2001
STAPS
Bioénergétique et activités physiques et sportives
Mais où sont les records d’antan ?
Pietro E. di Prampero
[*]
Università degli Studi di Udine, Dipartimento di Scienze e Tecnologie Biomediche
The metabolic power (Er) required to cover any given distance d in the time tp is the product of the energy cost of running per unit of distance (Cr) and the speed (v=d/tp): Er = Cr d/tp. The shortest time (fastest speed) over that distance is achieved when Er is equal to the maximal metabolic power of the subject (Ermax). Between 50 s and 15 min, Ermax decreases with increasing exercise duration (te): Ermax = f(te), the function being defined by the maximal oxygen consumption (V02max) and the energy derived from complete exploitation of anaerobic stores (RAn). Hence, best performance times for any given distance and runner can be obtained as the time values for which Ermax = Er, provided that Cr, V02max and RAn are known. Cr during track running was determined on 16 amateur and 24 elite middle distance runners on whom V02max was also measured and RAn assumed from published data. For both groups and for distances between 1.0 and 5.0 km, best performance times were slightly shorter (4,1 and 1.6% on average), but not significantly different, than actual best times. It is concluded that the above approach is a coherent and useful description of the energetics of middle distance running.
La faculté de se déplacer dans l’air, l’eau, ou sur terre est l’une des caractéristiques les plus remarquables des espèces animales. L’étude de la locomotion de ces espèces présente donc un intérêt primordial sur le plan de la recherche fondamentale. A titre d’exemple, une espèce capable de se déplacer de façon plus économique jouit d’un avantage très net quant à l’exploitation écologique d’un territoire donné, par rapport à des groupes rivaux doués d’une mobilité moins efficace. Cet aspect de l’aptitude physique constitue un moteur puissant de l’évolution biologique, ou culturelle (Ruffié, 1992).
Pour l’homme cependant, l’économie et/ou la rapidité de locomotion (par la seule force des muscles) ont cessé depuis longtemps d’avoir de l’importance pour la survie de l’espèce et (à quelques rarissimes exceptions près) de l’individu.
L’étude de la forme de locomotion humaine la plus naturelle et élégante : la course à pied, revêt néanmoins un très grand intérêt théorique et pratique. Sur le plan théorique, l’étude de la course permet en fait de mieux comprendre la série d’événements qui aboutissent au mouvement (idéation ; transmission de l’impulsion nerveuse du cortex moteur aux muscles ; transformation de l’énergie chimique en énergie mécanique dans les muscles ; contrôle nerveux du geste moteur ; biomécanique et bioénergétique du mouvement ; etc.).
Sur le plan pratique, les notions acquises grâce à l’étude de la course peuvent être appliquées dans plusieurs domaines. Dans le domaine sportif : pour l’amélioration des performances athlétiques, mais aussi pour « monsieur tout le monde », ou pour l’enfant. Dans le domaine médical : pour la réhabilitation des malades cardio-vasculaires, le traitement de l’obésité, ou de certaines maladies métaboliques. Dans le domaine social : pour la prévention des maladies cardio-vasculaires, pour l’éducation physique à l’école ou pour ralentir la détérioration des systèmes moteurs chez les personnes âgées.
Au fil de ces dernières années, nos connaissances sur l’énergétique de la course ont beaucoup avancé. Cependant, ces notions sont souvent restées l’apanage des spécialistes, les hommes de terrain n’en profitant que peu ou prou. Le but de cet article est de combler en partie cet hiatus, en esquissant une analyse quantitative de l’énergétique de la course. En dépit de quelques limites évidentes, pareille analyse nous permettra néanmoins d’arriver à des conclusions pratiques importantes.
Le coût énergétique de la course à pied
L’énergétique de la course, comme d’ailleurs celle de plusieurs autres formes de locomotion humaine ou animale, peut être décrite de manière complète lorsqu’on en connaît le coût énergétique, à savoir la quantité d’énergie que le coureur doit dépenser (en sus de la consommation de repos) pour se déplacer sur une unité de parcours. Le coût énergétique (Cr, d’après les initiales des mots anglais Cost of running) est donc une mesure de l’économie de la course (énergie dépensées par unité de distance). Par analogie dans l’automobile c’est la consommation d’essence aux 100 kilomètres. Dans le Système International d’unités, Cr est exprimé en Joules par mètre de parcours (J m-1), et par kg de masse transportée (le poids du sujet en tenue de course). Cependant, il est souvent commode d’exprimer Cr en kcal m-1 kg-1, ou tout simplement en ml d’oxygène kg-1 m-1. Toutes ces unités peuvent être facilement converties les unes dans les autres, en considérant que la consommation de 1 litre d’O2 dans l’organisme humain ou animal libère 5 kcal ou 20,9 kJ (ce qui est strictement valable seulement lorsque le quotient respiratoire métabolique est ègal à 0,96).
