Spirale
érès

I.S.B.N.9782749207391
120 pages

p. 176 à 182
doi: 10.3917/spi.042.0176

Veille sur la revue
Vous consultez

Quoi de neuf docteur ?

n° 42 2007/2

Dans ce numéro dédié à la lutte contre la douleur, on ne peut manquer de s’interroger sur l’engouement actuel pour les échelles d’évaluation. La volonté de quantifier des paramètres pour le moins subjectifs vise à cautionner, sous couvert d’une rigueur techno-scientifique, les dérives « cognitivistes ». Qu’il s’agisse des échelles de douleur, des facteurs prédictifs de la dépression maternelle durant la grossesse, de la stigmatisation des enfants agités dont le mouvement « zéro de conduite » est une des réponses… comment ne pas s’interroger sur ce désir de vouloir mettre le comportement spécifique à chaque individu dans une sorte de carte à puce, ne tenant compte ni de son histoire (le passé), ni de son environnement (le présent), et encore moins de ses capacités à évoluer (le futur) ?
Récemment, les pédiatres ont reçu un questionnaire pour « encarter » les pleurs du nourrisson sous prétexte de préparer un colloque sur les pleurs. Ne peut-on craindre la dérive d’une pratique remplacée par des cat (conduite à tenir) comme dans les pannes d’ordinateur ou d’appareil électroménager. Le pédiatre est confronté aux pleurs du bébé à la demande des parents qui sont son porte-parole. Peut-on décrypter le langage des bébés en toute objectivité à travers celui des parents et sans tenir compte de notre propre éprouvé de professionnel ?
 
De quelle douleur les parents ont mal ?
 
