Spirale
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I.S.B.N.9782749207391
120 pages

p. 186 à 189
doi: en cours

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Bébé où crèches-tu ?

n° 42 2007/2

2007 Spirale Bébé où crèches-tu ?

Des équipes réagissent, des directeurs et directrices d’établissements et de services petite enfance se mobilisent, s’organisent, proposent…  [*]

Notre association, l’ardespe [1] (Association régionale des directeurs d’établissements et de services petite enfance ), est née en août 2006 de la volonté de la première promotion issue du d.u.despe à poursuivre une réflexion, promouvoir, représenter et défendre la fonction de directeur travaillant en structure petite enfance.
Il nous semble important, de faire reconnaître notre statut de directeur, alors même que la législation menace notre fonction dans les structures petite enfance, sous prétexte qu’il n’y a pas assez de candidats pour occuper les postes de directeurs d’établissements petite enfance (cf. Le plan petite enfance de Philippe Bas du 7 novembre 2006).
Le d.u.despe (diplôme universitaire pour les directeurs d’établissements et services petite enfance) est né d’un partenariat entre l’irts Aquitaine, l’école de puériculture du chu de Bordeaux et la faculté de Bordeaux IV.
C’est le seul diplôme à ce jour qui soit « fait sur mesure » pour nous directeurs ou futurs directeurs de ces structures petite enfance, nous avions d’ailleurs été consulté sur le contenu de la formation avant sa mise en place.
Nous souhaitons, à ce titre, le défendre et le promouvoir auprès de nos collègues. Notre association souhaite également être actrice dans la mise en œuvre des politiques familiales, s’impliquer dans la formation professionnelle des directeurs d’établissements et services petite enfance.
Nous souhaitons créer un réseau à l’échelle régionale afin d’échanger des informations, participer à des débats, écrire dans des revues, communiquer avec d’autres collectifs et associations qui partagent les mêmes préoccupations à savoir.
 
La préservation de la qualité de l’accueil
 
 
Qu’en est-il aujourd’hui à l’heure de la psu, du multi-accueil, comment pouvons-nous concilier rentabilité et bien-être des jeunes enfants ?
Nous souhaitons nous exprimer sur ce sujet, faire entendre notre point de vue alors même qu’on nous annonce la création de 12 000 places en accueil collectif par an. Nous n’avons pas à ce jour le sentiment que l’enfant soit au centre du débat, d’ailleurs de débats il n’y en a pas, nous devons, nous, directeurs de ces structures nous adapter, sans pouvoir parler des difficultés inhérentes à ces nouvelles organisations.
Pourquoi ne demande-t-on pas l’avis des experts que nous sommes par rapport à l’accueil de l’enfant et de sa famille ? C’est pour cela qu’il nous semble essentiel à ce jour de constituer un réseau régional, voire national pour enfin nous faire entendre sur ce sujet et avoir un poids face aux nouvelles politiques familiales.
 
La reconnaissance des compétences
 
 
Nous souhaitons défendre la fonction de direction dans les structures petite enfance, faire reconnaître notre statut de directeur mais aussi faire reconnaître les professionnel(le)s qui travaillent auprès des enfants. Non, il ne suffit pas d’aimer les enfants comme on l’entend souvent pour être une bonne professionnelle.
La professionnalisation est un processus à long terme, qui demande une réflexion, de la formation continue (qui n’est pas toujours proposée).
Que penser des emplois précaires, à temps partiels, proposés dans ces structures ?
À qui devons-nous expliquer qu’un enfant a besoin de repères stables et qu’un turn-over de personnel ne favorise pas ; d’une part la sécurité affective des jeunes enfants et d’autre part l’identité d’une équipe et l’appropriation d’un projet éducatif ?
P. S. : Nous vous renvoyons pour étayer ces propos, au manifeste rédigé par la coordination nationale d’associations et collectifs de directeurs responsables petite enfance (manifeste pour une véritable politique d’accueil du jeune enfant) document envoyé à tous les futurs candidats à l’élection présidentielle, afin qu’ils se prononcent en faveur d’une politique petite enfance.
* * *
 