La puissance métabolique en sus de la valeur de repos (Er), pour courir à la vitesse v est donnée par :
Er = Cr v 1
où, si Cr est exprimé en J kg-1 m-1 et v en m s-1, Er s’exprime en W kg-1. Si Cr est exprimé en ml O2 kg-1 m-1 et v en m min-1, Er résulte alors en ml O2 kg-1 min-1, les unités traditionnelles dans lesquelles les physiologistes expriment la puissance métabolique. En réarrangeant l’équation 1, et en l’appliquant aux conditions d’effort maximum, on obtient :
vmax = Emax Cr-1 2
Celle-ci montre que la vitesse maximale dépend à la fois de la puissance métabolique maximale du coureur et de son coût énergétique à cette vitesse. L’équation 2 est valable quelles que soient les sources d’énergie (aérobies ou anaérobies), pour autant que tous les termes de l’équation soient exprimés dans les unités appropriées.
En conditions aérobies, E max dépend essentiellement de la consommation maximale d’O2 du sujet (VO2 max). Cependant, puisque VO2 max ne peut pas être maintenue indéfiniment, l’équation 2 devient :
vend = F VO2 max Cr-1 3
où vend est la vitesse d’endurance et F est la fraction de VO2 max qui peut être tenue pendant toute la durée de l’effort.
L’équation 3 a été validée par des expériences conduites chez 36 sujets qui avaient participé au Marathon International de Genève (di Prampero et al., 1986) sur lesquels on a déterminé VO2 max et Cr sur tapis roulant quelques semaines après la course. Ensuite, estimant F à partir de données de la littérature, vend a été calculé en résolvant l’équation 3 et comparée à la vitesse moyenne de course des sujets mesurés pendant la compétition. Les résultats ont montré que : 1) la relation entre vend et vitesse réelle était assez bonne, le coefficient de détermination (r2) se chiffrant à 0,72 et 2) le rapport moyen entre vitesse réelle et vend (0,955 ± 0,079, Tableau 1) n’était pas significativement différent de 1,0.
Différence absolue (∆, m s-1) et rapport entre vitesse moyenne réelle (vréelle) et vitesse théorique calculée d’après l’équation 3 (vend) pendant le marathon (M), le demi-marathon (21 km : 1/2 M) et pour tous les sujets. Valeurs moyennes (± 1 déviation standard) ; n = nombre de sujets (di Prampero et al., 1986).
| n | ∆ (vréelle - vend)m s-1 | vréelle/vend |
| M | 12 | - 0,091 ± 0,271 | 0,974 ± 0,084 |
| 1/2 M | 24 | - 0,105 ± 0,317 | 0,946 ± 0,070 |
| Tous | 36 | - 0,100 ± 0,288 | 0,955 ± 0,079 |
L’étude mentionnée ci-dessus démontre qu’en conditions aérobies (marathon ou semi-marathon) l’équation 3 rend compte de manière appropriée de l’énergétique de la course à pied. Cependant, lorsque la durée de l’épreuve diminue, la contribution des sources d’énergie anaérobies ne peut plus être négligée. Dans ces conditions la puissance métabolique maximale diminue selon une fonction à peu près hyperbolique du temps d’épuisement (Scherrer et Monod, 1960). Pour des exercices d’intensité constante, de durée comprise entre 45 s et 10 min, la relation entre puissance métabolique maximale et temps d’épuisement (te) est décrite par l’équation suivante (Capelli et al., 1998 ; di Prampero et al., 1993 ; Wilkie, 1980) :
Er max = RAn te-1 + VO2 max - VO2 max Ï„ (1 - e-te/Ï„) te-1 4
où RAn est la quantité d’énergie libérée par l’utilisation complète des reserves anaérobies (production de lactate et hydrolyse de phosphates à haute énergie) et Ï„ ( 24 s) est la constante de temps avec laquelle VO2 max est atteinte au début de l’exercice.