 
Le premier signe de la naissance de « Monsieur Bébé », c’est le cri et le premier souhait des parents après ce cri de vie qui les soulage, c’est qu’il crie le moins possible. Il est impossible à une jeune mère d’entendre un professionnel lui dire de « laisser pleurer son bébé [1] » même si cette formulation sous-entend le « même pas vrai » alors qu’elle est envahie par des sentiments totalement irrationnels.
Passage obligé : la fusion [2]
La continuité entre la grossesse et le post-partum se traduit par une sorte de fusion entre la mère et le bébé aussi bien physique que psychique. Cette dépendance mutuelle est partagée par l’éprouvé de chacun : le bébé ressent le besoin d’être sécurisé et la mère celui de répondre « à la demande ». Les pleurs du bébé sont ressentis comme étant les propres pleurs de la maman et que tout est fait pour y remédier. Au moindre pleur, la mère prend bébé dans ses bras et le rassure, elle rétablit la continuité anténatale en prenant tout à son compte.
La situation devient plus compliquée lors de manifestations intempestives des nouveau-nés. Faute d’information, les phases d’éveil agité sont mises sur le compte de « coliques ». Quant aux pleurs, ils sont systématiquement attribués à une « souffrance » et non au langage. Tout dysfonctionnement met en question la compétence maternelle, et l’accumulation de troubles du comportement du bébé entraîne inéluctablement un sentiment d’impuissance, voire de non-assistance à personne en danger. La fatigue aidant, la mère souffre en s’appropriant la « souffrance supposée » de son bébé, et cherche à comprendre d’où vient le mal. Les conseils des proches entretiennent la confusion et les appels multiples, voir les consultations répétées chez le pédiatre pour trouver la cause organique des « maux », ne sont pas toujours couronnés de succès.
Le pédiatre est souvent piégé par des symptomatologies trompeuses que ce soient des pleurs, des troubles du sommeil ou de l’agitation qui ne sont qu’une manière propre au bébé à s’exprimer. Il est donc primordial de dédramatiser les pleurs du nouveau-né par une information claire sur le sommeil, les besoins alimentaires et son droit à s’exprimer. Notre rôle consiste à positiver avec les parents et à leur montrer qu’ils ont souvent la réponse à des questions qu’ils ne comprennent pas.
Risques certains : l’identification, les projections…
Il est fréquent que les parents n’aiment pas les « piqûres » et de ce fait, se sentent incapables d’en infliger à leur enfant. Les séances de prélèvement ou de vaccination deviennent cauchemardesques sous prétexte que bébé ne pourra ressentir que la même chose.
Si bien que des mamans ont du mal à faire face aux pleurs la première année, d’autres sont confrontées à la résurgence de leur propre souffrance lors de pleurs intempestifs liés à de véritables douleurs ou non. C’est ainsi qu’une mère peut revivre à l’arrivée du deuxième enfant, ce qui s’est produit avec le premier, qu’il s’agisse d’une naissance prématurée, d’un transfert néo-natal ou de tout autre difficulté.
Quant à mesurer l’intensité réelle de pleurs attribués à une symptomatologie banale, elle est difficile à apprécier. Il existe des toux et des spasmes digestifs douloureux, des maux de tête insupportables… mais que faut-il penser du grand nombre de consultations motivées par un bébé qui se touche les oreilles sous prétexte qu’il aurait une otite ? Des appels quotidiens concernant les supposées poussées dentaires, qui durent des mois sans qu’elles sortent ?
La tolérance actuelle des parents n’est pas très grande et nombreux sont ceux qui voudraient que leur bébé soit en pleine forme lorsqu’il est malade ou qu’il récupère en moins de vingt-quatre heures. C’est à se demander qui souffre vraiment !
L’utopie : ni pleurs, ni souffrance
« Je ne veux pas que mon bébé pleure » est le slogan de bien des mères. S’il est possible d’examiner un bébé sans pleurs les premiers mois, cela devient difficile, pour ne pas dire impossible, après six mois du fait de la prise de conscience de soi.
Les parents ont du mal à accepter les pleurs de séparation le jour, et refusent souvent de les affronter le soir au coucher ou la nuit. Le pédiatre a beau expliquer l’importance d’aménager la séparation du soir par un rituel, ils se sentent incapables de faire face aux pleurs insupportables du bébé quand ils le quittent. Ils restent au stade du « je » et sont dans l’impossibilité de passer au stade du « tu [3] ». Quant aux réveils nocturnes, ils se passent la nuit lorsque les parents sont en prise avec leurs propres fantômes, leurs angoisses qui rejaillissent et qui font craindre le pire. Le résultat est souvent le retour à la case départ, à savoir le sommeil partagé [4]. Enfin, quand un enfant de trois mois dort entre ses parents, ce n’est pas toujours suite à son Œdipe mais bien souvent pour masquer leurs problèmes de couple [5].
La souffrance est relative dans son appréciation dans la mesure où elle passe par le vécu des parents et leur propre histoire. Nous sommes entrés dans une époque centrée sur le plaisir « à tout prix », il n’y a plus de place au déplaisir, et encore moins à la maladie et au handicap. Tout risque de nuire à l’image du bébé parfait et qui mettrait en cause la narcissisme des parents, devient inacceptable.
Enfin, il est impossible de ne pas évoquer les difficultés rencontrées par les mères submergées par des problématiques personnelles ne laissant aucune place à l’autre. Dans notre pratique, nous en rencontrons régulièrement pour qui « tout est grave » et qui voient sous tout symptôme poindre un risque vital. Ces mamans sont de grandes consommatrices de pédiatres et de la médicalisation pour ne pas dire des habituées de l’urgence. Tout est grave pour elles et il est impossible d’avoir une autre approche que la médecine « pure et dure ». Le psy n’a pas sa place, il faut agir en permanence et lutter en vain pour éteindre tous les feux (symptômes) qui reprennent ailleurs malgré tous nos efforts. Ce n’est plus l’enfant qui les met en échec mais c’est nous qui sommes désignés comme coupables. Après de longs parcours d’infertilité, il n’est pas rare que le pédiatre soit mis en échec alors que la mère a du mal à investir son bébé et à y croire [6].
Il est donc difficile de se baser sur les dires des parents sans les connaître et sans risquer de se faire piéger malgré tout. Aucun questionnaire ne pourra remplacer nos impressions cliniques et l’importance du premier concerné, à savoir l’enfant. Or, quels sont ses moyens à lui de s’exprimer sinon les pleurs et les symptômes ? et quelles peuvent être les conséquences du ressenti parental sur ses propres réactions ?
 
