Pierra Aulagnier[28] [28] P. Aulagnier, La violence de l’interprétation. Du pictogramme...
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, c’est dans la violence de l’interprétation anticipatrice parentale que les représentations primaires de l’infans émergent.

28 Quand le projet parental est attaqué par l’effraction d’un handicap, d’un trouble psychique chez l’enfant, l’analyse approfondie de l’anticipation de chacun des acteurs en présence se révèle cliniquement pertinente. Dans le domaine de l’anticipation familiale blessée, la qualité de l’anticipation du soignant et de son institution s’affirme comme un marqueur fidèle de la contenance cicatrisante du cadre. Anticipation meurtrie et anticipation soignante sont deux versants indissociables de la rencontre thérapeutique.

29 Par conséquent, pour aborder la complexe interaction du soin en périnatalité, il me semble utile de concevoir cet échange comme une négociation entre les schèmes d’anticipation des parents et des soignants à l’égard du fœtus/bébé. Dans ce creuset, la proposition de Sutter[29] [29] J. Sutter, op. cit. ...
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de conjuguer psychologiquement et psychopathologiquement l’anticipation me paraît cliniquement éclairante.

30 Dans le premier registre, la forte amplitude des variations de la normale est redoublée par la singularité du fonctionnement psychique parental périnatal. Plus encore, toute situation de crise induite par la suspicion ou la révélation d’une anomalie (fœtale ou materno-fœtale ou postnatale) est potentiellement traumatique et met à l’épreuve les limites de l’équilibre biopsychique individuel, conjugal et familial. Dans le second registre psychopathologique, la description paradigmatique selon Sutter des tableaux de l’anticipation névrotique (anxieux-phobique ; hystérique ; obsessionnelle), dépressive et délirante représente une bonne base de départ. Cette catégorisation ne prend tout son sens qu’immergée dans une discussion casuistique psychanalytique approfondie indissociable d’un souci éthique interdisciplinaire garant d’une attention soignante non stigmatisante.

31 Dans le meilleur des cas, en périnatalité, l’anticipation soignante sera « sur mesure », jamais systématisée et elle suppléera l’anticipation parentale sans l’empiétement et l’emprise qui induisent la dépendance et favorisent l’émergence de ce que la prévention prétend combattre.

La préparation à la naissance et l’anticipation de l’enfant virtuel[30] [30] S. Missonnier, « L’enfant du dedans et la relation...
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32 Il est bon d’inaugurer la réflexion sur la préparation à la naissance[31] [31] En 2003, en France, une préparation à la naissance a été...
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en observant d’emblée la richesse étymologique du mot séparation : le préfixe se renvoie à la division, la séparation, et parare signifie préparer, arranger puis, par dérivation, faire naître, sevrer. Il y a donc bien dans le sens même de ce mot une invitation à la préparation progressive, l’anticipation. Séparation et anticipation s’imposent comme consubstantiellement liées dans ce vocable. C’est dans cet esprit que les anticipations parentale et soignante sont considérées ici comme des marqueurs fidèles de la qualité de leur contenance respective et, à ce titre, objet d’une attention privilégiée dans toute stratégie préventive primaire et secondaire.

33 Edwige Dautzenberg, sage-femme à la maternité du ch de Versailles, m’a invité en 2000 à venir animer avec elle des séances de préparation à la naissance en groupe dans un contexte spécifique. Il s’agit de rencontres d’une heure et demie autour d’un court document vidéo qui est, après une présentation des participants, discuté. Ces réunions sans inscription préalable sont présentées comme complémentaires de la série préconisée avec un groupe stable où un programme « classique » est abordé sur un mode interactif avec une même sage-femme. Les films sont des documents d’information portant sur la grossesse, le diagnostic anténatal, l’accouchement, le nourrisson. Chemin faisant, nous avons ajouté une séance « sujet libre » sans support vidéo et j’ai mis en place un groupe de pères.

34 Grâce à l’initiative d’Edwige Dautzenberg puis à nos échanges, j’ai pu cliniquement affiner mes hypothèses au sujet de l’empreinte de l’anticipation parentale sur le processus de parentalité.

35 De fait, la scène de la préparation à la naissance montre combien, lors de cette gestation biopsychique, les jeunes impétrants, construisant le nid, traversent une intense réviviscence de leurs conflits de séparation des plus archaïques aux plus élaborés. Dans une transparence enrichissante et dynamique ou subie et déstabilisante, se réactualise le « complexe problématique » de leur lignée, de leur biographie et de leur couple.