En négligeant le troisième terme, l’équation 4 décrit une relation hyperbolique entre Er max et te, dont l’asymptote, pour te tendant à l’infini, est égale à VO2 max. En fait, si l’on admet que pour un temps d’épuisement > 45 s, RAn est constante (à quelques pour-cent près), la participation des sources d’énergie anaérobies au maintient de la puissance métabolique totale devient d’autant plus petite que te est grand. Le troisième terme de droite de l’équation 4 est dû au fait que, tout au début de l’effort, VO2 max n’est pas atteinte de façon instantanée, mais selon une fonction exponentielle dont la constante de temps (Ï„) vaut 24 s (Binzoni et al., 1992) : sa valeur diminue de 11 % pour te = 50 s à 1,5 % pour te = 10 min.
L’équation 4 permet de calculer la puissance métabolique maximale en fonction du temps d’épuisement, pour tout sujet doté d’une VO2 max donnée ainsi que de réserves d’énergie anaérobies connues. La relation entre Er max et te est représenté par la figure 2. Plus concrètement, pour un hypothétique coureur d’élite dont la VO2 max vaut 74 ml O2 kg-1 min-1 (25,8 W kg-1) en dessus de la valeur de repos et RAn = 68 ml O2 kg-1 (1,42 kJ kg-1).
L’énergie métabolique totale dépensée par unité de temps pour courir à la vitesse v est le produit de Cr fois la vitesse (équation 1). En remplaçant v par le rapport entre la distance (d) et le temps de performance (tp), l’équation 1 devient :
Er = Cr d/tp-1 5
Dans toute compétition de course à pied, la distance est constante et connue. Par conséquent, sur une distance donnée, Er peut être aisément calculé, en fonction du temps de performance, pourvu que Cr soit connu. Er a été représenté dans la Figure 1, en fonction de tp, pour un coureur d’élite dont Cr vaut 3,86 J kg-1 m-1 (di Prampero et al., 1986 ; 1993 ; Lacour et al., 1990). Cette figure montre que le temps record de performance sur la distance choisie (800 m) pour cet athlète est donné par la valeur d’abscisse à laquelle les deux fonctions se croisent, c’est à dire par la valeur de temps qui rend égaux les deux membres de gauche des équations 4 et 5. Il est évident en fait que, à gauche du point d’intersection, la puissance métabolique requise est supérieure à la puissance maximale que l’athlète peut développer. Par conséquent, tous ces temps sont au-dessus des possibilités de l’athlète. Par contre, pour les temps à droite du point d’intersection, la puissance maximale est supérieure à la puissance requise : l’athlète aurait donc pu courir plus vite.
Figure 1
Puissance métabolique requise pour couvrir les 800 m (Er, kW) dans le temps indiqué sur l’abscisse (cercles vides) et puissance métabolique maximale (Emax, kW) soutenable pour le temps indiqué (cercles pleins) pour un athlète d’élite. Le record individuel sur la distance en question est donné par le point d’intersection des deux fonctions : 98,8 s.
Ce type d’analyse peut être utilisée pour prévoir les meilleures performances de n’importe quel athlète sur n’importe quelle distance, pour autant que la VO2 max, la capacité maximale des réserves anaérobies et le coût énergétique de la course de l’athlète soient connus. Il faut aussi souligner que la mesure individuelle des RAn n’est pas strictement nécessaire puisque, pour des sujets homogènes présentant des caractéristiques semblables, les RAn varient assez peu d’un sujet à l’autre. En première approximation donc, les RAn peuvent être considérées constantes (di Prampero et al., 1993), tandis que la VO2 max, ainsi que le Cr doivent être déterminés de manière individuelle.
Les vitesses maximales théoriques ont été calculées pour des distances comprises entre 800 et 5.000 m, sur un groupe de jeunes athlètes de niveau moyen et sur un groupe d’athlètes d’élite, à partir des mesures de VO2 max et Cr. Les vitesses théoriques ont ensuite été comparées aux records individuels obtenus pendant la même période sur les mêmes distances. La Figure 2 montre que l’accord entre vitesses théoriques et records individuels est très satisfaisant (voir aussi le tableau 2). Cette analyse a été appliquée aussi au calcul des temps records théoriques qu’un athlète de très haut niveau devrait employer pour courir les distances de 800 aux 10.000 m. Ces temps minimes sont très proches des records mondiaux de course sur ces mêmes distances (tableau 3).