L’incompris : les pleurs sans écho
 
 
Nous savons tous que le bébé se construit en interaction avec ses figures d’attachement dont la plus importante est la mère. Quelles pourraient être les conséquences à long terme de la non-accession du bébé à être « autre » et de ne pouvoir devenir lui-même ?
L’absence de sécurité affective
Que penser de ces bébés qui sont maintenus dans une dépendance telle qu’ils sont incapables d’affronter la moindre difficulté sans que leurs proches les prennent à leur compte ? Non seulement ils deviennent inexaminables au bout de quelques mois, mais plus ils seront incapables d’affronter une socialisation précoce, auront des problèmes pour lâcher leur « caca » ailleurs que dans la couche et finiront souvent par « partager le sommeil [7] » avec les parents. Il serait intéressant de déterminer s’ils sont plus vulnérables d’un point de vue somatique et s’ils sont plus enclins à tomber malade dès qu’il vont en crèche.
Les pleurs dans le « désert »
Le pleur est un appel qui suscite une réponse or, de toute évidence, une mère dépressive est incapable de rassurer son bébé qui ressent son absence, malgré ses efforts pour faire « comme si de rien n’était ». Un bébé a tous ses sens aux aguets, il ne se satisfait pas de soins sans affect et va réagir par des symptômes qui vont des pleurs aux troubles du sommeil, en passant par des reflux (ou des refus) gastro-œsophagiens. Il paraît donc logique aux parents de rechercher une cause médicale à ces symptômes [8] et au pédiatre de se faire piéger en focalisant sur l’enfant, alors que la mère va de plus en plus mal.
Les pleurs pour raconter l’autre
Il est parfois difficile de savoir « qui pleure pour qui ? » quand on examine un bébé amené pour ses pleurs et qui manifestement va bien à tous points de vue. Les pleurs sont des alarmes qui concernent l’un ou l’autre des partenaires mais pas toujours celui que l’on croit. Quand une mère a des difficultés dont elle n’est pas consciente, c’est le bébé qui les raconte à travers ses pleurs sans pour autant aller mal. Ce n’est qu’à l’épreuve du temps qu’il va en subir les conséquences repérables par le pédiatre.
Les pleurs suscitant la haine ou inversement ?
Les parents sont de plus en plus focalisés par le syndrome d’hyperactivité, et la médiatisation de l’enquête de l’inserm sur la détection des enfants à risque n’a pas calmé le jeu. Dès les premières semaines de vie du bébé, une certaine excitabilité ou une activité trop marquée, suscitent d’emblée des réactions négatives des parents. Que ce soient les pleurs, les troubles du sommeil, les mères finissent par craquer quand elles ne dorment pas. Peut-on encore parler d’amour quand on est à bout et qu’on n’a qu’une envie : « que ça s’arrête » ? La presse de caniveau ne manque pas l’occasion de nous rapporter des faits divers de meurtre d’enfants qui illustrent la haine. Toutes les mères ne sont pas « suffisamment bonnes « au sens de Winnicott. Que ressent le bébé et quel peut être son devenir à travers cette relation-répulsion ?
Ces quelques situations ne font qu’illustrer les difficultés auxquelles peut se heurter le bébé sans pour autant préjuger de ses propres capacités à réagir et peut-être à se « résilier » ultérieurement. Toujours est-il que les risques encourus par le bébé ne sont pas négligeables.
 
Quid des professionnels évaluateurs ?
 
 
Finalement, c’est aux professionnels d’apprécier, d’interpréter ce qu’ils entendent, ce qu’ils voient et de le confirmer (ou non) par ce qu’ils trouvent (à l’examen ou lors d’autres investigations). Que ce soient des pédiatres ou d’autres spécialistes de la petite enfance, ce ne sont que des hommes qui ont leurs propres limites. Chacun réagit en fonction de sa sensibilité propre face aux pleurs de ses petits patients.
L’insensibilité
C’est une mesure de protection très efficace pour le professionnel qui exclut l’empathie et la moindre relation. Ce style de pratique permet de traiter l’enfant comme un objet d’étude et non comme une personne dotée d’un potentiel. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec l’observation des souris en laboratoire et d’évoquer une médecine expérimentale inhumaine… Cet exercice n’est en aucune façon neutre pour le bébé en détresse et pour des parents désorientés. Nul doute que l’insensibilité représente un abord révolu du petit d’homme, qui ne répond en rien aux usages actuels.
L’intolérance
Qui d’entre eux peut se targuer de ne jamais réagir de manière négative aux pleurs des bébés. Il en est de nos réactions comme de celles des parents, l’irritation provoquée par les pleurs altère nos capacités et ne répond en rien à la demande du bébé. Non seulement son appel n’est pas entendu mais, en outre il ressent des ondes négatives qui ne peuvent qu’amplifier sa détresse et son isolement. Certains bébés se contentent de pleurer alors que d’autres vont jusqu’à se faire vomir devant l’hostilité de l’examinateur. Autant dire que notre violence en retour ne permet en aucun cas de faire un bon examen clinique, ni d’apprécier les capacités du bébé.
La reconnaissance
Si tout le monde s’accorde sur le langage des pleurs, encore faut-il accepter qu’ils surgissent là où on ne les attend pas [9] et qu’ils nous interpellent. Il convient de les entendre de la manière la plus bienveillante possible en mettant tout préjugé de côté. C’est en montrant au bébé qu’on est là pour lui, qu’il peut se sentir entendu et qu’il peut s’arrêter de pleurer à condition de ne pas trop souffrir. S’il nous touche, nous pouvons le toucher à notre tour par nos mains, nos yeux, notre voix.
Reconnaître au bébé le droit de pleurer c’est lui donner un statut à part entière et se donner les moyens de faire un examen dans les meilleures conditions. La clinique ne peut reprendre ses droits si le professionnel n’arrive pas à sceller une alliance thérapeutique [10].
Pour défendre les intérêts du bébé, il convient de donner à voir et à entendre autre chose que les pleurs. En le montrant sous un autre angle et en le positivant grâce à ses capacités, nous l’inscrivons dans son histoire et nous ne nous accrochons pas au symptôme. Le comportement global d’un bébé ne peut se résumer aux pleurs ou à l’agitation [11] même si cela « prend la tête » des proches et semble effacer tout le reste. Nous sommes là pour défendre les intérêts du bébé qu’il soit malade ou pas, de pouvoir répondre à sa demande [12] et, si possible, de donner aux pleurs leurs lettres de noblesse, à savoir celles d’un langage à part entière.
En envisageant de manière caricaturale les différentes façons de réagir aux pleurs, il paraît difficile de concilier notre rôle thérapeutique aux exigences d’une l’évaluation pure et dure ?
 