36 Cette réactualisation met en exergue la créativité et la vulnérabilité des métamorphoses du segment périnatal de la parentalité. Si des grains de sable traumatiques ou des fantômes sont ravivés à cette occasion, la conception biopsychique sera en péril et la cohésion du virtuel parental et de l’enfant actuel, en danger.

37 Les identifications projectives parentales prénatales sont très représentatives de la tonalité contenante ou déstructurante du virtuel parental qui s’actualisera en postnatal. En psycho(patho)logie prénatale, ces identifications projectives sont de fidèles marqueurs. Bien sûr, tous les incidents ponctuant la grossesse (événements de vie dramatiques, pathologies materno-fœtales, anomalies fœtales suspectées ou avérées, prématurité advenue ou redoutée…) surdétermineront simultanément la parentalité et l’émergence de « l’identité conceptionnelle[32] [32] B. Bayle, L’enfant à naître, Toulouse, érès, 2005. ...
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 » de l’enfant du dedans.

38 Dans l’agora moderne de ces groupes de préparation à la naissance, l’étayage mutuel des apprentis parents est remarquable. La plupart du temps, nous, les animateurs, devons avant tout favoriser l’expression de la diversité des ressentis en présence pour qu’une voie médiane cohérente et constructive émerge au fil de la discussion grâce à cette dynamique affiliative. À l’issue d’une séance, la confiance en soi et dans le groupe social soignés/soignants est proportionnelle à la mise à l’épreuve du cadre par le questionnement insistant du collectif. La créativité anticipatrice groupale est justement dynamisée par l’expression (parfois triviale) « d’angoisses signal » qui, au prix d’un déséquilibre transitoire, sont secondairement apprivoisées.

39 On retrouve dans cette ritualisation séculière du groupe de préparation, les valeurs sûres de toutes formalisations collectives opérationnelles : un cadre stimulant, régulant et contenant de la mise en récit anticipatrice des craintes liées à l’incertitude de l’avenir ; un espace de partage informatif et élaboratif favorable aux identifications aux parents adaptés et à l’introjection de l’attention bienveillante des soignants.

40 J’ai beaucoup appris sur l’inventivité et le dynamisme de l’anticipation parentale dans ce contexte tout venant qu’une pratique exclusive de consultations thérapeutiques avec des parents en graves difficultés pourrait occulter. Toutefois, je ne partage décidément pas l’opinion de certains qui traduisent leur ambivalence à la préparation à la naissance en affirmant que ce sont uniquement les parents « qui en ont le moins besoin » qui sont présents.

41 Ce point de vue scotomise l’intérêt de répondre à la demande des parents en pleine santé psychologique (ce qui signifie avec des peurs anticipatrices) afin de stimuler leur préparation avec un dialogue non paternaliste qu’ils attendent légitimement. De plus, pour l’avoir vécu, je suis certain qu’il y a ponctuellement des parents qui participent à ces groupes en étant en grande difficulté psychologique. D’ailleurs, si les animateurs sont suffisamment sensibles aux signaux de détresse, ce cadre groupal est adapté pour, justement, initier la distinction des sujets livrant des « angoisses signal », signatures de leur travail d’anticipation en cours, et, ceux qui vont nécessiter un accompagnement spécifique complémentaire car ils déposent des « angoisses traumatiques » dépassant les capacités de contenance du groupe. L’entretien du quatrième mois, première séance de préparation dans les dernières recommandations[33] [33] Plan « périnatalité », 2005-2007, Humanité,...
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, devrait, en amont, explorer ce point de partage essentiel et tirer les conséquences de cette évaluation pour orienter vers une préparation adaptée.

42 Enfin, pour ne pas sombrer dans une idéalisation du groupe de préparation, il faut aussi convenir avec les sceptiques qu’un certain nombre de parents ne sont pas « groupo-compatibles ». Je ne crois pas pertinent d’attribuer une seule signification psychosocialement péjorative à ce trait. Toutefois, l’expérience que j’ai d’un groupe de parents d’enfants handicapés[34] [34] S. Missonnier, « Un groupe de parents d’enfants...
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m’a montré, dans un contexte post-traumatique, ce que peuvent être des résistances parentales (transitoires parfois) pour exposer sa détresse face à un collectif perçu comme un amplificateur de vulnérabilité et non comme un paratonnerre. Les raisons généralement évoquées pour expliquer l’absence de préparation des primipares dans les textes officiels[35] [35] Comment mieux informer les femmes enceintes ? Recommandations...
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ne tiennent pas compte explicitement de cet aspect psychologique essentiel de la « groupo-compatibilité » qu’une étude approfondie mériterait d’explorer.