Figure 2
Les temps record théoriques sont indiqués en fonction des records réels sur les mêmes distances pour un groupe de jeunes athlètes et un groupe d’athlètes d’élite.
Rapport entre record individuel (tréel) et temps théorique (tthéor.) sur les distances indiquées pour un groupe de jeunes athlètes et un groupe d’athlètes d’élite Valeurs moyennes (± 1 déviation standard) ; n = nombre de sujets. * : Valeurs significativement différentes de 1,000 (di Prampero et al., 1993).
| Jeunes athlètes | Athlètes d’élite |
| Distance (km) | n | tréel/tthéor. | n | tréel/tthéor. |
| 0,8 | 12 | 1,160* ± 0,093 | 13 | 1,075* ± 0,033 |
| 1,0 | 8 | 1,065 ± 0,091 | — | ———— |
| 1,5 | 11 | 1,038 ± 0,064 | 24 | 1,016* ± 0,025 |
| 3,0 | 7 | 1,026 ± 0,066 | 18 | 1,015 ± 0,027 |
| 5,0 | 3 | 1,025 ± 0,022 | 18 | 1,016 ± 0,024 |
| Moyenne générale | 41 | 1,078* ± 0,095 | 73 | 1,026* ± 0,004 |
Records mondiaux 1989 et records calculés sur les mêmes distances pour un hypothétique athlète d’élite (di Prampero et al., 1993).
| Distance | Record mondial 1989 | Record calculé | Rapport A/B |
| km | A : secondes | B : secondes | |
| 0,8 | 101,73 | 98,76 | 1,030 |
| 1,0 | 132,18 | 130,23 | 1,015 |
| 1,5 | 209,46 | 210,12 | 1,003 |
| 3,0 | 452,10 | 451,94 | 0,999 |
| 5,0 | 778,39 | 776,38 | 1,003 |
Notre analyse des déterminants de la performance athlétique telle que nous l’avons résumée ci-dessus, n’est applicable qu’aux sports comme la course, le cyclisme sur piste, ou la natation dans lesquels : i) la vitesse est le seul critère d’évaluation de la performance, ii) les conditions de compétition sont très codifiées et iii) la progression est exclusivement due à l’activité musculaire. Il est évident en fait que cette approche n’aurait guère de sens dans des sport comme le tennis ou l’escrime dans lesquels l’évaluation de la performance ne dépend pas de la vitesse, ni dans le ski de descente où, la vitesse est le critère d’évaluation par excellence, et le « moteur » est la gravité terrestre, les muscles n’ayant qu’une fonction de contrôle et de frein. Finalement, dans des sport comme le cyclisme sur route, ou le ski de fond, dans lesquels le parcours n’est pas standardisé, l’approche en question, tout en étant théoriquement faisable, devient irréalisable en pratique. Il serait en fait nécessaire de : i) connaître le coût énergétique, ainsi que la puissance métabolique, en fonction du profil du terrain, ii) calculer par là les temps correspondants et finalement iii) faire la somme des temps partiels pour en tirer le temps total.
Malgré la concordance des vitesses réelles et théoriques, notre approche n’a qu’une valeur prédictive limitée. La différence entre temps théoriques et records individuels ne pourrait satisfaire en fait aucun entraîneur. Une partie du problème est due au fait que les données des études résumées ci-dessus ont été obtenues en mesurant seulement VO2 max et Cr, tandis que les valeurs des RAn pour le demi-fond et de F pour la course d’endurance ont été supposées égales aux valeur moyennes de la littérature mesurées chez des sujets et des conditions comparables. Ceci ne devrait pas introduire des erreurs importantes en ce qui concerne les temps, ou vitesses, moyennes. Il est cependant vraisemblable qu’une mesure individualisée de valeur de RAn et de F aurait permis d’obtenir un meilleur accord entre temps théoriques et performances réelles.