Manifeste pour une véritable politique d’accueil du jeune enfant
 
 
À l’heure où foisonne une multiplicité de projets de création de crèches et l’annonce d’une augmentation conséquente du nombre de places à l’échelle de l’hexagone (40 000 places annoncées en novembre dernier), un nombre croissant de structures existantes (crèches et haltes-garderies) sont confrontées à des difficultés financières dont l’incidence peut risquer de compromettre gravement leur pérennité. Ces problématiques relèvent pour l’essentiel :
  • d’une logique gestionnaire et financière à trop court terme. Les incertitudes sur les renouvellements du budget (communes, caf, conseil généraux…) sont permanentes et ne permettent pas une projection sereine de projets où l’enfant et ses parents puissent en être les premiers bénéficiaires ;
  • d’une méconnaissance du niveau de compétences (Résultant des diplômes requis ainsi que des expériences acquises sur le terrain) et des nécessités en matière de taux d’encadrement pour exercer dans ses établissements. La réglementation actuelle ne reconnaît pas encore par exemple, la spécificité de l’accueil d’enfants porteurs de handicaps et ce qu’il induit de nécessité de compétences et d’encadrement complémentaire. Quant à la fonction de directeur, elle vient d’être particulièrement fragilisée dans le cadre du « plan petite enfance » (réformant le décret 2000) qui vient en réduire sa nécessité en rendant possible la direction de plusieurs structures par le même professionnel ;
  • d’une insuffisance de débat public sur les moyens à même de satisfaire les besoins du jeune enfant en collectivité d’une part et sur les incidences des différents modes d’accueil quant à son avenir d’autre part. Ce débat mérite d’être élargi à la reconnaissance du niveau de responsabilité spécifique des professionnels de la petite enfance vis-à-vis des familles et de la société sans oublier l’avenir de ces futurs citoyens.
Nous dénonçons plus globalement l’absence de prise en compte du « temps de l’enfant » nécessaire à sa séparation et à sa sécurisation affective au profit d’une logique comptable. Même si nous n’ignorons pas les contingences de coût pour la collectivité, nous ne pouvons nous y soumettre qu’au regard du projet de société qui y est associé. L’enfant ne peut se réduire aux logiques électorales à court terme. L’enfant ne peut être le « wagon » du plein emploi et du tout économique. La seule demande d’accroître la souplesse et la réactivité de l’accueil aux demandes formulées par les familles ou bien encore la « rentabilisation » des places (Niveau de fréquentation exigé à 70 % par la cnaf en 2008) ne peuvent à elles seules constituer un projet politique digne de ce nom.
Alors que la France tout entière se projette sur les orientations et priorités à mettre en œuvre dans le cadre du prochain quinquennat présidentiel, nous demandons que soit reconnue la toute première importance du jeune enfant au cœur du projet politique et que des représentants des professionnels du terrain soient associés à tout projet portant sur l’accueil du jeune enfant.
Pour ce faire, nous demandons à Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle de se déterminer et de se prononcer en faveur d’une politique petite enfance digne de ce nom.
La coordination nationale d’associations et collectifs de directeurs responsables petite enfance
 
NOTES
 
[*]La vie à la crèche, rêves et réalités par Hélène Dutertre-Le Poncin, psychologue clinicienne, responsable de l’Espace famille La Parentèle, Bordeaux.h.leponcin@numericable.fr
[1]Siège social : ardespe, 7 rue des Bahutiers, 33000 Bordeaux, tél : 06 30 53 99 03.courriel : ardespe@hotmail.frsite internet : http : //www.cda-blog-asso.com/ardespeAssociation loi 1901, parution au J.O. du 26 août 2006.
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