De la préparation à la naissance à l’accompagnement à la transmission humaine

43 Finalement, cette proposition de groupe de préparation à la naissance va avant tout à la rencontre de l’attente parentale de supports dynamiques d’anticipation, signe d’élan vital constructif face aux dangers réels ou présumés en présence.

44 Car en effet, (re)devenir parent, c’est vivre une expérience existentielle délicate en prénatal : la conception d’un enfant potentiellement humain (fruit d’un désir conflictuel irréductible au besoin et enraciné dans le fantasme) s’étaye sur la conception biologique, qui échappe car elle comporte d’incontournables incertitudes (fruit d’une programmation génétique aléatoire).

45 La traversée de cette « marge » de « la vie avant la vie » n’est pas sans péril. Passer d’un amas de cellules informe à un être humain contenu peut comporter des dérapages dans le non-être ou le monstrueux, deux représentations négatives terrifiantes pour l’humain engagé dans la conception.

46 Dans ce pari complexe d’humanisation de l’embryon/fœtus/bébé, le processus d’anticipation est crucial car, quand il est tempéré, c’est lui qui permet de donner une relative souplesse aux désirs parentaux qu’il confronte et ajuste au principe de réalité.

47 En cas de périls objectifs concernant l’issue de cette humanisation (par exemple l’annonce d’une anomalie génétique du fœtus), les « angoisses signal » précédant le drame se révèlent déterminantes dans sa destinée post-traumatique quelque soit la décision prise.

48 Là ou le bât blesse et où mon article aimerait trouver sa meilleure justification, c’est dans le constat sévère du fait que nous, soignants, sommes souvent aujourd’hui, des obstacles à la créativité anticipatrice spontanée des parents qui vont bien !

49 Les procédures du diagnostic anténatal regorgent d’illustrations. Prenons celle d’une jeune femme qui, lors d’une échographie, va évoquer sans démesure une angoisse (signal) d’anomalie fœtale. Toute réponse du soignant qui viendra museler l’inquiétude adaptée de cette personne au nom d’un pouvoir médical scientiste (« à l’issue de l’examen, je peux vous assurer que votre enfant est parfait ») est un obstacle au travail d’anticipation. L’idéalisation parentale d’un pouvoir soignant omnipotent est une protection précaire moins solide qu’une confiance prudente dans l’attention de l’autre « quoi qu’il arrive ». J’ai défendu ailleurs l’idée que la négociation entre soignés et soignants du consentement éclairé des soins obligatoires et non obligatoires en anténatal offrait une véritable opportunité pour établir cette confiance mesurée et redistribuer les cartes de la relation[36] [36] S. Missonnier, « Ombres, lumières et éblouissements...
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50 Mais il faut bien convenir que la période est particulièrement difficile sur ce terrain. D’un côté le fœtus, devenu patient aquatique du diagnostic anténatal, membre exposé de la famille dès son premier cliché échographique dans l’album, « sujet » d’une possible ritualisation en cas de « deuil », puis survivant en néonatalogie dès 24 semaines, est en risque permanent d’une fétichisation[37] [37] Certains commentaires « scandalisés » des médias...
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qui conduit à une imprudente accélération du processus d’humanisation du fœtus. De l’autre, l’ivg, l’img et la législation rappellent avec cynisme son statut, – au pire – de « débris humain », – au mieux – « d’humain potentiel », mais au fond, de non humain de plein droit. Cette extrême tension paradoxale actuelle amplifie et complexifie l’anticipation parentale, chemin de crête périlleux, entre le rien, le monstrueux et le virtuellement humain.

51 Soignants du prénatal et, plus largement, du périnatal[38] [38] La tendance à préconiser dans les derniers textes officiels...
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nous avons par conséquent encore beaucoup de travail pour accompagner avec décence les parents ! J’espère ici avoir apporté ma pierre à cet édifice en plaidant pour un usage « sur mesure » de la diagonale médico-psychosociale de l’anticipation individuelle, conjugale, familiale et soignante.