Au delà de ces problèmes de mesure, il me semble cependant très difficile, voire impossible, d’améliorer beaucoup la concordance entre temps théoriques et records individuels. La raison de ce pessimisme est la différence de plusieurs ordres de grandeur entre la précision du chronomètre du juge de compétition et celle des mesures biologiques actuelles. A titre d’exemple, d’après les règlements en vigueur actuellement, à la fin de 5’000 m de course on considère comme différentes des performances séparées par 0.01 s, ce qui ne représente que 1 partie sur 78’000 environ (0.0013 %). Ceci s’est passé en effet le 29/7/85 lorsque Aouita avec un temps de 13’ 00” 40 améliora de 1 centième de seconde le record précédant appartenant à l’anglais Moorcroft : 13’ 00” 41. A côté de la précision presque absolue du chronomètre, la précision actuelle des mesures biologiques dépasse rarement le 3 %. Une règle statistique élémentaire démontre que, si l’erreur d’une mesure se situe dans une fourchette de ± 3 % par rapport à la valeur réelle, pour pouvoir discriminer de manière significative deux grandeurs qui diffèrent de 0.0013 % (comme c’était le cas des records de Aouita et Moorcroft) il faudrait faire la moyenne d’environ 5 millions de mesures pour chacune des deux grandeurs. En pratique donc, pour pouvoir établir si Aouita était en mesure de battre le record de Morcroft, il aurait fallu que les deux athlètes se soumettent chacun cinq millions de fois aux mesures physiologiques dont on a parlé au cours de cet article !
L’approche résumée ci-dessus est donc limitée sur le plan prédictif pratique par l’incertitude inhérente aux mesures biologiques. Par contre, sur le plan cognitif, cette approche me parait très utile car elle permet de placer dans la juste perspective à la fois la puissance maximale de l’athlète et les facteurs qui en sont à la base (VO2 max et réserves d’énergie anaérobies) et le coût énergétique de la course. Il parait évident en fait que, si le but de l’étude de la performance est d’identifier le paramètre le plus faible, pour l’améliorer, une analyse complète de la performance devrait permettre d’évaluer de façon quantitative le rôle respectif de la puissance musculaire d’une part et du coût énergétique d’autre part (di Prampero, 1997). A tour de rôle, le coût énergétique est le résultat final de la technique sportive : il peut donc, de toute évidence, être identifié avec ce que dans le langage courant on appelle « le style » de l’athlète. Le style abandonne ainsi l’empyrée esthétique-métaphysique, pour entrer dans le domaine prosaïque des grandeurs susceptibles d’être quantifiées.
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Binzoni T., Ferretti G., Schenker K., Cerretelli, P. (1992). Phosphocreatine hydrolysis by 31P-NMR at the onset of constant-load exercise in humans. J. Appl. Physiol. 73 ; 1644-1649.
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Capelli C., Schena F., Zamparo P., Dal Monte A. Faina, M., Prampero P.E. (di) (1998). Energetics of best performances in track cycling. Med. Sci. Sports Exerc. 30, 614-624.
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Lacour J.-R., Padilla-Magunacelaya S., Barthélémy J.-C., Dormois D., (1990). The energetics of middle-distance running. Eur. J. Appl. Physiol. 60, 30-43.
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Prampero, P.E. (di) (1997). Energetica della corsa. Med. Sport 50, 1-8.
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Prampero, P.E. (di), Atchou, G., Brückner, J.-C., Moia, C. (1986). The energetics of endurance running. Eur. J. Appl. Physiol. 55, 259-266.
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Prampero, P.E. (di), Capelli, C., Pagliaro, P., Antonutto, G., Girardis, M., Zamparo, P., Soule, R.G. (1993). Energetics of best performances in middle distance running. J. Appl. Physiol. 74, 2318-2324.
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Ruffié, J (1992). « Traité du Vivant », Fayard, Paris : chapitre XXII, L’évolution mammalienne, pp. 584-618.
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Scherrer, J., Monod, H. (1960). Le travail musculaire local et la fatigue chez l’homme. J. Physiol. (Paris) 52, 419-501.
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Wilkie, D.R. (1980). Equations describing power input by humans as a function of duration of exercise. In « Exercise Bioenergetics and Gas Exchange », P. Cerretelli, B.J. Whipp eds., Elsevier, Amsterdam, pp. 75-80.
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