Conclusion
 
 
Peut-être faudrait-il nous évaluer pour apprécier notre aptitude (ou nos difficultés) à nous mettre au service de l’autre dans une ouverture qui exclut toute intrusion personnelle. Notre pratique de tous les jours, nos échanges avec les psychanalystes peuvent nous y aider en sachant que nos problèmes personnels risquent de parasiter notre action. Il est bien difficile d’atteindre la neutralité bienveillante des psychanalystes quand on pèse toutes les inconnues de la relation [13] entre les différents acteurs impliqués dans la prise en charge du bébé. C’est une raison de plus de ne pas se cacher derrière une rationalisation illusoire des pleurs ou du comportement ?
 
NOTES
 
[*]La santé de bébé commentée par Jacky Israël, pédiatre, néonatologue à Paris.jacky.israel@wanadoo.fr
[1]J. Israël, Bébé pleure, laisse-le pleurer, Toulouse érès, coll. « Même pas vrai », 2004.
[2]J. Israël, « Le sommeil : de la fusion à la séparation », dans Le développement de l’enfant aux risques de son environnement, colloque Anthéa 2006, à paraître dans Médecine et enfance, 2007.
[3]J. Israël, Bébé pleure, laisse-le pleurer, op. cit.
[4]C. Didier Jean Jouveau, J. Mac Kenna, J. Israël, Comment dorment les bébés : pour ou contre le sommeil partagé, Paris, Belin, coll. « Naître, grandir, devenir », cahier n° 2.
[5]Ibid.
[6]J. Israël, « De l’illusion de la maîtrise à l’”en-je” de la relation », dossier « Dodo, l’enfant do : le sommeil du tout-petit », Spirale, 34, 2005.
[7]C. Didier Jean Jouveau et coll., op. cit.
[8]J. Israël, « De l’illusion de la maîtrise à l’”en-je” de la relation », op. cit.
[9]J. Israël, « Se présenter, être présent, se surprendre, être surpris », colloque « La bien-traitance interrogée », sous la direction de Danièle RApoport, Paris, Enfance majuscule, 2006.
[10]Ibid.
[11]J. Israël, « Tout ne se joue pas in-utero… pour les bébés agités », dossier « La vie avant la vie : l’anténatal », Spirale, 36, coordonné par Paul Cesbron, 2005.
[12]J. Israël, « De ton pédiatre, des mots et des remèdes tu attendras », colloque « Les dix commandements de la périnatalité », Spirale, 39, sous la direction de Patrick Ben Soussan, 2006.
[13]J. Israël, « De l’illusion de la maîtrise à l’“en-je” de la relation », op. cit.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis
[*]
La santé de bébé commentée par Jacky Israël, pédiatre, néon...
[suite] Suite de la note...
[1]
J. Israël, Bébé pleure, laisse-le pleurer, Toulouse érès, c...
[suite] Suite de la note...
[2]
J. Israël, « Le sommeil : de la fusion à la séparation », d...
[suite] Suite de la note...
[3]
J. Israël, Bébé pleure, laisse-le pleurer, op. cit. Suite de la note...
[4]
C. Didier Jean Jouveau, J. Mac Kenna, J. Israël, Comment do...
[suite] Suite de la note...
[5]
Ibid. Suite de la note...
[6]
J. Israël, « De l’illusion de la maîtrise à l’”en-je” de la...
[suite] Suite de la note...
[7]
C. Didier Jean Jouveau et coll., op. cit. Suite de la note...
[8]
J. Israël, « De l’illusion de la maîtrise à l’”en-je” de la...
[suite] Suite de la note...
[9]
J. Israël, « Se présenter, être présent, se surprendre, êtr...
[suite] Suite de la note...
[10]
Ibid. Suite de la note...
[11]
J. Israël, « Tout ne se joue pas in-utero… pour les bébés a...
[suite] Suite de la note...
[12]
J. Israël, « De ton pédiatre, des mots et des remèdes tu at...
[suite] Suite de la note...
[13]
J. Israël, « De l’illusion de la maîtrise à l’“en-je” de la...
[suite] Suite de la note...