52 Je la crois meilleure pour accueillir humainement les incertitudes de tous les acteurs de la communauté périnatale que les notions de stress et d’anxiété telles qu’elles sont notamment utilisées dans les dernières recommandations de l’has[39] [39] Plan « périnatalité », 2005-2007, op. cit. ...
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au sujet des seuls parents. Il n’y a pas de variations de nature entre une anticipation adaptée et une anticipation souffrante mais, seulement, une différence de degré. La notion d’anticipation, sans stigmatisation et avec une bonne lisibilité pour les usagers et les professionnels, véhicule mieux à mon sens la largeur du spectre des possibles en présence alors que les termes de stress et d’anxiété clivent les vécus psychologiques indissociables des soignés et des soignants et pathologisent a priori plus les parents concernés, même si ce n’est pas l’intention des promoteurs de ces notions ni même en accord avec leur stricte définition.

 

Notes

[ *] Sylvain Missonnier, psychologue à la maternité et au camsp du Centre hospitalier de Versailles, maître de conférences en psychologie clinique à Paris X-Nanterre, psychanalyste (Institut de psychanalyse, spp).< syl@carnetpsy.com>Retour

[ 1] S. Freud (1914), « Pour introduire le narcissisme, », dans La vie sexuelle, Paris, puf, 1969.Retour

[ 2] S. Missonnier, L’échelle d’évaluation du comportement néonatal de T.B. Brazelton (bnbas) est-elle un instrument clinique utile à la prévention des troubles interactifs précoces mère/enfant à la maternité ?, dea de psychologie clinique et pathologique de Paris V - René Descartes sous la direction du Pr S. Lebovici, 1992.Retour

[ 3] Missonnier, La Maison ouverte de l’École des parents et des éducateurs, un lieu de prévention précoce ? Mémoire du diplôme universitaire de psychopathologie du bébé, ufr de Bobigny, université de Paris Nord, 1991.Retour

[ 4] F. Dolto, « La maison verte », dans Esquisses psychanalytiques 5, 1986.Retour

[ 5] Il m’arrive de ressentir la même chose avec certains éloges (auto-persuasifs) de la résilience devenue « star ».Retour

[ 6] Paris, Le Centurion, 1983.Retour

[ 7] S. Missonnier, « L“ebo” ou la surprise initiatique », Spirale n° 17, En Serge Lebovici, le bébé, 2001, 107-114.Retour

[ 8] S. Missonnier, « L’empathie dans les consultations thérapeutiques parents/bébé », Revue française de psychanalyse, n° 3, 2004, 177-194.Retour

[ 9] www.psynem.necker.fr/Waimh/Francophone/index.htmRetour

[ 10] Cette journée a donné lieu à une publication : S. Missonnier, B. Golse, M. Soulé, (2004), La grossesse, l’enfant virtuel et la parentalité. Éléments de psycho(patho)logie périnatale, Paris, puf.Retour

[ 11] S. Freud (1909), « Analyse de la phobie d’un petit garçon (Le petit Hans) », dans Cinq Psychanalyses, Paris, puf, 1984.Retour

[ 12] S. Séguret (sous la direction de), Le bébé du diagnostic prénatal, Toulouse, érès, 2003.Retour

[ 13] www.psynem.necker.fr/Waimh/Francophone/GroupesDeTravail/PremierchapitreRetour

[ 14] M. Soulé, L. Gourand, S. Missonnier, M.-J. Soubieux, Écoute voir… L’échographie de la grossesse, les enjeux de la relation, Toulouse, érès, 1999.Retour

[ 15] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale, Toulouse, érès, 2003.Retour

[ 16] G. Favez. (1958), « De la contestation », dans La psychanalyse, Perspectives structurales, Colloque international de Royaumont, cité par B. Golse en exergue de son ouvrage Du corps à la pensée, Paris, puf, 1999.Retour

[ 17] S. Missonnier, La consultation thérapeutique périnatale, Toulouse, érès, 2003.Retour

[ 18] D.N. Stern, Mère/enfant, les premières relations, Bruxelles, P. Mardaga, 1977.Retour

[ 19] S. Ionescu, M.J. Jacquet, C. Lhote, Les mécanismes de défense, Théorie et clinique, Paris, Nathan, 1997.Retour

[ 20] J. Sutter, L’anticipation, Paris, puf, 1983.Retour

[ 21] G.E. Vaillant, Ego Mechanisms of Defense. A Guide for Clinicians and Researchers, Washington, American Psychiatric Press Inc., 1992.Retour

[ 22] En épistémologie des sciences, on retrouve l’opposition entre prévision et prospective. La prospective correspond à l’anticipation. « Prévision et prospective traitent toutes les deux de l’incertitude, mais la première dégage des certitudes (déterministes ou aléatoires), la seconde des anticipations sur des advenirs (dans les conditions d’incertitude qualitative ou/et quantitative). Les postures prévisionniste et prospectiviste diffèrent, mais elles ont une base commune : le statut de l’incertitude », Pierre F. Gonod, Penser l’incertitude. www.mcxapc.org/Retour

[ 23] S. Kierkegaard (1844), Le concept de l’angoisse, Paris, Gallimard, 1976.Retour

[ 24] S. Freud (1926), Inhibition, symptôme et angoisse, Paris, puf, 1981.Retour

[ 25] S. Freud, « Au-delà du principe de plaisir » (1920), dans Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1982.Retour

[ 26] S. Freud (1926), Inhibition, symptôme et angoisse, op. cit.Retour

[ 27] D. Cupa, H. Deschamps-Riazuelo, F. Michel., « Anticipation et création : l’anticipation parentale prénatale comme œuvre », Pratiques psychologiques. 1, p. 31-42, 2001.Retour

[ 28] P. Aulagnier, La violence de l’interprétation. Du pictogramme à l’énoncé, Paris, puf, 1975.Retour

[ 29] J. Sutter, op. cit.Retour

[ 30] S. Missonnier, « L’enfant du dedans et la relation d’objet virtuel », dans S. Missonnier, B. Golse, M. Soulé, La grossesse, l’enfant virtuel et la parentalité. Élèments de psycho(patho)logie périnatale, Paris, puf, 2003.Retour

[ 31] En 2003, en France, une préparation à la naissance a été suivie par 66,6 % des primipares et 24,9 % des multipares. Enquête nationale périnatale 2003, situation en 2003 et évolution depuis 1998.Retour

[ 32] B. Bayle, L’enfant à naître, Toulouse, érès, 2005.Retour

[ 33] Plan « périnatalité », 2005-2007, Humanité, proximité, sécurité, qualité. Comment mieux informer les femmes enceintes ? Recommandations pour les professionnels de santé (has, avril 2005). Préparation à la naissance et à la parentalité. Recommandations pour les professionnels de santé (has, version juin 2005, version finale sous presse).Retour

[ 34] S. Missonnier, « Un groupe de parents d’enfants handicapés au camsp », dans D. Brun (sous la direction de), 7e colloque de médecine et psychanalyse, violence de l’annonce, violence du dire, Paris, Éditions Études freudiennes, 2005.Retour

[ 35] Comment mieux informer les femmes enceintes ? Recommandations pour les professionnels de santé (has, avril 2005). Les motifs évoqués par les primipares sont : absence de souhait de préparation (plus fréquente chez les multipares), une non-proposition de participation à la préparation, le lieu des séances trop éloigné du domicile, une grossesse pathologique, les horaires inadaptés des séances. Mon hypothèse est qu’il existe des « groupo-non compatibles » dans les femmes revendiquant une « absence de souhait » et, dans une moindre mesure, chez celles qui expriment d’autres raisons.Retour

[ 36] S. Missonnier, « Ombres, lumières et éblouissements du consentement éclairé », dans S. Séguret (sous la direction de), Le consentement éclairé en périnatalité et en pédiatrie, Toulouse, érès, 2004.Retour

[ 37] Certains commentaires « scandalisés » des médias et des politiques au sujet de la « découverte macabre » des fœtus dans les chambres mortuaires de St-Vincent-de-Paul en août 2005 étaient exemplaires.Retour

[ 38] La tendance à préconiser dans les derniers textes officiels un accompagnement familial (interinstitutionnel en réseau) qui ne se limite pas au prénatal mais envisage (sans clivage anté et postnatal) une continuité périnatale des propositions va décidément dans le bon sens.Retour

[ 39] Plan « périnatalité », 2005-2007, op. cit.Retour

Résumé

Sylvain Missonnier nous fait partager sa réflexion sur le travail psychique d’anticipation au cours de la vie anténatale. Vécue et préparée par les futurs parents, elle peut être éclairée par l’échange et le débat entre eux et les professionnels lors des séances de « préparation à la naissance ».


PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Sylvain Missonnier « L'avenir present », Spirale 4/2005 (no 36), p. 55-70.
URL :
www.cairn.info/revue-spirale-2005-4-page-55.htm.
DOI : 10.3917/spi.036.0055.